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Pontus de Tyard

Biographie, œuvres de Pontus de Tyard


Poésie / Poémes d'Pontus de Tyard





Naissance: 20 avril 1521 à Bissy-sur-Fley
Décès: 23 septembre 1605 Bragny-sur-Saône

Pontus de Tyard (ou de Thiard), seigneur de Bissy, est un ecclésiastique, écrivain et poète français.

On s'accorde aujourd'hui pour placer la publication de L'Olive à Pâques 1549 (nouveau style) ; les Erreurs amoureuses ne parurent, elles, qu'au mois de novembre de la même année.



Préfaçant, en 1573, l'édition de ses Œuvres Poétiques, Pontus s'adresse ainsi à sa dédieataire, « une docte et vertueuse Damoiselle » : « ...j'ai fait recueillir mes vieilles et nouvelles Poésies en un, et les ai publiées en faveur de vous, et des vertueuses, doctes, et gentilles Damoiselles vos semblables. Vous suppliant toutes de prendre garde, par le fil de cette longue continuation commencée il y a trente ans, combien entre nous a esté la mutation du style Poétique, étrange, et grand et louable le progrés et avancement qu'a fait notre langage Français depuis ce temps. Je commençai fort jeune d'aimer et d'honorer la beauté et les grâces, et de même âge fus échauffé de l'ardeur d'Apollon. Toutefois n'ayant aucun devant moy, qui en Français eût publié des Poèmes répondant à l'élévation de mes passionnées conceptions, je ne fus aidé que de la force de la beauté qui me commandait, pour complaire à laquelle je me mis en peine d'embellir et hausser le style de mes vers plus que n'était celui des rimeurs qui m'avaient précédé. Mais au même temps que je fis prendre l'air à mes Poésies, sortirent en lumière les œuvres de Ronsard Vendomois, et du Bellay Angevin, lesquels le Parnasse français reçut, comme fils aînés des Muses... »

Dès ce recueil, qui deviendra, dans l'édition définitive la « seconde partie » des Erreurs, Pontus, qui a pris un retard chronologique sur Du Bellay, subit visiblement l'influence de L'Olive, et s'éloigne de la « deuxième voie » du sonnet, la voie qu'il avait, deux ans auparavant, inventée, en hommage à Scève, sous l'emprise d'un néoplatonisme modéré (voie qui est aussi, plus ou moins indépendamment, celle de Des Autekz, de Le Caron et du Peletier de l'Amour des Amours) ; on ne peut que le regretter.

Pontus aurait donc commencé en 1543 la composition de son œuvre, sans doute sous l'influence et dans la ligne de Scève (la Délie est de 1544). Il est vrai que les 70 sonnets du premier livre, celui de 1549, doivent peu au pétrarquisme rnythologisant, que Du Bellay dans L'Olive puis surtout Ronsard rendront presque obligatoire.
Pontus de Tyard était né en 1521 au château féodal de ses ancêtres, à une dizaine de kilomètres de Chalon-sur-Saône. Guillaume Des Autels était son cousin au second degré. Les Erreurs amoureuses sont dédiées à une Demoiselle que Pontus appellera Pasithée dans la « continuation » de 1551, et dont le portrait orne la couverture. Il converse avec elle dans ses « dialogues » philosophiques, « Solitaire premier » et « Solitaire second » et lui adresse sa traduction du De l'amour de Léon Hébreu. Si ce fut une demoiselle fictive, du moins cette fiction demeura stable chez Pontus (si bien que plus tard, s'adressant à Claude-Catherine de Retz à qui Jodelle consacrera certains des plus beaux sonnets de la tradition française, il l'appellera encore Pasithée (elle était née en 1544)). En grattant les textes, les biographes érudits ont pensé découvrir l'ombre d'une créature réelle. Guillaume Des Autels, le cousin, adresse un sonnet à « la toute divine de Pontus de Tyard », l'appelle « Dame trois fois grande », mais n'ose révéler son nom.

Ce nom divin que mon papier ne peut
Le recevoir...

