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La pensée de Chamfort






Que la pensée de Chamfort soit destructrice de toute réalité externe, pour ne laisser finalement subsister à ses propres yeux que le moi seul, d'ailleurs sévèrement, cruellement, réduit à un minimum d'être, telle est la première explication de sa conduite qu'on pourrait donner. Mais la réduction ne s'arrête pas là. On est même enclin à penser que la suppression, en lui et par lui, de tout ce qui concerne les réalités du dehors, ne constitue, en ce qui le regarde, qu'une première étape, somme toute, préliminaire. Emporté par son dessein et par l'espèce de fureur qu'il met à l'accomplir, ce révolutionnaire enragé retranche, renie, éponge, exclut. Il réduit à rien, non seulement tout ce qui le rattache à un monde qu'il hait, mais aussi, et de plus en plus, semble-t-il, à mesure qu'il devient plus intransigeant ou féroce dans son ouvre de destruction, certaines parties entières de lui-même, acquises parfois, même innées, qu'il voudrait jeter au ruisseau. Va-t-il s'arrêter dans ce travail d'autosuppression ? On pourrait le croire. Lui-même quelquefois se laisse aller à dire qu'il ne s'agit là que d'une épuration, d'une simplification de soi, d'une réduction à l'essentiel, entraînant une vaste liquidation du superflu ou du souillé. Mais sa furie n'a pas de bornes et étouffe en lui le sens de sa préservation. La fin qu'il poursuit est littéralement suicidaire. C'est un désir d'anéantissement de soi qui ne saurait être assouvi que par l'élimination de tout ce qui, au fond de lui-même, préserverait encore quelque trait positif. La fin véritable, c'est, dans son intégralité, le vide intérieur. Or, est-il besoin de faire remarquer qu'une telle fin n'est jamais conciliable avec le désir de réaliser un bien déterminé, quel qu'il soit ? Le vide est l'indéterminé pur. Et pourtant le moyen employé par Chamfort pour arriver à cette indétermination désirée ne l'en rapproche jamais. Chaque fois qu'il s'acharne sur un objet pour le détruire, l'acte même de destruction par lequel il procède implique la reconnaissance du caractère positif de ce qu'il veut détruire. Quelle que soit la violence de l'attaque sauvage que l'enragé dirige contre la positivité du réel, Chamfort ne l'atteint pas. Il reste invulnérable. Le destructeur ne se rapproche jamais d'un pouce de l'indétermination pure. Il ne fait jamais que se battre contre des objets strictement délimités.





CHAMFORT : TEXTES



Je suis libre... Je m'appartiens... (Ouvres, V, 291.)



J'ai détruit mes passions, comme un homme violent tue son cheval, ne pouvant le gouverner. (I, 407.)



Le fort sait les dompter, les asservir au frein. (V, 102.)



Je sais me suffire, et dans l'occasion je saurai bien me passer de moi. (II, 141.)



Lorsqu'on a pénétré le fond des choses, la perte des illusions amène la mort dans l'âme, c'est-à-dire un désintéressement complet sur tout ce qui touche et occupe les autres hommes. (I, 344.)



Je n'ai pas besoin de ce qui me manque. (II, 96.)



Il faut qu'un philosophe commence par avoir le bonheur des morts. (II, 112.)



Il y a des côtés de son âme qu'il faut entièrement paralyser. (I, 363.)






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