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Guillaume Apollinaire



Chronologie de Guillaume Apollinaire


Poésie / Poémes d'Guillaume Apollinaire





25 août 1880

Naissance à Rome de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, fils d'Angelica de Kostrowitzky et de père inconnu. La paternité traditionnellement attribuée à Francesco d'Aspermont ne repose sur aucune certitude.



18 juin 1882

Naissance à Rome d'Alberto Eugenio Giovanni, demi-frère de Guillaume.



1881 - 1887

Angelica et ses fils vivent en Italie. Vers 1883 - 1884, la famille est à Bologne. Guillaume apprend à lire et à écrire en italien; sa mère lui parle polonais et italien.



1887

La famille s'installe à Monaco dans des conditions difficiles. Angelica, fichée comme femme galante par la police, gagne probablement sa vie comme entraîneuse de casino sous le nom d'Olga de Kostrowitzky.



1888 - 1895

Les deux frères sont élèves au collège Saint-Charles de Monaco. Wilhelm se lie avec James Onimus, Louis de Gonzague Frick et René Dupuy, le futur René Dalize. Il s'essaie à l'écriture dès la 6e.



1896-1898

Après quelques mois au collège Stanislas de Cannes, Wilhelm fait sa rhétorique au lycée de Nice, où il se lie avec Toussaint Luca. Il écrit des poèmes sous le pseudonyme de Guillaume Macabre. En 1897, il échoue au baccalauréat et ne se représente pas. Il fréquente la bibliothèque de Nice, lit beaucoup et veut devenir journaliste. De sensibilité anarchiste, il s'affirme dreyfusard.



1899

Après un passage par Aix-les-Bains et Lyon, Angelica s'installe à Paris avec ses fils et son compagnon Jules Weil, rencontré deux ans auparavant. La vie est difficile. Wilhelm, qui fréquente la bibliothèque Mazarine et fouille les boîtes des bouquinistes, trouve son pseudonyme définitif: Guillaume Apollinaire.

En juillet, Angelica est à Spa en Belgique; elle ne tarde pas à rentrer à Paris en laissant ses fils dans la bourgade de Stavelot. Cette étape, capitale pour Apollinaire, féconde durablement son inspiration. Il s'éprend de Maria Dubois (Mareye), ébauche le conte Que vlo-ve? et L'Enchanteur pourrissant. Début octobre, les deux frères quittent leur hôtel à la cloche de bois.



1900

La vie à Paris est précaire. Apollinaire, qui apprend la sténo, fréquente assidûment les bibliothèques et sert de nègre à l'avocat bohème Esnard, qui publie le roman-feuilleton Que faire? dans Le Matin.



1901 - 1902

Apollinaire collabore à Tabarin, hebdomadaire satirique de Montmartre. Il publie ses trois premiers poèmes signés Wilhelm Kostrowiztky, dans la revue La Grande France. Il aime sans retour Linda Molina da Silva, sœur d'un de ses amis, et lui adresse des poèmes.

En mai 1901, il est engagé par Madame de Milhau, aristocrate allemande veuve d'un comte français, comme précepteur de sa fille Gabrielle. Fin août, il l'accompagne en Rhénanie où elle a des terres. Il ne tarde pas à s'éprendre de la gouvernante anglaise Annie Playden. Résidant à Neu Glück, près d'Oberpleis, puis à Honnef, il visite la région.



En 1902, il accompagne la famille de Milhau à travers l'Allemagne: Cologne, Hanovre, Berlin, Dresde, Munich. Il visite seul Prague et Vienne. La Rhénanie et l'Allemagne lui inspirent poèmes, contes et articles, dont il se servira de retour en France. Annie l'ayant définitivement éconduit après l'avoir longtemps encouragé, il rentre fin août. À l'automne, il commence à collaborer à l'hebdomadaire L'Européen; la Revue blanche publie des contes signés Guillaume Apollinaire.



1903

Le 18 avril, il assiste au caveau du Soleil d'or à une soirée de la revue La Plume et rencontre Alfred Jarry et André Salmon. Avec ce dernier, il fonde en novembre sa propre revue le Festin d'Ésope, qui s'arrêtera en août 1904 après 9 numéros.



Il gagne sa vie comme employé de banque. En novembre, alors qu'il a déjà ébauché ce qui deviendra «La Chanson du mal aimé», il se rend à Londres pour convaincre Annie, laquelle lui laisse quelque espoir.



1904

Sa mère s'étant installée au Vésinet, Apollinaire, qui n'a pas encore de logement personnel, partage son temps entre Paris et les bords de Seine, où il rencontre Derain et de Vlaminck qui peignent ensemble depuis 1900. En mai, il retourne à Londres auprès d'Annie et s'en revient rassuré.



1905

En janvier, il rencontre Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir. Il y fait la connaissance de Max Jacob. Article sur Picasso dans La Plume.

