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Germain Nouveau

Le nom - Poéme


Poéme / Poémes d'Germain Nouveau





Je porte un nom assez... bizarre,
Tu diras : «
Ton cas n'est pas rare. »
Oh !... je ne pose pas pour ça,
Du tout... mais... permettez,
Madame,
Je découvre en son anagramme :
Amour ingénue, et puis :
Va !



Si... comme un régiment qu'on place
Sous le feu... je change la face...
De ce nom... drôlement venu,
Dans le feu sacré qui le dore,
Tiens ! regarde... je lis encore :
Amour ignée, et puis :
Va, nu !



Pas une lettre de perdue ?

Il avait la tête entendue,

Le parrain qui me le trouva !

Mais ce n'est pas là tout, écoute !

Je lis encor, pour
Toi, sans doute :

Amour ingénu, puis :
Eva !



Tu sais... nous ne sommes... peut-être
Les seuls amours... qu'on ait vus naître ;
Il en naît... et meurt tous les jours ;



On en voit sous toutes les formes ;
Et petits, grands... ou même énormes,
Tous les hommes sont des amours.



Pourtant... ce nom me prédestine...
A t'aimer, ô ma
Valentine !
Ingénument, avec mon corps,
Avec mon cœur, avec mon âme,
A n'adorer que
Vous,
Madame,
Naturellement, sans efforts.



Il m'invite à brûler sans trêve,
Comme le cierge qui s'élève
D'un feu très doux à ressentir,
Comme le
Cierge dans l'Eglise ;
A ne pas garder ma chemise,
Et surtout... à ne pas mentir.



Et si c'est la mode qu'on nomme
La compagne du nom de l'homme,
J'appellerai ma femme :
Eva.
J'ôte
E, je mets lent, j'ajoute ine,
Et cela nous fait :
Vakntine !
C'est un nom chic ! et qui me va !



Tu vois comme cela s'arrange.
Ce nom, au fond, est moins étrange
Que de prime abord il n'a l'air.
Ses deux majuscules
G.N.
Qui font songer à la
Géhenne
Semblent les
Portes de l'Enfer !



Eh, bien !... mes mains ne sont pas fortes,

Mais
Moi, je fermerai ces
Portes,

Qui ne laisseront plus filtrer

Le moindre rayon de lumière,

Je les fermerai de manière

Qu'on ne puisse jamais entrer.



En jouant sur le mot
Géhenne,
J'ai, semble-t-il dire, la
Haine,
Et je ne l'ai pas à moitié,
Je l'ai, je la tiens, la
Maudite !
Je la tiens bien, et toute, et vite,
Je veux l'étrangler sans pitié !



Puisque c'est par
Elle qu'on souffre,
Qu'elle est la
Bête aux yeux de soufre,
Qu'elle n'écoute... rien du tout,
Qu'elle ment, la sale mâtine !
Et pour qu'on s'aime en
Valentine
D'un bout du monde à l'autre bout.










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Germain Nouveau
(1851 - 1920)
 
  Germain Nouveau - Portrait  
 
Portrait de Germain Nouveau


Biographie / Œuvres

Il est l’aîné des 4 enfants de Félicien Nouveau (1826-1884) et de Marie Silvy (1832-1858). Germain Nouveau perd sa mère alors qu’il n’a que sept ans. Il est élevé par son grand-père.

Après une enfance à Aix-en-Provence et des études qu’il effectue au petit séminaire, pensant même à embrasser la prêtrise, et après une année d’enseignement au lycée de Marseille en 1871-1872, Nouveau

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