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Le contexte intellectuel et politique en France


Poésie / Poémes d'Aimé Césaire





A la veille de la Seconde Guerre mondiale



Pour bien comprendre les raisons qui conduisent Aimé Césaire à prendre les orientations qui déterminent, à partir de 1934, son engagement littéraire et ses options idéologiques, il faut tenir compte scrupuleusement du contexte intellectuel et politique en France, dans les années trente. Entre 1930 et 1939 la crise politique et sociale s'aggrave en France comme dans les autres pays européens. Le péril se précise, obligeant Pavant-garde intellectuelle à prendre position, non seulement contre le totalitarisme fasciste, mais aussi contre le despotisme colonial. La dénonciation des méfaits du système colonial atteint son point culminant dans les années 1930, mais elle est déjà une réalité au lendemain de la Première Guerre mondiale, à partir de 1920. Faut-il rappeler que l'année suivante, en 1921, René Maran obtient le prix Concourt pour Batouala, roman dont la préface est un véritable réquisitoire contre l'oppression coloniale en Afrique noire ?





Le climat social



Nous sommes au lendemain de la Première Guerre mondiale. Une période d'incertitude commence. Le cartel des gauches accède au pouvoir. Millerand démissionne. Doumergue lui succède. Herriot, Painlevé et Briand forment tour à tour un ministère radical-socialiste. A partir de 1924, l'instabilité profite aux partisans d'une restauration de l'ordre moral et de l'ordre colonial. Le radical Edouard Daladier est ministre des Colonies. Cette orientation autoritaire est mise en évidence à l'occasion de la guerre du Rif. Elle éclate en 1925. La société française est en crise. Le système des valeurs s'effondre. Les circonstances sont propices à une remise en question de l'ordre politique, économique et social. Le mouvement surréaliste et le mouvement communiste, qui vont bientôt se rejoindre, prennent un vigoureux élan. Le 1er mars 1926, Breton, Aragon, Eluard, constatant la concordance des vues, font cause commune avec les intellectuels marxistes de la revue Clarté. Le cours des événements dans les pays voisins n'est pas plus rassurant. En 1922 en Italie, la montée en puissance de Mussolini précipite les échéances. En 1933, la dictature fasciste est établie en Allemagne. Hitler, chancelier du IIP Reich depuis le 30 janvier, multiplie les démonstrations de force. Il dispose des pleins pouvoirs en mars 1933. Douze ans de dictature. En octobre 1934, en Espagne, les mineurs des Asturies s'insurgent et proclament une République des ouvriers et des paysans. Le gouvernement espagnol organise une sanglante répression avec le concours de la Légion étrangère et des troupes stationnées au Maroc. A partir de 1930, la France entre à son tour dans une période de troubles d'une gravité sans précédent. La crise économique renforce les clivages traditionnels. La droite incline au fascisme et la gauche au communisme. Le 6 février 1934, une très importante manifestation est organisée par l'extrême droite sur la place de la Concorde. Les partis du centre et de la gauche ripostent en organisant une contre-manifestation. Ces désordres provoquent la chute du gouvernement d'Edouard Daladier. Communistes et socialistes, jusqu'alors rivaux, doivent se résoudre à unir leurs forces pour barrer la route au fascisme à l'intérieur et à l'extérieur. En juillet 1934 un pacte d'unité d'action est signé et un programme de gouvernement publié.



