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POURQUOI JE QUITTE LE PCF


Poésie / Poémes d'Aimé Césaire





Le malentendu



Quand Aimé Césaire devient membre du PCF en 1946, son adhésion aux thèses marxistes n'est pas sans réserve. Les réticences que lui avait inspirées Légitime Défense ne sont pas entièrement dissipées. On s'en souvient, dans son article de L'Etudiant noir, en 1935, Césaire reprochait aux marxistes de mettre l'accent sur le fait social et de sous-estimer le fait culturel. Cette différence de vue demeurera. Conjoncturelle, son adhésion n'est pas inconditionnelle. La raison en est que les marxistes-léninistes européens, français ou soviétiques, se sont montrés inaptes à appréhender la réalité coloniale dans toute sa complexité. La question coloniale a conduit les idéologues du communisme à des impasses théoriques aux conséquences d'autant plus néfastes qu'imprévisibles. Dans les années 1920, au moment où les intellectuels nègres rejoignent leurs rangs, les communistes sont incapables de repondre aux trois questions fondamentales :





1. Comment organiser le mouvement révolutionnaire dans des pays où n'existe pas de classe ouvrière, où le prolétariat est, dans sa grande majorité, un prolétariat paysan ?



2. Comment appliquer aux colonies la stratégie « classe contre classe », en dressant les masses populaires coloniales contre les bourgeoisies locales, alors même que ces bourgeoisies sont à l'avant-garde du mouvement d'émancipation ?



3. Comment faire grief aux militants et aux intellectuels révolutionnaires nègres de formuler des revendications assimila-tionnistes ?



Entre les réponses données à ces trois questions la contradiction est flagrante. Entre 1920 et 1945, les mouvements nègres anticoloniaux ne militent pas pour l'indépendance, encore moins pour la révolution. Ils demandent l'égalité des droits civiques et sociaux. Or, au regard de la doctrine, ces droits ne sont que des droits formels, l'égalité revendiquée n'étant qu'un faux-semblant. Et pourtant, comment reprocher à ces mouvements nègres de prôner les mots d'ordre assimilationnistes quand on sait que l'assimilation est un passage obligé pour sortir de la condition servile indigène ?



La rencontre d'Aimé Césaire avec le PCF est donc dès le départ une rencontre manquée. Du moins si l'on en croit l'anecdote suivante. Césaire a obtenu non sans mal son premier rendez-vous avec le secrétaire général Maurice Thorez, mais arrive plus tard que prévu. Les Antillais ne sont jamais à l'heure, dit la rumeur. Mais le militant délégué à l'accueil, hélas, l'ignorait. Césaire se fait vertement sermonner : « Camarade, quand on a rendez-vous avec Maurice Thorez, on n'arrive pas en retard. » D'autres incidents, plus ou moins plaisants, traduisent bien les difficultés de tous ordres, psychologiques notamment, auxquelles s'est heurté Aimé Césaire au sein de la bureaucratie communiste. Ses rapports avec Léon Feix, membre du bureau politique, longtemps responsable des questions coloniales, n'ont pas toujours été sans nuages. Ainsi au mois de mars 1956, en accord avec les socialistes, les communistes décident de voter des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet. Césaire vote par discipline, mais, après la réunion, il laisse éclater sa colère dans la rue. De toute évidence, il n'était pas l'homme qu'il fallait au Parti.



