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La poésie a pour but - Modernisme et rationalisme






La poésie a pour but « l'utilité [...] par le moyen du plaisir » et non « le plaisir seulement » (Chapelain, 1623). C'est le débat fondamental de ces années de transition : liberté ou discipline ?



1. Modernisme et rationalisme



Malherbe refusait l'imitation des Anciens et de la Pléiade, sans en être entièrement dégagé. Théophile encore plus : « Il faut écrire à la moderne » (1623). Et maintenant Saint-Amant, Balzac, qui veut « secouer la poussière de l'école », « civiliser la doctrine », sous des formes qui soient « intelligibles aux femmes mêmes ». D'où une violente querelle (1625-1628) entre modernistes et admirateurs des Anciens.



Les mêmes années voient la fin de la rhétorique érudite, sentencieuse, variée, fleurie, affective et métaphorique. Si. l'on dit « que mon style n'est pas assez fleuri », je répondrai « que les hommes ne parlent que pour se faire entendre » (Lannel, 1624).

On se libère du passé pour se réclamer de la raison qui est l'expression de la nouvelle discipline sociale. On demande « à Cicéron d'inspirer une norme de style commune à tous les ordres du royaume » (M. FumarolI). Comme le dit Ogier à propos des Lettres de son ami Balzac : « En l'état où sont aujourd'hui les affaires du monde, n'étant pas permis à l'éloquence de paraître devant un Sénat pour y défendre les peuples opprimés, [...] il faut de nécessité qu'elle [...] ramasse toute sa vertu, qui est d'autant plus forte qu'elle est moins libre. » C'est ainsi que la contrainte fait avancer vers l'art classique. Descanes définit une nouvelle esthétique, conforme au nouvel ordre politique, moral, mental. La beauté « ne consiste pas en telle ou telle chose mais dans l'accord et l'équilibre de toutes, de façon qu'aucune partie ne puisse être déclarée supérieure sans que l'harmonie des autres, aussitôt bouleversée, soit accusée d'imperfection » (1628).



2. Contre le romanesque



Dans les années vingt, le romanesque est fort à la mode et choisit lui aussi la liberté, par la satire (FrancioN) ou plus souvent par une débauche d'aventures qu'on préfère aux analyses psychologiques de L'Astre'e. Mais, parallèlement, il y a une intéressante réaction contre l'invraisemblance romanesque. Elle culmine dans Le Tombeau des romans (1626, de Fancan et Sorel ?), qui souhaite l'interdiction de tous ceux qui ne sont pas édifiants et instructifs, et Le Berger extravagant ou l Anti-roman (1627) fastidieuse parodie qui aura treize éditions, où Sorel met en scène le fils d'un marchand parisien qui, ayant lu trop de romans, achète quelques moutons et se croit betger sur les bords du Lignon, métamorphosé en saule ou en fille qui prouve sa virginité en marchant sans dommage sur une plaque brûlante ou en chevalier qui tue un dragon et délivre une princesse, etc. Le roman idéaliste est ici présenté comme contraire à la raison, à la morale et à la religion. La même année 1627, réagissant lui aussi contre les « imaginations éloignées du sens commun », Mareschal publie Cbryso-lite, étude psychologique et tableau de mours, roman réaliste, critique et familier, inspiré d'événements réels.



3. Du baroque vers le classicisme : triomphe de Malherbe



L'art baroque est expressionniste, inquiet, ludique, narcissique. La France, après 1624, tend vers l'ordre, la discipline, le dévouement. De plus, elle se définit, politiquement et culturellement, contre l'univers hispanique, patrie du baroque qui réagit à la crise par la parade et contre le maniérisme italien. Elle veut s'affirmer par une sobre grandeur.

Malherbe, qui s'imposait à la fin du règne d'Henri IV, avait un peu perdu de son audience pendant les troubles de la Régence. Les événements de 1623-1624 le favorisent. Il est ravi de voir s'instaurer une politique d'autorité et d'intérêt public. En 1627, son disciple Faret publie un Recueil de lettres nouvelles qui célèbre dans une prose rationnelle la politique du Cardinal, satisfaisante pour les écrivains qui souhaitent subventions et prestige et pour tous ceux qui aspirent à l'ordre et à la grandeur. « Nos maladies, que chacun estimait incurables, on trouvé leur Esculape en notre incomparable Cardinal » écrit Malherbe qui rêve d'impérialisme et voit en Richelieu « quelque chose qui excède l'humanité ».

Au plan littéraire, Malherbe et ses disciples triomphent fin 1626 avec un Recueil des plus beaux vers qui leur est exclusivement consacré. Presque tous les écrivains veulent maintenant la clarté. Camus regrette de n'avoir eu naguère « aucun soin de la diction ni du style [...] par contagion de la lecture des Essais de Montaigne, livre qui m'était autant en délices [...] qu'il m'est maintenant à dégoût » (1626).

