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POÈMES SATURNIENS


Poésie / Poémes d'Paul Verlaine





Lorsqu'en 1866 paraissent les Poèmes saturniens, Verlaine a vingt-deux ans. Depuis l'âge de quatorze ans, il écrit des vers; en 1858, il a envoyé à Victor Hugo son premier poème, « La Mort ». La première publication intervient en août 1863 : « Monsieur Prudhomme », sonnet satirique, paraît dans la Revue du progrès moral, littéraire, scientifique et artistique, que vient de fonder Louis-Xavier de Ricard. Celui-ci l'introduit dans le salon de sa mère, au 10 du boulevard des Batignolles; le jeune Verlaine y rencontre notamment Villiers de l'Isle-Adam, Catulle Mendès, Heredia, Coppée, France. 11 fait également la connaissance d'autres poètes comme Glaligny, Cros, Dierx, Mérat. Ricard crée une nouvelle revue en novembre 1865 : L'Art, où Verlaine publie deux poèmes : « Dans les bois » (16 décembrE) et « Nevermore » (30 décembrE). Dans la neuvième livraison du Parnasse contemporain, en avril 1866, paraissent six poèmes : « Dans les bois ». « Il Bacio », « Cauchemar », « Sub urbe », « Marine », « Mon rêve familier » ; et dans la dix-huitième livraison, en novembre 1866, « Angoisse ». Enfin, la Revue du XIXe siècle publie « Nuit du Walpurgis classique » en août 1866 et « Grotesque » en octobre 1866. Ces publications pré-originales ne permettent pas d'établir une chronologie de la composition des Poèmes saturniens. Jacques-Henry Bornecque, en se fondant sur la correspondance, sur les témoignages d'amis et sur les sources d'inspiration (l'allusion à tel paysage ou à tel livre fournit un terminus a quO) estime que le plus ancien poème, « Nocturne parisien », remonte à la fin de 1861 et que les plus récents datent de 1866. La composition s'échelonne ainsi sur cinq ans.





Longtemps on a cru que les Poèmes saturniens ne reflétaient nullement la vie même du poète. Loin d'exprimer sa vie intérieure, ses joies et ses tristesses, ses amours, ses impressions, Verlaine aurait traité, de manière impersonnelle, des thèmes lyriques traditionnels : la Nature, la mélancolie, la Femme. Edmond Lepelletier. son ami, l'assurait : « Il ne se rencontre aucune pièce dans tout le volume qui puisse se rapporter à un événement précis de la vie du poète, à une sensation éprouvée, à une joie ou à un chagrin ressentis [...]. Il n'avait encore reçu aucun choc de la vie [...]. Sa plainte mélancolique était donc toute cérébrale et spéculative. » (Paul Verlaine, sa vie, son ouvre, p. 152-153.) Or, les souvenirs personnels inspirent plus d'un poème : notamment ceux qui sont liés à sa cousine Élisa et au village de Lécluse. Orpheline, Elisa avait été adoptée par les parents de Verlaine et était venue avec eux à Paris en 1851. Verlaine, qui avait huit ans de moins qu'elle, éprouvait à son égard une affection fraternelle. Durant l'été de 1862, il passe les vacances chez sa cousine qui était mariée depuis 1858, et son affection se transforme en un amour très chaste. Ce tendre sentiment paraît avoir été favorablement accueilli. Verlaine revient à Lécluse pour de brefs séjours puis y retourne pendant l'été de 1865, mais, cette fois, sa cousine ne lui laisse aucun espoir. Cet amour fervent et secret transparaît dans les poèmes de « Melancholia » :



Ô la femme à l'amour câlin et réchauffant.

Douce, pensive et brune, et jamais étonnée.

Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant.