La période 1933-1939 correspond à un cycle révolutionnaire au cours duquel l'avant-garde se mobilise contre le fascisme et s'engage dans l'action tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle européenne. Les intellectuels, artistes et écrivains, prennent activement part à la bataille idéologique et politique. En août 1932 se tient à Amsterdam un Congrès contre la guerre et le fascisme, à l'initiative d'Henri Barbusse et de Romain Rolland. En 1933, un Congrès antifasciste européen est organisé salle Pleyel. La même année, en 1932, est également créée par Maurice Thorez une Association des écrivains et artistes révolutionnaires (aeaR), à l'initiative de laquelle est publiée une renie, Commune. Au grand meeting antifasciste organisé par l'AEAR, à la salle du Grand Orient de France, au mois de mai 1933, Gide intervient en ces termes : « Dans le terrorisme allemand je vois une reprise, un ressaisisse-ment du plus déplorable, du plus détestable passé ; dans l'établissement de la société soviétique une illimitée promesse d'avenir29. » Au cours de ce meeting, Malraux, lui aussi membre de l'AEAR depuis le mois de décembre 1932, déclare : « S'il y a la guerre, notre place est dans les rangs de l'Armée rouge (...). Le fascisme allemand nous montre que nous sommes face à la guerre... Sachons nous tourner vers Moscou, vers l'Armée rouge30. » Les écrivains les plus en vue prennent position. Ils préconisent pour la plupart une solidarité active avec l'Union soviétique et l'unité d'action avec le mouvement communiste international. Par rejet du fascisme ils adhèrent partiellement ou totalement au marxisme ou au communisme. Au mois de juillet est créé le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (cviA) sous la triple présidence de Paul Rivet, d'Alain et de Langevin. Leur engagement contribuera au succès du Front populaire. Le Congrès international des écrivains du mois de juin 1935 s'honore de la présence des plus grandes figures littéraires européennes : André Gide, Julien Benda, Julian Fluxley, E. M. Forster, Heinrich Mann, Boris L. Pasternak, Ilya F.hrenbourg, Max Brod. L'éventail des sensibilités est très large : des libéraux, des compagnons de route du communisme ou des militants déjà membres du Parti. Le combat contre le fascisme s organise à l'échelle de l'Europe tout entière. Malraux publie Le Temps du mépris, roman paru en feuilleton dans la Nouvelle Revue p'ançaise, entre le mois de mars et le mois de mai 1935, dont le héros, Kassner, exalte la lutte contre le nazisme. Toutes les capitales se mobilisent. Le soutien des intellectuels à l'Union soviétique s'explique. Dans ces années-là, l'on ne sait presque rien des exactions staliniennes, des déportations ou assassinats dont Ossip Mandelstam a été, par exemple, l'innocente victime. L'ennemi, le seul, l'unique, c'est le fascisme.



La montée des périls : antifascisme et anticolonialisme

La question coloniale



De l'engagement antifasciste à l'engagement anticolonialiste il n'y a qu'un pas. Un lien est constamment établi entre les deux débats, du terrain européen aux territoires coloniaux. La dénonciation du colonialisme par certains intellectuels en vue est virulente. L'ardeur polémique du réquisitoire que dressera Aimé Césaire ne sera pas sans ressemblance avec celle d'un Malraux vitupérant le colonialisme français et faisant du rejet de l'impérialisme un corollaire de la dénonciation du fascisme. L'affaire Malraux semble avoir servi, en effet, à cet égard, de caisse de résonance. En 1924, une pétition est rédigée à l'initiative de Marcel Arland en faveur du jeune écrivain victime des juges du tribunal colonial indochi-nois. Libéré en 1926, Malraux publie La Tentation de l'Occident, recueil de lettres qu'échangent le jeune Chinois Lin et son correspondant français. André Malraux, qui n'a alors que vingt-quatre ans, fait preuve dans cet ouvrage d'une éblouissante virtuosité. Les lecteurs les plus avertis, dont Albert Thibaudet, y décèlent l'influence de Chateaubriand et Barrés et reconnaissent à l'auteur un sens de la prose poétique proche de Claudel et de Saint-John Perse. Malraux y dépeint un univers colonial cruel et borné. Au mois de mars 1928 paraît la première livraison des Conquérants dans la Nouvelle Revue française. Ce récit est une fiction inspirée de son aventure indochinoise et de son combat contre les pouvoirs coloniaux. Malraux y insère l'épisode fameux de la grande grève de Canton et de Hong-Kong. A partir de 1930, la crise indochinoise s'aggrave : 1930, soulèvement de Yen-Bay et de Nghé-An, Paul Monet fait paraître Les Jauniers ; en 1931, des légionnaires français exécutent des prisonniers politiques. En octobre 1933, Malraux public un article où il s'élève contre l'acquittement par la cour de Hanoi des responsables du massacre et contre la sentence du tribunal de Saigon qui avait condamné à mort huit Annamites. L'étroi-tesse des liens rattachant l'un à l'autre les trois mouvements d'opinion antifasciste, communiste et anticolonialiste est encore mise en évidence à propos de l'Espagne et de l'Ethiopie. Le 22 août 1935, boulevard de l'Hôpital, un meeting est organisé par le Comité pour la défense du peuple éthiopien réunissant toutes les nuances de la gauche politique et syndicale. L'intérêt de l'opinion pour l'Ethiopie avait été éveillé, au cours de cette période, par la publication, sous la signature d'André Malraux, d'une série de sept articles accompagnés de photos-montages. En 1934, s'ins-pirant sans doute de l'exemple de Rimbaud, il avait survolé le désert abyssinien à la recherche des ruines légendaires de la capitale de la reine de Saba. Ayant été informé du déroulement de cette exploration, l'empereur Hailé Sélassié fit savoir qu'il désirait accueillir le visiteur. Malraux lui rendit visite. Le 4 novembre 1935, l'Association internationale des écrivains pour la défense de la culture organise un meeting à la Mutualité, en faveur de l'Ethiopie que vient d'attaquer l'Italie fasciste. Soixante-quatre intellectuels, dont Henri Massis, Henri Bordeaux, Gabriel Marcel, Thierry Maulnier, hostiles à cette initiative, interviennent en faveur de Mussolini et publient une déclaration dénonçant les « puissances de désordre et d'anarchie (quI) défendent des sauvages ». La riposte de Malraux est fulgurante : «... Intellectuels réactionnaires, vous dites "quelques tribus sauvages coalisées pour d'obscurs intérêts". Assurément ceux que poussent des intérêts sont des Ethiopiens !... Ce que vous appelez se civiliser, c'est s'européaniser... Au XVIe siècle, qu'est-ce que la cour des Valois en comparaison de celle des rois de Perse, des empereurs de Chine ou du Japon ? Paris est encore une confusion de ruelles quand les architectes persans tracent les grandes avenues d'ispahan à quatre rangées d'arbres... Versailles même est un assez petit travail en face de la ville interdite de Pékin... C'est précisément au moment où l'Abyssinie demande des spécialistes qu'on lui envoie des canons. »



