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Paul Verlaine

LITURGIES INTIMES


Poésie / Poémes d'Paul Verlaine





Poursuivant parallèlement la double veine mystique et erotique, Verlaine, après Chansons pour Elle-, publie en mars 1892 Liturgies intimes dans la Bibliothèque du Saint-Graal. Une deuxième édition, qui comporte sept nouveaux poèmes, voit le jour en avril 1893 chez Léon Vanier. Le plus ancien poème (« Agnus Dei ») remonte à 1878, le plus récent (« Pénitence ») date de juillet 1892.



Verlaine voit dans ce livre « le couronnement » de son œuvre d'inspiration chrétienne. Les poèmes se répartissent, pour l'essentiel, en deux séries bien nettes, mais qu'il a mélangées. Les uns évoquent les principales fêtes du calendrier liturgique, les autres paraphrasent librement les prières capitales de la messe. Ainsi Verlaine commence par célébrer l'Avent, début de l'année liturgique, temps de l'attente et de l'espérance ; puis, il chante Noël, fête où l'Enfant divin nous incite à retrouver l'innocence et la simplicité, les Saints innocents qu'on commémore le 28 décembre et la Circoncision. Il consacre le poème VI à l'Epiphanie ; assez curieusement, aucun poème ne traite du Carême et de Pâques. Le cycle se poursuit avec l'Ascension et la Pentecôte, la Fête-Dieu (« Juin ») et enfin la Toussaint qui clôt l'année. La seconde série suit le déroulement même de la messe depuis Y Asperges me jusqu'au dernier Évangile (« In initio ») en s'arrêtant aux principales prières collectives : le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus, VAgnus Dei. Il m'apparaît significatif que seuls échappent à ces deux séries les sept poèmes ajoutés en 1893, qui traitent des offices de vêpres et de complies et de quelques vertus chrétiennes. La première édition possédait ainsi une unité qui fut rompue.



Verlaine a eu l'intention d'exposer de manière brève et concentrée la doctrine chrétienne et ses effets sur l'âme : il veut en extraire l'essence. Les poèmes sur les fêtes chrétiennes ne séparent jamais la nature de la surnature. La date de la fête commande la peinture de la saison et de son atmosphère et Verlaine souvent évoque un paysage qui s'accorde au sens spirituel. Dans « Avent », il peint ainsi les coqs qui chantent dans la nuit pour proclamer le prochain lever du soleil, évidente symbolisation de l'âme qui attend la venue du Sauveur. La Fête-Dieu se célèbre au moment où les moissons dorent la campagne ; et se correspondent la splendeur de la terre et l'épanouissement de l'âme, le mûrissement du blé et le triomphe de l'Amour. Alors le temps et l'éternité s'identifient :



[...] Et l'encens de l'immuable

Été Monte mystiquement en des douceurs de gloire.

(XII)



De chaque fête, Verlaine sait dégager le noyau théologique et la signification spirituelle. II en va de même pour les poèmes où il se livre à un exercice cher aux poètes du xvr et du xvnc siècle : la paraphrase du texte sacré. Ces poèmes se veulent d'abord fidèles au sens profond de la prière liturgique dont ils respectent l'esprit. Ils conservent d'autre part des phrases et des expressions issues de cette prière mais y mêlent des sentiments personnels ou des impressions originales dans des proportions variables. Le poème VIII se présente comme une véritable traduction du Gloria in excelsis ; en revanche, le poème XVI développe très librement YAgnus Dei en peignant l'agneau qui s'avance obstinément vers son but, figure symbolique du Christ en qui le poète a pleine confiance.



D'heureuses innovations métriques apparaissent dans ce volume. Verlaine, une fois encore, use des mètres les plus divers : l'alexandrin (« A Charles Baudelaire », I, XII, XV, XIX, XX, XXII, FinaL), le décasyllabe (IX), l'ennéasyUabe (XIV), l'octosyllabe (II, III, IV, XI, XVII, XVIII, XXIII), l'heptasyllabe (VI, VIII, X) ; mais on rencontre aussi le vers de treize syllabes (V), le mélange de six et douze syllabes (XXI) et surtout une alliance très heureuse de mètres : 7-8-9 dans le poème VII, une succession de vers impairs de 9, 11,13 syllabes dans les poèmes XIII et XVI. Verlaine use assez souvent d'un ton familier qui s'unit à une grande ferveur (ainsi dans « Vêpres rustiques »), ce qu'on retrouvera plus tard chez Claudel (Corona benignitatis anni DeI).



Dans Liturgies intimes, Verlaine propose un idéal : l'imitation de Jésus-Christ. Il le chante avec une savante et dense simplicité, où s'exprime une foi sincère, qui se fonde sur les cérémonies de l'année liturgique.






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Paul Verlaine
(1844 - 1896)
 
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Œuvres

Après une enfance à Metz, il fait ses études à Paris et trouve un emploi à l'Hôtel de Ville. Il fréquente les salons et cafés littéraires de la capitale et fait la connaissance de nombreux poètes célèbres de son époque. Ces rencontres l'incitent à composer lui aussi des vers. Verlaine est d'un caractère timide, et cette faiblesse est aggravée par des deuils familiaux : il se tourne alors vers la b

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