(« Vou »)



On sait, d'après les Confessions, qu'Élisa chantait avec une « jolie voix » ; sans doute est-ce cette « voix d'or vivant » que Verlaine évoque dans « Nevermore », ou encore dans « Le Rossignol » :



Plus rien que la voix - ô si languissante ! -

De l'oiseau que fut mon Premier Amour,



Et. dans « A une femme », il chante celle qui serait seule à savoir le comprendre et l'apaiser. Les deux poèmes intitulés « Nevermore » expriment l'amertume et la tristesse ressentie en 1865. A la figure d'Élisa se trouvent liés les paysages de Lécluse : bosquets d'ormes et de saules, marais, étangs, joncs et nénuphars, que Verlaine décrit dans une lettre à Lepelletier du 4 octobre 1862. Comment ne pas les reconnaître dans « L'Heure du berger » ou dans « Promenade sentimentale » :



Les grands nénuphars entre les roseaux

Tristement luisaient sur les calmes eaux.

Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie

Au long de l'étang, parmi la saulaie



Pourtant, Verlaine demeure discret ; il ne cite aucun nom, ne fournit aucun détail trop précis. La confidence reste allusive. Ajoutons que bien d'autres poèmes ne relèvent pas de l'inspiration autobiographique. Verlaine y exprime ses rêves et ses désirs, ses nostalgies et ses chagrins, et ses poèmes reflètent seulement son univers intérieur.

Comme tout jeune poète, Verlaine a subi des influences. Elles demeurent sensibles dans les Poèmes saturniens. Si certains passages oratoires rappellent les poèmes de Victor Hugo, si des échos de Baudelaire apparaissent ici et là. et notamment dans l'art de transformer la matière verbale, et si la lecture de Glatigny (Les Vignes folles, 1860) et de Mendès (Philomèla. 1864) a été déterminante, l'influence du Parnasse demeure prédominante, surtout dans « Prologue », « Çavitrî », « César Borgia », « La mort de Philippe II » et « Épilogue ». Avec honnêteté, Verlaine a reconnu ses dettes; bien plus tard, dans L'Éclair du 11 janvier 1896, il écrit : « C'est à Baudelaire que je dois l'éveil du sentiment poétique et ce qu'il y a chez moi de profond ; à Banville je dois d'être mélodieux, amusant, jongleur de mots ; à Leconte de Lisle j'ai emprunté l'honnêteté de la langue et du rythme. » Comme Heredia et Leconte de Lisle. Verlaine cherche à rendre la couleur locale et à accentuer son étrangeté ; il utilise des noms propres aux sonorités peu coutumières : Ganga pour Gange, Alkaïos, Homéros, Akhilleus, Orpheus au lieu des noms habituels. Plus profondément, il s'efforce de rester impassible. Il veut écrire des poèmes impersonnels où n'intervient aucun sentiment du poète. Certes, il entend avoir dans l'âme un haut dessein mais n'en rien laisser paraître. Jadis, le poète se trouvait lié à l'action et à l'histoire ; il célébrait les exploits des héros contemporains. Maintenant, loin de la vie, il songe et chante :



Aujourd'hui l'Action et le Rêve ont brisé

Le pacte primitif par les siècles usé

(« Prologue »)



Le monde relègue le poète dans une sorte d'exil et lui-même rejette ce monde ingrat. Il se contente donc de ciseler ses vers et de sculpter son poème avec sérénité :



[...] l'Art n'est pas d'éparpiller son âme :

Est-elle en marbre, ou non, la Vénus de Milo ?

(« Épilogue »)



Il s'écarte de la foule « obscène et violente », soucieuse de vanités et uniquement occupée à des besognes vulgaires ; le poète, pur et rayonnant, doit avoir la seule religion de la Beauté et de l'Idéal. Pourtant, les meilleurs poèmes de cet ouvrage démentent cet art poétique et ne correspondent pas aux intentions déclarées de Verlaine. Le charme des Poèmes saturniens provient précisément de cette équivoque entre l'idéal annoncé d'impassibilité et la présence quasi constante du poète qui confie ses tourments intérieurs.

