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Quadrilinguisme de la Suisse - Diversité des langues et des cultures en espace restreint






La Suisse, quelque 40 000 km2 et 6,3 millions d'habitants, est un petit pays. Sa situation au centre de l'Europe comme son histoire en font le lieu de rencontre de trois grandes langues européennes: l'allemand, le français et l'italien. Le romanche est reconnu depuis 1938 comme quatrième langue nationale. Toute la Suisse orientale et centrale, le Nord-Ouest et certaines parties des cantons de Fribourg et du Valais parlent allemand. Le français est la langue de l'Ouest du pays et l'italien celle des vallées ouvertes sur le Sud. Le romanche reste cantonné dans quelques vallées alpestres des Grisons.



La répartition quantitative des langues maternelles est la suivante (selon recensement fédéral de 1980):



Total Suisses Etrangers

Allemand 4 140 901(65,0%) 3 986 955 153 946

Français 1172 502(18,4%) 1088 223 84 279

Italien 622 226 (9,8%) 241758 380 468

Autres 379 203 (6.0%) 53 812 325 391



90% des habitants occupent en plaine un tiers du pays; 60% vivent dans les villes. Seuls moins de 4% de toute la population vivent au-dessus de 1000 m d'altitude.



Cette diversité des langues dans le pays est la raison la plus importante du foisonnement des cultures en un espace si restreint. Les particularités économiques et socio-culturelles de certaines petites régions augmentent encore cette multiplicité. Les frontières linguistiques chevauchent en maint lieu celles des confessions et des aires d'occupation, créant cette Suisse aux facettes multiples. De même que l'on ne peut parler d'une culture helvétique unique, on ne peut parler d'une langue ou d'une littérature suisse.

Cette particularité s'est inscrite dans la Constitution fédérale. Les quatre langues nationales y sont placées juridiquement sur le même pied, malgré leurs différences d'importance: l'allemand, le français. l'italien el le romanche sont les langues nationales, l'allemand, le français et l'italien sont les langues officielles (arl. 116 Constitution fédéralE). Le plurilinguisme a renforcé encore la conception politique à'un fédéralisme très développé. C'est ainsi que le choix des langues officielles (enseignement, publications officielles, tribunaux - cela dans les cantons bilingueS) est déterminé par le principe territorial: cantons et communes décident de la langue utilisée officiellement dans leur juridiction. Alors que l'importance culturelle du romanche déborde à peine sa petite aire d'usage dans le Tyrol du Sud et le Frioul. les trois autres langues nationales rattachent la Suisse à de grandes communautés linguistiques et culturelles. Au cours de l'histoire, les liens avec ces groupes ont évolué selon la situation politique et la suprématie de l'un ou de l'autre, allant du rapprochement à un éloignemenl d'autodéfense. Les fluctuations de ces rapports ont un effet important sur la littérature de chacune des régions linguistiques du pays el les connaître est condition de compréhension.



Origine et histoire



Sous le nom d'Helvétie, de grandes parties de la Suisse faisaient partie de l'Empire romain. Au cours de la grande migration des peuples en Europe, ces régions passèrent lentement aux mains de deux peuples germaniques: dès le Ve siècle, les Alamans occupèrent le Nord et l'Est et les Burgondes l'Ouest du pays. Dans les régions alpines, on continua de parler des langages dérivés du bas latin généralement en usage jusque-là: le franco-provençal, le lombard el le rhéto-roman. Les Burgondes adoptèrent avant même le haut Moyen Age le franco-provençal employé dans la région. L'alémanique, par contre, s'était imposé vers 900 dans toutes les régions parlant aujourd'hui le suisse-allemand, refoulant le lombard et le romanche dans des vallées alpestres écartées (Tessin et GrisonS).

En 1291. des communautés paysannes qui s'étaient fixées au cour des Alpes et sur les passages obligés formèrent contre les Habsbourg venant d'Autriche une alliance: la Confédération. Celle-ci s'étendit au XIVe et au XVe siècle, pour atteindre plus tard les régions d'expression française, italienne et romanche. Zones marginales, d'accès moins facile, et pays conquis, le Tessin. les Grisons et la Suisse occidentale purent conserver leurs langues. Seul le franco-provençal disparut avec la Réforme, remplacé par le français et ne se maintenant que dans les patois. Dans la Suisse ancienne, les conflits linguistiques furent insignifiants, même lors de tensions entre villes et campagnes, entre seigneurs et sujets et entre confessions. Sauf dans l'aristocratique Berne du XVIIIe siècle, où les patriciens avaient adopté le français comme langue de caste suprarégionale. jamais en Suisse des différences de langue ne furent le signe d'une différence de rang social.

