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MÉMOIRES, AUTOBIOGRAPHIES, RÉCITS DE VOYAGE






Les Mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand



« Il y a un homme qui a eu le privilège de durer et de persister, disons mieux, de régner durant les trois périodes, durant les trois fois quinze ans que nous avons traversés : trois âges d'homme! » écrit Sainte-Beuve en 1849. Cet homme, c'est Chateaubriand, mort l'année précédente et dont commencent alors à paraître les Mémoires d'outre-tombe. Nous l'avons trouvé, dans notre deuxième chapitre, mêlé à la vie politique de la Restauration. Il n'avait pourtant pas abandonné ces Mémoires, commencés vers 1811, qui resteront pour la postérité son ouvre majeure. La révolution de 183Q renverse le souverain légitime : Chateaubriand ne servira pas l'usurpateur. Il accomplit une nouvelle mission, en 1833, auprès de Charles X en exil à Prague, mais à titre officieux. Pour l'essentiel, le voici rendu à sa vocation d'écrivain.



« Les souvenirs qui se réveillent dans ma mémoire m'accablent de leur force et de leur multitude : et pourtant, que sont-ils pour le reste du monde? » Petitesse de l'homme au regard de l'espace et, surtout quand les cheveux se mettent à blanchir, du temps qui passe; grandeur de l'homme, non devant l'espace (les voyages de Chateaubriand sont désormais des errances, et les retours aux mêmes lieux accroissent le sentiment de la fuite du tempS), mais devant l'Histoire («J'ai fait de l'histoire et je la pouvais écrire»). Mais l'homme, dans les Mémoires d'outre-tombe, c'est d'abord le moi. Tantôt Chateaubriand s'y présente, tel René jadis, comme le jouet des événements dans un monde inférieur à son besoin d'idéal, tantôt il y rehausse son action de serviteur du Roi et de l'Autel, au point de se présenter comme l'adversaire privilégié de Napoléon. Les critiques n'ont pas manqué de relever, parfois avec malveillance, les silences du texte, les entorses à la vérité, les exagérations, plus généralement une expression romanesque qui jette le doute sur les faits les mieux avérés. ïïs ne doivent pas nous conduire à sous-estimer le rôle véritable que Chateaubriand a joué sous l'Empire, puis comme ministre sous la Restauration, ni la sincérité de son attachement aux libertés et à la monarchie. Sa fidélité aux Bourbons se concilie curieusement, vers la fin des Mémoires, avec une prédiction de l'avènement de la démocratie, l'héritier de la couronne n'ayant pas de plus bel avenir, s'il recouvre un jour la souveraineté, que de rendre le pouvoir au peuple de France.

Aux yeux du lecteur d'aujourd'hui, la grandeur de Chateaubriand est toutefois d'abord celle du poète, qui donne par l'écriture unité à sa vie. Ainsi le gazouillement d'une grive ressuscite-t-il, dans les pages les plus célèbres du livre, l'univers de Combourg (le château, l'inquiétante figure du père, celle de la bien-aimée Lucile, sa souR). L'Histoire contribue à cette unité, du moment qu'à la mort qui guette l'écrivain («la vie est une mort successive», écrit d'ailleurs ChateaubrianD) se superpose celle qui menace la dynastie des Bourbons.



Stendhal et l'autobiographie



«Chateaubriand, ce roi des égotistes»: Stendhal condamne l'égotisme s'il consiste à dire «je» avec affectation, il y voit un mérite s'il s'agit d'un moyen de se connaître et de cultiver ses vertus. Lui-même se qualifie d'« égotiste », tantôt pour s'en repentir, tantôt pour s'en féliciter. Son ouvre autobiographique comprend essentiellement: 1 ) le Journal, commencé en 1801 et auquel il renonce progressivement vers 1815; 2) Souvenirs d'égoiisme, écrits en 1832 et qui évoquent quelques épisodes de sa vie entre 1821 et 1830; 3) Vie de Henry Brulard, écrite en 1835-1836, où il reconstitue ses souvenirs depuis sa plus petite enfance jusqu'à l'âge de 17 ans. Au total, nous avons donc, sur le mode journalier ou récapitulatif, un récit plus ou moins détaillé de sa vie jusqu'à 47 ans. Stendhal pensait n'être compris qu'en 1880. C'est peu après cette date que seront publiées ses ouvres autobiographiques : le Journal en 1888, Henry Brulard en 1890, Souvenirs d'égotisme en 1892. À l'admiration pour une ouvre que beaucoup découvrent alors, s'ajoute un intérêt parfois fétichiste pour les singularités d'une personnalité ainsi révélée. Il ne restera plus qu'à créer le Stendhal Club, avec ses érudits, ses fervents, ses dévots.

