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MADAME DE LAFAYETTE - Le regard distancié d'une grande dame






La comtesse de Lafayette se refuse à passer pour « un vrai auteur de profession » (15 octobre 1662). Ses ouvres sont anonymes ; elle n'avoue la plus célèbre à son cher Ménage, en confidence, qu'en 1691- Une femme n'étant pas censée maîtriser les normes académiques, Ménage aurait supervisé la composition de La Princesse de Montpensier, Segrais contribue à la documentation et à la « disposition » de Zayde, publiée sous son nom, revue par Huet et La Rochefoucauld. Pour La Princesse de Clèves, celui-ci et Segrais n'ont eu « nulle part qu'un peu de correction » (Mme de Lafayette, septembre 1691).





Cette femme connaît très bien la cour, qu'elle décrit non seulement dans son Histoire de Madame Henriette d'Angleterre (dont elle fut la confidentE) et dans ses Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689, mais aussi dans La Princesse de Clèves, qu'elle considère comme « une parfaite imitation du monde de la Cour » (13 avril 1678). Pour le restituer, elle fonde le roman d'analyse psychologique et même socio-idéologique. Être prince, chez Racine, c'est une condition humaine exemplaire ; ici, c'est un statut social. Dans les ouvres psychologiques, les protagonistes sont amoureux ; ici ils sont mariés.

Son expérience, sa personnalité assez fière, « un peu railleuse » (Somaize, 1661), éprise de grandeur et de vérité, « cette divine raison, qui était sa qualité principale » (Mme de Sévigné, 3 juin 1693), ses liens avec La Rochefoucauld et l'opposition jansénisante (salons de Mme du Plessis Guénégaud et de Mme de Sablé) lui donnent un regard critique et pessimiste. Elle montre l'insurmontable contradiction entre la valeur et une vie psychique et sociale animée par le désir, dont l'égocentrisme impérieux interdit toute communion entre les êtres. La grandeur est celle du refus, jusqu'à la mort ; la seule maîtrise, celle d'une lucidité critique, qui sublime l'aliénation tragique en jouissance intellectuelle et esthétique.

La Princesse de Montpensier (.1662) dont l'intrigue, les perspectives et le ton annoncent La Princesse de Clèves, peint les « désordres » de l'amour sur fond de « guerre civile » (1re phrasE). Une vérité historique et morale, un égoïsme passionnel, une vision tragique, une intériorisation, une sobriété jusque-là inconnus. La frénésie politique aboutit à la Saint-Barthélémy, la fureur passionnelle au malheur de tous - sauf l'ingrat. L'héroïne aurait été « heureuse si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions » (dernière phrasE). La Princesse de Clèves montrera que ni vertu, ni prudence n'ont prise sur notre condition tragique. Zayde (1669-1671) introduit dans le romanesque traditionnel (cadre hispano-mauresque, batailles, enlèvements et naufrages, rencontres providentielles, conversations surprises, lettres interceptéeS) le pessimisme, le style sobre, l'analyse psychologique des temps nouveaux. La principale motivation est ici une avidité funeste pour les autres et parfois pour soi-même : insatisfaction permanente et jalousie torturante. Elle s'exprime par une ambition qui élimine les gens honnêtes (ConsalvE) et surtout par un impérialisme donjuanesque. Alamir ne cherche « que le plaisir d'être aimé et l'envie de surmonter les difficultés » ; « celui d'aimer lui était inconnu [...]. Mais, sitôt qu'il était aimé, comme il n'avait plus rien à désirer [...], il ne songeait qu'à rompre » (éd. Magne, p. 181 et 175). L'indifférence de Zayde le prend à son propre piège : Zayde « me méprise et je l'adore » (p. 199). Les plus belles pages - une vingtaine - racontent l'histoire d'Alphonse et de Bélasire. C'est leur premier amour à tous deux. Il devient horriblement « jaloux d'un mort » qui n'avait « jamais plu » à Bélasire. Il ne cesse de la « tourmenter » de questions. Puis il devient jaloux de son ami, tout en mesurant sa déraison. Il finira par le tuer, après avoir perdu celle que sa « persécution » a découragée.



La Comtesse de Tende est un tragique noud de vipères en quinze pages : « la terreur sans la pitié » (M. CuéniN). L'héroïne, mariée, tout en détestant cette « trahison », en prévoyant « la honte et les malheurs » qui en résulteront, aime d'une passion violente et réciproque celui qu'elle a poussé à épouser son « amie intime ». Amante de l'un, consolatrice des deux, elle éprouve « tout ce que les remords, l'amour et la jalousie peuvent faire sentir de plus cruel ». Ouvre de Mme de Lafayette (antérieure à La Princesse de Clèves : art et réflexion moins sûrs, pathétique trop recherché) ou d'une disciple ?



2. « La Princesse de Clèves »



La Princesse de Clèves (8 mars 1678) aurait été ébauchée vers 1671-1672. Uneckscription bien documentée de la cour d'Henri II - transposition de celle de Louis XIV - sert de cadre à l'intrigue principale et à trois histoires intercalées qui dénoncent comme elle les Illusions de l'amour et de la vie de cour. A la fois une fresque histo-rique - qui donne à l'ensemble « le sceau du vrai et le prestige de la grandeur» (J. MesnarD) -, une intrigue romanesque, une analyse psychologique, une tragédie et une sublimation poétique.








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