Il parle de son « tétagramme nom » ; d'où il résulte, pour les biographes érudits que Pasithée avait un nom réel de quatre lettres ; ce qui a conduit d'autres biographes, unanimement considérés comme peu érudits, à proposer celui de la belle Louise, Louise Lobé. Quoi qu'il en soit, une lettre d'Etienne Pasquier à son ami Denis Sauvage accorde à Pasithée une qualité peu apparente dans sa figure poétique, preuve, dit-on, de son existence réelle : l'humour :
« Vous me mandez, écrit Pasquier à Sauvage qu'entre propos que Monsieur de Thiart vous a tenu de mon Monophile, il trouvait mauvais l'endroit où faisant mention de lui, je soutiens que lors que nos Poètes discourent le mieux de l'amour, c'est lors qu'ils sont moins atteints de cette maladie. Quant à ce que vous me mandez que sa maîtresse lui a par exprés coché ce passage, pour lui en faire reproche, je ne la pense pas de si pauvre esprit, que l'authoritê de celui qui s est voué à elle, ne lui soit de plus grand effet que celle d'un homme étranger... »

Pontus voit Pasithée (à travers la belle invention de Giraldi dans son Dictionnaire des dieux) comme les trois Grâces en une seule personne, une image de la Trinité des Grâces, leur « unique stmu-lachre ». « Vous me rafraichissez (dit Pasithée) la mémoire des trois beautés desquelles, selon ce que vous avez dit, les trois grâces me semblent être présidentes. — Quelles trois beautez (lui demandai-je) entendez-vous? — La beauté (répondit-elle), de l'esprit, que je reconnais sous Aglaé, celle du corps sous Thalie, et la tierce de la voix sous Euphrosyne. » Le Solitaire (Pontus) révèle encore à Pasithée qu'« elles ont été peintes toutes nues », avant d'avouer cette « conception » qu'à a de la réunion des trois en une ; et que « le brasier de son affection » est « ardent devant son image » ? « Mon Dieu, Solitaire (dit Pasithée tou rougissant et interrompant mon propos) je vous prie ne vous altérez pour si peu. »

Hermaphrodite fils de Mercure et de Venus, desquels il porte le nom, estoit auprès du fleuve Salmace : dedans lequel ordinairement demeu-roit une Nymphe, de mesme nom que le fleuve. Ceste Nymphe énamourée de Hermaphrodite, et le treuvant rebours et dédaigneux à l'amour, se cacha, espiant la commodité pour le surprendre. Le jeune Hermaphrodite, ne se doutant de rien, se despouilla, et nud entra dedans le fleuve, pour se baigner : là accourut Salmace, et l'embrassant essaya de l'inciter à luy donner plaisir, mais ce fut en vain. Elle donc le tenant embrassé, impetra des Dieux qu'elle ne fust jamais séparée de luy : et furent si conjoints ; que leurs deux corps assemblez, devindrent un. Alors Hermaphrodite, par une autre requeste impetra de Venus, que quiconque entreroit en ce fleuve, devint composé des deux sexes, tels que sont en ce temps les Hermaphrodites.


l'œuvre

Œuvres complètes. Tome I . Œuvres poétiques, éd. critique par Eva Kushner, Sylviane Bodkam, Gisèle Mathieu-Castellani et al. Paris : H. Champion, 2004 (ISBN 2-7453-0630-8)

Contient : Les erreurs amoureuses ; Continuations des erreurs amoureuses ; Troisième livre des erreurs amoureuses ; Livre de vers liriques ; De Coelistribus asterismis poëmatium ; Recueil des nouvelles œuvres poétiques ; Les douze fables de fleuves ou fontaines
Œuvres complètes. Tome VI, édition critique par Marie-Madeleine Fragonard, François Rouget et François Roudaut. Paris : H. Champion, 2007 (ISBN 2-7453-1540-3)

Contient : Homélies ; Histoire d’Hérodian (dédicace) ; Lettre au jésuite Charles ; Généalogie de Hugues Capet ; Advis du diacre Agapet ; Modèles de phrases ; Lettres d’amour
Œuvres complètes. Tome VII . La droite imposition des noms = De recta nominum impositione, introduction par Jean-Claude Margolin, texte établi et traduit par Jean Céard, et annoté par Jean-Claude Margolin et Jean Céard, avec la collaboration de Sophie Kessler-Mesguisch et Colette Nativel. Paris : H. Champion, 2007 (ISBN 2-7453-1348-5)
Discours de la vérité de divination par astrologie, éd. Sylviane Bokdam. Genève : Droz, 1990. (Textes littéraires français ; 383).







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Pontus de Tyard
(1521 - 1605)
 
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