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Victor Hugo

DRAME BOURGEOIS CONTRE MARIE TUDOR


Poésie / Poémes d'Victor Hugo





Il est vain d'espérer que la presse soit meilleure après Marie Tudox qu'après les ouvrages précédents : les adversaires de Hugo n'ont pas désarmé et la presse libérale est plus enragée que jamais. La figure de la reine Marie n'est guère de nature à plaire aux ultras, c'est encore un coup de patte, indirect, mais efficace, contre la rovauté. Quant aux journaux gouvernementaux, les Débats par exemple, rien n'est capable de leur faire surmonter leurs préventions littéraires.

Mais cette fois, Hugo s'est dit qu'il fallait organiser la contre-offensive sur le plan de la presse : certes, il n'aura pas les grands journaux le Constitutionnel ou même les Débats, nous ne parlerons pas du National ou du Courrier français, mais il pourra compter sur un certain nombre de petits journaux littéraires, la toute nouvelle Europe littéraire, dont le directeur Capo de Feuillide lut est dévoué, et dont on peut presque dire qu'elle est son journal, le Vert-Vert, petit journal de théâtre dont on ne peut espérer qu'il concurrence le terrible Courrier des théâtres, mais qui jouit d'une certaine audience dans les milieux romantiques, littéraires et artistiques ; l'Entr'acte aussi se montre relativement favorable à Hugo, malgré certaines réserves.



Autrement dit, ce sont les journaux spécialisés, les journaux de théâtre qui, en petit nombre, veulent bien prôner le drame hugolien. Le plus actif, contre-attaquant avec vigueur et réfutant les arguments - toujours les mêmes - qui condamnent le drame hugolien, c'est l'Europe littéraire-, J.-P. Beaude y moque les contradictions libérales (12 novembrE): -J'ajouterais que le feuilleton littéraire chez vous donne le droit de soupçonner la bonne foi de la colonne politique : la colonne politique tient le peuple en très haute estime, lui reconnaît des droits et l'appelle en masse au suffrage universel, Gros Pierre aussi bien que Gros Jean; le feuilleton littéraire lui interdit le droit d'applaudir et de siffler, et le traite de peuple sale, presque de canaille, Dieu me pardonne. - L'Artiste(Th. Gautier?) donne un article tout à fait prudent, semé de formules ambiguës, mais que l'on peut interpréter dans un sens favorable.



Viol du public.



La caractéristique de tous les journaux favorables à Hugo c'est de commencer par souligner le succès matériel, la présence du public, la vigueur de la bataille, les possibilités (en l'occurrence partiellement déçueS) de brillantes recettes. De l'Entr'acte(8 novembre: ■ Du reste (...) il est une puissance que M. Victor Hugo possède à peu près exclusivement : nous voulons dire la puissance de pousser la multitude à ses drames et de faire d'un jeu, d'un délassement de l'esprit une lutte presque nationale, où sont aux prises et les passions politiques et les passions littéraires.. Et le Vert-Vert du 9 novembre: ■ M. Hugo est le seul poète, le seul romancier, le seul auteur dramatique qui éveille autour de lui une aussi prodigieuse masse de sympathies et de haines (...) et ce doit être là, aux yeux de tous, un signe manifeste de puissance (...). Il n'y a que les volcans qui fassent trembler la terre. • Sur ce point, l'Europe littéraire, non sans souffle, touche au lyrisme : ■ Le public qui emplit la salle pendant cent représentations consécutives ' a toujours été traité d'ami personnel de l'auteur, et ses applaudissements considérés comme des illusions d'acoustique. Illusion, l'intérêt puissant qui tient les spectateurs en émoi pendant cinq heures sans respirer! Illusion, les recettes du théâtre qui témoignent cependant assez de leur réalité par les chiffres ! Illusions, les transports de l'admiration et de la critique que ces ouvrages ont seuls le privilège de soulever ! Illusions ! illusions que tout cela. Les Sopbonisbe, les Hercule, les Mariane, tous tombés au champ d'honneur de la représentation, sont là pour témoigner contre la sorcellerie qu'emploie leur rival pour fixer l'opinion ■ (I, p. 141). L'Artiste du 9 novembre souligne l'intérêt qui s'attache à Hugo : « C'est un intérêt puissant celui-là. voir un esprit vigoureux en lutte à la fois avec ses théories passées et ses théories présentes. »



