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Samuel Beckett

Maudits soient les pères


Poésie / Poémes d'Samuel Beckett





RÉSUMÉ



Hamm s'inquiète: s'il siffle Clov et que celui-ci ne vient pas, comment Hamm saura-t-il si Clov est parti ou s'il gît mort dans sa cuisine? Clov réfléchit, puis apporte un réveil. Si celui-ci sonne, c'est qu'il est parti, parce qu'avant de partir il en aura remonté la sonnerie; s'il ne sonne pas, c'est qu'il est mort. Vient l'heure pour Hamm de raconter son histoire. Clov refuse de l'entendre et va réveiller Nagg, qui accepte d'écouter Hamm à condition d'avoir une dragée. Hamm promet de lui en donner une. À peine Nagg sort-il sa tête de sa poubelle que Hamm lui reproche de lui avoir donné la vie. Nagg s'excuse: il ne pouvait pas savoir qu'il aurait un fils tel que Hamm.





Hamm raconte enfin son histoire, celle d'un gueux qui demande au nan-ateur du pain pour son enfant. Le narrateur finit par prendre le gueux à son service, sans dire s'il a aussi recueilli l'enfant. « Prions Dieu ». conclut Hamm (p. 73). Nagg réclame la dragée qui lui a été promise. Hamm lui demande d'abord de prier Dieu. Mains jointes, Nagg s'apprête à réciter la prière du « Notre Père » quand Hamm s'écrie que Dieu n'existe pas et qu'il n'y a plus de dragées. Nagg te maudit. Il tape à plusieurs reprises sur le couvercle de la poubelle de Nell. Comme celle-ci ne répond pas. Nagg comprend que sa femme est morte.



REPÈRES POUR LA LECTURE



Une haine vive et générale

La détérioration des rapports humains se poursuit et s'accélère. Entre Clov et Hamm, la rupture est proche. Tous deux l'envisagent lucidement, parce qu'ils ne peuvent plus se supporter. Hamm maudit son père de l'avoir fait naître: «Salopard! Pourquoi m'as-tu fait? » (p. 67). Le père, lui, maudit son fils qui le laisse mourir. Quant au narrateur de l'histoire que raconte Hamm, s'il recueille bien le gueux, on ignore ce que devient l'enfant. Tous manifestent une haine absolue de la vie. Il convient de tout exterminer, même le rat qui se trouve dans la cuisine.



Roman ou autobiographie?

« C'est l'heure de mon histoire ». dit Hamm (p. 65). La formule est volontairement ambiguë. S'agit-il d'une fiction que Hamm invente et qui est donc son histoire, parce qu'il en est l'auteur? Ou bien s'agit-il de l'histoire véritable de sa vie? Dans un cas, c'est un roman, dans l'autre, une autobiographie. L'enfant dont il est question est-il un personnage ou Clov lui-même, dont on sait qu'il a été recueilli par Hamm? Comme à propos de la Mère Pegg, les références au passé ne font qu'épaissir les conjectures.



Hamm comédien et metteur en scène

Comme Nagg précédemment, Hamm se comporte en véritable acteur pour raconter l'arrivée du gueux chez lui. Il change tour à tour de tons, passant du « ton normal » (p. 68-72), le sien, à celui du narrateur. Il varie en outre sa diction : il élève la voix, s'emporte, rit. Mais comme un comédien en répétition ou comme un metteur en scène qui le guiderait, Hamm prend du recul par rapport à son propre discours. Il le juge et, par là, se juge lui-même en tant que narrateur: « Joli ça », dit-il (p. 70) ou. à l'inverse, « un peu faible ça » (p. 70). C'est ce qui rend l'interprétation de son histoire problématique : est-elle réelle ou inventée ?



Une satire anti-religieuse

La philosophie de l'absurde est par définition un athéisme. Il est donc logique que ni Clov ni Hamm ne croient en une « vie future » (p. 67). La prière collective qu'organise Hamm vire ainsi à la parodie'. Le débit précipité avec lequel Nagg commence à réciter sa prière trahit son idée d'en finir au plus vite. Tour à tour Clov, Nagg et Hamm se découragent et finissent par lâcher des gros mots: « Je t'en fous! », « Bernique! ». Macache! » (p. 74). C'est Hamm qui se fait le plus blasphémateur ? : « Le salaud ! Il n'existe pas ! », dit-il en parlant de Dieu (p. 74).



Une séquence comique

Les éléments comiques n'en sont pas moins présents. Un certain comique de l'absurde apparaît quand Clov dit avoir mis ses « brodequins » au lieu de ses « babouches » qui lui faisaient mal (p. 77) car, dans la réalité, c'est l'inverse: les grosses chaussures que sont les brodequins sont plus douloureuses aux pieds que des babouches. Enfin, l'admiration de Clov pour la création littéraire de Hamm est un peu forcée. Ces petites notations permettent, malgré les apparences, de lire et d'interpréter Fin de partie comme une pièce comique ( problématiquE ).








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Samuel Beckett
(1906 - 1989)
 
  Samuel Beckett - Portrait  
 
Portrait de Samuel Beckett


Biographie

Samuel Beckett naît en Irlande le 13 avril 1906 à Foxrock dans la banlieue sud de Dublin. Ses parents appartiennent à la bourgeoisie protestante de la ville et lui donnent une éducation très stricte.