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LA DERNIERE FLAMBEE DU ROMANTISME FEUILLETONESQUE 1852-1866






La censure politique stricte du Second Empire favorisa le développement d'une presse de divertissement, privilégiant le fait divers, le potin mondain... et le roman-feuilleton. Cette nouvelle période du roman-feuilleton est marquée par l'essor de l'image, qui lui est associée : journaux, éditions illustrées et images publicitaires. Ponson du Terrail et Féval dominent une production, qui, malgré quelques modifications dans les intrigues, les types, la représentation sociale et politique, ne nous fait pas encore entrer dans un nouvel espace du sens et de l'imaginaire. Il faudra attendre la fin des années 60 pour qu'apparaissent des changements décisifs, à la fois dans le support journalistique et dans les structures formelles des romans.





I. - Les transformations de la presse



Jusque vers le milieu des années 60, il y eut peu de changements dans la presse, sinon, après l'effervescence de la IIe République, un étouffement de la presse politique, opéré par l'arsenal préventif et répressif mis en place par le décret du 17 février 1852.

Les tirages paraissent, pendant cette période, peu différer de ceux de la Monarchie de Juillet : 37 250 exemplaires pour La Presse en 1856 - le premier des journaux politiques parisiens - 52 000 en 1861. Toutefois, les conditions matérielles sont favorables à une expansion de la presse en général : progrès techniques, développement du capitalisme (les journaux sont de plus en plus commandités par des banquierS), développement de la publicité et des techniques de vente modernes (kiosques à journaux, vente au numéro, accroissement du réseau de distributioN). Les prix baissent : en 1860, l'abonnement courant est de 16 F pour un quotidien politique.

Privés d'aliments politiques, les journaux devaient se rabattre, comme élément d'intérêt, sur le potin mondain, l'anecdote, le fait divers - la voie était ainsi ouverte à la naissance de la grande presse de fait divers, dont le premier organe fut Le Petit Journal, créé en 1863. Ils eurent aussi recours, comme avant, plus qu'avant, au roman-feuilleton : on assiste même à la création d'une presse consacrée presque exclusivement au roman-feuilleton : les journaux-romans.



Exempts de timbre et de cautionnement - parce que non politiques - et non soumis à la censure, à la différence des livrets colportés, les journaux-romans sont des brochures hebdomadaires ou bi-hebdomadaires illustrées de gravures sur bois, de huit ou seize pages in-4°, vendues 5 à 10 centimes le numéro (4 à 6 F l'abonnement annueL). Ils pouvaient contenir quelques articles de variétés, mais étaient surtout consacrés au roman-feuilleton. Ils en publiaient, par épisodes, deux ou trois à la fois. On y trouve beaucoup de reproductions de romans-feuilletons déjà publiés, mais aussi des publications originales. Les auteurs en sont les mêmes que dans la presse quotidienne et les illustrateurs y sont souvent de qualité : G. Doré donna 360 dessins originaux au Journal pour tous, et l'on trouve aussi des illustrations de Bertall, Daumier, Slaal, comme de Castelli, Gerlier, Coppin, Beaucé... Les premiers parurent en 1855 (Le Journal pour tous, qui dura jusqu'en 1880, Les 5 c illustrés. Le Journal du DimanchE), et ils furent suivis de beaucoup d'autres. La moyenne de leur tirage peut s'établir à 20 000 exemplaires (L'Omnibus en 1859 ure à 85 000) et leur pénétration en province est attestée par divers témoignages. Cette alliance de l'image et du roman n'était guère vue d'un bon oil par le gouvernement : une circulaire du ministre de l'Intérieur Billault. le 6 juillet 1860, rappelle aux préfets qu'il convient de surveiller le roman-feuilleton et ses illustrations, suspects d'immoralité.



II. - L'évolution du roman-feuilleton



Le roman feuilleton semble être entré dans une période d'évolution tranquille. Il se multiplie, emplit tous les journaux, se répand sous toutes les formes, du feuilleton des quotidiens à celui des journaux-romans hebdomadaires, et à la revue littéraire, du format pour cabinets de lecture aux livraisons illustrées à 20 centimes ou à l'in-18 à 1 F. Mais cette invasion lente s'opère sans les succès éclatants ni les vives malédictions qui avaient marqué les débuts du roman-feuilleton.

