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Essais littéraire

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L'ouvre maîtresse de Hoffman






Dans l'ouvre maîtresse de Hoffman, tout consiste dans le surgissement en présence du moi, en confrontation avec lui, d'un autre moi, d'un moi rival, qui aurait les mêmes prérogatives que celui qu'il affronte, les mêmes droits d'être considéré comme le véritable moi. Impossible, en effet, d'admettre entre ces deux moi un équilibre ou un simple modus vivendi qui leur permettrait de se reconnaître comme égaux, ou qui, ce qui revient à peu près au même, leur donnerait un droit égal à être reconnus comme le seul moi authentique. Or, ils ne peuvent être l'un pour l'autre que de mortels ennemis, semblables à deux prétendants à un même trône, qui ne peuvent que chercher mutuellement à s'éliminer. La seule différence (mais il est vrai qu'elle rompt cette illusoire égalité), c'est qu'en chaque occasion, chez Hoffman, le conflit est présenté du point de vue d'un seul des deux rivaux. Le subjectivisme radical auquel celui-ci est soumis ne lui aurait pas permis d'arranger les choses autrement. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit dans ce cas d'un subjectivisme d'une sorte tout à fait exceptionnelle. Il n'y a pas un moi, il y en a deux pour le même être. Le moi est double. Pire encore, il est en conflit mortel avec lui-même. Il est un sujet, mais pas le seul sujet. Il est donc un sujet en rapport - d'opposition d'ailleurs - avec un autre sujet du même objet. Autre, mais non moins moi que le moi. On peut voir là la manifestation d'une polarité extrême, en ce sens qu'elle a l'air d'avoir lieu strictement à l'intérieur du même être.





Que dire de cette situation du point de vue qui nous occupe, celui qui a pour objet l'étude de la pensée indéterminée ? Par un curieux paradoxe nous voyons apparaître ici le contraire de ce à quoi, théoriquement, l'on pouvait s'attendre. D'un côté, la violente rivalité qui éclate entre les deux moi ne peut qu'engendrer un trouble d'une gravité exceptionnelle dans la pensée de celui ou de ceux qui en font l'expérience. Le moi se met à douter de lui-même, c'est-à-dire à éprouver à l'égard de son adversaire un sentiment d'une extrême complexité. Sa propre personnalité, où est-elle, est-elle en lui ou en l'autre ? C'est comme si l'être qu'il était se scindait en deux et qu'une moitié de lui-même lui devenait hostile. Il y a là, il faut le reconnaître, un aspect tout à fait inattendu de la pensée indéterminée. L'image de soi-même qu'on s'offre à soi-même ne se contente plus ici d'être vague, elle prend l'apparence d'un inconnu. L'indétermination serait donc de ce point de vue poussée véritablement à l'extrême. Le moi, dans sa propre intimité, dans sa profondeur intérieure, se révélerait être un étranger. Et pourtant, par un nouveau renversement de la perspective, l'image de ce moi étranger, ainsi révélée à la conscience dans son mystère, est une image extraordinairement distincte, violemment éclairée, d'une précision exceptionnelle. On n'en saurait concevoir de plus nettement déterminée. Bref, tout le drame entre les deux moi se présente sous deux aspects diamétralement opposés de l'être : la tendance à l'indétermination, la tendance à la détermination.



HOFFMAN : TEXTES



- Où est le moi qui peut engendrer du moi le non-moi ? (Princesse Brambilla.)



- Tu n'es pas moi, tu es le Diable, m'écriai-je. (Les élixirs du Diable.)



Quand je revivais en rêve ces aventures, il me semblait que ce n'était pas moi qui les avait vécues, mais un autre. (Ibid.)



La plus curieuse part de l'affaire, c'est qu'on se sent scindé en deux parties. (Maiire Puce.)



Qu'est-ce donc, sinon un idéal qui en s'extériorisant se reflète dans une figure étrangère ? (La Fermata.)



... C'étaient des accords qui se confondaient comme dans un fleuve de feu. (Les automates.)






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