Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Lucien Becker



Biographie de Lucien Becker


Poésie / Poémes d'Lucien Becker





Lucien Becker est un poète rare et sa voix unique fut saluée par Camus, Paulhan, Bousquet, Cadou, Char. Né à Béchy (Moselle), en 1911, mort à Nancy en 1984, il a composé, en marge de la vie littéraire et de ses mouvements, une œuvre brûlante autour du corps de la femme, seul rempart contre le néant.

Résistant pendant la guerre, il ne cessera de résister à la poésie et à ses entours illusoires. A cinquante ans, abandonnant tout, il se retira dans le silence avec la femme de sa vie, et la mort qu'il attendait en toute sérénité ne le surprendra pas. Pour n'avoir jamais été à la mode, Becker ne se démode pas. Il parle de l'amour charnel comme personne. Il était temps de publier ses œuvres complètes.








Personne ne sait si son corps est une plante que la terre a faite pour donner un nom au désir. Lucien Becker.







« Solitaire comme une main coupée », mais posée sur les seins des femmes, Lucien Becker est passé.



Certains comme Gaston Puel, Guy Goffette s’en souviennent et en font souvenir.



D’autres en ont parlé : comme Alain Borne :



« Becker est un poète totalement désespéré mais bien décidé à vivre cependant. Pendant des années Becker a posé sur le monde un regard d’enchanteur désenchanté. Rien n’était plus neuf que ce constat désolé où en mots simples et en images contenues le monde était en même temps détruit et magnifié. Jamais Becker n’élève le ton. Le poème avance à petit bruit, à mi-voix ; c’est sur un ton de confidence neutre que s’exprime Becker. Il ne recherche pas l’harmonie des mots. Et pourtant il naît de son écriture la musique la plus déchirante, la plus prenante. Il fallait bien pour que ce désespéré demeure au monde que quelque chose l’y retienne et l’y ancre. L’amour était pour lui l’expérience primordiale et la seule, l’immense consolation de vivre. ».







L’étrange commissaire de police n’aura jamais filé la poésie. Il l’avait assigné en résidence dans ses mots, puis libérée sur parole à cinquante ans, la refoulant aux frontières de sa vie. Il tiendra silence pendant plus de 20 ans.



Chacun était quitte, aucune plainte ne fut déposée de part et d’autre.



Chacun à l’écart, chacun sa chambre. Becker avait si fort à faire avec la mort qui tordait son sang et ses jours :



La mort entre nous/comme le ciment entre les pierres.



La mort est si proche de moi qu’elle m’écoute penser.



Et il regardait la mort en face, la mort le regardait en face. Face à cela, quelle raison de vivre sinon l’amour. L’amour charnel, le désir fou, avec pour vitrail contre l’au-delà les soupiraux des sexes des femmes. Il faisait du corps des femmes, du corps de l’amour, un rempart contre la mort. « Tu es seule entre le monde et moi » dit celui qui aura cherché dans la chair une raison de vivre et ressentait la nuit dense de la mort sur lui.



Je suis couvert de la mort comme d’un lichen,



sans autres racines que celles de mes mains,



que celles de mes songes dans la nuit



ou que celles que mes pas aussitôt effacés.







Pour lui, et d’autres, les femmes sont cette écharpe de chair qui console et fait oublier sa propre insignifiance, son éphémère.



Leurs odeurs, leurs textures sont sa vénération.

Tu es plus nue sous mes mains que la pluie sur les toits, qu'un feuillage dans le matin...



Aimer quelqu’un c’est vouloir le pénétrer à dit quelqu’un. Ce fut la maxime de Lucien Becker, qui oscillait entre un désespoir profond, « simple trait sur l'horizon », et cette quête absolue de la chair. Entre les jambes des femmes s’étalait la mer, son souffle et sa buée. Cambrure de la taille pour passer les haies de l’interdit, cambrure pour laisser passer sous elles le fleuve.



Loin de la malédiction proférée par Charles Cros, « femmes cercueils de chair », il semble dire « femmes consolation de vivre ». Il chantait le sexe venant du profond de la terre et qui guérit, de ces guitares enfouies dans le ventre des femmes et qui entrent en résonance, les seins gréements fertiles, le pain toujours chaud dont on ne se lasse pas.



La main de l’homme n’est vraiment vivante



Que quand elle s’enfonce entre deux cuisses



pour y chercher un sexe



qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe.








Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Lucien Becker
(1911 - 1984)
 
  Lucien Becker - Portrait  
 
Portrait de Lucien Becker


Biographie

Lucien Becker est un poète rare et sa voix unique fut saluée par Camus, Paulhan, Bousquet, Cadou, Char. Né à Béchy (Moselle), en 1911, mort à Nancy en 1984, il a composé, en marge de la vie littéraire et de ses mouvements, une œuvre brûlante autour du corps de la femme, seul rempart contre le néant.
Résistant pendant la guerre, il ne cessera de résister à la poésie et à ses entours illusoir

L'oeuvre de Lucien Becker

Lucien Becker n'est peut-être pas le plus grand poète lyrique de son époque; mais il est, sans nul doute, celui qui se sera tenu au plus près du réel, tout en restant farouchement à l'écart de tout artifice. En cela, il aura prolongé la leçon de Reverdy, sa tension nouée, cette écoute des pas, des heures, alors que le silence même est fait de minéral.