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Essais littéraire

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L'évolution de la poésie de la fin du XIV au milieu du XVe siècle






La tradition courtoise nourrit encore à la fin du XIVe et au début du XVe siècle l'inspiration de nombreux poètes. Lors de sa mésaventure à Calais, Deschamps se trouvait en compagnie d'Oton de Grandson, alors au service des Anglais, qui, pendant qu'il faisait le pitre, feignait de ne pas le connaître. Ce noble savoyard connut un destin tragique. A la mort en 1391 du duc Amédée VII de Savoie, dont il était le conseiller, il est accusé de l'avoir fait empoisonner et doit se réfugier en Angleterre. Son innocence ayant été reconnue, il rentre en Savoie, mais, à nouveau accusé, doit se soumettre au « jugement de Dieu » dans un duel judiciaire contre un adversaire beaucoup plus jeune. Il y trouve la mort le 7 août 1397. Illustre en son temps par son élégance et sa vaillance, il est l'un des poètes les plus représentatifs de cet esprit courtois qui jette ses derniers feux, avec un talent marqué par une virtuosité sans effort apparent, une poésie fluide et un ton élégiaque. Même milieu chevaleresque, même inspiration courtoise chez Jean de Garcncières, compagnon de Louis d'Orléans, tué à Azincourt en 1415, auprès duquel Charles d'Orléans fait ses premières armes en poésie, et, du côté anglais, chez John Gower, auteur vers 1399 d'un recueil de cinquante ballades. A l'exception du prolixe Gower, et bien qu'un dit d'amour coupé de pièces lyriques ait été attribué sous le titre de Livre de messire Ode à Oton de Grandson, ces chevaliers poètes ne cultivent guère le dit, mais écrivent ballades, rondeaux, lais, complaintes dans l'esprit de Guillaume de Machaut.





L'écho de la courtoisie se fait encore entendre dans les poèmes lyriques d'Alain Chartier (ca 1385-1433 au plus tarD), chanoine de Paris, notaire et secrétaire du dauphin Charles (VII), dont on évoquera plus loin l'ouvre morale et politique, mais le même poète scandalise et fait en même temps des émules en dénonçant dans La Belle Dame sans merci (1424) l'hypocrisie du jeu courtois qui, dans les milieux de cour, n'est plus qu'une apparence. Ce poème de huit cents vers en strophes d'octosyllabes ababbebe met en scène une dame et un amant dont le poète surprend la conversation. Les plaintes de l'amant laissent la dame inflexible. Elle dénonce leur fadeur, leur caractère convenu, leur manque de sincérité : les hommes multiplient auprès d'objets divers des serments de fidélité qui ne leur coûtent guère et affirment qu'ils mourront s'ils sont repoussés, pronostic régulièrement démenti. Elle dénonce surtout le chantage insupportable de la requête amoureuse : pourquoi une dame devrait-elle, sous peine d'être jugée insensible et cruelle, aimer un homme au seul motif que pour sa part il est épris d'elle ou le prétend ? Quel droit cet La Belle Dame sans merci provoque un important débat poétique. La tradition veut que son auteur ait été flétri par la « Cour amoureuse » fondée en 1400 par l'échanson du roi Pierre de Hauteville pour la glorification des dames. Pierre de Nesson, un ami d'Alain Charrier, fait bien une allusion dans son Lay de Guerre à une condamnation du poète par la Cour amoureuse à Issou-dun. Mais elle ne renvoie, comme nous l'apprend une note de Nesson lui-même, qu'à une farce qu'il a jouée à son ami. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que le poème en a suscité une foule d'autres qui l'imitent, l'approuvent ou le démentent. Ainsi, les Accusations conte la Belle Dame sans merci, poème intitulé ailleurs Jugement ou Procès de la Belle Dame sans merci, de Baudet Herene ; la Dame hyale en amours, ouvre d'un poète de Tournai à laquelle répondent la Cruelle femme en amours et l'Hôpital d'amours d'Achille Caulier, lui aussi de Tournai ; la Belle dame qui eut mercy ; les Erreurs de jugement de la Belle Dame sans merci ; le Jugement du povre triste amant banny ; le Débat de la dame et de l'écuyer, faussement attribué à Henri Baude et qui est peut-être de Martin Le Franc ; de façon plus lointaine, XAmant rendu cordelier à l'Observance d'Amour, faussement attribué à Martial d'Auvergne, qui s'inspire de tous ces « jugements » et « procès » dans ses Arrêts d'Amours en prose imitant le style juridique (1460). Villon se réfère à Alain Charrier pour évoquer sur le mode de la dérision les amants malades d'amour. Au XVI siècle encore le poème de Charrier est mis en rondeaux par Anne de Graville et cité par Marguerite de Navarre dans l'Hepta-méron. La Belle Dame sans mercy aura ainsi ravivé l'intérêt pour l'amour courtois et précipité en même temps son déclin.



Cette double tendance est l'un des traits qui donnent au lyrisme du XY siècle sa physionomie propre. Un autre, plus contingent encore et hé aux hasards des guerres, est la place qu'y tient, jusqu'au milieu du siècle, la poésie de la prison. Un riche bourgeois parisien, Jean de Calais, est emprisonné en 1430 pour avoir dit du mal des Anglais. D compose alors des Lamentations. Jean Régnier (vers 1390-1468), bailli d'Auxerre (appartenant donc au parti anglo-bourguignoN), est fait prisonnier par les Français en traversant la forêt des Andelys le 14 janvier 1432 et emprisonné à Beauvais jusqu'en mai 1433, le temps de réunir la lourde rançon exigée. Il conte ses malheurs dans les Fortunes et adversitez, poème autobiographique et allégorique coupé de nombreuses pièces lyriques, en tout près de cinq mille vers. Dans une situation analogue un auteur anonyme compose le poème du Prisonnier déconforté du château de Loches. Bien entendu, le poète prisonnier le plus illustre de cette période est Charles d'Orléans, et, si l'on va jusqu'aux prisonniers de droit commun, on sait que le Testament de Villon s'ouvre sur le souvenir amer de la « dure prison de Mehun ».



Ces deux figures, celle de Charles d'Orléans et celle de François Villon, marquent plus que toute autre la poésie du XVe siècle. Très différentes l'une de l'autre, elles sont toutes deux à la fois centrales et marginales. Tous deux, par des voies divergentes, enracinent la revendication autobiographique de leur poésie dans une méditation sur le temps, selon une démarche que l'on trouve aussi chez d'autres, dans la Destrousse et le Passe-Temps de Michault Taillevent (1426-1450?), poète attaché à la cour de Bourgogne, ou, vers le milieu du siècle, dans les deux poèmes de Pierre Chastellain qui s'en inspirent et qui s'intitulent respectivement, de façon frappante pour nous, le Temps perdu et le Temps recouvré. Poètes à la fois originaux et conservateurs, Charles d'Orléans et Villon se tiennent à l'écart de la tendance littéraire communément définie de façon contestable comme celle des Rhétoriqueurs qui s'amorce de leur temps et qui domine la seconde moitié du siècle et le début du suivant.






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