L'accusation habituelle subsiste intégrale : Hugo n'est pas un auteur dramatique, l'entente de la scène lui échappe. Cet argument se retrouve presque partout, mais avec une particulière véhémence dans la France littéraire (novembre 1833, p. 236-249) : - Pourquoi Victor Hugo s'est-il cru le talent de la scène? ■ Et l'article d'incriminer l'intérêt le plus immédiat, celui de la notoriété et de l'argent que procure la réussite dramatique: - Mais non, la tête tournait d'éloges enthousiastes, l'égoïsme tirait à toute force par la manche ; on s'est précipité sur tout comme sur une curée; aux flammes folles des orgies échevelées, aux lueurs fantastiques du clair de lune allemand, on s'est pris à jeter çà et là des matériaux sans plan, sans consistance, et quelques Babels ont surgi, bizarres et grimaçantes. ■ D'où deux conséquences inégalement distribuées selon les journaux les adversaires du drame romantique, le Corsaire par exemple, le Courrier des théâtres, profitent de Marie Tudor pour assommer au passage le genre détesté; dès le 11 octobre, le Corsaire, à propos du Théâtre Français, rouvrait le feu contre le drame moderne: il stigmatisait ■ cette misérable école qui n'a même pas su conserver et qui a semé sa route de ses chutes, de ses niaises extravagances, de son plagiat féodal et qui, pour tout héritage, nous a légué le mépris, le désespoir et l'incapacité. Odieux et détestables eunuques, ils ont craché à la face des ancêtres, eux qui ne peuvent rien produire •. Après Marie Tudor, les cris redoublent : « Quel sera le réquisitoire de la critique contre ces essais informes d'où s'échappe une éternelle vapeur de sang et de débauche, sans moralité comme sans contrainte? La muse moderne s'est vouée aux dieux infernaux ; Elle dessèche, elle flétrit tout. - (Corsaire, 9 novembre.) Remarquons le passage de la condamnation littéraire à la condamnation morale Quant à Planche, il pousse un gémissement définitif: . Le lendemain de Marie Tudor, il faut dire que l'art s'en va.»



La seconde conséquence, c'est, plus particulièrement adressé à Hugo, le reproche de viol du public: argument qui n'est pas nouveau, mais se généralise. Presque tous les critiques y ont recours, pour en accabler Hugo - ou parfois pour exalter sa puissance d'écrivain capable de forcer le succès. Le même Corsaire (du 15 novembre ? après avoir évoqué ■ cette pensée immuable quand elle est une fois en train -, ajoute : « Ainsi M. Victor Hugo mène la littérature par le bout du nez. ■ Il est amusant de voir que le même argument dans le même journal (9 novembrE) se trouve inversé : dans l'article précédent, le viol apparaissait comme réussi, mais là il est tenu pour manqué. « On est forcé de croire qu'il est fourvoyé par une fatale obstination qui le met en hostilité avec la raison et le bon sens. ■ Le Constitutionnel(Darmaing?) tient que la doctrine immuable de Hugo tente de forcer l'opinion : ■ S'il n'est pas admiré de l'époque, c'est que l'époque est arriérée. Ce n'est pas lui qui doit céder au siècle, c'est le siècle qui doit fléchir sous lui. Il ne suffit pas à son orgueil de jeter à l'opinion publique d'humiliants dédains, il veut dompter l'opinion publique et la convertir à ses drames par la force, comme Mahomet établissait sa religion par le glaive. » (11 novembre.) De toute manière, il leur faut bien convenir que, si scandaleux qu'il apparaisse aux yeux de la raison et du bon sens, l'échec du viol n'est pas total. Mais c'est bien explicable: la salle est remplie de < séides ». Et le Constitutionnel de poursuivre : » À chaque première représentation des drames de M. Victor Hugo, une armée de Séides est là, distribuée sur tous les points, pour réprimer l'indépendance des opinions par la tyrannie et le hurlement des bravos. • Plus perfidement l'article de Planche dans la Revue des Deux Mondes affirme que • les juges de Marie Tudoront été soumis, comme les jurés d'assises, à la récusation de l'auteur, du directeur, etc. Je puis affirmer que nombre de personnes honorables n'ont pu y être admises, en temps opportun, faute de; recommandation. ■ Et le Brid'oison, journal de chantage, dit dans son compte rendu du 9 novembre que Hugo • ambitieux d'une couronne littéraire quelconque, a cherché à ressusciter le moyen âge pour se faire élire roi. À force d'extravagances, il y est parvenu : il s'est formé une armée à longue barbe, à longs cheveux plats, à chapeaux pointus, à gilets de satin rouge ; et suivi de cette sorte d'émeute, il est allé se promener tour à tour de la Porte Saint-Martin aux Français, et des Français à la Porte Saint-Martin. ■ Hugo est traité de ■ nouveau tyran, protégé par ses satellites -,

