wikipoemes
paul-verlaine

Paul Verlaine

alain-bosquet

Alain Bosquet

jules-laforgue

Jules Laforgue

jacques-prevert

Jacques Prévert

pierre-reverdy

Pierre Reverdy

max-jacob

Max Jacob

clement-marot

Clément Marot

aime-cesaire

Aimé Césaire

henri-michaux

Henri Michaux

victor-hugo

Victor Hugo

robert-desnos

Robert Desnos

blaise-cendrars

Blaise Cendrars

rene-char

René Char

charles-baudelaire

Charles Baudelaire

georges-mogin

Georges Mogin

andree-chedid

Andrée Chedid

guillaume-apollinaire

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

arthur-rimbaud

Arthur Rimbaud

francis-jammes

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
auteurs essais
 
left_old_somall

Essais littéraire

right_old_somall

LA RENTRÉE - Anatole FRANCE






Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent . ; je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg " dans les premiers jours d'octobre, alors qu'il est un peu triste et plus beau que jamais; car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois alors dans ce jardin, c'est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un moineau. Ma pensée seule le voit; car ce petit bonhomme est une ombre; c est I ombre du moi que j étais il y a vingt-cinq ans.





COMMENTAIRE - ANALYSE



C'est un des textes les plus célèbres d'Anatole France. L'auteur, dans la force de l'âge (l'âge mûr. la maturité), se promène, dans les premiers jours du mois d'octobre, dans le beau jardin du Luxembourg.



C'est l'automne. Son ciel agité, les feuilles qui jaunissent et tombent sur les blanches épaules des statues, les arbres qui frissonnent, tout cela éveille la nostalgie dans l'âme de l'auteur. Il se rappelle l'image d'un petit bonhomme qui, vingt-cinq ans auparavant, traversait ce beau jardin dans les premiers jours d'octobre, pour aller en classe. Il se revoit, lui, enfant, à l'âge de l'innocence quand, pressé et ému, il se dirigeait à petits pas rapides vers le collège. C'était la rentrée, période de grandes émotions, mais aussi de grandes joies pour le petit écolier. Les livres, le cartable, la gibecière au dos, la toupie dans sa poche, il se dirigeait, avant huit heures, vers l'école. Il avait le cour un peu serré. Après la longue période des grandes vacances, il était impatient de retrouver ses camarades. C'était bien naturel: ils avaient, tous, tant de choses à (sE) dire et à entendre. Chacun attendait avec impatience le moment de raconter ce qu'il avait fait pendant ces vacances. L'image de ses camarades d'autrefois lui revient dans la mémoire: Laborieux. Fontanet. L'idée de revoir ses camarades l'attirait comme un aimant. La splendeur de ce jardin, la beauté de l'automne, cet automne qui entrait en résonance avec l'âge el l'âme de l'auteur, éveillent ces souvenirs. Mais l'époque de l'enfance, cet âge d'or de la vie de chacun est depuis longtemps passée. Ces temps sont déjà loin. La nostalgie, la tristesse même, s'emparent de l'âme de l'auteur. Les beaux jours d'autrefois se sont évanouis. Seule la Nature reste la même. Le ciel, la terre, le beau jardin restent inchangés. Les choses gardent leur âme d'autrefois. Mais le petii écolier d'autrefois a disparu. L'adulte, fatigué par les luttes de l'existence, a pris sa place.



TEXTE

Sur les quais de la Seine



1. J'aime à regarder de ma fenêtre la Seine et ses quais par ces matins d'un gris tendre qui donnent aux choses une douceur infinie . J'ai contemplé le ciel d'azur qui répand sur la baie de Naples sa sérénité lumineuse. Mais notre ciel de Paris est plus animé, plus bienveillant et plus spirituel. Il sourit, menace, caresse, s'attriste et s'égaie comme un regard humain. Il verse en ce moment une molle clarté sur les hommes et les bêles de la ville, qui accomplissent leur tâche quotidienne.