Entre les années 1920 et 1930 le problème colonial est d'une complexité croissante. Les revendications des indigènes des différents territoires de l'empire se radicalisent. Sauf de rares exceptions, les droits civiques étaient réservés aux colons français. Tel était le cas en Algérie, en Afrique noire, en Indochine. Les mouvements politiques coloniaux d'avant-garde exigent que soient octroyés aux indigènes les mêmes droits. Le mot d'ordre d'assimilation est alors intrinsèquement révolutionnaire. Tenant compte de ces faits, une nouvelle politique est mise en application par les autorités françaises à l'égard des colonies. Cette politique à pour maître d'ouvre Albert Sarraut. Celui-ci s'inquiète des périls qu'encourent les intérêts français. Les menées des agents secrets allemands et l'agitation bolchevique sont des dangers d'autant plus graves qu'ils encouragent, selon lui, l'activisme panislamique et pan-nègre. Redoutant que l'Internationale communiste, pour affaiblir les puissances européennes et au premier chef la France, ne s'implante en Afrique, Albert Sarraut s'émeut de la création, en 1921, par le PCF, d'un Comité d'études coloniales. Ses préoccupations expliquent la mise en ouvre de grands travaux. Le chemin de fer Congo-Océan et l'office du Niger, en AEF, en sont les fleurons. Le régime du travail forcé est imposé. Il transforme les territoires qui y sont soumis en de véritables bagnes. Des dizaines de milliers de morts sont dénombrés dans les années 1920, lors de la construction du Congo-Océan. Aimé Césaire, dans son Discours sur le colonialisme et, avant lui, René Maran, dans la préface de Batouala, les ont déplorés. Ces réalités cruelles ne sont pas étrangères à l'évolution idéologique des élites coloniales entre les deux guerres. Celles-ci sont progressivement gagnées aux idéaux révolutionnaires. A partir de 1930, la force d'attraction du marxisme se décuple. La Russie bolchevique entre ouvertement en lutte contre les Etats bourgeois, capitalistes et impérialistes. A l'avènement du Front populaire, le mouvement nègre se mobilise afin que soit appliquée aux colonies une politique nouvelle. Vainqueur des élections législatives du mois de mai 1936, les socialistes qui bénéficient du soutien des communistes placent Léon Blum à la tête du gouvernement. Une nouvelle politique coloniale, conforme à la doctrine de la SFIO, est définie : il est de la responsabilité de la métropole de préparer les peuples d'outre-mer économiquement, politiquement et moralement à l'émancipation, mais celle-ci ne saurait être immédiate.