Un sentiment domine dans de nombreux poèmes et donne au livre sa tonalité générale. Le titre du premier ensemble de huit poèmes l'indique d'emblée : « Melancholia ». Et comme un peintre, Verlaine étale sur sa palette toutes les tonalités possibles de la mélancolie : résignation du jeune homme qui a dû abandonner les rêves de l'enfance (« Résignation »). tristesse née du sentiment que le passé ne reviendra jamais plus (« Nevermore »). solitude morne du cour sans amour (« Vou »), lassitude, détresse intime (« A une femme »), angoisse de celui qui ne croit plus en rien (« L'Angoisse »). Verlaine en effet se sent seul, orphelin, « sans sour aimée ». et cet isolement suscite son désespoir. Il en vient à imaginer une amante idéale qui le traiterait comme une mère son enfant et dont l'amour l'entourerait de tendresse. Cette mélancolie va jusqu'à la souffrance : celle que connut Adam chassé du Paradis terrestre n'avait pas une aussi forte intensité que la sienne. Tout naturellement, la mélancolie demeure inséparable du crépuscule et de l'automne. Au soleil couchant, le poète éprouve comme une langueur douce-amère. qui submerge ses sens et sa raison ; cet état d'âme favorise la rêverie et suscite l'éclosion des souvenirs, sous l'afflux desquels le poète se sent étouffé. A l'heure du jour où la lumière disparaît peu à peu correspond la saison du déclin : l'automne engendre la même impression de « langueur monotone » (« Chanson d'automne ») qui provoque la montée des souvenirs et des larmes qu'ils font naître.



Trois autres motifs connexes se trouvent liés en profondeur et s'appellent en s'engendrant l'un l'autre : le souvenir, le rêve et la douceur. L'évocation des souvenirs s'accompagne d"une impression de douceur : revenant après trois ans dans le petit jardin abandonné, Verlaine se souvient des impressions d'autrefois et revoit avec émotion le jardin...



Qu'éclairait doucement le soleil du matin (« Après trois ans »)



Et lorsqu'il songe au premier aveu d'amour que prononça la jeune femme aimée, il pense à « sa voix douce » et au « murmure charmant » qui sort de ses lèvres (« Nevermore »). La douceur imprègne aussi le rêve. Dans les yeux de la femme à qui il adresse des vers brille « un rêve doux » (« A une femme »). L'idéal du bonheur consisterait à aimer une femme qui saurait le comprendre et le consoler ; de cette femme inconnue Verlaine ignore tout, pour la bonne raison qu'elle naît de ses songes, et pourtant la douceur eT ) le souvenir viennent faire entendre leurs harmoniques :



Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

(« Mon rêve familier »)



Tout comme il a des rêves de souvenirs, il a des souvenirs de rêves : Verlaine évoque ses rêves d'enfant, quand il imaginait de fastueux palais propices à l'amour (« Résignation ») et dans le souvenir de la promenade automnale avec la bien-aimée, il rappelle qu'ils marchaient « en rêvant » (« Nevermore »). Souvenir et rêve s'interpénétrent et se mêlent subtilement. Et la mélancolie surgit aussitôt, que ce soit lorsque les souvenirs se pressent en foule dans son cour tandis que « mélancoliquement coule » « l'eau des Regrets » (« Le Rossignol ») ou bien que les rêves défilent en son âme aux soleils couchants et que la mélancolie « berce de doux chants » son âme attendrie. On se méprendrait toutefois à trop accentuer le caractère élégiaque des Poèmes saturniens.