À ces propos l'Europe littéraire répond, en exaltant cette lutte. Beau-de justifie le poète de sa • persévérance » à violer l'opinion : après avoir rappelé que c'est ■ après une lutte corps à corps avec chacun des préjugés qui obstruaient la réforme littéraire de notre âge (...), que Victor Hugo nous a conduit à cette forme large et variée de Shakespeare, qui pennet de mouvoir des masses comme des individus -, il ajoute ces formules frappantes : • Il faut se rappeler surtout avec quelle admirable persévérance il a marché au milieu des entraves et des haines, contrariant sans cesse et pétrissant l'esprit de la masse pour l'amener au point où il le voulait voir, demandant plus pour obtenir moins, et battant de son front, comme un bélier, tantôt le pouvoir, tantôt la presse et le pouvoir, quelquefois repoussé, mais revenant toujours à la charge à peine guéri de ses blessures '. • Texte capital, où nous trouverions, s'il en était besoin, la confirmation non seulement de cette lutte entre Hugo et {'ensemble de l'opinion, lutte dont il est à peine besoin de parler à présent, tant elle nous est apparue flagrante, mais de la volonté de Hugo de forger son public, de « pétrir l'esprit de la masse », volonté rageuse, obstinée, faisant flèche de tout bois, et où l'on peut voir la raison principale de ses difficultés avec les théâtres. Certes la soumission est plus payante, devant le refus (littéraire et idéologiquE) de l'opinion; tel était, à n'en pas douter, l'avis de Harel. Ne cherchons pas de raisons trop personnelles à sa préférence pour Dumas. La lecture de la presse le justifie.



Plagiats



Les reproches déjà traditionnels, qui reprennent vie après la dispute avec Dumas, l'accusation de plagiat (ou en tout cas de flagrante imitatioN), l'accusation d'infidélité par rapport à l'histoire, le caractère mélodramatique. Et liés aux reproches précédents, mais divergents, les reproches moins techniques qu'idéologiques, la bassesse et la - trivialité » des personnages, des situations, du langage, et les diverses atteintes à la morale et aux convenances (immoralité passionnelle, présence du bourreaU). Une fois de plus ces attaques proviennent non seulement des journaux ultras ou gouvernementaux mais des journaux libéraux. C'est eux qui font devant la trivialité les mines les plus dégoûtées.



Le reproche de plagiat est partout. Nous n'en citerons que quelques exemples. Et, bien entendu, le premier nom évoqué est celui de la Christine de Dumas. Mais il n'est pas le seul, tant s'en faut, Ainsi l'énumération du Constitutionnel: • Dans Marie Tudor, tout le drame est empreint d'une monotone faiblesse et abonde en réminiscences plus ou moins fortement nuancées de Christine, de Monaldeschi, de Paula1, de Périnet Leclerc 2. du juif Raphaël Bazas d'Antony*. . La liste de Lafon (la France littéraire ') est quelque peu différente :. On surprend trop sur le fait le copiste qui dérobe en plein jour et d'une main enfantine Clotilde'', Mithridate, le Déserteur1, enfin, le dirais-je? même le Comte d'Essex de La Calprenède. Par respect pour une haute renommée, je ne pousserai pas la critique plus loin, car il me faudrait descendre à des parallèles qui feraient coudoyer la sanglante Marie par des héros de mélodrames trop célèbres au boulevard ■. On voit pointer ici une autre idée : l'assimilation du drame hugolien au mélodrame. Il n'est pas jusqu'à la Quotidienne (MerlE), en général moins mesquine, qui n'embouche la même trompette : « Si nous voulions suivre dans l'examen de la pièce de M. Hugo le système de critique qu'on a appliqué aux œuvres de M. Alex. Dumas, nous pourrions rappeler les analogues de toutes les situations qui composent le drame de Marie Tudor, nous les retrouverions toutes dans des ouvrages plus ou moins connus depuis le Clerc de la Bazoche de M. Scribe8 jusques au coup de canon d'Adélaïde Duguesclin. • (11 novembre.) Et dans le même article, Merle parle d'« une imitation ser-vile de la Christine de M. Alex. Dumas. La seule différence, c'est qu'ici le cynisme de la situation et du dialogue est poussé plus loin.-Si Hugo imite servilement ses devanciers, il se montre au contraire d'une extrême désinvolture avec l'histoire, selon le Courrier français (9 novembrE). Pour le Figaro (9 novembrE) « cette pièce appartient à l'histoire par quelques noms, elle s'en écarte par l'intrigue. (...) Nous nous expliquons pourquoi ce drame est si dépourvu de couleur -. Le Brid'oison ne mâche pas ses mots: « Cette pièce n'est pas de l'histoire. Tout s'invente dans le royaume Hugot (sic}, jusqu'au titre, jusqu'au nom de Tudor, dont on n'a jamais qualifié Marie d'Angleterre. ■ Pour le Charivari, • Hugo s'est abstenu de la vérité historique - (9 novembrE). Gustave Planche, dans la Revue des Deux Mondes (15 novembrE), donne de ce grief, sur lequel la presse n'insiste guère, une formulation plus complète: • L'Angleterre, la France, l'Espagne. l'Italie, au XIVe ou au XVII1' siècle, peu importe à M. Hugo. Il choisit dans le passé un nom sonore et reluisant, comme une femme choisit l'étoffe d'une robe pour les reflets et les plis qu'elle peut donner; mais là se borne l'emprunt qu'il fait à l'histoire. Il ne s'inquiète ni des faits accomplis, ni des caractères développés et mis en jeu par les événements. • Reproche bien vague. Contrairement aux pièces précédentes (contrairement à ce qui se passera pour Ruy Bios pour lequel les critiques font le compte des moindres erreurS) il semble que cette fois les adversaires de Hugo se soient donné le mot pour l'attaquer mollement sur l'histoire. Ce n'est pas sans cause, nous le verrons.



