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Émile Zola



Biographie, ouvres de Émile Zola


Poésie / Poémes d'Émile Zola





Naissance: Paris le 2 avril 1840
Décès: 29 septembre 1902

Émile Zola est un écrivain et journaliste français, né à Paris le 2 avril 1840 et mort dans la même ville le 29 septembre 1902. Considéré comme le chef de file du naturalisme, c’est l'un des romanciers français les plus populaires, les plus publiés, traduits et commentés au monde. Ses romans ont connu de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision.

Sa vie et son œuvre ont fait l'objet de nombreuses études historiques. Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour Les Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire et qui met en scène la trajectoire de la famille des Rougon-Macquart, à travers ses différentes générations et dont chacun des représentants d'une époque et d'une génération particulière fait l'objet d'un roman.

Émile Édouard Charles Antoine Zola naît rue Saint-Joseph à Paris le 2 avril 1840 d'un père italien et d'une mère française. Il est le fils unique de François Zola3, natif de Venise, et d’Émilie Aubert, native de Dourdan. Son père, ingénieur de travaux publics, ancien officier subalterne italien, soumissionne la construction d'un système d'amenée d'eau potable à Aix-en-Provence depuis la montagne Sainte-Victoire. Il obtient le contrat le 19 avril 1843 et s'installe alors avec sa famille à Aix-en-Provence. La concession est signée en 1844, il crée avec des partenaires financiers la société du canal Zola. Les travaux commencent en 1847. Il meurt de pneumonie en 1847 après avoir été responsable de la construction du Barrage Zola à Aix-en-Provence.

Dès 1863, Zola collabore épisodiquement, puis régulièrement à partir de 1866 aux rubriques de critique littéraire et artistique de différents journaux. Les quotidiens permettent au jeune homme de publier rapidement ses textes et ainsi, de démontrer ses qualités d'écrivain à un large public. C'est pour lui, « un levier puissant qui [lui] permet de [se] faire connaître et d'augmenter [ses] rentes».


Le nom de Zola évoque d'abord l'image d'un homme. Pour le grand public, il est le rédacteur courageux de J'accuse, le défenseur de Dreyfus au même titre que Voltaire reste celui de Calas. Un homme de vérité, donc, dans son œuvre autant que dans sa vie. Cette exigence et cette sincérité, on en découvre l'explication dans les débuts de Zola, marqués par la disparition d'un père ingénieur et les difficultés que rencontre sa mère dans une ville hypocrite et hostile. Mais Aix est aussi une campagne ensoleillée que Zola parcourt avec son ami Cézanne. À cette époque, il se veut poète et ce sont encore des vers qu'il fait à Paris où il vient passer (et manquer !) son baccalauréat. Commenc alors une période bohème où Zola lit, cherche sa voie. Il la trouve, semble-t-il, chez Hachette où il entre comme employé avant d'y devenir chef de la publicité ; il se lie alors à de nombreux artistes et écrivains : les frères Goncourt, Sainte-Beuve, plus tard Flaubert, Manet aussi et les peintres impressionnistes qu'il défend (Mon salon, 1866).

Sa carrière littéraire a commencé vraiment avec des contes (Contes à Ninon, 1864, avant les Nouveaux Contes à Ninon, 1874), avec aussi les premiers romans (la Confession de Claude, 1865 ; les Mystères de Marseille, 1867 ; Thérèse Raquin, 1867) et surtout le journalisme qui est, tout comme la photographie à laquelle il se consacrera plus tard, une école d'observation. Pendant longtemps, Zola travaille beaucoup à ces articles (dans le Figaro, l'Événement, la Cloche, le Sémaphore de Marseille, l'Aurore, bien plus tard) qui lui permettent aussi de gagner mieux sa vie et de se faire connaître. Pendant la guerre, Zola, qui est maintenant marié, suit les événements en journaliste et pense aussi à la politique, mais il abandonne ces ambitions pour mettre à exécution le projet des Rougon-Macquart remis à l'éditeur Lacroix (1869) et repris à son compte par Charpentier (1872). Les livres se succèdent à un rythme rapide : la Fortune des Rougon (1871), la Curée (1872), le Ventre de Paris (1873), la Conquête de Plassans (1874), la Faute de l'abbé Mouret (1875), Son Excellence Eugène Rougon (1876) et bien sûr, avant Une page d'amour (1878), l'Assommoir (1877, au théâtre en 1879) qui fait de Zola un auteur à scandale, mais aussi à succès (il achète en 1878 sa maison de Médan !). 1880 est l'année à la fois de Nana, du Roman expérimental et des Soirées de Médan où l'on peut voir comme un manifeste du naturalisme avant d'autres recueils d'articles critiques ou théoriques (cf. Chronologie) : autour de Zola s'est en effet constitué un cercle où l'on retrouve des amis écrivains (Daudet, Flaubert, Tourgueniev, Goncourt auxquels on peut curieusement ajouter Mallarmé), mais aussi des disciples comme Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique et Alexis.