La controverse qui, en 1955, oppose Césaire, Aragon et Depestre met en évidence, de manière encore plus significative, la gravité croissante du désaccord. Cette controverse sur la poésie nationale n'est à vrai dire que le prolongement d'un débat dont Aragon avait pris l'initiative, pour justifier son reniement du surréalisme et son retour aux formes classiques de la prosodie. Devenu membre du PCF, Aimé Césaire n'avait pas désavoué ses amitiés surréalistes. Il était resté proche de Breton. Roger Garaudy, Louis Aragon surtout lui en tenaient rigueur, exigeant qu'il fasse siennes les thèses esthétiques du réalisme socialiste telles qu'elles avaient été promulguées, lors du premier Congrès soviétique à Moscou en 1934. Aimé Césaire devait renoncer selon eux à l'individualisme petit-bourgeois et aux métaphores hermétiques dont regorgeait le recueil de 1946, Les Armes miraculeuses. L'oiseau querelleur, bien évidemment, avait refusé de faire amende honorable. Depestre en revanche s'était soumis. La polémique qui les met aux prises en 1958 sur la question de la poésie nationale appelle deux remarques. Césaire et Depestre sont à cette date, comme tant d'autres intellectuels africains ou antillais de la même génération, des communistes convaincus. Leur apprentissage idéologique, ils l'on fait dans les cellules du Parti. Père protecteur et despotique, celui-ci exigeait d'eux en retour gratitude et docilité. L'on comprend que Césaire, d'un tempérament rebelle, ne se soit pas accommodé indéfiniment des oukases de la direction. Depestre avait choisi une autre voie. Séjournant au Brésil, à Sào Paulo, il adresse une lettre à Charles Dobzynski. Il se dit décidé, en accord avec les idées d'Aragon, à renoncer à ce qu'il nomme lui-même 1 « individualisme formel » de sa pensée : « Aragon éclaire de son génie, de son exemple, la direction qui doit être la nôtre, poètes haïtiens, en nous laissant la responsabilité, avec le coefficient propre de notre talent, d'utiliser les données étrangères au domaine français. » La lettre de Depestre est publiée, avec la bénédiction d'Aragon, dans les Lettres françaises*9. Aimé Césaire ne tarde pas à réagir. Il compose un poème intitulé « Réponse à Depestre, poète haïtien (Eléments d'un art poétiquE) », où il invite celui qu'il avait baptisé, en 1951, clans sa préface à Végétations de clarté, du titre de « Gouverneur de la rosée », à se désaliéner, à larguer les amarres pour agir en homme libre : « Fous-t-en Depestre, laisse dire Aragon. » Ce poème est publié dans la revue Présence africaine (nouvelle série, n° 1-2, avril-juillet 1955). Les responsables de la revue se saisissent de l'occasion pour organiser un débat, le 9 juillet, sur la question de la poésie nationale. Absent de Paris, Depestre ne prend connaissance du contenu de l'intervention d'Aimé Césaire qu'à son retour de Sào Paulo. Dans son discours du 9 juillet, Césaire cite d'abord cette phrase où Depestre affirme que « les poètes haïtiens doivent suivre l'exemple d'Aragon pour discerner, dans le domaine culturel qui nous vient d'Afrique, ce qui peut s'intégrer avec harmonie à l'héritage prosodique français ». Il réagit en ces termes : « Si cette phrase a un sens, c'est que désormais, pour Depestre, l'essentiel c'est l'héritage français, c'est le fonds français, l'héritage africain constituant un immense tas de débris, un tas confus de matériaux plus ou moins hétéroclites où il importe de faire un tri (...). Il me semble que Depestre, sous prétexte de s'aligner sur les positions d'Aragon, tombe dans un assimi-lationnisme détestable. » Revenu à Paris, Depestre rédige une réponse (« Introduction à un art poétique haïtien ») qui est publiée avec le texte d'Aimé Césaire.



Au mois d'octobre 1955, les surréalistes, que cette querelle ne pouvait laisser indifférents, publient dans leur revue Le Smréalisme même (n° 1, octobre 1956) des extraits du texte d'Aimé Césaire. Dans ce même numéro, Jean Schuster fait paraître une Lettre ouverte à Aimé Césaire où il écrit : « Il me plaît qu'Aragon non seulement vous ait tenu closes, jusqu'à ce jour, les portes des Lettres françaises, mais ait systématiquement interdit toute critique, tout compte rendu relatifs à vos livres (...). Ce silence, Aimé Césaire, sur votre nom, dans cette feuille, je souhaite de tout mon cour qu'il dure aussi longtemps que vous et moi. » Dans sa réponse, René Depestre reconnaît, sans pour autant donner raison à Césaire, que ce fut une maladresse de sa part de dissocier tradition française et tradition africaine. Il ne néglige pas au demeurant de déplorer la dégradation des rapports qu'entretenaient jusque-là Césaire et Aragon : «Je tiens (...) comme un devoir à me prononcer, avec loyauté, tant sur le fond que sur la forme de la vieille querelle qui enlaidit, aux yeux de tous, l'état de leurs relations. » Depestre reconnaît en effet qu'Aragon a opposé son veto à la publication de tout écrit, commentaire ou compte rendu relatif à l'ouvre d'Aimé Césaire. « De nombreux intellectuels de couleur (...) ont été jusqu'à parler de mise systématique à l'index. Est-ce faire injure à Aragon que de le croire responsable du silence établi autour de Césaire ? »



