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Quand dire c'est faire la tentation politique


Poésie / Poémes d'Aimé Césaire





Aimé Césaire, maire de Fort-de-France, député de la Martinique



Les élèves du lycée Scholcher à peine séduits sont délaissés. Leur maître, visité par une autre muse, répond à l'appel. Un destin l'attend. « Le poète est un arbre dont les feuilles bruissent dans le vent mais qui n'a le pouvoir de conduire personne », affirmait Pasternak. Or le voici, lui, Aimé Césaire, incapable de résister à la tentation, pris au piège. Surmonter l'antinomie inhérente à ce double engagement, tel est le défi qu'il se hasarde à relever. Ce passage du poétique au politique n'est, à tout prendre, guère surprenant. Césaire est amené, dans un rapport logique de cause à effet, à unir le geste à la parole, à joindre l'exemple au précepte, S'étant exercé très tôt au défi de l'aventure poétique il se sent apte a prendre le risque de l'action. La part de folie que comporte l'engagement se soupèse, se mesure et se compte. Il le sait bien. La politique ne l'intéresse pas. Mais elle fait partie intégrante de sa vocation. « La politique est simplement une des manifestations de la culture avec laquelle elle a un rapport dialectique : la synthèse de l'histoire4' », dira-t-il. Une mission lui est confiée, qu'il se doit d'accomplir comme s'il avait à payer une dette d'honneur : celle d'instaurer, dans le désordre chaotique d'un monde qu'il faut relever de ses ruines, l'ordre d'une pensée. Ainsi accepte-t-il sans trop hésiter, avec l'assentiment de ses père et mère qu'il a eu le soin d'interroger, la proposition qui lui est faite d'être tête de liste aux élections municipales et législatives du 27 mai et du 21 octobre



1945. La délégation qui vient solliciter sa candidature est composée de Georges Gratiant, de René Ménil et de quelques autres. « A la surprise générale - j'étais en tête de liste - nous avons eu un succès fantastique. La raison : les circonstances et sans doute ma personnalité aussi », rappelle-t-il. Ce succès électoral consacre la prééminence de la section martiniquaise du Parti communiste français dont l'autre candidat, Léopold Bissol, est également victorieux.



Entre-temps, au mois de septembre, Aimé Césaire avait été élu conseiller général du quatrième canton de Fort-de-France. Dans les mêmes circonstances, son ami Senghor embrasse lui aussi la carrière politique. Il est élu, en même temps que Césaire, député du Sénégal à l'Assemblée constituante. Autre père fondateur de la négritude, Damas, parallèlement, se jette dans l'arène. En 1946, il fait campagne pour René Jadfard contre Gaston Monnerville et fonde avec lui le Mouvement de la renaissance guyanaise dont l'organe de propagande est le journal Temps nouveau. Le 10 juillet

1946, (iaston Monnerville est battu, René Jadfard est élu, mais le 10 novembre 1947 il meurt dans un accident d'avion sur le fleuve Sinnamary. Le 4 janvier 1948, Damas est élu député de la Guyane en lieu et place de René Jadfard. Il siège à l'Assemblée nationale sur le banc des socialistes SFIO. Il sera battu aux élections législatives de la Guyane, le 17 juin 1951, par Edouard Caumont.