Le poème liminaire « Les Sages d'autrefois... » donne au livre une tonalité plus sombre et justifie le titre. Les Anciens lisaient dans les astres la destinée humaine et pensaient que chaque homme se trouvait profondément marqué par la planète qui présidait au ciel de sa naissance. Né sous le signe de Saturne, « fauve planète, chère aux nécromanciens », Verlaine sait qu'on attribue à cette planète une influence maléfique. Elle suscite la mélancolie et l'inquiétude, elle entraîne des malheurs sans nombre. Le Saturnien ne _peut assurer en lui la victoire de la raison et se laisse entraîner par son imagination sans repos./ Verlaine ne cherche donc pas à lutter vainement contre son destin ; il s'en plaint mais il l'accepte. Il se persuade de l'inutilité de toute réaction et s'abandonne au gré des événementsjiel un navire perdu sur ia mer qui se joue de lui et destiné à un horrible naufrage (« L'Angoisse ») ou telle (une feuille morte emportée par le vent^« Chanson d'automne »). Comme les « Grotesques ». il erre, repousse de partout, soumis à la malédiction du sort.



Les Poèmes saturniens révèlent aussi une âme d'artiste. Verlaine y apparaît comme un peintre et comme un musicien. Attentif aux couleurs du monde extérieur, il ne se contente pas de les noter ; il leur confère toujours une signification symbolique. On relève seulement deux exceptions : le vert qui banalement qualifie l'herbe ou le jonc, eue jaune qui s'applique aux feuillages d'automne./Mais les autres couleurs dénotent un rapport avec l'univers intérieur. L'or, lumière des origines, suscite des impressions de luxe et de splendeur, il est lié à la passion amoureuse ; la femme aimée a une « voix d'or vivant » et des « yeux d'or ». Le fauve désigne également la passion. L'azur s'applique, comme chez Mallarmé, à l'Idéal et au Rêve, car il apparaît toujours comme inaccessible. Le rouge, qui accompagne les évocations du crépuscule et de la lune entrevue dans le brouillard, devient la couleur par excellence du souvenir. Le bleu indique la froideur et le dédain. Et le violet symbolise le regret. Quant au gris, il se rencontre uni à l'évocation de la ville, de la brume, des lointains et de leur tristesse. Tout un volucraire se trouve également présent dans les Poèmes saturniens. Mais Verlaine ne s'intéresse pas au pittoresque des oiseaux ; nombreux, ils expriment eux aussi symboliquement un état d'âme ressenti par le poète. L'alouette, fréquemment rencontrée dans les promenades à travers la campagne, donne une impression de familiarité. Les hirondelles, virevoltant dans le ciel, lui font songer à l'afflux des soucis. La grive est liée à l'évocation du souvenir, l'orfraie au cauchemar. Les corneilles, voisines des gibets, sont liées à la mort, tandis que la sarcelle qui fréquente les étangs indique la tristesse et la désespérance. Chats-huants et hiboux demeurent inséparables de la nuit et de l'effroi. Le rossignol élève un chant d'amour mélancolique d'une indicible tristesse. A l'inverse, .cygnes et gypaètes accompagnent la description d'un tableau riant et gracieux, alors que les éperviers laissent présager le malheur. Comme le voulait Corot, selon qui un paysage était un état d'âme, Verlaine, en peignant le monde extérieur, livre les secrets de son univers intérieur.



Les Poèmes saturniens révèlent enfin un artiste du vers qui sait tirer parti de la musique du langage et des ressources que lui offrent la prosodie et la métrique. Dans plusieurs poèmes, Verlaine conserve les formes traditionnelles et use encore du vers classique : ainsi les longues suites d'alexandrins dans « Prologue » ou dans « Nocturne parisien », les quatrains d'alexandrins à rimes embrassées qui composent « Dans les bois », la terza rima dans « La Mort de Philippe II ». Mais précisément il ne s'agit pas des meilleurs poèmes. La rhétorique y conserve toute son emprise : regardons seulement par quels mots commencent les diverses parties de « Prologue » : « Dans ces temps fabuleux » (vers 1), « Et sous tes cieux » (vers 21), « Plus tard » (vers 37), « Aujourd'hui » (vers 51). « Cependant » (vers 69), « Maintenant » (vers 102). Et le deuxième poème de l'« Épilogue » se trouve scandé par les mots « Donc, c'en est fait... Aussi bien... Car toujours ». Mais d'autres poèmes témoignent d'une recherche originale.

