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La femme et le couple dans la société bourgeoise






Le statut de la femme dans la société est aussi un des points sur lesquels se porte la critique de l'univers bourgeois. On s'intéresse plus particulièrement à la question du mariage car celui-ci. facteur important de stabilité dans la vie sociale, est considéré par certains comme une institution « réactionnaire ». en ce sens qu'il maintient la femme dans un état de dépendance et d'infériorité par rapport à l'homme. Au mariage les progressistes opposent l'union libre.



L'émancipation de la femme



Or, la guerre a contribué à bouleverser l'image traditionnelle de la femme et de son rôle dans la société bourgeoise. Pendant le conflit, en effet, les femmes ont souvent remplacé les hommes absents et ont fait ainsi la preuve de leurs capacités. En outre, la vie familiale a été désorganisée. Les femmes ont été plus libres. Leur silhouette aussi a changé : abandonnant les longs cheveux et les rondeurs chères aux années 1900, la femme des années vingt et trente a acquis une ligne nouvelle, quelque peu masculine. Le problème de la condition de la femme se trouve donc à l'ordre du jour. Le Sénat, force conservatrice, reste hostile au vote des femmes, mais la Chambre des députés en a adopté le principe. Le Front populaire verra pour la première fois l'accession d'une femme à des fonctions ministérielles.



Bien sûr, ce renversement des rôles est un sujet riche en possibilités comiques, dont s'empare la comédie boulevardière, d'esprit toujours un peu « réactionnaire ». Ainsi dans Le Sexe faible (1931), Edouard Bourdet nous donne, avec toute sa verve satirique, un tableau plaisant de ce monde renversé : les femmes y dominent, alors que ce sont les hommes, nouveau « sexe faible », que l'on séduit et que l'on abandonne.

Mais le problème est abordé aussi de manière plus sérieuse par maints intellectuels de l'entre-deux-guerres. Les membres du groupe « Esprit », par exemple, publient une série d'études sur la condition féminine en donnant pour titre au numéro de juin 1936 de leur revue : La femme aussi est une personne.

Ainsi malgré toutes les réserves que l'on peut faire sur les qualités littéraires de La Garçonne (1922) de Victor Margueritte, on doit pourtant considérer ce livre comme un « signe des temps » : tel est le mérite que lui reconnaît par exemple la sérieuse revue Europe. Victor Margueritte, en effet, met en relief les injustices et les préjugés qui donnent à la femme un statut d'infériorité et dénonce les conventions et les hypocrisies de la société bourgeoise, en partie responsables de cet état de choses. Les mours très libres de l'héroïne firent scandale et le livre coûta à son auteur sa Légion d'honneur. Mais dans l'esprit de Margueritte, la « garçonne » n'est pas une femme qui aime la débauche. Elle ne s'y livre que par révolte et dégoût. Ce qu'elle souhaite, c'est de pouvoir être considérée comme l'égale et l'amie de l'homme dont elle sera la compagne ou plutôt « le compagnon », selon le titre d'un roman de 1923.



Les écrivains « progressistes » de l'entre-deux-guerres vont souvent mettre en scène le personnage de la jeune bourgeoise qui, telle la « garçonne », refuse un mariage de convention et rompt avec son milieu pour vivre en toute indépendance.

Tel est la cas de l'héroïne de L'Ame enchantée de Romain Rolland (notamment Annette et Sylvie, 1922. et L'Été, 1924). Annettc Rivière refuse la « situation » que lui donnerait un mariage bourgeois avec un homme qui veut une épouse soumise. Elle accepte la maternité hors de l'union légale et revendique son autonomie de personne. Par son nom - Rivière -, l'auteur la rattache à la nature, aux forces vitales et de ce fait il la dresse contre les mensonges de la vie sociale, qui sont les premières des illusions dont l'âme d'Annette aura à se dépouiller peu à peu au long de son existence.



Chez Martin du Gard, c'est Jenny de Fontanin qui fera l'expérience de l'union libre et de la maternité hors mariage. Son attitude anticonformiste est complémentaire de la révolte de Jacques contre la société bourgeoise (L'Été 1914). Mais déjà, dans les premiers volumes, son aventure amoureuse avec Rachel permettait à Antoine de prendre certaines distances à l'égard des préjugés bourgeois dont il était imbu.

Au tournant des années trente, au moment où il évolue vers le communisme, Gide s'occupe lui aussi du problème de la condition féminine, avec la série de L'École des femmes : Robert (1930) et Geneviève (1931). Éveline, l'héroïne du premier roman, souffre de l'égoïsme tyrannique de son époux, image parfaite du pharisaïsme bourgeois, de l'autoritarisme masculin et du conservatisme social. Sa fille, Geneviève, elle, deviendra une militante féministe.