Mélodrame



Mélodrame! mélodrame! la critique s'en donne à cœur joie. Le Courrier français du 17 novembre ne mâche pas ses mots: ■ C'est le vieux mélodrame, trempé dans la lie de Shakespeare, de Walter Scott, de Byron, d'Hoffmann et frappé d'un souffle de poésie sata-nique. » Et la Mode du 30 novembre : ■ Le Grand Lama de l'école moderne, M. Victor Hugo vient de laisser tomber sur les planches de ce théâtre de toute la hauteur des tours de Notre-Dame, un gros drame à la pensée shakespearienne et aux formes mélodramatiques. • Le mot mélodrame se retrouve presque partout dans le National où Rolle accuse Hugo de copier « les effets et les procédés de nos mélodrames en vogue », dans le Charivari: •... Pitié, terreur, lampes funéraires, tombeaux, tonneaux, tam-tam, rien de ce qui épouvante n'a été épargné. C'est de la bonne grosse terreur qui vous prend aux flancs et vous étouffe ! la procession du supplicié, au dernier acte, est dans le comble du genre, et les cercueils de Lucrèce sont surpassés. ■ On se sert contre Hugo de l'effort même qu'il fait pour dominer les ficelles de la scène. Le Vert-Vert louait Hugo de ce progrès : ■ Somme toute, Marie Tudor est un pas immense de M. Hugo: on feignait de lui contester le talent de combiner des scènes; les deux premiers admirablement intrigués, intrigués comme Figaro. ■ Mais c'est justement le nouveau reproche du Charivari: • Ce qui est remarquable dans cette œuvre si remarquable, c'est que M. Victor Hugo a voulu prouver qu'il possédait le talent dramatique dans la moins difficile et la plus vulgaire entente du mot. (...) Il s'est donc abstenu de la vérité historique, il a laissé là les grandes idées, tant il a tout bonnement entassé l'incident dramatique aussi bien qu'aurait pu le faire M. Duval lui-même. Les deux premiers actes de Marie Tudor sont des chefs-d'œuvre d'arrangement. ■ Mais la plus grande méchanceté c'est l'Artiste qui la distille: ■ À tout prendre. Marie Tudor est un succès plutôt fait pour le parterre habituel de la Porte Saint-Martin que pour tout autre parterre. • Une méchanceté, car elle signifie très clairement que Hugo n'a sa place qu'à la Porte Saint-Martin, théâtre du mélodrame; c'est condamner tous les efforts faits par Hugo pour créer un public un et drame un.



La trivialité



On se doute que les reproches enchevêtrés de vulgarité, de trivialité, d'inconvenance et d'immoralité sont particulièrement fréquents à propos de Marie Tudor. Le mot trivialité se retrouve sous la plume du Constitutionnel et sous celle d'Amédée Pichot de la Revue de Paris. Il n'est pas jusqu'à l'Entr'acte, pourtant favorable à Hugo, qui ne l'emploie à son tour: ■ Je sais bien que la naïveté du dialogue dégénère quelquefois en trivialité, là où M. Hugo n'y a pas pris assez garde » (8 novembrE). Ce sont les critiques libéraux qui manifestent devant la grossièreté de Hugo, le plus aristocratique dégoût. La Tribune d'Armand Marrast (15 novembrE) attaque la dernière pièce : ' Tout cela devait nous conduire â'Hernani à Marie Tudor, en passant par les saletés du Moi s'amuse, et les calembours dégoûtants de Lucrèce Borgia. • Sur ce point, c'est Rolle, dans le National, qui va comme toujours, le plus loin. Il y a inconvenance et immoralité selon Rolle à mélanger le mal et le bien, à l'intérieur du même personnage :



Une des plus bizarres manies des drames de M. Hugo est précisément de vouloir mettre les plus nobles et les plus pures passions dans les âmes mauvaises et souillées (....) La nature est logique, et ne se donne pas d'aussi violents démentis à elle-même. S'il en était autrement, quel privilège et quelle chance auraient aux âmes hautes et choisies? Et où en serait la morale éternelle?



