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La poésie et son public






Si aujourd'hui la poésie se vend très mal en regard du roman, la situation n'était pas la même dans la première moitié du XIXe siècle. Le fossé entre les deux genres n'était pas si grand, et les recueils poétiques avaient des tirages plus qu'honorables. Les revues contribuaient beaucoup à leur diffusion, une diffusion, il faut le préciser, qui affectait exclusivement Paris, les campagnes étant, elles, alimentées par la littérature de colportage.



Le poète romantique a un public d'autant plus fourni qu'il s'adonne souvent parallèlement au théâtre et au roman. Mais, au milieu du XIXe siècle, le statut social du poète va sensiblement changer. La poussée de l'industrialisation et le triomphe du capitalisme ne sont guère favorables à la poésie. Si l'aristocratie et la noblesse s'étaient fait une gloire de soutenir et d'encourager les artistes, la bourgeoisie conquérante n'a que faire d'une activité qu'elle juge parasitaire. Le poète, tel le Chatterton de Vigny, devient le paria de la société et se trouve acculé à une sorte de suicide, sinon physique, du moins moral. Nerval et Baudelaire ont incarné dans leur chair et dans leur ouvre le destin du poète «maudit». Verlaine intitulera, en 1884, une étude sur les poètes de la fin du siècle « Les Poètes maudits ». Les poètes perdent alors leur public traditionnel et se cherchent dans une solitude éprouvante et parfois dégradante. Leur aventure est un cri de révolte individuelle qui n'est pas entendu à l'époque ou que l'on fait taire quand il est trop dérangeant (ainsi Baudelaire se voit contraint par le tribunal de supprimer de son recueil Les Fleurs du mal certains poèmes jugés trop licencieuX). Nerval, Baudelaire et Rimbaud ne seront véritablement découverts et lus qu'au XXe siècle.



A l'orée du xxc siècle, le poète n'est plus un aristocrate ou un fils de bonne famille. 11 doit gagner sa vie en s'épuisant dans la besogne journalistique ou en s'assurant un poste de fonctionnaire (Mallarmé peut mener son ouvre hautaine et audacieuse parce qu'il est professeur d'anglais dans un lycéE). L'ère du poète-professeur commence (ils sont légion aujourd'huI), mais les exceptions sont nombreuses, et les existences marginales s'avèrent le plus souvent propices à l'éclosion des ouvres les plus étonnantes du siècle. Apollinaire est surtout l'ami des peintres, et les surréalistes suivront fréquemment son exemple, vivant des tableaux qui leur étaient offerts et des éditions rares pour bibliophiles dont ils se feront une spécialité. Michaux mènera parallèlement une activité de poète et de peintre.



Les avant-gardes du début du siècle ainsi que le surréalisme n'auront pas une foule de lecteurs, loin de là, et il faudra un événement tout extérieur, la seconde guerre mondiale, pour que la poésie acquière soudain un public important. Revues et recueils s'arrachent pendant cette période fiévreuse où ils incarnent l'esprit de la Résistance. Liée à une cause urgente, la poésie trouve des lecteurs qu'elle conservera encore quelque temps après 1945. Mais les recherches formelles de certains créateurs et une certaine complaisance dans l'hermétisme rebuteront vite le grand public. A côté d'une poésie dite « exigeante » et réservée à quelques spécialistes, se développera une poésie plus «populaire» qui obtiendra des tirages importants (Paroles de Jacques Prévert est un best-selleR). Le recours à la chanson est un phénomène de l'après-guerre qui a contribué à une large diffusion de l'ouvre de Prévert, d'Aragon, de Boris Vian. Ce qui n'a pas été sans provoquer une réaction de mépris chez ceux qui estiment que la poésie est faite pour être lue (position chère à Mallarmé) et non pour être entendue. Et pourtant, la poésie n'était-elle pas chantée et psalmodiée à l'origine, et les troubadours n'en ont-ils pas été les messagers au Moyen Age?



L'exigence du langage implique-t-elle fatalement une coupure avec le grand public? Incompris de son temps, Baudelaire est- universellement reconnu aujourd'hui. Peut-être un décalage est-il souvent nécessaire pour nous accoutumer à la nouveauté d'un message ? Les poètes aimeraient en fait que leur goût du nouveau, toujours en éveil, soit un aimant pour le lecteur, mais celui-ci n'est pas toujours un aventurier et se retranche souvent derrière le confort des habitudes. La poésie, dans la mesure où elle refuse un retour à la tradition et où elle veut être une invitation à lire autrement, serait-elle vouée à un public restreint d'aventuriers de l'esprit? L'importance de ce public peut en fait fluctuer en fonction des désirs et des rejets inattendus d'une époque. Au rebours de la démagogie propre aux médias, les poètes attendent que les lecteurs viennent à eux, et ils savent que seul le temps risque d'être leur plus puissant allié. Mais sur les nombreux candidats à l'immortalité, combien seront finalement retenus?








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