Les réformes coloniales du Front populaire

Espoir et désillusion



Le gouvernement du Front populaire déçoit les aspirations des anti-impérialistes et des nationalistes nègres. Face au problème colonial il se montre, en effet, d'une excessive prudence. Il ne déborde pas d'un zèle rénovateur. Le programme du rassemblement populaire signé en janvier 1936 par les socialistes, les communistes et les radicaux se contentait d'évoquer la question en quelques lignes et n'annonçait aucune modification du système. Dès février 1937, Léon Blum décide d'interrompre le programme des réformes. Le journal L'Oil vigilant, dont les responsables étaient les Guadeloupéens Narcisse Danaé, ancien militant communiste qui avait été éjecté du Parti en 1932, et Raoul Ova, président du groupe Scholcher, exprimait en ces termes une vive amertume : « L'avènement au pouvoir du gouvernement du Front populaire (...) avait fait naître en nous une immense espérance quant à la solution des problèmes délicats et difficiles qui se posent aux colonies. (...) Hélas ! Aux premiers actes que nous pensions devoir être pertinents, la désillusion la plus cruelle, la déception la plus inattendue remplaçaient notre enthousiasme et notre optimisme32. » Les mesures sociales promises n'ont pas été suivies d'effet. Les droits accordés aux travailleurs métropolitains ont été refusés aux travailleurs indigènes. L'administration coloniale reste aux mains des mêmes fonctionnaires. L'oligarchie « béké » demeure toute-puissante. Ses exactions restent impunies. Les droits politiques des masses populaires sont bafoués comme auparavant. En 1925, Zizine et Des Etages avaient été assassinés à Ducos, à la Martinique. En 1926, la mission Leconte, dépêchée sur place, avait élaboré un projet de réorganisation du système en vigueur. Quoique timide, ce projet était resté sans suite. Le 11 janvier 1934, le journaliste et militant communiste martiniquais André Aliker est assassiné. En 1936, devant la cour d'appel de Bordeaux, les deux inculpés, sur lesquels ont pesé pourtant de très fortes présomptions, sont acquittés au terme d'un procès où René Maran comparaît en qualité de témoin de la famille iliker. Certes, en faisant nommer Félix Eboué gouverneur intérimaire de la Martinique puis gouverneur titulaire de la Guadeloupe, le radical Maurice Viollette, ministre des Colonies, a un tant soit peu tenté de promouvoir un courant de réformes. Mais la désillusion est à la mesure des espoirs qui avaient été placés dans le Front populaire.



Dans l'élan unitaire de la mobilisation en faveur de l'Ethiopie, un regroupement est effectué en 1937. Il bénéficie du concours du Rassemblement indochinois, fondé en juillet 1936 par Hô Chi Minh, du Parti du peuple algérien, créé en mai 1937 par Messali Hadj et de la Ligue de défense de la race nègre. L'Association des étudiants martiniquais est également représentée au sein de ce front. Léon-Gontran Damas et Jules-Marcel Monnerot y militent activement. L'heure est au rassemblement pour tous les mouvements nègres puisqu'il faut faire face à l'extérieur et à l'intérieur aux menées fascistes. L'Italie veut reconquérir l'Ethiopie. L'Allemagne fait main basse sur le Togo et le Cameroun. En France, la droite s'enhardit. L'Union intercoloniale veut relancer, redynamiser le programme de réformes du Front populaire. Son action revêt des formes diverses. Elle multiplie délégations et pétitions auprès du ministre des Colonies, contre la répression en Indochine, pour la liberté politique et syndicale, contre les menaces fascistes italienne et allemande. De 1936 à 1939, les militants en font l'amer constat : le gouvernement n'est pas animé d'une véritable volonté émancipatrice. Ce refus explique la virulence de la revendication raciale et culturelle des intellectuels de la nouvelle génération. Damas, revenu de Guyane, publie Pigments en 1937. Césaire publie en 1939 le Cahier d'un retour au pays natal. La même année, Senghor rédige l'article où il expose les fondemcnts de la négritude : « Ce que l'homme noir apporte ». Cet article sera repris, en 1964, dans Liberté . Les intellectuels et nationalistes nègres ne bénéficient plus alors du soutien du Parti communiste français, pas davantage de l'appui du parti socialiste. Seuls les socialistes de l'ancienne gauche révolutionnaire continuent de soutenir activement leur lutte. Daniel Guérin et Marceau Pivert créent, en 1938, le Parti socialiste ouvrier et paysan, le seul qui à cette date soutient activement les mouvements coloniaux. En 1939, la gauche révolutionnaire britannique, regroupée au sein de l'Indépendant Labour Party, organise une exposition anti-impérialiste à laquelle participe Daniel Guérin. A cette occasion est ouvert, sous la direction de Georges Padmore et du Guyanais Thomas Griffith, l'International African Service Bureau, lequel entretiendra des relations étroites avec DuBois. Daniel Guérin, dans le recueil d'articles qu'il publiera en 1954 aux Editions de Minuit, sous le titre Au service des colonisés, 1930-1953, décrit les circonstances dans lesquelles est créé en France, en mars 1939, un centre anti-impérialiste identique au centre londonien. Il insiste sur la violence de la répression qui s'abat, à la veille de la guerre, et à l'initiative du gouvernement français, sur les nationalistes africains. Le 9 décembre 1939, à la requête du ministère des Colonies, Emile Faure, qui avait été nommé secrétaire du Centre anti-impérialiste pour l'Afrique noire, est arrêté sous le chef d'accusation de « menées antifrançaises » et déporté dans un camp à Grand Bassam (Côte-d'IvoirE) puis à Bamako (MalI). Déjà, le 21 octobre et le 6 décembre, deux militants togolais avaient été emprisonnés en Côte-d'Ivoire pour infraction contre la sûreté extérieure de l'État.