Dans la Gazette de France du 10 novembre, on lit : ■ Lucrèce Borgia et Marie Tudor sont les deux sœurs dramatiques aussi immondes l'une que l'autre et sacrifiant à la passion la plus insensée tout sentiment de pudeur, de sexe et de rang. ■ La bassesse des personnages est un des lieux communs de la critique ; ainsi le Moniteur universel du 9 novembre : ■ La reine offre un assemblage de commun, de trivial, d'élévation, de folie, de ridicule, de jalousie. » Le Courrier français, libéral, tient Gilbert pour un héros ■ dégradé -, et, peu sensible au caractère populaire du personnage, 0 ajoute : ■ De son aveu Gilbert n'est ni beau ni jeune; nous savons qu'il n'est ni brave, ni adroit, ni loyal : comment voulez-vous qu'il intéresse ? - Étrange vue romanesque et féodale du héros du drame. Même son de cloche dans la Revue des Deux Mondes (1833, IV, p. 461): ■ Si l'on veut que je m'intéresse de bonne foi au sort de Jeanne Talbot, il me la faut grande et passionnée, pure et hardie.



Les journaux ultras, la Quotidienne, par exemple, parlent du mépris de Hugo » pour toutes les convenances sociales -. Selon Merle, le plus grave c'est l'attaque contre la royauté ; il reproche à Hugo de déshonorer bénévolement une reine ■ : C'est ce que dit aussi, élo-quemment, l'Écho de la Jeune France dans son numéro de décembre 1833 ; il prête à Hugo ces paroles : « Pour que ce mot de reine perde tout son prestige, je prendrai celle-ci, et je la prostituerai à un homme sorti de vos rangs (du peuplE) (...), et je ferai Marie reine d'Angleterre, assez repoussante et assez ignoble pour que dans cet adultère d'un trône avec un coin de rue, ce soit Fabiano Fabiani qui paraisse descendre en venant essuyer la boue de la place publique sur la pourpre éhontée de ce manteau royal. ■ Il ne nous étonnera pas de trouver dans l'Écho de la Jeune France, une tirade réprobatrice contre le bourreau lié au souvenir de la Terreur: ■ Ce qu'il y a de plus hideux à vos yeux, n'est-ce pas le bourreau ? Eh bien ! je donnerai à la reine le bourreau pour confident et pour compère. Je jetterai l'une contre l'autre les deux extrémités des choses humaines, le trône et l'échafaud. ■ Dans l'Artiste, le développement sur le bourreau est poussé jusqu'à ses dernières conséquences :



Vous savez depuis longtemps la prédilection de M. Hugo pour le bourreau. Il en a fait, à l'exemple de M. de Maistre, la cheville ouvrière de toute civilisation, le commencement et la fin de l'ordre public, le principe universel sur lequel reposent toutes les légitimités et toutes les puissances du monde. Le bourreau dans ce sens est la dernière expression de cette école philosophique dont l'athéisme est le principe. Jamais le bourreau n'a été aussi horrible qu'il nous paraît dans les œuvres de M. Hugo. Autrefois, le bourreau n'était qu'un épouvantai!, dans le système de M. Hugo, c'est la représentation d'un principe, et de quel principe !



Hugo est ainsi enrôlé dans la famille des athées ; on ne s'étonnera pas de trouver, sous la plume de Rolle, coutumier du fait, des affirmations du même type ; voici comme il définit le drame de Hugo. • Un drame de hasard, un drame vagabond, enfant perdu, sans famille, sans patrie et sans Dieu. «



Hugo révolutionnaire?



L'Écho de la Jeune France franchit ce pas: Hugo est le buveur de sang, l'« empoisonneur public :



À travers tous ces noms empruntés aux siècles passés, il y a de la pique et du bonnet rouge au fond des drames de Victor Hugo. C'est une terreur littéraire, c'est un 93 théâtral succédant au 93 politique. Chaque soir il donne à ses spectateurs ces émotions que nos pères ont eues dans la rue. 11 y a plus d'un 21 janvier au bout de cette plume qui s'en va souillant les couronnes, car le mépris est encore plus mortel aux institutions sociales que le couperet de la place de la Révolution, et le régicide le plus coupable comme le plus dangereux n'est point le régicide du sang, mais le régicide de la boue. [Ce n'est pas la royauté seule qui est ainsi mise en péril, c'est la société.] Nous avons reconnu dans tous ces drames cette pensée antisociale et ces continuels appels aux mauvaises passions qui pervertissent le sens moral des peuples. C'est que toutes les fois que les auteurs dramatiques, au lieu d'exercer une censure salutaire sur la société dont ils sont membres, cherchent à ruiner les institutions, et à renverser toutes ses bases déjà si ébranlées, ils deviennent des empoisonneurs publics.



L'article de la Tribune du 15 novembre 1833 dit exactement l'inverse; extrêmement violent, il s'efforce de démolir la confusion entre la révolution politique et la révolution littéraire :



À la première représentation de Marie Tudor, ses jeunes amis [de Hugo] avaient recruté parmi les Républicains de braves et dignes jeunes gens qui sont persuadés que la question de la révolution politique touche à la révolution littéraire et ils ne se sont pas aperçus qu'en juillet le premier avait tué l'autre.