Annie ayant définitivement quitté l'Angleterre pour les Etats-Unis. Apollinaire reprend et achève «La Chanson du mal aimé». À la fin de l'année, quatre de ses poèmes paraissent dans Vers et prose, la revue de Paul Fort. À partir de septembre, il travaille dans une banque.



1906

Année difficile. Il peine à écrire et regrette Annie. Il fréquente Jean Moréas, Mécislas Golberg et Paul Fort. Il rédige Les onze mille Verges qu'il publie sans nom d'auteur début 1907.



1907

Louis de Gonzague Frick lui ouvre les pages de La Phalange dirigée par Jean Royère. Il quitte le domicile de sa mère au Vésinet et s'installe seul rue Henner, au pied de la butte Montmartre. Sa rencontre avec Marie Laurencin ouvre une période de renouveau créateur dont témoignent des poèmes comme «Le Brasier» et «Les Fiançailles». Il publie plusieurs contes, poèmes. Article sur Matisse dans La Phalange.



1908

Il décide de vivre de sa plume: il passe un contrat avec La Bibliothèque des Curieux (édition des classiques de l'érotologie pour les collections «Les Maîtres de l'amour» et «Le Coffret du bibliophile»; 1ère publication sur Sade en 1909); il tient une chronique des romans à La Phalange; il fait des conférences. Il commence à se faire connaître comme critique d'art en écrivant sur Braque et le Douanier Rousseau. Il se rapproche momentanément de Georges Duhamel d'une part, d'autre part de Jules Romains.



1909

Il s'installe à Auteuil pour se rapprocher de Marie Laurencin. Il prononce plusieurs conférences défendant les poètes nouveaux. Des poèmes majeurs paraissent, dont «La Chanson du mal aimé» dans le Mercure de France en mai. Il tient la rubrique de «La Littérature féminine» dans la revue Les Marges sous le masque de Louise Lalanne. Novembre: parution de son premier livre, L'Enchanteur pourrissant, illustré de bois d'André Derain.



1910

Chroniqueur à La Démocratie sociale, il collabore à Paris-Journal et tient la rubrique «La Vie artistique» de L'Intransigeant. En octobre, il publie un recueil de contes L'Hérésiarque et Cie, qui manque de peu le Prix Goncourt.



1911

En mars, le premier recueil poétique, Le Bestiaire ou cortège d'Orphée, illustré de gravures sur bois de Raoul Dufy (dont plusieurs poèmes seront mis en musique par Francis Poulenc après la Grande Guerre) paraît.

Du 7 au 12 septembre, accusé de complicité de vol dans l'affaire des statuettes ibériques dérobées au Louvre par son ami belge Géry Piéret, il est incarcéré à la Santé, où il écrit les poèmes qui prendront place dans Alcools sous le titre «À la Santé». Soutenu par ses amis et attaqué par la presse xénophobe, il est finalement mis hors de cause.

Apollinaire à la Santé: une promenade virtuelle.



1912

Ses amis (Billy, Tudesq, Salmon et Dalize) l'aident à fonder une nouvelle revue, Les Soirées de Paris. Il poursuit ses activités de critique d'art en défendant les cubistes.

En juin, Marie Laurencin («Marie») le quitte après 5 ans d'une liaison orageuse. Apollinaire écrit «Le Pont Mirabeau».



À l'automne, il rencontre Blaise Cendrars, récemment revenu à Paris, qui lui a envoyé son poème «Les Pâques à New-York».



1913

Le premier janvier, Apollinaire s'installe au 202, Boulevard Saint Germain, son dernier domicile.

En mars, il publie les Méditations esthétiques. Les peintres cubistes.



En avril, il publie Alcools, sélection concertée de sa production poétique de 1898 à 1913. En corrigeant les épreuves, il avait supprimé toute la ponctuation et changé le titre initial, Eau de vie, en Alcools, plus riche et plus insolite.



Son Antitradition futuriste. Manifeste-synthèse daté du 29 juin est un geste ambigu de rapprochement avec l'avant-garde italienne.



En novembre, le n° 18 des Soirées de Paris inaugure la nouvelle série de la revue: reprise par le peintre Serge Férat et sa cousine, peintre et écrivain, Hélène d'Œttingen, dirigée par Apollinaire, elle prend un tournant résolument moderne.



1914

Polémiques avec Henri-Martin Barzun sur le simultanéisme.

En mars, L'Intransigeant lui ôte sa rubrique artistique en lui reprochant de prendre trop vivement le parti du cubisme.



En juin, «Lettre-Océan», le premier «idéogramme lyrique», est publié dans Les Soirées de Paris. Mariage de Marie Laurencin avec un peintre allemand.



Le 1er août, Apollinaire et Rouveyre rentrent précipitamment de Deauville où ils étaient chargés de couvrir la «saison». Ils se font photographier boulevard Poissonnière.



