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MASSILLON






C'est sur un fond d'ennui et de tristesse, de pensées profondément pessimistes et désabusées, que se présente l'ensemble des sermons de Massillon. En somme, la vision de l'être humain que se fait le grand prédicateur ne diffère pas sensiblement de celle des autres moralistes de son siècle. Elle est basée principalement sur ce que nous pouvons appeler le cercle vicieux dans lequel se trouvent tragiquement enfermés l'homme en général, et, plus particulièrement, l'homme de cour. Dévoré par mille inquiétudes, incapable de se supporter lui-même et de supporter la conscience de sa misère intime, l'homme de cour s'engage dans un mouvement agité qui se renouvelle sans cesse, et qui le fait passer tour à tour par l'ivresse, l'inconstance, l'anarchie interne, et la retombée dans une inaction si insupportable qu'elle ne peut que l'engager à se fuir et, par conséquent, à recommencer le cycle. Au centre de celui-ci, rien de positif ni de déterminable, rien qu'un ennui indéracinable, qui a pour particularité de consister, non en une connaissance réelle de l'être qu'on est, mais dans une prise de conscience intolérable du vide, de l'absence d'être, qui est la vraie cause de tout ce cycle. Ainsi l'homme s'agite. Il se dément d'un moment à l'autre. Il passe, au gré de son impatience, par une série de sursauts, terminés chacun brusquement par une nouvelle chute. Tout cela, dans la perspective tracée par Massillon, nous montre l'être humain engagé dans un cercle d'activités et de non-activités assez comparable à celui que présente, chez d'autres écrivains de l'époque, le dogme de la création continuée; mais avec cette différence capitale pourtant qu'ici le mouvement perpétuel de l'existence n'apparaît pas comme engendré par Dieu dans l'homme, mais par celui-ci en lui-même, opérant à chaque instant une nouvelle destruction de soi, pour se retrouver ensuite, chaque fois, confronté par son propre néant, qui ne lui laisse toujours qu'une seule issue, celle de se fuir.



Comment échapper à ce cycle ? Il n'y a qu'un recours possible : accéder à la seule volonté déterminée qui existe. Elle ne se trouve pas en l'homme. Elle ne se retrouve qu'en Dieu : « On n'est en repos, dit Massillon, que lorsqu'on s'est donné à Lui avec cette volonté déterminée dont je vous parle quelquefois. »



Quelquefois, oui, mais moins souvent qu'il ne parle de l'homme. Il est peut-être curieux de constater que Massillon, du moins dans ses sermons, s'est toujours plus régulièrement occupé du manque de détermination qu'il trouve dans l'homme que de cette « volonté déterminée » qu'il reconnaît en Dieu.



MASSILLON : TEXTES



Nous vivons toujours incertains de nous-mêmes; ne pouvant nous faire un état fixe, ni dans le crime, ni dans la vertu... (Il y a en nouS) un fonds d'inconstance... (Ouvres, Paris, 1754, t. 6, p. 492.)



Tout nous échappe, tout fuit, tout court rapidement se précipiter dans le néant. (Ibid., t. 7, p. 55.)



(Les hommeS) n'ont jamais de consistance assurée; chaque moment est pour eux une situation nouvelle. Ils flottent au gré de l'inconstance des choses humaines... Toujours emportés par le tourbillon, ils n'ont rien qui les fixe... (Ibid., t. 7, p. 63.)



(L'hommE) est inconstant et ne se ressemble jamais d'un moment à l'autre de lui-même... Il se dément sans cesse dans ses voies. (Ibid., t. 14, p. 10.)



Toute votre vie est une absence continuelle de vous-même; une vie toute de soins, de plaisirs, d'agitations... Le seul moment qui vous est laissé est cet instant d'ennui mortel qui vous accable et dont vous ne pouvez soutenir la tristesse. (Ibid., t. 3, p. 508.)



Qu'est-ce que votre vie, qu'un vide éternel. (Ibid., t. 6, p. 225.)






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