Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Germain Nouveau

Saintes femmes - Poéme


Poéme / Poémes d'Germain Nouveau





Quelle étoile nous vit donc naître, nous qui sommes
Les voleuses de vos cœurs charmants,
Enfants-rois ?
C'est nous qui vous faisons la cour, ô jeunes hommes,
Et vos légèretés nous sont d'atroces croix.



En nous rien des yeux verts de l'amante fatale
Par sa jupe épandue en mare de sang noir.
Rien des beautés faisant que le désir détale
Devant leurs cœurs repus de vaches au dormoir.



Mais nous nous déclarons d'avance les sujettes
De votre règne aimable ou non, sans nul souci
Que celui d'approcher vos mains ; sommes-nous bêtes
De vous bercer, de vous enorgueillir ainsi !



Pour atteindre aux baisers graves de votre bouche,
Il nous plaît de braver, dans votre embrassement,
Jusques à toi,
Baiser déchirant, et toi couche
Où le sang violé s'éperle obscurément.



Mais quand nous vous tenons,
Cœurs trop pleins de

silences,
Nous ne savons, pleurant à vos torts expiés,
Que faire du tissu de vos obédiences
Un tapis pour la plante exquise de nos pieds.



Aussi trop tôt, mon
Dieu ! redoutant quelque fraude,
Comme un chien, autour des pacages timorés,
Notre âme tristement s'en va tourner et rôde
A la porte par où vous nous êtes entrés.



Bien qu'offrant à vos nuits ce qu'il faut à ces luttes
Où s'exerce le cœur irritable, âcreté
Des
Baisers, et soupirs rieurs comme des flûtes,
Et ventre glorieux de sa stérilité,



Nous vous perdons, malgré nos deux mains maternelles,
Mais vous n'emportez pas, pour vos futurs exils,
L'orgueil d'avoir éteint nos fécondes prunelles
Et bu notre âme humide aux pointes de nos cils.



Donc, homme, errant de créature en créature,
Tu viens et tu t'en vas, sans comprendre beaucoup
Tout ce que nous mettons de céleste imposture
A te sourire avec deux longs bras à ton cou.



Du reste nous savons l'oubli des
Récompenses
Et que l'Amour au fond n'est qu'un divin
Ennui.
Puis notre cœur est plus plein que tu ne le penses,
Car une fois au point dans la première nuit,



Lorsque, le sang fouetté d'une crainte immortelle,
Les yeux injectés d'or dans un coucher de feu,
Nos doigts laissent fuir nos pantalons de dentelle,
Votre sourire est plein d'infinis, il est
Dieu.



Après tout, nous ferons des morts saintes, cilice
Sous l'épaule, allongeant nos deux mains sur le drap,
Quand nous avalerons l'hostie avec délice,
Notre amour pour un
Autre alors s'élargira ;



Car nous croyons à tes beautés spirituelles,
O
Jésus, et que seul tu donnes sans rancœurs
Le dernier mot des sens aux
Immatérielles,
Toi l'Eternel, toi le plus riche
Amant des
Cœurs !








Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Germain Nouveau
(1851 - 1920)
 
  Germain Nouveau - Portrait  
 
Portrait de Germain Nouveau


Biographie / Œuvres

Il est l’aîné des 4 enfants de Félicien Nouveau (1826-1884) et de Marie Silvy (1832-1858). Germain Nouveau perd sa mère alors qu’il n’a que sept ans. Il est élevé par son grand-père.

Après une enfance à Aix-en-Provence et des études qu’il effectue au petit séminaire, pensant même à embrasser la prêtrise, et après une année d’enseignement au lycée de Marseille en 1871-1872, Nouveau

Chronologie