Le 10 août, Apollinaire dépose une demande d'engagement volontaire assortie d'une demande de naturalisation; elle sera provisoirement rejetée.



En septembre, à Nice depuis le début du mois, il rencontre Louise de Coligny-Châtillon le 27, la courtise sans la vaincre, lui envoie des poèmes et la renomme Lou («Je pense à toi»).



Le 4 décembre, il signe son engagement pour la durée de la guerre.



Le 6 décembre, il arrive au 38e Régiment d'artillerie de Campagne de Nîmes. Lou (Poèmes à Lou, Lettres à Lou) le rejoint le 7 pour une semaine de passion.



1915

Le 2 janvier, Apollinaire rencontre Madeleine Pagès («Pour Madeleine seule») dans le train de Nice à Marseille.

Les 27 et 28 mars, il passe sa troisième et dernière permission auprès de Lou. C'est la rupture définitive mais les amants promettent de rester amis.



Le 4 avril, il part pour le front.



Le 6 avril, il arrive dans le secteur de Beaumont-sur-Vesles / Courmelois.



Le 17 juin, le recueil, Case d'armons est imprimé.



En août, il commence à échanger des lettres avec une jeune poétesse de Montpellier, Jeanne-Yves Blanc, sa marraine de guerre («Pour Y.B.»).



Le 1er septembre, après avoir été agent de liaison, brigadier fourrier et observateur aux lueurs, il est chef de pièce. Dans le secteur des Hurlus, il participe à la seconde offensive de Champagne qui débute le 25 septembre, au cours de laquelle Blaise Cendrars perd son bras droit.



Le 18 novembre, il est affecté au 96ème Régiment d'Infanterie sur sa demande, dans le secteur de la butte de Tahure.



Il passe les fêtes de Noël et du Jour de l'an à Oran auprès de Madeleine (Lettres à Madeleine).



1916

Le 9 mars, il est naturalisé français par décret.

Le 14 mars, après son retour d'Oran et plusieurs semaines de manœuvres, il remonte en ligne au Bois des Buttes, au sud-est du Chemin des Dames.



Le 17 mars, il est blessé d'un éclat d'obus à la tempe droite.



Le 28 mars, il arrive au Val de Grâce à Paris. Il est transféré sur sa demande à l'hôpital italien où Serge Férat est infirmier.



Le 9 mai, il subit une trépanation visant à enlever l'hématome dû au choc de la blessure. Sa convalescence sera longue et douloureuse.



Le 17 mai, il reçoit une citation à l'ordre du régiment et la Croix de guerre.



En octobre, Apolliniare publie le Poète assassiné, recueil de contes prêt dès avant la guerre et auquel il vient d'ajouter un ultime chapitre.



1917

Il renoue avec les milieux artistiques et reprend ses activités littéraires et journalistiques. André Breton (qui lui écrit depuis décembre 1915) et Philippe Soupault se tournent vers lui. Pierre Reverdy le désigne comme chef de file de la jeune génération dans sa revue Nord-Sud.

Le 18 mars, il emploie publiquement l'adjectif «sur-réaliste» dans le programme du ballet Parade (Satie, Cocteau, Picasso, Massine).



Le 24 juin, première controversée de la pièce Les Mamelles de Tirésias (Apollinaire et Les Mamelles de Tirésias) au Conservatoire Maubel à Montmartre. Le lendemain, il prend ses fonctions à la Censure.



Le 26 novembre, conférence sur l'Esprit nouveau au Vieux-Colombier, lue par Pierre Bertin.



Il publie plus de poèmes que dans aucune autre année. Publication de Vitam impendere amori. Il écrit un scénario de cinéma, La Bréhatine,avec André Billy. Il rencontre Amélia, dite Jacqueline, Kolb, «la jolie rousse».





1918

En avril, il publie Calligrammes(Calligrammes). Poèmes de la paix et de la guerre 1912-1916.



Le 2 mai, mariage avec Amelia Kolb, dite Ruby, «la jolie rousse» (Calligrammes).



Le 28 juillet, il est promu lieutenant.



Le 9 novembre, il meurt à l'âge de 38 ans de la grippe espagnole dont l'épidémie ravage l'Europe. Engagé pour la durée de la guerre, il est déclaré «Mort pour la France».



Il est inhumé le 13 au Père-Lachaise.



Il laisse un opéra-bouffe Casanova (musique d'Henri Defosse), une pièce en répétition Couleur du temps, un recueil de chroniques Le Flâneur des deux rives (1919), un roman inachevé La Femme assise et le manuscrit des Diables amoureux (recueil de ses travaux pour la Bibliothèque des Curieux qui paraîtra en 1964).









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Guillaume Apollinaire
(1880 - 1918)
 
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Chronologie

25 août 1880
Naissance à Rome de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, fils d'Angelica de Kostrowitzky et de père inconnu. La paternité traditionnellement attribuée à Francesco d'Aspermont ne repose sur aucune certitude.

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