La Révolution française et la disparition de l'Ancien Régime avec la pénétration des armées françaises provoquèrent un changement progressif de la situation linguistique et culturelle dans le pays. On fixa des langues officielles et scolaires - en négligeant d'ailleurs parfois la protection des minorités. La Constitution de 1848 statua l'égalité des trois langues principales: allemand, français, italien. Des difficultés se manifestèrent notamment dans les zones frontières où des cantons eurent à trancher entre deux langues officielles: ainsi le Haut-Valais, d'expression allemande, réclama-t-il à la fin du siècle, passé que l'allemand soit la langue officielle des chemins de fer, de la poste et des douanes. Le Nord du Jura, à l'inverse, exigea le français pour ces mêmes services. Le Tessin. de langue italienne, se défendit par un décret de 1981 contre la tendance à la germanisation dans le domaine public. L'important accroissement du tourisme dans les Grisons a causé une germanisation dangereuse des vallées rhéto-romanes.

Avant la Première Guerre mondiale, les problèmes de langue se durcirent entre la Suisse allemande et la Suisse française, en conséquence des courants nationalistes des grandes puissances voisines. En Suisse allemande, c'est notamment la bourgeoisie qui s'alignait idéologiquement sur l'autoritaire empire allemand des Hohenzol-lcrn. La Suisse romande s'appuyait, elle, tout aussi fermement sur la mission nationale de la France. La coexistence linguistique ne put être maintenue qu'à grand-peine. L'écrivain Cari Spitteler (1845-1924) s'adressa au peuple suisse en 1914 dans une conférence très remarquée. Il y exposait le point de vue de la Suisse, située entre les oppositions nationalistes des pays voisins: neutralité, souci de la diversité et du respect réciproque. Tel était le but proposé par Spitteler.



Après la Première Guerre mondiale, ces tensions diminuèrent progressivement. Une mise en valeur des qualités culturelles propres au pays s'opposa aux influences du fascisme italien et du national-socialisme allemand. C'est ainsi qu'en 1938 le romanche fut proclamé quatrième langue nationale, en réponse aux menées nationalistes du fascisme. L'opinion générale se dressa contre les intentions des fascistes alémaniques, momentanément en plein élan, d'aligner le pays sur le Reich allemand. L'Exposition nationale de 1939 affermit de manière certaine l'esprit national, même au prix d'un certain provincialisme. La Suisse alémanique se prit d'un intérêt plus poussé pour ses dialectes locaux et sur le plan fédéral on souligna la valeur des quatre langues nationales. Cette réponse au fascisme fut une prise de conscience de la valeur nationale de la diversité culturelle et linguistique de notre pays; ses effets sont perceptibles encore aujourd'hui.

Après la Seconde Guerre mondiale, un mouvement culturel propre se développe en Suisse alémanique surtout. D'une part, la menace fasciste avait été plus lourde; d'autre part, il y a maintenant deux Allemagnes et pas de centre de rayonnement caractérisé comme l'est Paris pour le français.

Le multilinguisme a gardé son importance, à cause surtout des exigences des minorités à l'endroit du gouvernement central. Ces dernières années, le mouvement séparatiste et son évolution - aboutissant à la constitution d'un canton du Jura indépendant - a pris valeur de test pour la latitude de tolérance d'un pays aux cultures décentralisées. Après des péripéties aussi longues que dures, la partie la plus grande de la minorité d'expression française du canton de Berne fonda en 1978 un canton nouveau, celui du Jura, et cela avec l'approbation manifeste d'une majorité nationale.

La souveraineté des cantons en matière de culture et d'enseignement est garantie par la Constitution fédérale. Cela fut d'une importance fondamentale pour le développement fédéraliste du pays. L'organisation par régions linguistiques des organismes de droit public que sont la radio et la télévision assure une base sûre du maintien des quatre langues du pays. Il y a aujourd'hui des centres de radio et de télévision de droit public en italien, en français et en allemand. Ce dernier a de plus la charge d'assurer des programmes en romanche.



Le quadrilinguisme entraîne inévitablement avec lui des problèmes. Des préjugés anciens et nouveaux, souvent tenaces, chevauchent les frontières des langues et alourdissent les rapports interrégionaux. Ainsi, la plus grande partie des travailleurs étrangers venus en Suisse après la dernière guerre pour bénéficier du boom économique parlent l'italien, une des langues nationales; des difficultés de rapport persistent néanmoins. Une compréhension réciproque et des échanges culturels franchissant la barrière des langues restent une nécessité pour notre pays. C'est une des tâches les plus importantes de Pro Helvetia. fondation créée en 1939: encourager et développer les échanges entre régions d'expressions différentes. L'importance culturelle et politique de ces échanges en tant que tâche commune à toute la Confédération est aujourd'hui incontestée.








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