Avec une grande lucidité, la Tribune indique l'équivoque et la confusion du public de Hugo:



Au parterre donc, et aux secondes galeries, bon nombre de républicains, parmi lesquels nous avons remarqué des membres actifs de la Société des Droits de l'Homme-, au balcon les amis de salon ; aux loges, les femmes galvaniques, comtesses et duchesses carlistes, frottées de Lamartine; enfin, à l'avant-scène, M. Hugo lui-même se pavanant au milieu de la famille Bertin, du Journal des Débats. [Équivoque redoublant celle que contient la pièce elle-même.] Ainsi quand la reine, cette reine dévergondée, bavarde, rugissante, que M. Hugo a mise au monde, s'emporte contre la populace et s'écrie : Donnez-lui une tête à cette canaille, elle veut en manger! les loges et les balcons frémissent d'admiration et poussent d'énormes bouffées d'enthousiasme. Lorsqu'au contraire un autre flatte le peuple, le parterre s'épuise en transports frénétiques.



Et la Tribune de stigmatiser le refus d'engagement politique qui est celui de Hugo dans son drame :



Tandis que la classe ouvrière se répandait dans nos rues, les inondant de ses justes plaintes, tandis que notre jeunesse passionnée de liberté pleurait sur les désastres de la Pologne, M. Hugo ne croyait-il pas l'univers occupé de son Triboulet? (...) Quoi, vous voulez que les contemporains vous admirent, vous dont les œuvres sont sans action, sans influence, ni sur le présent ni sur l'avenir (,..). Non, il n'y a rien, absolument rien dans M. Hugo qui ressemble précisément au poète de la jeunesse, au poète révolutionnaire. Lui poète révolutionnaire? Et à quel titre? qu'a-t-il fait que suivre la trace de tous ces hommes dont l'étranger en 1814 alluma la gloire et les talents Quelle œuvre originale est sortie de ses mains! Des traductions, des imitations étrangères, une importation sans discernement et sans résultats des œuvres nationales ailleurs, hétérogènes en France!



On ne peut rester insensible non seulement à la flamme hostile de ce texte, mais à son moralisme puritain, et à son chauvinisme démagogique.

Il y a une idée commune à l'article ultra et à l'article libéral, celle des théoriciens du drame bourgeois du XVIII'' siècle, un Diderot, un Sébastien Mercier, l'idée du théâtre immédiatement utile. Or Hugo refuse de lier l'utile à une thèse politique ou morale : il affirme éner-giquement et contradictoirement la valeur d'enseignement de son théâtre et ce refus de toute thèse. Alors? l'Europe littéraire montre bien les contradictions de l'attitude libérale, mais reste muette sur le contenu idéologique du théâtre de Hugo. Peut-être n'est-ce ni l'histoire littéraire, ni le contenu explicite des œuvres qui peut permettre d'apporter une réponse, mais l'analyse de l'écriture.



Hugo et l'art matérialiste



Cependant, dès maintenant, on peut dire que la grande querelle apparemment technique faite au théâtre de Hugo est en fait, nous le voyons une fois de plus, une querelle idéologique. Certes, la question du grotesque n'est pas directement soulevée, parce que Hugo a cette fois éliminé le grotesque à l'exception importante, mais dérivée, du personnage du bourreau. Nul ne présente la défense du grotesque de Hugo; même l'article deJ.-P. Beaude, dans l'Europe littéraire, condamne le grotesque hugolien : ■ Je ne voudrais pas même nier le défaut du maître. Tout génie a son côté humain. J'avouerai que le grotesque a été souvent poussé au-delà des limites du raisonnable.



Ce que reprend toute la presse, c'est le grand argument qui fut pour les drames précédents celui de G. Planche et de Rolle : Hugo est un poète matériel, la description lui tient lieu d'analyse et de sentiment, les moyens de mise en scène suppléent à la peinture des passions. De matériel à matérialiste, il n'y a qu'un pas, allègrement franchi. Pour la Tribune, le talent de Hugo, c'est ■ l'action du décorateur qui dessine un catafalque ■; pour le Brid'Oison, • le quatrième acte, c'est Hugo tout entier, c'est Hugo faisant comme à son ordinaire dans les corbillards et les processions. On voit Londres illuminé, la Reine boxe avec Jeanne Talbot qui lui redemande son amant -. Pour l'Impartial du 9 novembre, « M. Hugo a une prédilection marquée pour les processions et les escaliers. Nous avons déjà vu des processions dans Hernani et dans Lucrèce Borgia. Dans Hernani. nous avions aussi un grand escalier, ici, il y a progrès : nous avons deux escaliers . Il est aussi beaucoup question d'escaliers dans l'article de Rolle : ■ M. Hugo avait mis dans Hernani un grand escalier ; puis sept ou huit sépulcres dans Lucrèce Borgia; au dernier acte de Marie Tudor. M. Hugo a réuni son grand escalier à ses tombeaux, il a joint une ville illuminée. - Le développement de Charles Rabou (Journal de Paris, 10 novembrE) sur le même thème, est plus clair: ■ Il (HugO) ne s'aperçoit pas qu'en pareil cas (...) il n'a pour auxiliaire et pour expression de sa pensée que l'art borné et fini du décorateur qui vient ainsi en partage de son invention et la réduit au mérite équestre d'une création de mimodrame. ■ Ainsi l'illumination finale n'est qu' ■ une pensée de machiniste ' ■ Mais c'est encore à Rolle que nous emprunterons le mot de la fin :



