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Samuel Beckett

La fin, vraiment?


Poésie / Poémes d'Samuel Beckett





RÉSUMÉ

Clov est sur le point de partir. Hamm lui demande de lui dire quelques mots dont il puisse se souvenir. En guise d'adieu, Clov entonne alors un quatrain qui s'achève grossièrement. Comme Hamm prend cette chanson pour une insulte et même pour •< un crachat » (p. 105), Clov se met à ridiculiser tout sentiment humain. L'amour, l'amitié sont des illusions et des tromperies: « On m'a dit, Mais c'est ça, l'amour, mais si, mais si, crois-moi, tu vois bien que - » (p. 105). La croyance dans le progrès ou la beauté de l'univers sont également des balivernes. Rien ne peut en effet masquer que •• ça finit, ça change », que « ça meurt » (p. 106). Clov part enfin, en espérant bientôt mourir: « Quand je tomberai je pleurerai de bonheur» (p. 107). Resté seul, Hamm monologue. C'est l'instant attendu et redouté, celui d'une «vieille fin de partie perdue, finir de perdre» (p. 108). Sur un ton de narrateur, Hamm reprend le fil de son histoire. Il s'étonne que le gueux ait voulu garder son enfant avec lui. L'enfant, lui, ne sait rien, il est normal qu'il veuille vivre. Mais le père n'a aucune excuse: « Vous devez savoir ce que c'est, la terre, à présent » (p. 109).



Hamm appelle en vain son propre père, puis Clov. Comme personne ne lui répond, il jette son chien en peluche, son sifflet: « jouons ça comme ça [...] ne parlons plus » (p. 110). Hamm déplie alors son mouchoir et s'en couvre le visage. Pendant que Hamm monologue, Clov réapparaît, «panama, veston de tweed, imperméable sur le bras, parapluie, valise » à la main (p. 108). Jusqu'au tomber du rideau, il reste immobile, silencieux, les yeux fixés sur Hamm.



REPÈRES POUR LA LECTURE

L'ultime monologue de Hamm

La pièce s'achève sur ce troisième et dernier monologue de Hamm. Pour celui-ci, la partie se termine. « Instants nuls, toujours nuls, mais qui font le compte, que le compte y est, et l'histoire close » (p. 109). Hamm finit son histoire, jette tous les objets dont il se servait jusque-là et qui lui sont désormais inutiles. Comme si elle se désintégrait, sa manière de parler se réduit à des phrases nominales de plus en plus brèves. Il s'agit tantôt de phrases nominales: « Paix à nos... fesses », « Égalité » (p. 108); tantôt d'un simple infinitif: •• Enlever» (p. 108); tantôt enfin d'un vague pronom démonstratif: •< ça » (p. 109). Le langage finit par s'engloutir dans le silence: « ne parlons plus » (p. 110). Reste l'immobilité annonciatrice de la mort. La malédiction de Nagg se réalise: Hamm est seul.



Une structure cyclique

Ce dénouement renvoie au début de la pièce. Avec son mouchoir sur le visage, Hamm se fige dans la position qui était initialement la sienne. Son dernier monologue fait ainsi écho à son premier. Dans l'un comme dans l'autre, Hamm prononce les mêmes paroles: « A moi [...]. De jouer » (p. 14 et 108); « Vieux linge! » (p. 14 et 110). Ses gestes sont identiques: Hamm ôte ses lunettes, les essuie, les remet, sort son mouchoir de sa poche et le déplie. Il fait ce qu'il a rêvé jusqu'ici de faire: il se tait, reste tranquille et, comme il le disait précédemment, « c'en sera fait, du son, et du mouvement » (p. 90).



Un dénouement sans fin?

Cette structure cyclique rend toutefois le dénouement ambigu. Hamm attend en effet la mort, mais il n'est pas encore mort. Tout Peut donc recommencer depuis le début, et très exactement de la même façon. Quant à Clov, qui est parti, le voici qui revient, Qui regarde silencieusement Hamm. Va-t-il rester? S'il a bien accroché le réveil, il ne l'a pas remonté, comme il avait dit qu'il le ferait quand il partirait définitivement. Va-t-il donc rester? Reparti''? Peu importe en définitive car, comme le disait Hamm dans son deuxième monologue, « la fin est dans le commencement » (P- 89). Naître, ce n'est pas commencer à vivre, c'est déjà entamer " 'es cent mille derniers quarts d'heure » (p. 109).








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Samuel Beckett
(1906 - 1989)
 
  Samuel Beckett - Portrait  
 
Portrait de Samuel Beckett


Biographie

Samuel Beckett naît en Irlande le 13 avril 1906 à Foxrock dans la banlieue sud de Dublin. Ses parents appartiennent à la bourgeoisie protestante de la ville et lui donnent une éducation très stricte.