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Émile Zola



Une vie en travail de Émile Zola


Poésie / Poémes d'Émile Zola





Le monde de Zola n'est pas seulement ni même vraiment divers. En effet, il est d'abord cohérent et c'est à cette cohérence qu'il doit sa beauté. Il appartient donc au savant comme à l'écrivain d'y découvrir des réseaux, des sens et du sens, en fait. On comprend bien alors que les arbres généalogiques, les récits de filiations qui occupent de longues pages du Docteur Pascal ne sont pas un remplissage artificiel : ils expriment et expliquent les classements, les processus dynamiques qui fondent l'histoire du roman, emblématique, aux yeux de Zola de l'Histoire tout court. Comme le savant, l'écrivain se sert donc d'un stock de références qu'il s'agit d'exploiter, d'organiser en figures harmonieuses ou pas, en jeux de formes (la famille, le groupe, le quartier, la société, ou même les flux et les influx de la physiologie individuelle)...

On pourrait d'ailleurs montrer que la métaphore scientifique dépasse la simple allusion, le rapprochement stéréotypé : le romancier lui aussi joue avec les structures, il risque, il doute, il essaie de comprendre et de guérir en saisissant le travail de la matière et de la vie. Sans cela, en effet, le parcours encyclopédique pourrait n'être qu'une décomposition du vivant, une dissection, un catalogue : il faut donc que le mouvement soit présent, un mouvement triple, une triple vie : celle de la nature et des êtres, celle ensuite de la connaissance qui s'attache à comprendre la vie naturelle ; celle enfin de l'écrivain dont la vie est travail, à la fois littéraire et obstétrique — si l'on pense au livre comme à un enfant —, mais dont le travail, aussi, consiste à re-produire la vie, à animer son monde de personnages : d'où peut-être toutes ces scènes d'accouchements dans les Rougon-Macquart, tous ces morts aussi qui font partie du grand renouvellement d'une nature panthéiste.



Car, associée à la grande métaphore du travail, il y a celle du mouvement, de la force transmise ou dégradée. S'il y a, en effet, une morale zolienne, c'est bien celle du mouvement, bon et beau par principe, et surtout en accord avec cette thermodynamique dont Michel Serres montre qu'elle est, plus encore que la biologie, la physique ou les sciences naturelles, le grand modèle intellectuel du temps. Le premier niveau auquel elle intervient est celui de l'hérédité où la différence est fondatrice d'une sorte d'évolution aventureuse : la loi de reproduction ou d'imitation se combine en effet à la loi d'invention dans la grande loterie génétique, et c'est ce que nous montre le Docteur Lucas que Zola feuillette et annote pour le Docteur Pascal. Sur un autre plan, ce qui intéresse Zola dans un corps individuel ou social (et la société est en fait, pour lui, un grand organisme), c'est moins le découpage anatomique que l'étude fonctionnelle, les flux et les influx : les impulsions, les coups de sang ou de foudre, les règles de la femme, le désir de l'homme dans le cas du monde corporel ; la montée du peuple, ce refoulé de l'histoire, la circulation de l'argent ou du pouvoir, les grands affrontements, dans le cas du monde social, où Zola voit moins une fin qu'une apocalypse préalable à la naissance d'un monde à venir : Germinal, toujours, dont l'optimisme contraste peut-être avec la vision noire de l'Assommoir.








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Émile Zola
(1840 - 1902)
 
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Une encyclopédie poétique

Lire Zola, c'est d'abord se plonger dans vingt univers différents dont la diversité voulue enrichit le projet unitaire de la série. Ruptures de tons (l'Assommoir suivi d'Une page d'amour) ou rappels (de l'Assommoir à Germinal), la première impression qui vient au lecteur des Rougon-Macquart est surtout celle de la profusion : tous ces volumes composent un monde dont la richesse ne trouverait d'équ

Une vie en travail

Le monde de Zola n'est pas seulement ni même vraiment divers. En effet, il est d'abord cohérent et c'est à cette cohérence qu'il doit sa beauté. Il appartient donc au savant comme à l'écrivain d'y découvrir des réseaux, des sens et du sens, en fait. On comprend bien alors que les arbres généalogiques, les récits de filiations qui occupent de longues pages du Docteur Pascal ne sont pas un remplissa