C'est que, en ces premières années du Second Empire, le feuilleton accueille pêle-mêle toutes sortes de romans : Feuillet et Sandeau, romanciers « honnêtes » publient en revue uniquement, comme Cher-buliez et Flaubert, mais des « réalistes » comme Mur-ger, Champfleury ou Duranty paraissent dans les quotidiens aux côtés de Dumas ou Féval. Le roman du journal semble se rapprocher de celui de la revue. Tous deux entrent ensuite dans les mêmes circuits d'édition, et la critique les étudie sans distinction, ne jetant que de loin en loin, par habitude, un ana-thème distrait sur le roman-feuilleton, d'ailleurs jugé, contre toute apparence, en décadence.

Entre 1852 et 1866, il existe donc une grande variété de romans-feuilletons, d'où émergent malgré tout quelques grands noms : Dumas, Féval et Ponson du Terrail, auxquels on peut ajouter, pour les toutes premières années, Sue, qui reste célèbre, malgré l'éclipsé momentanée que lui fait subir son exil.



1. Les grands noms.



A) La fin de Sue. - Exilé depuis le coup d'Etat du 2 décembre, Sue n'en continue pas moins à publier quelques feuilletons dans la presse parisienne, mais sans grand écho : Femand Duplessis paraît dans La Presse en 1853, La famille Jouffroy, puis Le diable médecin entre 1853 et 1855 dans Le Siècle, journal d'opposition.



Sa dernière grande ouvre. Les mystères du peuple, « histoire d"une famille de prolétaires à travers les âges », une tentative pour fonder la lutte des classes sur la lutte des races (l'envahisseur franc devenu l'aristocrate opprimant l'indigène gaulois devenu le prolétairE), n'est pas publiée en feuilletons, mais en livraisons illustrées. Elle a d'ailleurs un gros succès, malgré les poursuites judiciaires qui lui sont intentées et qui aboutissent, en 1857, à sa destruction.



Sue meurt en 1857. Mais sa gloire et son influence lui survivent. S'il n'est guère publié dans les quotidiens politiques, les journaux-romans, moins soumis à la surveillance du gouvernement, reprennent souvent ses ouvres, et entre 1850 et 1856 paraissent ses Ouvres complètes en livraisons illustrées, chez Bry, Maresq et Havard. Elles auront quatre réimpressions avant 1876. Jusqu'à la fin du siècle, Sue inspire bien des développements du roman socialiste et/ou populiste. La gloire de Sue est encore si vivante sous le Second Empire, que lorsque Les misérables paraissent en 1862, un critique de La Revue des Deux Mondes écrit : « Les mystères de Paris ont déteint sur Les misérables, sauf qu'il y a chez Eugène Sue bien plus d'invention, des personnages bien plus variés, des épisodes bien plus curieux. » En 1868 encore, Féval classe Sue parmi les « cinq grands talents consacrés par le triomphe », avec Balzac, Sand, Soulié et Dumas.



B) Toujours Dumas. - Si Eugène Sue a sa place assurée au Panthéon des auteurs populaires du Second Empire, c'est un Alexandre Dumas bien vivant, et toujours aussi productif, qui domine toutes ces années-feuilleton du Second Empire, en même temps que Paul Féval et Ponson du Terrai!. Son activité reste toujours aussi prodigieuse. Durant le bref séjour qu'il fait à Bruxelles en 1851-1853, autant pour fuir ses créanciers que pour marquer son opposition au coup d'Etat, il envisage un moment d'écrire, à l'instar de Sue, cette épopée de l'humanité qui aura tenté tous les romantiques. Elle ne verra pas le jour, et il se contentera d'avoir écrit l'épopée de la France moderne. Déjà bien engagée avant 1850, celle-ci se poursuit pendant le Second Empire par de nombreux romans - depuis Les Mohicans de Paris (publiés de 1854 à 1857 dans Le Mousquetaire, puis dans Le Monte-CristO) et Les compagnons de Jéhu (qui fait grimper les tirages du Journal pour tous en 1857-1858) jusqu'à La San Felice (1864-1865, La PressE), Les blancs et les bleus (La Petite Presse, 1867-1868), et Création et rédem-tion (1869-1870, Le SièclE). Les Mohicans de Paris retracent, en plein cour du Second Empire, la lutte des républicains contre la Restauration.