Entre Aimé Césaire et Aragon le désaccord s'était aggravé au fil des ans. Quand on l'interroge sur les raisons de cette inimitié, Aimé Césaire répond, aujourd'hui encore, plus de trente ans après les faits, non sans irritation : « Ce petit marquis aux talons rouges... » Au début, pourtant, sans être chaleureuse, leur relation fut cordiale. « Un grand Nègre français ou un grand Français nègre », disait Aragon, en présentant Aimé Césaire à l'assistance du Congrès des intellectuels français pour la défense de la paix, en 1949. Recevant Césaire un jour à Ivry, Maurice Thorez, abordant la question de l'art, lui dit à brûle-pourpoint : « Tu devrais rencontrer Aragon. » Mais Césaire n'aimait pas la poésie d'Aragon et ne partageait nullement les conceptions que celui-ci faisait prévaloir, en matière littéraire, au sein du Parti. L'autorité qu'Aragon avait acquise remontait aux années 1930. Communiste convaincu, il adhère en 1927 et se signale en composant Homra l'Oural ! texte où il fait un panégyrique de Staline. En 1937, il est avec Paul Nizan et Jean-Richard Bloch, l'un des responsables du journal Ce soir. Cette année-là, le 3 juillet 1937, se tient à Valence le deuxième Congrès international des écrivains. Malraux, Hemingway, Antonio Machado, Anna Seghers, Nicolas Guillen, entre autres, sont présents. Grâce à l'activité inlassable d'Ehrenhourg et des autres membres de la délégation, la ligne prosoviétique prédomine. Les attaques fusent de toutes parts contre André Gide qui, rompant avec le communisme venait de publier au mois de juin 1937 Retouches à mon retour de l'URSS. Aragon publie dans Ce soir un compte rendu du congrès de Valence ainsi qu'un extrait du roman de Malraux consacré à la guerre d'Espagne, L'Espoir. Il milite activement pendant l'occupation au sein du groupe des intellectuels résistants, le CNE. Ce Comité national des écrivains comptait parmi ses membres des écrivains communistes ou non, par exemple François Mauriac et Jean Paulhan. Il publiait un journal, Les Lettres françaises. En janvier 1946, le comité de rédaction comptait parmi ses membres Claude Morgan, Jean Paulhan, Jean Lescure, Paul Eluard mais aussi Aragon qui, quelques armées plus tard, aura la haute main sur les destinées du journal. En 1948, Aragon qui, comme Eluard, avait rompu avec Breton et le combattait sans relâche, reprochait à Césaire d'être resté proche de ce dernier et de n'avoir pas débarrassé sa poésie des tares ataviques du surréalisme. Aimé Césaire avait accepté, en effet, à l'invitation de Breton, de participer à l'exposition internationale du surréalisme qui s'était tenue, du mois de juillet au mois d'octobre 1947, à la galerie Maeght. Le poème que Césaire fit publier à l'occasion de cette exposition, Couteaux midi, fut repris en 1948, dans le recueil Soleil cou coupé, ainsi que le poème intitulé Barbare, initialement paru, au mois d'octobre 1947, dans la revue Musée vivant que dirigeait Madeleine Rousseau. Gardien de l'orthodoxie, Aragon n'exprima publiquement son désaccord avec la ligne officielle du Parti qu'en une seule circonstance : lors de l'invasion de la Tchéchoslovaquie et de l'écrasement du printemps de Prague par les chars soviétiques. En dépit des bons et loyaux services rendus, Les Lettres françaises qu'il dirigeait avec Pierre Daix cessa de paraître, les dirigeants, mécontents, lui ayant retiré leur appui financier.



