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Paul-Jean Toulet

La cigale - Poéme


Poéme / Poémes d'Paul-Jean Toulet







Quand nous fûmes hors des chemins

Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause

En me touchant les mains ; -



L'Écho du bois riait.
La terre

Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon

Etait plein de mystère...

Mais toi, sans lymphe ni sommeil,

Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,

Ton cri triste et vermeil.



Vous qui retournez du
Cathai

Par les
Messageries,
Quand vous berçaient à leurs féeries

L'opium ou le thé,



Dans un palais d'aventurine

Où se mourait le jour,
Avez-vous vu
Boudroulboudour,

Princesse de la
Chine,



Plus blanche en son pantalon noir

Que nacre sous l'écaillé?
Au clair de lune,
Jean
Chicaille,

Vous est-il venu voir,



En pleurant comme l'asphodèle

Aux îles d'Ouac-Wac,
Et jurer de coudre en un sac

Son épouse infidèle,



Mais telle qu'à travers le vent

Des mers sur le rivage
S'envole et brille un paon sauvage

Dans le soleil levant?



Douce plage où naquit mon âme;

Et toi, savane en fleurs
Que l'Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme;

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure
Nous charmait d'ombre et de murmure,

Et de roucoulements;

Où j'écoute frémir encore
Un aveu tendre et fier —

Tandis qu'au loin riait la mer
Sur le corail sonore.



C'était sur un chemin crayeux

Trois châtes de
Provence
Qui s'en allaient d'un pas qui danse

Le soleil dans les yeux.

Une enseigne, — au bord de la route,


Azur et jaune d'œuf —,
Annonçait :
Vin de
Châteauneuf,

Tonnelles,
Casse-croûte.
Et, tandis que les suit trois fois

Leur ombre violette,
Noir pastou, sous la gloriette,

Toi, tu t'en fous : tu bois...
C'était trois châtes de
Provence, '

Des oliviers poudreux,
Et le mistral brûlant aux yeux
Dans un azur immense.



Toute allégresse a son défaut

Et se brise elle-même.
Si vous voulez que je vous aime,

Ne riez pas trop haut.

C'est à voix basse qu'on enchante

Sous la cendre d'hiver
Ce cœur, pareil au feu couvert,

Qui se consume et chante.










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Paul-Jean Toulet
(1867 - 1920)
 
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