Ne sachant point intéresser le spectateur par l'analyse vraie et vraisemblable d'une passion qui commence dans le cœur et s'y développe graduellement, il faut bien que Hugo l'occupe par autre chose: il l'étonné alors par des effets fantasmagoriques et des secousses matérielles et violentes; faute de pouvoir rendre l'âme attentive, il s'en prend aux muscles et aux nerfs.



Et voilà Hugo poète du corps, tenant d'un art « matérialiste ». Hugo n'ignore pas la gravité de la querelle, son perpétuel renouvellement. Le grand article de l'Europe littéraire répond par une attaque ironique contre l'école spiritualiste. Le mot d'ordre de ladite école, c'est le mot intime, et l'on sait en effet que toute une querelle tourne autour de ce mot :



Depuis quelques mois, une année peut-être, un petit nombre de personnes sont convenues entre elles d'appeler philosophie et pensée intimes, un certain ronflement de phrases creuses, où tournent comme dans une roue de fortune, les mots Dieu, ciel, terre, mer, cœur, âme, et toutes les épithètes correspondantes, et l'on applique sur le tout le procédé du désespoir à la Byron, ou la consolation de l'idée chrétienne, sujet assez vaste comme l'on voit pour servir de maison de refuge à ceux qui n'aiment pas se casser la tête en frais d'invention (...). Nous devons avouer que les livres de Victor Hugo sont entièrement vides en effet de cette façon de philosopher (...) Selon nous Victor Hugo est l'antipode de l'école matérialiste qui fait du drame pour le plaisir d'entasser des éléments, qui écrit de l'histoire à l'instar d'un secrétaire de chancellerie, ou d'un greffier de cour d'assises. Il ne donne jamais un fait sans mettre la cause en relief.



Et à propos de Marie Tudor, il poursuit : • Sujet intime, s'il en fut puisqu'il se passe tout entier dans l'âme d'une femme. - La querelle pose ainsi, avec une relative clarté le problème de la pensée de Hugo dans ses rapports avec le spiritualisme officiel, rapports qui ne sont pas tant d'opposition que de creux, de vide, dit le critique '.



Hugo et le drame bourgeois



Dans la presse, la querelle avec Dumas, au-delà de l'anecdote - ou de la satisfaction de voir se scinder en deux l'école romantique - montre ses implications idéologiques. Si la critique attaque mollement Hugo sur sa fidélité à l'histoire, c'est que par un biais imprévu le drame historique apparaît comme • subversif ». De là une thèse générale venue de tous les horizons politiques qui plaide en faveur du drame bourgeois moderne, contre le drame historique. On attend avec impatience qu'Alexandre Dumas Père donne le jour à Alexandre Dumas Fils. Mais Hugo n'écrira jamais de Dame aux camélias, et c'est bien ce qu'on lui reproche. Ainsi TEntr'acte réclame :



Parlez-nous plus bas, parlez-nous de nous-mêmes, couvrez vos personnages d'un masque que nous connaissions tous ; descendez dans notre vie de tous les jours, foulez aux pieds les chroniques, les manteaux de rois (...). Je n'aurai foi entière au talent complet de Victor Hugo, poète dramatique que du jour où je lui aurai vu faire un drame bourgeois qui obtiendra même le succès contesté de Marie Tudor.



On n'est pas plus clair: ce que Hugo doit peindre, c'est • la femme et l'homme de notre siècle », autrement dit le drame de Hugo ne sera accepté que du jour où il en fera le miroir de la bourgeoisie. C'est dans le Rénovateur du 2 décembre, l'organe ultra de M. de Laurentie que la liaison de ce thème avec celui du spiritualisme intimiste se montre avec le plus de netteté.



Aujourd'hui, nous voulons donc des ouvrages dramatiques, en harmonie avec notre morale, sérieux et passionnés; surtout nous voulons des peintures d'actualité. Nous croyons la société moderne assez caractéristique par ses mœurs, sa politique, sa religion, pour valoir la peine d'être étudiée et de servir de modèle au poète comme à l'historien. Le drame pour nous n'est plus seulement un enchaînement de faits (...), c'est encore un développement de passions intimes, c'est une révélation des souffrances et des joies de notre âme; c'est l'homme moral mis en évidence.



