Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Emile Verhaeren

Le vent - Poéme


Poéme / Poémes d'Emile Verhaeren





Sur la bruyère longue infiniment,

Voici le vent cornant Novembre,

Sur la bruyère, infiniment,

Voici le vent

Qui se déchire et se démembre,

En souffles lourds, battant les bourgs.

Voici le vent,

Le vent sauvage de Novembre.



Aux puits des fermes,

Les seaux de fer et les poulies

Grincent ;

Aux citernes des fermes.

Les seaux et les poulies

Grincent et crient



Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l'eau.

Les feuilles mortes des bouleaux,

Le vent sauvage de Novembre ;

Le vent mord, dans les branches.

Des nids d'oiseaux ;

Le vent râpe du fer

Et peigne, au loin, les avalanches,

Rageusement, du vieil hiver,

Rageusement, le vent,

Le vent sauvage de Novembre.



Dans les étables lamentables.

Les lucarnes rapiécées

Ballottent leurs loques falotes

De vitres et de papier.

— Le vent sauvage de Novembre ! —

Sur sa butte de gazon bistre.

De bas en haut, à travers airs,

De haut en bas, à coups d'éclairs,

Le moulin noir fauche, sinistre,

Le moulin noir fauche le vent,

Le vent,



Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,

Autour de leurs clochers d'église,

Sont ébranlés sur leurs bâtons ;

Les vieux chaumes et leurs auvents

Claquent au vent,

Au vent sauvage de Novembre.

Les croix du cimetière étroit,

Les bras des morts que sont ces croix,

Tombent, comme un grand vol.

Rabattu noir, contre le sol.



Le vent sauvage de Novembre, Le vent,

L'avez-vous rencontré le vent. Au carrefour des trois cents routes. Criant de froid, soufflant d'ahan, L'avez-vous rencontré le vent. Celui des peurs et des déroutes ; L'avez-vous vu, cette nuit-là, Quand il jeta la lune à bas, Et que, n'en pouvant plus, Tous les villages vermoulus Criaient, comme des bêtes, Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,

Voici le vent hurlant,

Voici le vent cornant Novembre.










Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Emile Verhaeren
(1855 - 1916)
 
  Emile Verhaeren - Portrait  
 
Portrait de Emile Verhaeren


Biographie / Œuvres

Emile Verhaeren est né à Saint-Amand le 21 mai 1855. Fils d’une famille commerçante aisée, il appartient à la classe bourgeoise de ce village sur l’Escaut. Au sein de la famille, la langue véhiculaire est le français, mais avec ses camarades de classe de l’école communale et les habitants de Saint-Amand, il recourt au dialecte local.

A onze ans, Verhaeren se voit envoyé au pensionn

Bibliographie


Chronologie