Ce succès ne stérilise pas Zola qui abat une besogne considérable :

articles, romans, nouvelles, textes critiques, adaptations théâtrales et toujours, régulièrement, les volumes des Rougon-Macquart : Pot-Bouille (1882), Au bonheur des dames (1883), la Joie de vivre (1884) et Germinal (1885), l'autre sommet, après l'Assommoir et Nana. L'Œuvre (1886) envisage les problèmes esthétiques tandis que la Terre (1887) suscite l'hostilité choquée de certains jeunes écrivains. Plus tard, il y aura encore le Rêve (1888), la Bête humaine (1890), l'Argent (1891) et la Débâcle (1892) avant la somme du Docteur Pascal (1893) qui clôt la série. Entre-temps, bien des choses ont changé : pour l'homme privé, d'abord, avec sa rencontre de Jeanne Rozerot dont il a deux enfants et auprès de qui il s'épanouit, mais aussi pour l'écrivain, auteur décoré et reconnu qui s'inquiète d'une évolution littéraire qui mène à un mysticisme dénoncé dans certaines pages plus utopiques que religieuses de la nouvelle série des Trois Villes (Lourdes, 1894 ; Rome, 1896 ; Paris, 1897) ou des Quatre Évangiles (Fécondité, 1899 ; Travail, 1900 ; Vérité, 1902 ; Justice, seulement ébauché).

Mais l'essentiel est évidemment le rôle que tient Zola dans l'affaire Dreyfus : J'accuse (13 janvier 1898) n'est que l'aboutissement d'une campagne à laquelle il s'est associé pour défendre la justice contre la raison d'État. D'autres articles suivront, pour défendre Dreyfus, mais aussi pour se défendre lui-même : trois procès l'opposent au ministre de la Guerre et à des experts, et il doit s'enfuir à Londres dont il revient quelques mois plus tard. Zola, qui meurt en 1902 (accident ou crime ?) n'assistera pas à la réhabilitation de Dreyfus.

Le romancier du devenir

La machine et l'organisme sont donc moins des images anecdotiques que des modèles de pensée, presque des métaphysiques latentes. Dans les deux cas, l'énergie débouche sur un mouvement et une naissance : du bouleversement d'une ville à celui d'une fortune, de la Curée à l'Argent, ce qui sort à chaque fois, c'est un monde nouveau, travaillé et métamorphosé, et qui vit justement parce qu'il prend le risque du mouvement inscrit en tout corps comme une sorte de fatalité biologique : au même titre qu'une grande fêlure semble courir a travers toute la famille des Rougon-Macquart, projetant l'un dans la folie, l'autre dans le génie, le troisième dans la finance et la quatrième dans la prostitution (Nana), il existe peut-être de grands ébranlements sociaux grâce auxquels la société avance et vit, comme un grand corps qui sortirait plus fort d'une fièvre de croissance.
C'est en ce sens qu'il n'y a jamais de mal absolu, malgré les apparences : les morts s'intègrent à une vie élargie et les tares elles-mêmes peuvent devenir parfois des ressources utiles. Ce qui assure cette grande justice universelle de la vie et du monde, cette « biodicée », c'est bien le mouvement, et la tâche de l'écrivain consiste justement à le saisir. Le Docteur Pascal cherche dans le dernier volume du cycle à se situer parmi les spécimens parfois inquiétants de son univers familial : est-ce beaucoup forcer les choses que de voir justement en l'écrivain celui qui s'est donné pour tâche de comprendre le monde où il vit et de le faire comprendre. La poésie de Zola, si l'on veut bien accepter ce mot, consiste à nous peindre moins un monde tout fait qu'à nous installer dans une grande machine, dans un grand corps toujours en gésine, pris dans un mouvement perpétuel : peut-être sortons-nous de cette expérience plus conscients de ce que nous sommes et surtout de ce que nous devenons.





 



Émile Zola
(1840 - 1902)
 
  Émile Zola - Portrait  
 
Portrait de Émile Zola


Une encyclopédie poétique

Lire Zola, c'est d'abord se plonger dans vingt univers différents dont la diversité voulue enrichit le projet unitaire de la série. Ruptures de tons (l'Assommoir suivi d'Une page d'amour) ou rappels (de l'Assommoir à Germinal), la première impression qui vient au lecteur des Rougon-Macquart est surtout celle de la profusion : tous ces volumes composent un monde dont la richesse ne trouverait d'équ

Une vie en travail

Le monde de Zola n'est pas seulement ni même vraiment divers. En effet, il est d'abord cohérent et c'est à cette cohérence qu'il doit sa beauté. Il appartient donc au savant comme à l'écrivain d'y découvrir des réseaux, des sens et du sens, en fait. On comprend bien alors que les arbres généalogiques, les récits de filiations qui occupent de longues pages du Docteur Pascal ne sont pas un remplissa