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Honoré d'Urfé

Villanelle d'amidor reprochant une légèreté - Poéme


Poéme / Poémes d'Honoré d'Urfé





À la fin celui l'aura
Qui dernier la servira.
De ce cœur cent fois volage,
Plus que le vent animé,
Qui peut croire d'être aimé
Ne doit pas être cru sage :
Car enfin celui l'aura
Qui dernier la servira.



À tous vents la girouette,
Sur le faîte d'une tour,
Elle aussi vers tout amour
Tourne le cœur et la tête : À la fin celui l'aura
Qui dernier la servira.



Le chasseur jamais ne prise
Ce qu'à la fin il a pris,
L'inconstante fait bien pis,
Méprisant qui la tient prise :
Mais enfin celui l'aura
Qui dernier la servira.



Ainsi qu'un clou l'autre chasse,
Dedans son cœur le dernier
De celui qui fut premier
Soudain usurpe la place :
C'est pourquoi celui l'aura
Qui dernier la servira.










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Honoré d'Urfé
(1567 - 1625)
 
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Second livre des délices de la poésie françoise