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Essais littéraire

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Rainer Maria Rilke






Ce qui a lieu et qui se manifeste comme nous savons, avec une curieuse fréquence dans l'ouvre poétique de Rainer Maria Rilke, c'est un inlassable échange de paroles amies entre lui-même et un mystérieux personnage, angélique ou divin, dont la demeure se trouve située dans le ciel. C'est là, explique le poète, qu'entre eux deux a lieu par le truchement de signaux opérant la plupart du temps à grande distance, la communication entre deux êtres dont l'un est céleste et l'autre un poète.

Aucun échange entre deux interlocuteurs n'est plus simplement présenté. Cela se poursuit de loin en loin sans complication ni embarras avec la constance qu'on peut imaginer de la part de deux êtres de natures différentes et toujours séparés par de vastes espaces, mais qu'une certaine similitude de pensées rapproche, et qui, dans leurs rapports, comme cela arrive, se montrent d'autant plus à l'aise que la distance existant entre eux les contraint à limiter leurs rapports et à échanger les propos les plus simples dans une série de contacts, où, comme dit le poète, « se confond un ineffable accord entre le néant et l'être », ce qui correspond sans doute dans leur langage à ce qui est appelé par l'un d'eux une libre fusion de l'indéterminé et du déterminé.





Ce qui parait clair en effet dans ces curieux échanges se manifestant à de longues distances les uns des autres et franchissant des espaces de temps considérables, c'est l'étrange et pourtant Tassez naturelle similitude qui s'y révèle entre deux interlocuteurs dont la pensée, d'un côté, semble être démesurément augmentée par la capacité de leur puissance transmissive, mais rapprochée tout aussi bien, de l'autre, par le sentiment que le lien qui les unit est rendu plus étroit par le mystère de leur séparation. Ainsi Rilke dans sa confrontation avec le ciel et avec tout ce qu'il lui révèle personnellement, a la curieuse impression, un peu comme un personnage mallarméen se confrontant avec lui-même dans son miroir, de se trouver à la fois étrangement éloigné et rapproché de celui avec lequel il devise, comme à travers une glace; encore que dans son cas la glace, ici, est devenue le ciel. Toute la pensée de Rilke est dans cette dualité où ce qui sépare et ce qui unit se trouvent toujours prêts à miraculeusement se joindre; comme le constatait déjà un peintre de Worps-wede, cité par Rilke lui-même, et qui disait de ses toiles ce que Rilke disait de sa poésie : Je cherche le déterminé en peignant l'indéterminé.



C'est bien ainsi, en effet, que le poète, comme le peintre, en présence du ciel et de tout le spectacle offert par la profondeur lointaine de celui-ci, a le sentiment contradictoire de se découvrir uni avec lui dans la mesure même où il se trouve placé à grande distance de lui. En présence du ciel et de tout ce que celui-ci largement lui révèle, il se voit en effet lui-même ouvert à ses splendeurs et participant à tout ce qu'elles dévoilent devant lui. Alors que se découvrant infiniment éloigné d'un monde dont il est exclu, le contemplateur habituel des deux ne peut constater rien d'autre que la rigueur avec laquelle il s'en trouve retranché lui-même, Rilke, au contraire, comme son ami le peintre, se découvre tout simplement de plain-pied avec ce grand espace supra-terrestre qui l'entoure familièrement et qui ne songe pas à se dérober à lui. En sa présence plus familière qu'auguste, comment éprouver aucune crainte, aucune angoisse, aucun sentiment d'exclusion ? Voici le poète, comme le peintre, admis à participer à la cérémonie la plus simple, la plus homogène et la moins redoutable qui soit, celle qui a pour effet direct d'inclure les élus sans difficulté aucune à l'intérieur du cercle au centre duquel réside leur Dieu. Toute la pensée de Rilke est dans cette fusion déconcertante qui n'est possible, comme l'explique le poète dans une lettre à une amie, que parce que, sans effort « les amants se retrouvent capables de créer, eux aussi, un grand espace, un vaste milieu ambiant, exactement de la même façon qu'à travers les âges tout être pieux a toujours la ressource nécessaire pour tirer de son cour amour, étendue, plénitude, bref, tout l'espace pour que s'y installe à l'aise le Royaume de Dieu. »






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