Quant à Aragon, il exalte une image nouvelle de la femme, dans Les Cloches de Bâle, avec le personnage de Clara Zetkin, la militante socialiste qui veut agir pour une société plus juste. Elle incarne, selon l'une des dernières phrases de l'Épilogue. « le nouveau type de femme qui n'a plus rien à voir avec cette poupée, dont l'asservissement, la prostitution et l'oisiveté ont fait la base des chansons et des poèmes à travers toutes les sociétés humaines, jusqu'à aujourd'hui ». Pour Aragon, c'est avec ce type de femme, l'égale de l'homme, que sera enfin possible le véritable amour. L'Aragon communiste rejoint ainsi l'Aragon surréaliste. Car pour les surréalistes, comme pour leurs alliés momentanés - les communistes du groupe Clarté -. l'affranchissement de la femme, et donc la remise en question des principes de la société chrétienne et bourgeoise, est un des grands problèmes de leur temps.

De son côté, Giraudoux s'est souvent intéressé à la place qui revient à la femme, dans la société. Dans certains de ses essais des années trente, repris dans La Française et la France (1951), il critique l'attitude masculine qui consiste à faire de la femme, soit une servante, soit une déesse, mais jamais une égale. Il est significatif que dans Bella (1926) les antipathiques Rcbendart (le clan Poincaré) soient hostiles au vote des femmes, alors que les sympathiques Dubardeau (le clan BertheloT) y sont favorables. On ne s'étonne donc pas qu'Electre refuse d'entrer comme sa mère Clytemnestre dans la « confrérie des femmes », c'est-à-dire refuse le « droit » au mensonge, à la faiblesse, concédé aux femmes en raison de leur « infériorité ». Electre est une de ces nombreuses « jeunes filles », telles Suzanne, Juliette ou Isabelle d'Intermezzo, en qui s'incarnent chez Giraudoux l'anticonformisme et la rupture avec un monde sclérosé, notamment dans ses modes traditionnels d'éducation.

En dehors de tout parti pris idéologique et de tout militantisme, l'ouvre de Colette nous propose une vision anticonformiste de la femme et de l'amour, qui rompt avec les préjugés bourgeois. La publication en feuilleton en 1922 du Blé en herbe (1923) dans Le Matin dut être interrompue, de même qu'en 1932 celle de Ces plaisirs...'0dans Gringoire. parce que certains lecteurs étaient scandalisés.

Chez Colette, les personnages féminins sont en général plus libres, plus forts, moins soumis à l'ordre établi que leurs partenaires masculins. Leur sensualité se manifeste sans respect pour les tabous sociaux ou moraux. Ainsi, dans Duo (1934), le mari se montre plus sentimental que l'héroïne et assez fragile pour se suicider : il ne peut supporter une infidélité passagère de son épouse. Colette remet en cause les catégories traditionnelles du « féminin » et du « masculin ». tout comme celles du « pur » et de l'« impur ». Dans Chéri (1920), les rôles de l'homme et de la femme sont inversés par rapport aux schémas habituels : Chéri est un enfant capricieux, Léa est forte et raisonnable. Leur amour si sensuel est aussi une grande passion qui donne au renoncement de Léa, la demi-mondaine mûrissante, la noblesse du sacrifice et à l'histoire du veule Chéri une dimension tragique. Quant au Blé en herbe (1923) - le premier livre qui soit signé du nom de Colette -, il contredit l'idée rassurante de la pureté juvénile, puisqu'il conte l'initiation de deux adolescents à la vie sexuelle, et une fois encore il met en vedette une héroïne, Vinca, qui trouve là l'occasion de manifester son courage et sa maturité.

À la « garçonne » émancipée s'oppose la « gardienne » du foyer : Mme de Fontanin dans Les Thibault. Mme Pasquier dans la Chronique de Duhamel ou Blanche Frontenac chez Mauriac. Celui-ci dans L'Éducation des filles" donne une vision négative de la femme « moderne ». Mais un personnage comme Thérèse Desqueyroux est pourtant une de ces femmes qui, par sa curiosité intellectuelle, son esprit critique, son mépris des conventions, son refus de l'« instinct maternel », rompt avec les habitudes de pensée de son milieu bourgeois. Môme chez les plus traditionalistes ou les plus misogynes, certains indices témoignent que les conceptions sont en train d'évoluer.

Ainsi dans Lewis et Irène (1924), Morand trace le portrait d'une femme moderne, une femme d'affaires, rivale victorieuse de son mari Lewis : et si sa misogynie et son ironie se font souvent sentir, il ne peut néanmoins s'empêcher de rendre hommage aux qualités « viriles » d'Irène.

Montherlant lui-même, qui n'est pourtant pas un « féministe », mais qui se veut libre à l'égard des préjugés régnants, renouvelle l'image de la femme. Ses personnages de sportives (Les Olympiques, 1924) représentent la femme redevenue naturelle, débarrassée de la mièvrerie et de la futilité auxquelles l'habitue la société bourgeoise. Et dans la série des Jeunes Filles (1936-1939), qui fut l'un des plus grands succès de librairie de l'entre-deux-guerres, Montherlant dénonce les rapports entre hommes et femmes comme complètement faussés par une sentimentalité niaise, un romanesque conventionnel, qui font de la femme un être faible, asservi, ne méritant que la « pitié »





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