wikipoemes
paul-verlaine

Paul Verlaine

alain-bosquet

Alain Bosquet

jules-laforgue

Jules Laforgue

jacques-prevert

Jacques Prévert

pierre-reverdy

Pierre Reverdy

max-jacob

Max Jacob

clement-marot

Clément Marot

aime-cesaire

Aimé Césaire

henri-michaux

Henri Michaux

victor-hugo

Victor Hugo

robert-desnos

Robert Desnos

blaise-cendrars

Blaise Cendrars

rene-char

René Char

charles-baudelaire

Charles Baudelaire

georges-mogin

Georges Mogin

andree-chedid

Andrée Chedid

guillaume-apollinaire

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

arthur-rimbaud

Arthur Rimbaud

francis-jammes

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
auteurs essais
 

Louis Aragon



Second intermède - chanté - Chanson


Chanson / Poémes d'Louis Aragon





Chanté



Dans ce pays plein de cendres amères

Il va germer ce que les cieux semèrent

C'est un avril avant le temps venu

C'est un enfant de parents inconnus

Et comme au vent un peu d'eau qui frissonne

C'est un enfant qui ne tient de personne

C'est un enfant entre hier et demain

Tout le passé dans le creux de sa main

Bien sûr la vie est toujours la plus forte

Quand le soleil s'assied devant la porte

Il se regarde et s'étonne de lui

Dans les maisons que lui laisse la pluie

On a repeint tous les volets en vert

Les jours s'en vont pourtant comme en hiver

Pinçant l'oreille à leurs mêmes ciseaux

Sous le ciel noir comme l'aile et l'oiseau

Mais déjà l'oil de l'herbe s'écarquille

Pour laisser voir le jaune des jonquilles

Un long parfum fleurit dans les passants

Une musique à leur lèvre se sent

Tout semble prêt au venir des vertiges



L'air semble fait pour ce pas du prodige

Comme un joueur cachant son point aux dés

Trahit des yeux son secret mal gardé

Un mol ferait que tout s'évanouisse

Laissez le lin traîner pour qu'il rouisse

Taisez même à
Dieu ce que vous rôvioz

Faites semblant que c'est toujours janvier

Laissez venir cette mer haute et lente

Laissez grandir en vous comme une plante

Ce doux bonheur facilement brisé

Laissez la force aboutir au baiser

Laissez former le chant dans votre bouche

La main frémir de la main qui la touche

Et regardez dans vos miroirs troublés

Lever en vous la jeunesse du blé

À tous les printemps printemps qui ressembles

Tourne vers moi ce visage qui tremble

Verse ton vin dans mon verre ô printemps

Rends-moi mon cour ma vie et mes vingt ans

Sombre plaisir des soirs légers demeure

Demeure en moi qui renais et qui meurs

Mue et remue amour en moi qui fuis

Comme une rame au profond de la nuit

En quelle année où sommes-nous mon âme

Tout peut changer mais non l'homme et la femme

Ni ce grand cri ni ce déchirement

Et la stupeur soudaine des amants

Tout peut changer de sens et de nature

Le bien lo mal les lampes les voitures

Même le ciel au-dessus des maisons

Tout peut changer de rime et de raison

Rien n'être plus ce qu'aujourd'hui nous sommes

Tout peut changer mais non la femme et l'homme




Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Louis Aragon
(1897 - 1982)
 
  Louis Aragon - Portrait  
 
Portrait de Louis Aragon


Biographie

Louis Aragon, que son père, un haut fonctionnaire et député, n'a jamais voulu reconnaître, montre très jeune un don pour l'écriture. Il est étudiant en médecine lorsqu'il rencontre André Breton en 1916 avec lequel il se lie d'amitié. En 1918, il publie ses premiers poèmes, puis part, en tant que médecin auxiliaire, au front des Ardennes. Son courage lui vaut d'être décoré de la Croix de Guerre.

Principales oeuvres

POÈMES ET POÉSIES

Citations de louis aragon


mobile-img