La Vie de Henry Brulard mérite une particulière attention. Stendhal conçut le désir de l'écrire quand il se dit, contemplant Rome du sommet du Janicule : «Je vais avoir la cinquantaine». Il souhaite accomplir le même dessein que Rousseau dans ses Confessions, mais « avec plus de franchise ». Le récit reconstitue l'enfance à Grenoble : souvenir ému de la mère, morte avant qu'Henry ait atteint l'âge de 8 ans, et du grand-père Gagnon; noir portrait du père et du précepteur, l'abbé Raillane, qui donnera à l'enfant l'horreur des jésuites; goût pour les sciences exactes, bientôt déçu par des maîtres qui se dérobent aux questions; fable de l'origine italienne de la famille maternelle, qui le fera rêver au pays situé de l'autre côté des Alpes. Des croquis ou schémas, intercalés dans le texte, viennent en renfort à la mémoire visuelle du mémorialiste. Le récit s'interrompt quand Henry Brulard (pseudonyme transparent de Henri BeylE), ayant franchi les Alpes, en 1800, à la suite de l'armée de Bonaparte, connaît en quelques heures les plus folles ivresses : baptême du feu, arrivée en Italie, révélation de l'opéra italien (CimarosA), de l'amour à l'italienne, exempt de préjugés et de calculs. «On gâte des sentiments si tendres à les raconter en détail.» L'émotion submerge l'expression. Craignant de faire «du roman», Stendhal transposera cette émotion dans un roman : La Chartreuse de Parme.



Pèlerinages et littérature touristique



Par ses Mémoires d'un touriste (1838), Stendhal contribue à populariser un mot d'origine anglaise et d'emploi récent : le premier emploi de « touriste » date de 1816. Il désigne quelqu'un qui se déplace sans but précis et pour son plaisir. En l'occurrence, Stendhal découvre du charme à des paysages français qu'il connaissait mal ou avait mésestimés, en particulier son Dauphiné natal. Mais le voyageur de Rome, Naples et Florence ou de Promenades dans Rome, qui allait de théâtre en musée, rêvait au bord d'un lac ou goûtait de se retrouver seul dans le Colisée, était déjà un «touriste». On n'en dira pas autant de Hugo qui, en 1838 et 1839, accomplit au bord du Rhin deux pèlerinages sur des lieux célébrés par la littérature rdmantique, d'où lui-même rapportera des motifs d"inspiration pour ses ouvres à venir (Les Burgraves en particulieR), et dont les impressions sont regroupées dans Le Rhin. Lettres à un ami (1842); moins encore de Custine. dont Lettres de Russie ( 1839), complétées par le Voyage en Russie (1843). livrent des réflexions au retour d'un périple qui répondait à des motivations politiques : « J'allais en Russie pour y chercher des arguments contre le gouvernement représentatif, j'en reviens partisan des Constitutions. » Pèlerinages ou tourisme? On hésite à trancher à propos des multiples voyages en Orient accomplis à cette époque. Si Nerval s'embarque en 1843 pour Malte, l'Egypte, la Syrie et la Turquie, c'est pour y vérifier les impressions d'un «rêve éveillé». Le pouvoir de l'imagination s'imposera aux découvertes de la réalité dans ces articles publiés en 1848 sous le titre «Scènes de la vie orientale», qui s'intégreront au Voyage en Orient (1851) (voir infra, p. 134). Théophile Gautier voyage en vrai professionnel de la littérature, cherchant méthodiquement dans les pays qu'il visite (Espagne en 1840, Algérie en 1845, puis Italie en 1850 et Constantinople en 1852) des impressions d'artiste dont il nourrira ses ouvres. En 1835, Lamartine avait publié un Voyage en Orient qui recueillait ses impressions d'un périple en Grèce et au Proche-Orient (Beyrouth, DamaS), pèlerinage aux sources du christianisme; mais, ouvert aux réalités quotidiennes et politiques du moment, il avait aussi trouvé sur place une confirmation des bienfaits de la colonisation. Celle-ci répond souvent, à cette époque, à un idéal généreux, autant qu'à la nécessité de contrecarrer les ambitions de l'Angleterre dans les pays de la Méditerranée. Dans le cas de Lamartine, le voyage en Orient contribue à enrichir une pensée politique à laquelle la révolution de 1848 donnera sa pleine expression.






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