Au mois d'octobre 1945, le général de Gaulle assume les fonctions de chef d'un gouvernement provisoire. Ce gouvernement a pour tâche d'organiser de nouvelles élections législatives et de préparer un référendum en vue de l'adoption d'une nouvelle constitution. Il bénéficie de l'appui de tous les anciens résistants y compris les communistes. Au sein de ce gouvernement tripartite sont représentés le MRP, la SFIO et le PCF. Le désaccord ne tarde pas à surgir entre le général de Gaulle et l'Assemblée. Dès le 29 janvier 1946, il démissionne. Député de la Martinique, membre de la première Assemblée nationale constituante, Aimé Césaire est à Paris dès le mois de décembre 1945. Il multiplie démarches, consultations et négociations afin d'obtenir du pouvoir qu'il soit remédié aux maux économiques, politiques et sociaux dont souffre la colonie. Le 31 décembre 1945, il intervient à la tribune du Palais-Bourbon pour recommander des mesures budgétaires en faveur de l'agriculture martiniquaise puis, le 29 janvier 1946, pour proposer l'adoption d'une politique d'équipement de l'île et, prioritairement, la création d'écoles primaires ainsi que l'agrandissement et la modernisation de l'hôpital civil de Fort-de-France. Le 5 mars 1946, s'adressant au ministre de la France d'outre-mer, Marius Moutet, Aimé Césaire intervient pour obtenir l'ouverture en urgence du débat relatif au changement de statut des colonies d'Amérique et de la Réunion, le principe de l'adoption d'une loi en vue de leur transformation en départements ayant été approuvé par tous les partis politiques. Le 12 mars, la discussion du projet de loi est ouverte. .Aimé Césaire, désigné d'un accord unanime par ses pairs parce que le plus jeune, est rapporteur de la commission. Il présente un rapport, justifiant le vote d'« une loi d'assimilation, mieux d'égalisation, (pouR) libérer près d'un million d'hommes de l'assujettissement ». Dans ce rapport relativement bref, Césaire propose que, dans la Constitution alors en préparation soit inséré un article accordant des pouvoirs élargis aux conseils généraux d'outre-mer. Le 14 mars 1946, l'Assemblée adopte deux premiers articles du projet de loi mais le gouvernement rejette le troisième article prévoyant l'application automatique des lois métropolitaines dans les quatre territoires. Passant outre aux protestations d'Aimé Césaire, le gouvernement surajoute une mention stipulant que seules les lois nommément désignées par l'Assemblée seront automatiquement mises en application. Au sein de la première Assemblée nationale constituante, du mois de décembre 1945 au mois de mai 1946, Aimé Césaire déploie une activité inlassable. Ses talents d'orateur le font remarquer et attirent sur lui l'attention de la presse parisienne. Ainsi, au lendemain de son intervention dans le débat du 11 avril relatif au projet de constitution, un journal, Le Franc-Tireur, rapporte : « La discussion des articles relatifs à l'Union française a permis au rapporteur particulier Senghor et au député martiniquais Aimé Césaire d'intervenir de fort brillante façon. Nos amis d'outre-mer ont prouvé que, pour ce qui est de l'art oratoire, un Noir valait deux Blancs. »



Au mois de mai 1946 est organisé un référendum invitant les citoyens à approuver la nouvelle constitution qu'avait adoptée l'Assemblée constituante. Ce projet de constitution, soutenu par les communistes mais combattu par le général de Gaulle, est rejeté. Césaire regagne la Martinique et présente sa candidature aux élections de la deuxième Assemblée nationale constituante. Le 19 juin 1946, il est de nouveau à Paris. Au Palais-Bourbon le rapport des forces a changé. Les communistes et les socialistes sont minoritaires. Le nouveau gouvernement, soutenu par le groupe majoritaire des élus MRP (Mouvement républicain populairE) est hostile à l'application dans les nouveaux départements d'outre-mer des lois métropolitaines. Césaire et les autres représentants des territoires de l'Union française doivent défendre énergiquement le principe d'égalité qu'édicté le préambule du premier projet de Constitution.



Le 18 septembre 1946, le député martiniquais prononce un important discours où il justifie l'aspiration des indigènes à la citoyenneté et explique l'apparition dans l'empire colonial français comme ailleurs dans le tiers monde d'une conscience nationale : Vous voulez édifier une république démocratique, une république sociale, une république qui n'admettra aucune distinction de race et de valeur et, en même temps, vous essayez de conserver, de maintenir, de perpétuer le système colonialiste qui porte dans ses flancs le racisme, l'oppression et la servitude ! » Discours remarqué que commente en ces termes, le 26 septembre, le journal la Marseillaise : « Au cours des débats, la totalité des délégations indigènes venues de tous les coins de l'Union française exprimèrent les aspirations à la liberté des populations d'outre-mer. La plus marquante de ces interventions fut sans doute celle de M. Aimé Césaire, député communiste de la Martinique. On savait (...) qu'il comptait parmi les meilleurs poètes français. Il se révéla comme un de nos meilleurs orateurs. »