Le roman commence, à l'instar des Mystères de Paris, dans un cabaret où sont venus s'échouer, en quête d'aventures, un soir de carnaval 1827, trois amis, le poète Jean Robert, le peintre Petrus Herbel, et le médecin Ludovic. Opposés dans une rixe à des hommes du peuple avinés, ils sont secourus au dernier moment par l'arrivée d'un tout-puissant inconnu, Salvator. Celui-ci, un commissionnaire au passé mystérieux, républicain et chef de carbonari, se révèle au cours du roman le protecteur et le maître absolu du petit peuple parisien.



Omniscient et tout-puissant, Salvator est au cour des multiples intrigues du roman, qui toutes démontrent la corruption et l'iniquité de la société de la Restauration. C'est ainsi qu'il aide le pauvre instituteur Justin à sauver la jeune fille qu'il aime. Mina, enlevée par un aristocrate corrompu. Grâce à son chien Roland, il retrouve la trace d'un crime ancien afin de réhabiliter et de sauver le conspirateur bonapartiste Sarranti, que le pouvoir veut charger de ce crime. Enfin, il tue, en légitime défense, le comte Rappt, pair de France et ministrable, canaille qui n'avait reculé devant aucune infamie pour faire carrière. Dans toutes ces intrigues, Salvator, aidé par le pouvoir secret qu'il dirige et par les hommes du peuple qu'il domine (en particulier le colosse au cour tendre, Jean TaureaU), est opposé à la police secrète, dirigée par M. Jackal, policier de génie mais immoral, qui n'hésite pas à s'entourer de dangereux repris de justice. Une foule de personnages secondaires, vivants et hauts en couleur, viennent peupler cette fresque de la société de la Restauration laquelle s'achève sur l'affirmation, énoncée par Salvator à Louis-Philippe en 1830, que la lutte ne cessera qu'avec l'instauration de la République.



Ce roman est une sorte de somme du roman populaire dans les premières années du Second Empire : par son justicier tout-puissant, il rappelle à la fois Le comte de Monte-Cristo et Les mystères de Paris.

Par le rôle qu'y jouent les sociétés secrètes, la police liée à la pègre, l'héroïsation de l'artiste et du médecin, il appartient encore au romantisme et à l'espace sociopolitique de la Monarchie de Juillet. Par l'importance accrue de l'intrigue policière, par la transformation de la figure héroïque (SalvatoR), qui joue le rôle de Providence dans une intrigue où ses intérêts ne sont pas directement en jeu, par sa peinture de la bohème artistique, du demi-monde, et d'une aristocratie corrompue, il annonce déjà une autre esthétique, et se relie à un autre monde sociopolitique.



A côté de ce roman et de bien d'autres (Les louves de Machecoul, dans Le Journal pour tous, 1858-1859; Les mémoires d'Horace, Le Père la Ruine dans Le Siècle, 1860 ; Hector de Sainte-Hermine dans Le Moniteur universel, 1869...), Dumas continue à faire jouer des pièces de théâtre appréciées, souvent tirées de ses romans; il publie ses Mémoires (dans La Presse, 1852, puis dans Le MousquetairE), fonde plusieurs journaux (quotidiens et journaux-romanS), Le Mousquetaire, Le Monte-Cristo, Le Dartagnan, qu'il emplit parfois à lui tout seul, voyage en Russie, en Italie, en Allemagne, en Autriche, écrit de nouvelles Impressions de voyages, fronde l'Empire sous la protection de la princesse Mathilde, et participe en 1860-1861 à l'aventure garibaldienne, dont il se fera l'historiographe.



