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Jacques Prévert

Elephant... - Poéme


Poéme / Poémes d'Jacques Prévert





Éléphant

je pense souvent à toi

quand je suis tout seul

quand je suis avec les autres

quand je me promène dans la campagne avec une petite badine

quand je me lave les dents le matin

et quelquefois quand je dors ton grand corps se promène dans mes rêves

Ce n'est pas du respect que j'ai pour toi

je n'ai pas non plus de tendresse comme on dit

je ne suis pas ton ami

je pense à toi comme ça

Je sais que tu existes encore

et je suis content

Tu es le grand animal je connais tes oreilles

Enfant je suis monté sur toi dans un jardin

je t'ai vu dans les documentaires

je t'ai vu à
Hambourg

je t'ai vu en breloque en pain d'épice

je t'ai vu sur la gomme éléphant

Je te vois tel que tu es

Présent comme une véritable chose vivante

Et tout ce que les hommes racontent sur toi

me fait rire

du mauvais rire

Deux points

Que tu te caches pour faire l'amour

que tu te caches pour mourir

Et que les poils de ta queue portent

bonheur aux amours des humains

Éléphant

Tu es plus beau qu'un nuage

Le nuage pleut quand il crève

mais toi tu te fous des marchands de parapluies

Et quand tu te promènes avec ta femme et tes

petits dans ton paysage
Tu es plus beau qu'un nuage
Une véritable chose vivante
Tu ne collectionnes pas les timbres-poste
Tu ne portes pas comme l'homme des lunettes en fausse écaille de tortue
Et quand captif tu passes dans les villes
Tu es indifférent aux choses compliquées
Un homme te pique les fesses pour que tu ailles

plus vite
Et tu cours plus vite pour ne pas contrarier le

moustique
Si vous arriviez en retard on le foutrait à la

porte du cirque et tu n'y tiens pas - tu cours -Tu as une drôle de façon de courir
Tu as une drôle de façon de te souvenir

Tu est une véritable chose vivante je ne t'oublie pas
Je pense souvent à toi... je te serre la trompe.









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Jacques Prévert
(1900 - 1977)
 
  Jacques Prévert - Portrait  
 
Portrait de Jacques Prévert


Biographie / chronologie

Jacques ne veut rien savoir de tout ce qui s’appelle PRISON, il n’aime guère les prêtres et serviteurs d’ Église, car cela représente, à ses yeux, le pouvoir autoritaire, la passéisme le plus absolu et le conformisme le plus borné. La violence de l’anticléricalisme prévertien sera souvent rejetée avec dégoût et escamotée au profit de son intérêt pour les enfants, les fleurs ou les petits oiseaux.