2. Là-bas, sur l'autre berge, les forts du port Saint-Nicolas déchargent des cargaisons de cornes de bouf, et des coltineurs posés sur une passerelle volante font sauter lestement, de bras en bras, des pains de sucre jusque dans la cale du bateau à vapeur. Sur le quai du nord, les chevaux de fiacre, alignés à l'ombre des platanes, la tête dans leur musette " . mâchent tranquillement leur avoine, tandis que les cochers rubiconds vident leur verre devant le comptoir du marchand de vin, en guettant du coin de l'oeil le bourgeois matinal.

3. Les bouquinistes déposent leurs boîtes sur le parapei . Ces braves marchands d'esprit, qui vivent sans cesse dehors, la blouse au vent, sont si bien travaillés par l'air, les pluies, les gelées, les neiges, les brouillards et le grand soleil, qu'ils finissent par ressembler aux vieilles statues des cathédrales. Ils sont tous mes amis et je ne passe guère devant leurs boîtes sans en tirer quelque bouquin qui me manquait jusque-là, sans que j'eusse le moindre soupçon qu'il me manquât.

4. À mon retour au logis, ce sont les cris de ma gouvernante, qui m'accuse de crever toutes mes poches et d'emplir la maison de vieux papiers qui attirent les rats. Thérèse est sage en cela, et c'est justement parce qu'elle est sage que je ne l'écoute pas; car, malgré ma mine tranquille, j'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence. Mais parce que mes passions ne sont point de celles qui éclatent, dévastent et tuent, le vulgaire ne les voit pas. Elles m'agitent pourtant, et il m'est arrivé plus d'une fois de perdre le sommeil pour quelques pages écrites par un moine oublié ou imprimées par un humble apprenti de Pierre Schoeffer . Et si ces belles ardeurs s'éteignent en moi, c'est que je m'éteins lentement moi-même. Nos passions, c'est nous. Mes bouquins, c'est moi. Je suis vieux et racorni comme eux.

5. Un vent léger balaye avec la poussière de la chaussée les graines ailées des platanes et les brins de foin échappés à la bouche des chevaux. Ce n'est rien que cette poussière, mais en la voyant s'envoler, je me rappelle que dans mon enfance je regardais tourbillonner une poussière pareille; et mon âme de vieux Parisien en est émue. Tout ce que je découvre de ma fenêtre, cet

128 horizon qui s'étend à ma gauche jusqu'aux collines de Chaillot et qui me laisse apercevoir l'Arc de Triomphe comme un dé de pierre, la Seine, fleuve de gloire, et ses ponts, les tilleuls de la terrasse des Tuileries, le Louvre de la Renaissance, ciselé comme un joyau; à ma droite, du côté du Pont-Neuf, pons Lutetiae Novus dictas, comme on lit sur les anciennes estampes, le vieux et vénérable Paris avec ses tours cl ses flèches, toul cela c'esl ma vie, c'est moi-même, et je ne serais rien sans ces choses qui se reflètent en moi avec les mille nuances de ma pensée et m'inspirent et m'animent. C'est pourquoi j'aime Paris d'un immense amour.



Le Crime de Sylvestre Bonnard



SUR LES QUAIS DE LA SEINE

COMMENTAIRE A



Il est peu de pages et très peu de paysages dans la littérature française qui puissent rivaliser îvec cette extraordinaire description de Paris où l'âme des objets revit aussi finement que dans .et éloge écrit par Anatole FRANCE à la fin du siècle dernier. De sa plume souriante et émue, )ar les yeux de son personnage Sylvestre Bonnard, l'auteur confesse la joie unique qu'il éprouve, c plaisir immense qu'il prend à vivre la vie de tous les jours des gens simples, ceux qui 'accomplissent leur tâche quotidienne", des bouquinistes aux portefaix, des collincurs aux rochers, qui travaillent, anonymement et modestement, tristes ou gais, chacun de son côté, pour lagner le[ur] pain quotidien, dans ce magnifique décor du Paris de la seconde moitié du XlX-e iiècle, mais / et que l'histoire a marqué de son cachet à tout moment. Dans la librairie de son >ère, Anatole France, fils de Parisiens, Parisien lui-même, a appris, dès son enfance, à respirer 'odeur des vieux livres dont les bouquinistes, ces "braves marcliands d'esprit", offrent tant l'autres exemplaires au flâneur fin connaisseur. Comme tant d'autres citadins, comme Baudelaire, l'enfant avait ignoré la nature.