Sa force créatrice ne diminue pas et il meurt en 1870 en pleine gloire, toujours aussi adulé et recherché d'une foule de lecteurs. Ses ouvres illustrées en livraisons à 20 centimes, éditées entre 1851 et 1857, puis rééditées en 1860, 1861 chez Maresq, Dufour et Mulat, représentent, bien qu'elles soient loin d'être « complètes », l'un des ensembles les plus importants de l'édition populaire : 56 livraisons de seize pages et 721 livraisons de huit pages. Ses imitateurs, plus ou moins talentueux, sont légion. Avec Dumas s'achève toute une époque du feuilleton, placée par lui sous le signe du romantisme et de l'histoire.



C) Le triomphe de Féval. - Dès 1850, Paul Féval fait partie du peloton de tête des feuilletonistes populaires. Il rejoint Dumas et ne sera égalé, sous le Second Empire, que par Ponson du Terrait. En 1865, Barbey d'Aurevilly le dénomme « roi d'un genre dans lequel M. Ponson du Terrail est manifestement le dauphin ». Le Second Empire est la période de sa plus grande gloire : dépassé, auparavant, par Sue et par Dumas, il ne produira plus guère d'ouvres marquantes après 1876.



Mais entre 1850 et 1870, Féval est vraiment le romancier en vogue. Il publie plus de 70 romans, dans la plupart des quotidiens politiques et dans les journaux-romans. D dirige lui-même, brièvement, un journal-roman : Le Jean Diable (1862-1863). De 1850 à 1858, Boisgard publie en livraisons ses « Ouvres complètes » illustrées. Bien vu de l'impératrice, plusieurs fois président de la Société des gens de lettres, c'est lui qui est chargé en 1866 de rédiger le rapport sur le roman qui doit accompagner l'Exposition universelle (il paraîtra en 1868).



Son plus grand succès est sans doute Le bossu, publie dans Le Siècle en 1857. Trente ans plus tard existait encore un papier à cigarettes « Le Bossu », portant sur la couverture le portrait de Féval et celui de Mélingue, qui créa Lagardère à la Porte-Saint-Martin.



Ce qui frappe dans les romans de Féval, c'est le mélange entre un pessimisme social et un lyrisme individuel, le contraste entre une atmosphère fantastique et une satire des mours grinçante, qu'on trouve aussi bien dans ses fresques sociales contemporaines (par exemple, Madame Gil Blas, La Presse, 1856-1857) que dans des romans proches du roman policier, comme Les couteaux d'or (1856) ou Jean Diable (1862), ou dans des romans proprement fantastiques : La sour des fantômes (1852), Le chevalier Ténèbre (1862). Féval est d'obédience romantique. Comme Hugo, il allie volontiers sublime et grotesque, il a le sens du pittoresque, de l'image. Bien des personnages secondaires ajoutent une touche de burlesque à des tableaux souvent sombres : Cocardasse et Passepoil dans Le bossu, Echalot et Similor dans Les Habits noirs... Comme Soulié, il a le goût des intrigues compliquées, manie volontiers l'ironie et l'humour noir - apanage du roman du même nom. Mais le héros romantique tout-puissant et ambivalent dans sa toute-puissance (Rio Santo des Mystères de Paris, Bel Demonio des Compagnons du silence, 1857-1858), cède peu à peu la place, chez Féval, au héros criminel, et à l'innocent persécuté. En cela Féval, à partir surtout des Habits noirs, est bien l'expression de cette société du Second Empire qui ne croit plus guère au progrès moral de l'homme, et fera bientôt du crime le sujet de l'épopée romanesque.



D) Les débuts de Ponson du Terrait (1852-1865). - Le vicomte Pierre-Alexis Ponson du Terrait (1829-1871), né à Montmaur (Hautes-AlpeS) en 1829, arriva à Paris en 1847, après avoir échoué à Navale, pour tenter la carrière des lettres. Comme la plupart des romanciers-feuilletonistes, il commença par publier quelques textes courts, nouvelles, chroniques historiques, dans divers journaux parisiens avant de se lancer dans une ouvre de longue haleine.



