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ROGER MARTIN DU GARD






Point d'ouvre contemporaine qui dépende plus visiblement de principes prédéterminés que celle de Roger Martin du Gard. Un ensemble de causes cohérentes, systématiquement liées les unes aux autres, y préside au développement d'une réalité nécessairement perçue de l'extérieur et qui semble n'avoir pas d'autre office que de fournir une série d'applications concrètes à ce qui existe préalablement sous une forme purement causale. Peut-être même, dans le cas particulier de Martin du Gard, faudrait-il aller jusqu'à dire que les deux opérations de l'esprit, celle par laquelle l'action des causes aboutit à des effets reconnus, et celle, inverse, par laquelle le déroulement des effets confirme et concrétise l'action des causes, remplissent toujours sans difficulté leurs rôles complémentaires, sans qu'il soit besoin de faire intervenir un troisième facteur, qui serait l'imprévisibilité du réel ou la contrariété foncière de la pensée objective et de toute subjectivité. Ici, au contraire, quelles que soient les perturbations apparentes que le romancier se permet de faire intervenir dans le développement des événements comme dans le comportement des personnes, tout se ramène finalement au bon fonctionnement des causes et à la régularité des effets. Rien ne peut s'y soustraire. Rien même ne saurait y échapper. La subjectivité n'est donc jamais ici, dans la pensée ou les sentiments de l'individu en qui elle se manifeste, une occasion pour celui-ci de se dérober, fût-ce momentanément, au conditionnement des causes, même alors qu'il n'en perçoit pas en son for intérieur toute la rigueur. A supposer même qu'il ne doute pas des contraintes qui le lient et qu'il ait l'illusion de mener une existence purement anarchique, le personnage de Martin du Gard suit un tracé rigoureusement déterminé. Si sa destinée lui apparaît parfois, à ses propres yeux, comme imprévisible, elle n'est jamais, pour cela, présentée naissant des occasions ou des caprices. Elle n'est jamais, non plus, le fait d'une existence qui se détermine elle-même librement. On ne peut donc concevoir un personnage plus différent, par exemple, du personnage stendhalien, que le personnage de Martin du Gard. Bon gré, mal gré, qu'il soit sage et réfléchi comme Antoine, ou un peu fou, comme Jacques, son frère anti-podique, il faut qu'il soit ce qu'il est et qu'il n'échappe pas à la définition qui dès l'abord et jusqu'au bout lui est donnée. Aussi che2 l'auteur, les personnages les plus réussis, ceux qui ont le plus de relief, sont-ils ceux qui confirment le plus vigoureusement ce que dès le début ils s'affirment être. Mieux vaut donc être - aux yeux de Martin du Gard - fidèle à ses déterminations, que de tenter futilement de les démentir. Le meilleur personnage, pour l'auteur, celui qui, dans l'existence, semble avoir le plus de chance de se tirer d'affaire, c'est celui qui confirme le mieux ses déterminations, qui se renforce le plus justement à l'intérieur du cadre qu'il lui est donné d'avoir. Il est celui qui connaît ses limites, mais qui, pour rien au monde, ne voudrait les dépasser. Cette constatation vaut d'ailleurs aussi bien pour le romancier lui-même que pour les meilleurs de ses personnages. Il sait aussi bien qu'eux qu'il faut délimiter l'étendue de son être, délimiter l'espace de son activité. C'est là une constatation ayant valeur morale aussi bien que psychologique. Elle aboutit cependant à un paradoxe. Car elle n'a de valeur que négative. Ce qui s'y trouve prisé et mis en relief, ce n'est pas au fond une valeur positive, c'est une limitation, une retenue de l'être, une abstention. Le personnage qui s'y trouve soumis s'interdit de jouir du fruit même de la vraie privation, qui est libération, affranchissement des limites. Sa négativité se ramène à n'être qu'une simple opération restrictive, une hâte précoce à conclure et à se conclure : il en résulte que presque dès le premier moment de son existence dans le roman où il surgit, le personnage qui y apparaît se trouve déjà affublé d'un passé déterminant qui le prive à l'avance de la chance de devenir autre que l'être qu'il est destiné à être. Son futur est déjà inscrit dans son passé. Ceci a été très bien vu par un des meilleurs critiques de Martin du Gard, l'Australien Peter Cryle.





Bien entendu, cette position est celle du déterminisme le plus simple, et, il faut ajouter, le plus facile à détecter. Martin du Gard la résume lui-même dans la phrase suivante : «. Mon déterminisme est assez clairvoyant pour me faire sentir (et le lecteur avec luI) que je me suis décidé pour des raisons préexistantes. » La décision de l'auteur en n'importe quel moment de son livre dépend donc de décisions antécédentes, de l'une à l'autre desquelles il est sans doute possible, et même nécessaire, de remonter, mais au cycle desquelles ni l'auteur, ni son personnage, ni son lecteur ne se trouvent à aucun moment en mesure, semble-t-il, d'échapper. Pour en donner un exemple, il suffit de comparer les deux personnages si délibérément placés en opposition l'un à l'autre, que l'on trouve au centre du fameux roman des Thibault. L'un d'eux est un anarchiste, c'est-à-dire, aux yeux du romancier, un être essentiellement irrationnel, qui n'agit que par foucades. L'autre, qui est son frère, n'agit que rationnellement. « B assume, dit Peter Cryle qui commente avec justesse ce roman, le poids de son passé, il le porte en lui, il se veut l'accomplissement de toutes les causes qui convergent en son existence. » Il se montre donc très exactement l'opposé de son frère qui se disperse de toutes les façons en toutes les occasions possibles. Celui-ci est l'insoumis, celui qui n'accepte à aucun prix, ni en aucun moment les déterminations que le destin, semble-t-il, lui impose. Mais ne doit-on pas dire que, dans ce cas précis comme partout ailleurs, ce qui frappe Martin du Gard, c'est la soumission de l'être individuel à la puissance déterminante. Dans le cas d'Antoine comme dans le cas de Jacques, ce qui importe, ce n'est pas l'être déterminé, c'est cette puissance déterminante. Martin du Gard n'apprécie jamais mieux cette dernière que détachée de l'objet sur lequel elle produit son action.



ROGER MARTIN DU GARD : TEXTES



Pour maintenir l'intégrité du moi, il faut fixer le cadre où il se trouve, ne pas le situer dans un lieu vague.



Faire appel à son bon sens pour ne pas éparpiller ses forces et pour circonscrire son champ d'activité.



Prendre une détermination.

« Je crois, dit Jean Barois, au déterminisme universel. »

« Mon déterminisme est assez clairvoyant pour me faire sentir que je me suis décidé pour des raisons préexistantes. »

« Mon personnage assume le poids de son passé. »

« Je connais maintenant les limites que je ne saurais dépasser. »

« J'ai à résoudre des problèmes précis, limités, qui sont de mon ressort. »

« Il faut que je me sente tenu, limité par des vérités historiques qu'il ne m'est pas permis de défigurer. »






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