Les difficultés auxquelles se heurtent les intellectuels et militants nègres au cours de cette période s'expliquent. A partir de 1935, socialistes et communistes font passer l'anti-impérialisme au second plan. Priorité est donnée à la lutte antifasciste. En 1935, Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères, se rend à Moscou. Le pacte franco-soviétique est signé. Staline s'engage à aider le gouvernement français. Il invite le Parti communiste français à renoncer au mot d'ordre de la stratégie « classe contre classe » et à réaliser l'unité d'action avec les centristes. Docile, le Parti communiste français se détourne insensiblement des mouvements antiimpérialistes. Le 17 avril 1936, Maurice Thorez prononce son célèbre discours de la main tendue aux catholiques.



A ses débuts, le Front populaire s'était doté d'un programme de réforme coloniale assez ambitieux. Les communistes insistaient fortement sur la nécessité de promouvoir une politique d'émancipation des colonies. Ils se conformaient ainsi à l'un des articles de la charte de la IIP Internationale stipulant que tous les partis communistes doivent lutter pour la libération des indigènes et l'expulsion des impérialistes hors des colonies. La section des Affaires coloniales qui avait été créée au sein du Parti communiste français avait pour tâche d'organiser des campagnes de lutte contre le colonialisme. Le revirement des communistes français ne fut pas sans conséquence pour les divers mouvements dont ils s'étaient faits jusqu'alors les alliés. L'une des premières victimes de ce changement de cap fut Messali Hadj. Le mouvement qu'il avait créé, l'Etoile nord-africaine, est frappé d'interdiction par le gouvernement de Léon Blum au début de l'année 1937. Le parti communiste n'intervient pas en faveur des militants de l'ENA quand ceux-ci sont emprisonnés. A la suite de la création, en mars 1937, du Parti du peuple algérien qui s'était doté du mot d'ordre « Ni assimilation, ni séparation mais émancipation », Messali Hadj et d'autres dirigeants sont inculpés pour atteinte à la sûreté de l'Etat en août 1937. Messali Hadj est condamné à deux ans de prison. Libéré en 1939, il sera de nouveau arrêté et condamné, en 1941, à seize ans de travaux forcés. Amnistié après la guerre, il sera exilé en France où il mourra. La situation s'étant nettement dégradée, inquiet des violences qui risquaient d'embraser l'Algérie tout entière, Maurice Viollette prépare un projet de loi visant à accorder le droit de vote à vingt et un mille Musulmans, anciens combattants et titulaires du brevet élémentaire. Ce projet, s'il avait abouti, n'aurait pas eu plus d'effet qu'une goutte d'eau dans l'océan puisqu'il ne concernait, sur une population totale de six millions de Musulmans, qu'une infime minorité. Le parti communiste juge toutefois utile ce projet et décide de le soutenir. Messali Hadj, en revanche, considérant ce projet de loi comme une ruse du pouvoir colonial, le rejette. La protestation des partisans du statu quo colonial est du reste si véhémente qu'il ne peut être adopté. L'échec de cette tentative et les controverses qu'elle provoqua a sans aucun doute profondément affecté celui qui en avait pris l'initiative, avec la caution de Léon Blum. Réserve faite des carences de sa politique coloniale, le cabinet Léon Blum applique néanmoins, en France métropolitaine, un programme de réformes sociales ambitieux : protection sociale, conventions collectives, semaine de quarante heures, congés payés. Mais, la crise économique aidant, le cabinet Blum perd le soutien de l'opinion majoritaire, tant sur le plan intérieur que sur le plan de la politique extérieure.






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Aimé Césaire
(1913 - 2008)
 
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Biographie

Aimé Césaire est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui quand Aimé parle, la grammaire française sourit...

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