Son premier roman fut Les coulisses du monde (1851-1852 dans Le Journal des FaitS), « roman de mours contemporaines » qui donnera son nom au journal-roman qu'il dirigera de 1861 à 1865. De 1852 à 1870, Ponson du Terrail peupla de ses feuilletons de nombreux journaux, particulièrement La Patrie, dans lequel parut la première partie des Rocambole, de 1857 à 1862, mais aussi L'Opinion nationale. Le Pays, La Presse, La Nation, Le Peuple, puis, à partir de 1865, toute la presse populaire à 5 centimes, au succès de laquelle il contribua (Le Petit Journal, La Petite Presse, Le Petit MoniteuR).

Ecrivant sans secrétaire, sans nègre, il eut une production abondante - de 30 à 40 volumes in-8° de cabinet de lecture, environ 10 000 pages par an, 5 500 feuilletons dans la presse quotidienne parisienne de 1850 à 1871, soit 84 romans. Une grande partie de cette production est composée de romans historiques, qui valurent à Ponson du Terrail, de la part d'un critique belge, l'appellation d' « Alexandre Dumas des Batignolles ».

Il écrivit aussi de nombreux romans de mours contemporaines, ainsi Les gandins (L'Opinion nationale, 1860-1861). Mais c'est surtout la série des Rocambole qui passionna l'opinion publique et contribua à raviver l'exécration critique à rencontre du roman-feuilleton.



Commencée en 1857 dans La Patrie sous le titre Les drames de Paris, elle se poursuivit, après une interruption de quelques années, dans la petite presse à un sou (Le Petit Journal, puis La Petite PressE) de 1865 jusqu'à la mort de Ponson du Terrail - et suscita même quelques suites, comme Le retour de Rocambole et Les nouveaux exploits de Rocambole de Constant Guéroult.



Dès la fin des années 50, Ponson du Terrail est, à égalité avec Féval, le romancier-feuilletoniste le plus célèbre du temps. En 1863 il fournit à lui seul cinq journaux en romans-feuilletons, comme Alexandre Dumas en ses plus belles années. Il gagne de 30 000 à 40 000 F par an au moins (un petit artisan, au même moment, gagne environ 1 500 F par aN). La caricature, la légende s'emparent de lui.

D'après un document de 1866, Ponson du Terrail est le plus reproduit des feuilletonistes dans les journaux de province. Il publie également dans d'innombrables journaux-romans, Les Veillées parisiennes, Le Voleur illustré, Le Siècle illustré, La Féerie illustrée, Le Roger Bontemps, Le Roman, etc. De 1862 à 1870, enfin, parut son ouvre en livraisons illustrées (34 fascicules, illustrés par Beaucé, Bertall, Castelli, Nanteuil, Doré, Stall, Coppin, etc.).

Le théâtre entérina ses plus grands succès : deux drames, écrits en collaboration avec Anicet Bourgeois, furent portés à la scène : Rocambole, à l'Ambigu, en 1861, La jeunesse du roi Henri, au Châtelet, en 1864.



Dès Les coulisses du monde, et à la lin de sa vie encore, Ponson nomme sans ambiguïté ses modèles et ses références : Soulié, Sue, Dumas, Méry - et, avant tous, Balzac, l'unique, le maître. Les contemporains ne renièrent pas cette généalogie romanesque que se dressait Ponson : les uns lui trouvent la « vigueur d'imagination » de Soulié, les autres voient en Rocambole le reflet de d'Artagnan, certains critiquent en lui l'exagération d'un réalisme balzacien. Si on nie - à juste titre - la cohérence psychologique d'une ouvre où les personnages se présentent surtout comme des figures abstraites, proches des « rôles » de mélodrame, la description sociale n'est cependant pas absente de l'ouvre. Mais celle-ci vaut surtout par ce qu'elle nous fait percevoir de l'évolution idéologique et imaginaire d'une société, telle qu'elle se mire dans le roman : vision pessimiste, où le mal, dans son éternel recommencement, semble avoir autant de puissance - et plus de séduction - que le bien, dont rien ne le distingue, et où le détournement d'héritage, l'ascension criminelle et la destruction de la cellule familiale remplacent, dans l'obsession collective, la conquête de l'identité et les dangers de la





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