Pour conclure cet âpre débat, la deuxième Assemblée nationale constituante décide de maintenir en l'état la loi de départementalisation mais repousse l'amendement à l'article 143 qu'Aimé Césaire présente le 5 octobre 1946, en vue d'établir l'égalité de traitement entre les fonctionnaires de l'Etat et ceux des municipalités dans les nouveaux départements d'outre-mer. La deuxième Assemblée nationale constituante achève ses travaux au mois d'octobre 1946. Des élections législatives sont organisées le mois suivant. Le 10 novembre 1946, Aimé Césaire et Léopold Bissol sont réélus, le parti communiste remportant ainsi deux des trois sièges. Les représentants de la Guadeloupe et de la Réunion, également communistes, sont respectivement Gerty Archimède et Rosan Girard d'une part, Paul Vergés et Lepervenche d'autre part. Césaire et ses collègues d'outre-mer doivent livrer bataille dès I ouverture de la session. La mise en application des décrets alors dits d'assimilation avait été fixée au 1er janvier 1947. Or le gouvernement décide de la reporter au 1er juillet 1948. Le 25 février 1947, les députés communistes de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion adressent au président du Conseil des ministres, Paul Ramadier, une lettre demandant, pour l'application effective de la loi de départementalisation, l'installation d'une administra-tion. Préfectorale selon les modalités prévues par la loi. Celui-ci leur fait savoir en réponse que les préfets seront en place à partir du mois de juin. Le 1er juillet 1947 arrive sans que les préfets aient été nommés. Césaire explique, dans une lettre adressée à Gabriel Henry, secrétaire de la section communiste martiniquaise, que la faute en incombe au ministre de la France d'outre-mer, Marius Moutet, qui a manouvré pour repousser la mise en application de la loi au mois de janvier 1948. Le 10 juillet 1947, il intervient pour dénoncer les atermoiements de ce dernier. « Il faut montrer que la France est décidée à tenir parole, car il faut bien se dire que les mouvements indigènes du séparatisme ne sont trop souvent que la conséquence de la politique métropolitaine des promesses non tenues. »

Au mois d'avril 1947, le général de Gaulle fonde le RPF qui triomphe aux élections municipales d'octobre. Au mois de mai 1947, les ministres communistes sont démissionnes du gouvernement par décision du président du Conseil, le socialiste Paul Ramadier. Le régime tripartite s'effondre. Les socialistes restent au gouvernement. S'ouvre alors une période de troubles sociaux. Les grèves massives se multiplient dans la plupart des grandes catégories professionnelles. Le 29 novembre 1947, Aimé Césaire intervient à la Chambre pour protester contre les mesures d'exception auxquelles le gouvernement entend recourir pour réprimer la grève nationale qui paralyse la France et, plus particulièrement, contre la proposition visant à utiliser les troupes coloniales pour mater les grévistes.



La démission des ministres communistes, la chute du gouvernement au mois de mai 1947 sont deux événements majeurs qui provoquent une modification très sensible de la ligne politique suivie par Aimé Césaire depuis son entrée au Palais-Bourbon en 1945. La montée de la droite, le refus d'appliquer dans son intégralité la loi de la départementalisation, la répression des mouvements nationalistes dans l'Union française ont détruit l'optimisme du réformateur départementaliste qu'il avait été jusque-là. Les forces de la nouvelle majorité, les manouvres répétées, constamment hostiles d'un nouveau gouvernement décidé à ajourner indéfiniment l'assimilation lui donnent l'intime conviction que la departementalisation dont il avait été l'initiateur est d'ores et déjà nérimée. Le 31 décembre 1947, le jour précédant la mise en application des lois créant les départements d'outre-mer, le gouvernement promulgue un décret codifiant l'inégalité des salaires versés aux fonctionnaires d'origine métropolitaine et aux fonctionnaires indigènes. Dans une lettre datée du 15 janvier 1948, adressée au président de l'Assemblée nationale, cosignée par huit députés communistes, Aimé Césaire démissionne du bureau de l'Assemblée. Le lendemain, dans une seconde lettre, datée du 16 janvier 1948, également adressée au président de l'Assemblée nationale, il proteste contre le décret gouvernemental du 31 décembre 1947 : « Votre décret est apparu à la masse des fonctionnaires martiniquais comme inspiré d'un esprit raciste peu conforme à la tradition française. »



Le 6 février 1948, Césaire revient à la charge, à l'Assemblée, pour protester contre cette mesure d'exception et signaler la gravité des troubles sociaux qui en sont découlés. Un vaste mouvement de grève paralyse la Martinique. Des incidents violents surviennent le 8 février 1948. Le maire adjoint de Fort-de-France, Georges Gratiant, est arrêté sur l'ordre du préfet Trouille. Le 16 mars, les gendarmes tirent sur les grévistes, trois morts sont dénombrés. Dans le discours qu'il prononce, un peu plus tard, le 4 mai 1948, Aimé Césaire fait un constat d'échec. « C'est nous qui avons demandé que la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion fussent transformées en départements français, ce que l'on a appelé - à tort je crois - l'assimilation. (...) Mais l'assimilation que vous nous offrez aujourd'hui n'est qu'une caricature de celle que nous avons demandée. Nous vous avons demandé l'assimilation des droits de l'homme et du citoyen. Celle que vous nous offrez, c'est celle de la matraque et des gardes mobiles. »



Cette radicalisation de l'engagement d'Aimé Césaire est également mise en évidence dans l'article qu'il public, toujours en 1948, dans la revue Chemins du monde. Le titre de l'article, « L'impossible contact », résume son état d'esprit. Ces pages d'une vigueur dénonciatrice sans précédent exposent les raisons de son évolution idéologique et justifient le choix des mots d'ordre et des stratégies d'émancipation. Elles seront reprises en 1950 dans le Discours sur le colonialisme.