L'auteur, par les yeux de son personnage / héros Sylvestre Bonnard, nous fait assister au pectacle. unique au monde, des quais de la Seine, ce "fleuve de gloire", symbole en même emps du caractère éphémère des choses, et qui. comme le dit la Marseillaise, a vu tant de "jours le gloire". Grâce à ce fleuve, à ses ponts, il a senti frémir l'âme même de Paris et se sent solidaire de toutes ces choses, de tous ces monuments, de tous ces souvenirs historiques sans lesquels il ne serait rien. Son âme de vieux Parisien en est émue. Il proclame de cette façon son immense amour pour la "Ville-Lumière", (pouR) celle qui, grâce à son obélisque, à ses monuments, à ses écoles, fruit du travail créateur de tant de générations, à tous ces / ses édifices consacrés à la diffusion de la lumière, a éclairé le monde de son prestige spirituel.

Le texte d'Anatole France est important pour nous, lecteurs du XX-e siècle, car il représente un document d'époque. Beaucoup des détails figurant dans ce texte n'existent plus. Le Paris des automobiles a supplanté le Paris des fiacres. La place des cochers rubiconds a été prise aujourd'hui par leurs successeurs, les chauffeurs de taxis. Seuls les monuments ont résisté, car « on entend les pierres conter une des plus belles aventures humaines, l'histoire de la France ancienne et de la France moderne ». Leur pierre présente la résistance de ce texte qui immortalise un "modus vivendi" qui ne pourra plus jamais être réitéré. On y voit le "Louvre de la Renaissance" ciselé comme un joyau, le Pont-Neuf qui a porté sur son dos robuste trois siècles de Parisiens ci même de touristes venus de lous les coins du monde pour admirer ce ''vieux et vénérable Paris avec ses tours et ses flèches". Toutes ces splendeurs architecturales / Tous ces bijoux architecturaux de la capitale de France sont présentées de cette manière parce qu'elles / ils ont une leçon importante à nous enseigner, car «c'est là qu'on sent, mieux qu'ailleurs, les travaux des générations, le progrès des âges, la continuité d'un peuple, la sainteté du travail accompli par les aïeux à qui nous devons la liberté et les studieux loisirs. C'est là qu 'il apparaît clairement que la mission de Paris est d'enseigner le inonde. De ces pavés de Paris, qui se sont tant de fois soulevés pour la justice et la liberté, ont jailli les vérités qui consolent et qui délivrent. Et [l'on] retrouve ici, parmi ces pierres éloquentes, le sentiment que Paris ne manquera jamais a sa vocation».



Guide de lecture

Les idées

1. Qu'aime l'auteur?

2. Pourquoi aime-t-il le ciel de Paris?

3. Que voit-il sur les berges (/les riveS) de la Seine?

4. Que dit-il des bouquinistes?

5. Que voit-il de sa fenêtre?

6. Expliquez la phrase: «Tout cela, c'est ma vie.»

1. Pourquoi l'auteur aime-l-il Paris d'un immense amourl



Travail pratique:

Essayez de présenter, à l'aide d'un plan de la ville de Paris, et de différents guides touristiques, les différents monuments évoqués dans ce texte.








Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Essais littéraire
A B C D E
F G H I J
K L M N O
P Q R S T
U V W X Y
Z        



mobile-img