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Jacques Izoard

Synthèse - Le poème de Jacques Izoard


Poésie / Poémes d'Jacques Izoard





Le poème de Jacques Izoard est une longue narration, une fabulation qui ne connaît jamais de fin, une perfection limpide, brève et infiniment reprise, façon Éluard pour reprendre l’expression de Marc Quaghebeur dans Lettres françaises de Belgique ( 1980).

Dès la publication en 1967 de Aveuglément Orphée la plupart des thèmes récurrents de l’oeuvre se trouvent déjà ici assemblés.

Ce livre s’ouvre d’ailleurs par cette pensée du poète : Certains mots, ici, reviennent souvent : c’ est qu’ils contiennent, c’est qu’ils traduisent toutes mes métamorphoses ; ils les limitent. Ils servent d’exorcismes.



Ainsi est déjà soupçonnée la fascination du poète pour le monde des sons, des sens, le corps, le paysage, etc.



Faut-il toucher avec ferveur l’enveloppement des choses, ou d’un oeil lent surveiller le ténébreux élan des plantes ?

(Aveuglement OrphéE)



Mais c’est avec Un chemin de sel pur que l’oeuvre d’Izoard s’ouvre

à la plénitude qu’on lui reconnaît aujourd’hui et préfigure ce que sera

Vêtu, dévêtu, libre. Livre des longues énumérations, où les mots engendrent, comme l’évoque son ami Édeline, une descendance sonore, quasi buccale.

Et l’on touche ici l’une des constantes dans l’oeuvre d’Izoard, c’est-à-dire, le rôle premier du mot. Ces mots qui tantôt prennent valeur d’objets, de jeu, et tantôt, sont investis d’un pouvoir de sujet. Les mots dans le poème d’Izoard existent ainsi pour eux-mêmes et en eux-mêmes.



La quatrième de couverture de Voix, vêtements saccage éclaire à merveille le propos qui aurait voulu être le nôtre dans cette brève approche, à savoir que : Les mots appellent les mots, comme parfois, le sang appelle le sang, pour le saccage, ou la vie immédiate. Poèmes de la ruptur , où la part de jeu est, de temps à autre, évidente. Certains textes refusent toute lecture : le sens importe peu. D’autres, au contraire à dessein, avec obsession, à travers chatoiements et voyelles, visitent les lieux les plus communs...

Qu’ajouter encore à cette confidence du poète ? Si ce n’est peut-être que ce langage, du dire et du redire, amène ainsi la langue à être elle-même, chargée d’un pouvoir de fascination extrême.

Cette glossolalie (évoquée par ÉdelinE) n’est certes pas sans rappeler le surréalisme dont Jacques Izoard s’est nourri profondément. Mais il n’y a pas de place ici, pour l’écriture automatique ou le hasard. Izoard lui, façonne le poème, filtre les mots, les sons et les odeurs.

Le temps d’écriture sera encore jalonné de livres importants. La patrie empaillée, Vêtu, dévêtu, libre ou Corps, maisons, tumultes sont autant de livres qui comptent dans l’histoire de nos Lettres.

D’autres livres paraissent entre-temps , chez des éditeurs-artisans du livre ; livres rares où la sensualité du poète s’exprime jusque dans le choix du papier et des caractères d’imprimerie. Citons au hasard : Langue,

Pavois du bleu, etc.

On ne peut en finir avec cette trop brève traversée d’Izoard, sans

évoquer ce que je tiens pour le livre des livres chez le poète, celui qui fait d’Izoard le sorcier et le sourcier : j’entends par là, cet admirable Vêtu. dévêtu, libre. Il me faut impérativement revenir quelques moments à ce livre, car s’y trouvent cadastrés toutes les mythologies, tous les fantasmes et obsessions du poète. S’y trouve ainsi rassemblée toute la démarche poétique d’Izoard.



Textes brefs (une dizaine, voire une vingtaine de vers libreS) alternant, ici et là, avec des proses qui sont autant de fabulations et de narrations. Textes de jouissance, textes sensuels, textes sensoriels où le mot est partie intégrante d’un registre propre, où le mot frôle, pénètre les objets et participe ainsi à la nouvelle naissance des choses.



Dans un entretien avec le poète Christian Hubin, Izoard s’exprime en ces termes éloquents : ... je vais essayer de construire un texte assez court, qui va me procurer, comment dirais-je, une certaine jouissance immédiate à partir de la page blanche et sans penser au lecteur...



Jouissance et jouissance obsessionnelle. Obsession des mots et de la couleur (le bleU). Aux thèmes déjà étudiés, il faudrait ajouter la maison, la chambre et la bouche. Autant de lieux clos et ouverts qui ne sont pas sans rappeler l’utérus originel et maternel.



Izoard, c’est aussi la pérennité du Bleu. Ce bleu matériel et physique des monochromes de Yves Klein qui y voyait le déchet et le sang coagulé.



Bleu aussi de Miro qui évoque les rêves (Ceci est la couleur de mes rêves écrit le peintrE), le Bleu de Matisse... Cette profondeur bleue dont parlait Bachelard, etc.

Mais comment entrer dans le poème d’Izoard ? Peut-être ne faut-il jamais y pénétrer, mais rester au-devant, et peu à peu, laisser les mots venir à soi, car le poème conduit, confusément, vers ce que l’on est.



À lire Izoard, un voyage commence qui conduit au vertige des cerfs-volants, des fées.







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Jacques Izoard
(1936 - 2008)
 
  Jacques Izoard - Portrait  
 
Portrait de Jacques Izoard


Biographie

Le 29 mai 1936
naissance de Jacques Delmotte à Liège, dans le quartier populaire de Sainte-Marguerite. Son père est instituteur, sa mère professeur de dessin. Il aura une sœur (Francine, née en 1940) et un frère (Jean-Pierre, né en 1945). Ancêtres rhénans, dont on se transmet en famille de lointaines citations.

RepÈres bibliographiques

ŒUVRES DE JACQUES IZOARD