Plus qu'une querelle de personnes, le différent qui met aux prises Césaire et Aragon traduit une opposition radicale des conceptions. S'alignant une fois de plus sur les positions d'Aragon, par fidélité sans doute au mot d'ordre du Parti, Depestre rejette les principes et les préceptes de la négritude dont Aimé Césaire s'enorgueillit d'être le chantre. Reprenant à son compte l'argumentaire des idéologues du parti communiste, Depestre fait grief à la négritude de n'être qu'une « métaphysique petite-bourgeoise aveugle aux réalités historiques de la lutte des classes ». Les raisons que Depestre allègue, au nom du matérialisme dialectique, pour justifier son refus de la négritude, sont celles-là mêmes que Gilbert Gratiant et René Ménil invoqueront pour dénoncer ce qu'ils appelleront la « trahison d'Aimé Césaire », quand celui-ci démissionnera du Parti communiste français. Cette polémique sur la question de la poésie nationale laissera des traces indélébiles, Depestre sera dès lors un adversaire résolu, quoique respectueux et nuancé, de la négritude en tant qu'idéologie, comme en témoignera quelques années plus tard son ouvrage intitulé Bonjour et Adieu à la négritude.



Circonstances et raisons d'une démission

L'invasion de Budapest



Le 24 octobre 1956, quelques jours avant l'entrée des chars soviétiques en Hongrie, Aimé Césaire écrit une lettre à Maurice Thorez. Une autre lettre est également adressée, le même jour, au secrétaire fédéral de la section martiniquaise du Parti communiste français. Dans cette lettre, Aimé Césaire expose les raisons qui le conduisent à démissionner du Parti communiste français. Ces raisons sont de plusieurs ordres. Aimé Césaire critique d'abord le refus du parti communiste français de condamner les crimes de Staline à l'occasion de son XIVe Congrès, au Havre, au mois de juin de 1956. Il proteste, en second lieu, contre le soutien qu apporte le Parti communiste français aux opérations de répression mises en ouvre par le gouvernement pour mater l'insurrection algérienne. Il stigmatise, de manière plus générale, l'attitude paternaliste des communistes européens à l'égard du tiers monde. Aimé Césaire regrette enfin que les responsables du Parti aient récusé sans examen les propositions qu'il avait formulées en vue d'élaborer un communisme adapté à la situation martiniquaise. Le 23 octobre 1956, Aime Césaire remettait au président de l'Assemblée nationale sa démission du groupe parlementaire communiste. Le 25 octobre, de larges extraits sont publiés dans France-Observateur. Le même jour, cette démission est annoncée sur les ondes à la Martinique. La nouvelle fait l'effet d'une bombe. Le journal Justice met d'abord en doute la véracité de l'information. Le lendemain, obligé de la confirmer, il publie une copie de la lettre adressée par Aimé Césaire au secrétaire fédéral de la section martiniquaise. Le texte intégral ne sera reproduit qu'un mois plus tard, dans France-Soir, le 25 novembre. Le 26 octobre, iMaurice Thorez répond à Aimé Césaire dans L'Humanité. Sa courte lettre est intitulée : « M. Thorez répond à Césaire. » Le secrétaire général du Parti communiste français exprime son éton-nement attristé : Il m'avait semblé que nos points de vue concordaient. La dissimulation et l'agression brutale et publique contre le Parti ne me paraissent pas les meilleurs moyens de bien servir la classe ouvrière et tous les peuples opprimés. » Le 1er novembre, Justice publie, une première fois, le texte intégral de la lettre d'Aimé Césaire à Maurice Thorez. Le 2 novembre 1956, Roger Garaudy, à son tour, adresse à Aimé Césaire une lettre qui, d'abord publiée dans L'Humanité, sera reprise dans le journal Justice du 20 décembre 1956, accompagnée de la « Lettre à Maurice Thorez ». Dans sa lettre, Roger Garaudy prend le contre-pied des critiques formulées par Aimé Césaire. Le 19 novembre, Aimé Césaire revient à Fort-de-France. Le 22 novembre, il prononce un discours fleuve de deux heures sur la Savane, devant une foule de dix mille personnes. Des extraits de ce discours sont publiés les 25 et 26 novembre, dans France-Soir, sous le titre :





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Aimé Césaire
(1913 - 2008)
 
  Aimé Césaire - Portrait  
 
Portrait de Aimé Césaire


Biographie

Aimé Césaire est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui quand Aimé parle, la grammaire française sourit...

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