Verlaine écrit des sonnets, mais il n'en respecte pas le canon. On trouve ainsi un sonnet inverti (« Résignation ») et des sonnets libertins, dont la structure ne se conforme pas aux règles habituelles :



1 :abba/abba/ccd/ede dans « Après trois ans », « Vou », « Mon rêve familier », « L'Angoisse ».

2:abba/abba/cdc/dee dans « A une femme ».

3:abba/baab/ccd/eed dans « Lassitude ».

4:aaaa/bbbb/ccd/ede dans « Nevermore ».



Verlaine utilise des types de strophes inusités : quatre heptasyllabes suivis d'un vers de quatre syllabes (« Cauchemar ») ou encore deux vers de quatre syllabes, un vers de deux syllabes dans « Chanson d'automne ». A côté de l'alexandrin, du décasyllabe (« Résignation ») et de l'octosyllabe (« Grotesques ». « Femme et Chatte », « Sub urbe »), il commence à employer le vers impair dont il tire d'heureux effets de fluidité et d'incertitude rythmique : heptasyllabe dans « La Chanson des ingénues » et « Cauchemar ». pentasyllabe dans « Marine » et « Soleils couchants ». Verlaine manifeste surtout son originalité en traitant l'alexandrin avec audace. Il multiplie les rejets et les contre-rejets qui imposent de nouvelles cadences à la diction : Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne Faisait voler la grive à travers l'air atone

(« Nevermore ») Grâce à l'enjambement, les limites du vers s'estompent et chaque vers se prolonge dans le suivant ; ainsi « Crépuscule du soir mystique » se compose d'une seule et même phrase de treize vers qui, se refermant sur elle-même, évoque la minute mystique où l'âme se noie. Verlaine, par la reprise de mots et d'expressions, crée une mélopée qui envoûte la sensibilité (« Soleils couchants » et « Promenade sentimentale »). Au lieu de pratiquer la coupe à la césure et de conserver la rigidité des cadences, il assouplit l'alexandrin par de nouvelles coupes :



Nature. / rien de toi ne m'émeut, / ni les champs Nourriciers, / ni l'écho vermeil des pastorales

(« L'Angoisse »)

Et je baisai sa main blanche. / dévotement

(« Nevermore »)

Et le vieux tremble / sa plainte sempiternelle.

(« Après trois ans »)



(« Après trois ans ») Déjà, dans ce premier livre, se révèle l'originalité de la musique verlainienne. Sensible aux valeurs musicales du langage, le poète ordonne les mots selon leurs affinités sonores. Influencé par Baudelaire, il compose des symphonies verbales, où les harmonies consonanliques et vocaliques aboutissent à de subtiles orchestrations, comme dans « Le Rossignol ». Plus souvent, il préfère jouer du coloris des timbres pour parvenir à une ligne mélodique raffinée.

Dès son premier livre, Verlaine a su échapper à l'emprise des influences inévitables. Bien que des traces parnassiennes subsistent encore, il est d'emblée parvenu à trouver sa voix originale. Évitant toute expression lyrique du sentiment, il livre l'impression ressentie dans sa fraîcheur immédiate, la sensation dans sa virginité. La poésie retrouve avec Verlaine une musicalité qui l'accorde à cet impressionnisme.






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Paul Verlaine
(1844 - 1896)
 
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Portrait de Paul Verlaine


Ouvres

Après une enfance à Metz, il fait ses études à Paris et trouve un emploi à l'Hôtel de Ville. Il fréquente les salons et cafés littéraires de la capitale et fait la connaissance de nombreux poètes célèbres de son époque. Ces rencontres l'incitent à composer lui aussi des vers. Verlaine est d'un caractère timide, et cette faiblesse est aggravée par des deuils familiaux : il se tourne alors vers la b

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