Le centenaire de l'abolition de l'esclavage



L'année 1948 est donc, du point de l'évolution idéologique mais aussi littéraire d'Aimé Césaire, une année charnière. Elle est marquée par un événement de portée nationale. C'est le centenaire de l'abolition de l'esclavage. Aimé Césaire apporte une contribution décisive, d'une part en cosignant une édition des écrits de Victor Scholcher, d'autre part en prononçant à la Sorbonne un discours retentissant où s'énoncent les principes d'une nouvelle philosophie politique de la décolonisation. L'ouvrage est ainsi présenté : « Esclavage et colonisation, par Victor Scholcher. Avant-propos de Charles André Julien, Introduction d'Aimé Césaire, texte annoté par Emile Tersen. » Dans son introduction, Aimé Césaire souligne la portée historique de l'ouvre du grand abolitionniste et retrace les étapes de son itinéraire philosophique, politique et moral. Tâchant d'éclairer le présent à la lumière du passé, il établit une comparaison entre les obstacles qu'à dû surmonter Victor Scholcher et les entraves que le gouvernement au pouvoir oppose à la mise en application des lois prescrivant l'égalité juridique et la parité sociale entre les ressortissants des nouveaux départements d'outre-mer et les citoyens de la métropole. La virulence polémique de ces pages introductives tient en outre au parallèle que fait Aimé Césaire entre les effets dévastateurs de l'esclavage du XIXe siècle et le génocide juif perpétré par les nazis. Le discours qu'il prononce à la Sorbonne le 27 avril 1948 n'est pas moins incisif. La tonalité est déjà celle du Discours sur le colonialisme. La cérémonie, présidée par Gaston Monnerville, Guyanais d'origine, président du Conseil de la République, a heu dans le grand amphithéâtre. Le président de la République Vincent Auriol et le ministre de l'Éducation nationale Fdouard Depreux sont présents. Césaire prend la parole après Edouard Depreux et Léopold Sedar Senghor. Il ne se contente pas de faire l'éloge de Victor Scholcher. Evoquant de nouveau les difficultés qu'a dû surmonter celui-ci, il en profite pour fustiger l'esclavage et la bourgeoisie française qui fut la maîtresse d'oeuvre. En revanche, il rend hommage au prolétariat parisien comme il l'avait fait, à la Chambre des députés, le 29 novembre 1947, en rappelant que 1 505 ouvriers avaient signé en 1844 une pétition réclamant l'abolition de l'esclavage. Si l'une des mes du quartier des Terres-Sainville à Eort-de-France porte aujourd'hui encore le nom de « rue de la Pétition des ouvriers de Paris », l'on comprend aisément pourquoi et à l'initiative de qui. Un tel discours ne pouvait laisser quiconque indifférent. Le titre de l'article paru le lendemain, le 28 avril 1948, dans le journal L'Epoque résume éloquemment la réaction de l'assistance : « Incident à la Sorbonne. Un député nègre insulte la bourgeoisie française qui a libéré ses ancêtres. » Le reporter anonyme précisait qu' « une grande partie de l'amphithéâtre applaudit ces paroles à tout rompre. Quelques personnes pourtant quittèrent la salle. »

La véhémence du réquisitoire que dresse Aimé Césaire est à la mesure de la déception ressentie. Cet échec d'une départementalisation à laquelle il a tant cru, dont il a voulu faire le grand ouvre de son premier mandat, le remplit d'une sombre amertume. Il ronge son frein, s'impatiente, comme s'il souffrait d'une blessure narcissique. Première défaite de l'idéal, premier épisode d'une longue série de déconvenues. La réalité n'est décidément pas sour du rêve.






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Aimé Césaire
(1913 - 2008)
 
  Aimé Césaire - Portrait  
 
Portrait de Aimé Césaire


Biographie

Aimé Césaire est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui quand Aimé parle, la grammaire française sourit...

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