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Victor Hugo

Les grands corps de l'état - Poéme


Poéme / Poémes d'Victor Hugo





Ces hommes passeront comme un ver sur le sable.
Qu'est-ce que tu ferais de leur sang méprisable?

Le dégoût rend clément.
Reienons la colère âpre, ardente, électrique.
Peuple, si lu m'en crois, tu prendras une trique

Au jour du châtiment.

Ô de
Soulouque-deux burlesque cantonade1 !

Ô ducs de
Trou-Bonbon, marquis de
Cassonade2,

Souteneurs du larron.
Vous dont la poésie, ou sublime ou mordante.
Ne sait que faire, gueux, trop grotesques pour
Dante,

Trop sanglants pour
Scarron,

O jongleurs, noirs par l'âme ci par la servitude,
Vous vous imaginez un lendemain trop rude.

Vous êtes trop tremblants,
Vous croyez qu'on en veut, dans l'exil où nous sommes,
A cette peau qui fait qu'on vous prend pour des hom-

Calmez-vous, nègres blancs3! [mes;

Cambyse4, j'en conviens, eût eu ce cceur de roche
De faire asseoir
Troplong sur la peau de
Baroche;

Au bout d'un temps peu long.
Il eût crié :
Cet autre est pire.
Qu'on l'étrangle!
Et, j'en conviens encore, eût lait asseoir
Delangle

Sur la peau de
Troplong.

Cambyse était stupide et «ligne d'être auguste;
Comme s'il suffisait pour qu'un être soit juste.

Sans vices, sans orgueil,
Pour qu'il ne soit pas traître à la loi, ni transfuge,
Que d'une peau de tigre ou d'une peau déjuge

On lui fasse un fauteuil!

Toi, peuple, tu diras : —
Ces hommes se ressemblent.
Voyons les mains. —
Ht tous trembleront comme trem-Les loups pris aux filets. [blent


Bon.
Les uns ont du sang, qu'au bagne on les écrouc,
A la chaîne!
Mais ceux qui n'ont que de la boue,
Tu leur diras : —
Valets!

La loi râlait, ayant en vain crié : main-loi te!
Vous ave/ partagé les habits de la morte.

Par
César achetés.
De tous nos droits livrés vous avez fait des ventes;
Toutes ses trahisons oni trouvé pour servantes

Toutes vos lâchetés!

Aile/, fuyez, vive/, pourvu que, mauvais prêtre.

Mauvais juge, on vous voie en vos nous disparaître.

Rampant sur vos genoux.
Li qu'il ne teste rien, sous les cieux que
Dieu dore.
Sous le splendide azur où se lève l'aurore,

Rien de pareil à vous!

Vivez, si vous pouvez! l'opprobre est votre asile.
Vous aurez à jamais, toi, cardinal
Basile,



Toi, sénateur
Crispin1,
De quoi boire et manger dans vos fuites lointaines.
Si le mépris se boit comme l'eau des fontaines.

Si la honte est du pain! —

Peuple, alors nous prendrons au collet tous ces drôles,
Et tu les jetteras dehors par les épaules

A grands coups de bâton;
Et dans le
Luxembourg, blancs sous les branches d'arbre.
Vous nous approuverez, de vos têtes de marbre,

O
Lycurgue2, ô
Caton!

Citoyens! le néant pour ces laquais se rouvre;
Qu'importe, ô citoyens! l'abjection les couvre

De son manteau de plomb.
Qu'importe que, le soir, un passant solitaire.
Voyant un récureur d'égouts sortir de terre.

Dise :
Tiens! c'est
Troplong!

Qu'importe que
Rouher sur le
Pont-Neuf se cane,
Que
Baroche et
Delangle, en quittant leur simarre,

Prennent des tabliers.
Qu'ils s'ollrent pour trois sous, oubliés quoique infâmes.
Et qu'ils aillent, après avoir sali leurs âmes.

Nettoyer vos souliers!







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Victor Hugo
(1802 - 1885)
 
  Victor Hugo - Portrait  
 
Portrait de Victor Hugo


Biographie / Œuvres

C'est Hugo qui, sans doute, a le mieux incarné le romantisme: son goût pour la nature, pour l'exotisme, ses postures orgueilleuses, son rôle d'exilé, sa conception du poète comme prophète, tout cela fait de l'auteur des Misérables l'un des romantiques les plus purs et les plus puissants qui soient. La force de son inspiration s'est exprimée par le vocabulaire le plus vaste de toute la littérature

Chronologie

1802
— Naissance le 26 Février à Besançon. Il est le troisième fils du capitaine Léopold Hugo et de Sophie Trébuchet. Suivant les affectations du père, nommé général et comte d'Empire en 1809, la famille Hugo s'établit en Italie, en Espagne, puis à Paris.

Chronologie historique

1848

Bibliographie sÉlective