À la fois contemporain et spiritualiste, tel devrait être le drame. On voit qu Antony répond à cette définition infiniment mieux que Marie Tudor. Dans la querelle Hugo-Dumas, l'opinion publique prend largement, mais indirectement, parti pour Dumas. Telle est aussi la pensée de l'Artiste:



Quant à l'avenir qu'on peut légitimement prédire à la poésie dramatique, voici, je crois, ce qui se présente à la pensée des esprits sérieux: 1° il y aura inévitablement une réaction prochaine contre l'histoire dramatisée, 2° la poésie dramatique obligée de renoncer pour quelque temps aux choses et aux hommes du passé, choisira fatalement le sujet de ses créations parmi les scènes et les caractères de la vie contemporaine.



Le point de vue de Musset dans la Revue Universelle (IV, 1833, p- 93) est du même ordre, quoique plus pessimiste et sans perspective d'avenir :



Où voit-on un peintre, un poète, préoccupé de ce qui se passe, non pas à Venise ou à Cadix, mais à Paris, à droite et à gauche? Que nous dit-on de nous dans les théâtres? de nous dans les livres? (...). Nos théâtres portent les costumes du temps passé.



Après la mort de la tragédie, il est difficile de ressusciter un théâtre neuf; et Musset, ne croyant guère au drame contemporain, se contente de déplorer la mort de l'art :

Du jour où le public, ce sultan orgueilleux, a répudié sa favorite [entendez: la tragédie], jetez le sérail à la mer: à quoi servirait de lui venir montrer des Éthiopiennes difformes, et jusqu'à des monstres mort-nés pour exciter encore sa lubricité blasée?



Si nous avons fait une place si large à la réception de Marie Tudor, c'est qu'après deux années de lutte confuse, les positions s'éclairent et se décantent. Les raisons du refus que l'opinion oppose au théâtre de Hugo se précisent. Le retrait du grotesque ne suffit pas ; ce théâtre est condamné : il ne s'inscrit pas dans le contexte de l'idéologie que l'on peut qualifier de - dominante », et la preuve la plus caractéristique en est l'unanimité (relativE) de l'opinion, quelles que soient les options politiques. La masse silencieuse n'a pas d'organe pour s'exprimer.

La plus forte peut-être des analyses hostiles concernant les rapports de Hugo et de son public, est celle du meilleur des articles consacrés à Marie Tudor, celui de Ch. Kabou, dans le Journal de Paris novembre. Il collectionne et réunit les formules que nous n'avons ailleurs trouvées qu'éparses, il accuse Hugo d'avoir une idée fixe, celle de devenir le - roi de la scène -, rappelle le « dévouement des jeunes séides qui viennent applaudir les succès négatifs -. Il signale dans le talent de Hugo ■ quelque chose d'essentiellement anti-théâtral. Son impuissance est irrémédiable ■. Ces formules ne sont pas insultantes : il oppose Byron et Walter Scott à Molière et Shakespeare, génies dramatiques. Le décalage de Hugo par rapport à son public, Rabou en voit le principe dans le sens « romanesque » du poète et sa ■ disposition inexorable à peindre au-delà de la nature », et il ajoute ce mot auquel nous souscririons volontiers: Hugo est contraint de - monter la fable au diapason des âmes monstres». Enfin il voit la cause de l'échec dramatique de Hugo justement dans sa guerre avec le public :

Il y a, rien que dans les mœurs littéraires de M. Victor Hugo, un empêchement invincible et matériel à ce qu'il soit un dramaturge : (...) ayant constamment vécu en état de guerre avec le public et la critique, il a fini par donner à son génie une allure cassante et cavalière qui peut tout au plus passer dans une préface où l'on n'a affaire avec ses lecteurs qu'un à un (...) Mais la vie du poète dramatique est une vie de privations, d'humilité et de sacrifices.









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Victor Hugo
(1802 - 1885)
 
  Victor Hugo - Portrait  
 
Portrait de Victor Hugo


Biographie / Œuvres

C'est Hugo qui, sans doute, a le mieux incarné le romantisme: son goût pour la nature, pour l'exotisme, ses postures orgueilleuses, son rôle d'exilé, sa conception du poète comme prophète, tout cela fait de l'auteur des Misérables l'un des romantiques les plus purs et les plus puissants qui soient. La force de son inspiration s'est exprimée par le vocabulaire le plus vaste de toute la littérature

Chronologie

1802
— Naissance le 26 Février à Besançon. Il est le troisième fils du capitaine Léopold Hugo et de Sophie Trébuchet. Suivant les affectations du père, nommé général et comte d'Empire en 1809, la famille Hugo s'établit en Italie, en Espagne, puis à Paris.

Chronologie historique

1848

Bibliographie sÉlective