Mais au-delà, le désaccord subsiste. La clarté, pour Malherbe, est l'expression d'une discipline, d'une soumission à l'ordre. Pour d'autres, c'est l'expression d'une spontanéité naturelle et personnelle, le moyen d'un agrément. Ceux-ci l'emportent au moins jusqu'à la mort de Théophile. C'est seulement au lendemain de celle de Malherbe que ses doctes disciples. Chapelain, Godeau, Conrart commencent à contrôler la vie littéraire. Mais ils manquent de génie, et Mai-nard ou Racan, plus doués, n'ont pas la tension du Maître.

Ils ont sa maîtrise formelle, mais des sujets plus personnels, un style moins solennel, une plus grande sensibilité les rapprochent de leurs contemporains : Théophile, Saint-Amant, Tristan. François Mai-nard (1582-1646), d'abord secrétaire de la reine Margot (1605-1606), se met à l'école de Malherbe dès 1607. Mais ses odes héroïques n'ont pas la vigueur du maître. Il réussit mieux en des genres moyens : épi-gramme, satire, poésie priapique et surtout, plus tard, lyrisme" familier sur la fuite du temps et les regrets d'amour : Ode à Alcippe (1642), La belle vieille (1644). Une clarté sans pompe ni tension, une langue fluide, qu'on a comparée à Chénier. Honorât de Bueil, marquis de Racan (1589-1670) se fait remarquer par son inspiration champêtre, notamment dans les Stances sur la retraite (1620) et une pastorale. Les Bergeries. On retrouve chez lui l'harmonie de Malherbe mais plus d'imagination, de sensibilité, voire de fantaisie. En bon gentilhomme, il affecte la « liberté d'écrire sans ordre ». Après 1630, il se consacre à la poésie religieuse.



4. Du théâtre libertaire au théâtre engagé : « Sylvie »



La nouvelle sensibilité gagne le théâtre, où la violence tragique recule, tandis que s'ouvre l'âge d'or de la pastorale (58 créations de 1620 à 1634). Elle convient à une époque encore mélancolique sinon fataliste mais sentimentale, libertaire, confiante en la nature. Les Bergeries de Racan (1620, 1625, six éditions en dix anS) ne sont plus une pastorale de convention mais une fine et fraîche comédie de mours. dans un style fluide - mal construite malheureusement. Pyrame et Tbisbe'de Théophile (1621, 1623) est une tragédie moderne, libertaire et romantique. Vivre c'est aimer, en harmonie avec la Nature. Les pouvoirs s'y opposent ; on peut les déjouer ; mais le destin nous voue à la mort plutôt qu'au bonheur quand nous sommes « trop purs pour ce monde » (J. MoreL). Une action simple, faite de poèmes juxtaposés qui n'empêchent pas une tension dramatique croissante. Un style limpide, malgré des artifices à la mode d'alors. Les Bergeries dénoncent le « cruel honneur, ce fléau de notre vie », « cruel tyran des belles passions ». Pyrame confronte le désir aux lois de la société et du destin. L'affrontement se précise dans la Sylvie de Jean Mairet (1604-1686), tragi-comédie pastorale.

En 1625, on pense que Louis XIII, marié depuis dix ans n'aura pas d'héritier. La raison d'État exige que son frère Gaston se marie et il choisit pour lui la duchesse de Montpensier. Il ne veut ni du mariage ni de la mariée. Toute l'opposition le soutient. On complote pour assassiner Richelieu. Résultat : le duc de Vendôme et son frère sont arrêtés, la "duchesse de Chevreuse s'enfuit, le chancelier d'Aligre doit démissionner, le comte de Chalais est décapité (19 août 1626), plusieurs châteaux forts rasés et Monsieur* se marie (5 août 1626). Pendant ce temps (novembre 1625-septembre 1626), Mairet, secrétaire du duc de Montmorency, l'une des têtes de l'opposition, écrit Sylvie, représentée en octobre ou novembre et publiée un an plus tard. Le prince Thélame aime la bergère Sylvie. Mais le roi son père veut le marier à l'Infante de Chypre pour rçndre son « État plus ferme ». Il veut tuer la bergère, car



Elle fera périr l'État lui-même

Si l'Etat ne la fait elle-même périr.



Thélame défend son bonheur et sa liberté contre cette tyrannie. « Et le bien de l'État ? » lui demande-t-on. « C'est de quoi je me moque » répond-il.

Le roi fait ensorceler les amants : chacun croit voir l'autre mort. Mais tout finira par un heureux mariage. Sylvie fut le plus grand succès de théâtre avant Le Cid : seize éditions de 1627 à 1635. Elle se recommande par sa finesse psychologique, sa fraîcheur poétique et un mouvement dramatique nouveau à l'époque.

Mais la fantaisie hédoniste ne pourra pas se jouer longtemps de la réalité, ni le merveilleux du rationalisme. Avant même d'être la victime de l'évolution politique, par l'exécution de son maître Montmorency en 1632, Mairet sera l'agent de l'évolution esthétique : c'est lui qui introduit la régularité au théâtre. On passe du lyrisme au dramatique : c'est le début d'une nouvelle période de l'histoire littéraire.






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