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JOHN DONNE (Chez Donne)






Chez Donne, dans une étude tout à fait révélatrice, Robert Ellrodt voit surtout la manifestation très fréquente d'une rupture dans la continuité de la durée : une disruption, comme disent les Anglais. Donne s'interroge sur lui-même. Son cour est un labyrinthe où il se perd. D'où un dédoublement réfiexif, accompagné d'une incertitude sur les sentiments qu'il éprouve, les motifs qui l'ont fait agir, les projets qu'il a conçus. Il constate que la conscience même d'hésiter et de changer d'objet de réflexion suscite en lui un sentiment d'indétermination fondamentale. « Cherchant à se définir, dit Ellrodt, et n'y parvenant pas, Donne sera hanté par l'idée du néant. »





A cela s'ajoute, toujours selon Ellrodt, le sentiment d'un manque (je dirais plutôt d'une interruptioN), comme dans certaines de ses Elégies funèbres : « Le soleil est perdu, et la terre, et nul artifice de la pensée ne pourra plus diriger l'homme où il voulait aller. » D'où, inversement, la mort considérée comme un jaillissement de l'être après la brusquerie du décès. Ellrodt y voit une volonté de considérer la mort comme une détermination finale s'appliquant à ce qui précédemment en était dépourvu.

Tout ceci n'est pas sans rapport avec la pensée shakespearienne, basée, elle aussi, très souvent, sur l'expérience soudaine, et brutale même, d'une interruption dans le rythme habituel de l'existence - hiatus créant comme une sorte de vide mental, par-delà lequel l'existence réapparaît, mais radicalement changée.



SUR JOHN DONNE



... Il s'interroge sur lui-même. Son âme est un labyrinthe où il se perd. « Riddling, perpkxeâ, labyrinthical soûl». Il échoue à préciser ses désirs les plus profonds. Il avoue, dans le poème Négative Love, « ne savoir ce qu'il voudrait avoir »... D'où un dédoublement réfiexif qui, chez Donne, est accompagné d'une incertitude sur ses sentiments, ses motifs, ses projets. Or la conscience même qu'il eut d'hésiter et de changer devait susciter un sentiment d'indétermination fondamentale : « Je ne puis sans errer me nommer quelque chose... »



Détachant le sujet pensant du sentiment éprouvé, la self-consciousness lance Donne à la poursuite de lui-même. Cherchant à se définir et n'y parvenant point, il sera hanté par l'idée du néant... (Il y a chez luI) un effort pour combler ce « manque » qui est la première manifestation du désir.



« Je veux trouver une autre mort, mortem raptus, une mort de ravissement et d'extase... et en cette mort... je me découvrirai moi-même enterré avec tous mes péchés, enseveli dans mes blessures; et comme un lys jailli de la terre rouge au Paradis terrestre, je verrai mon âme s'élever et jaillir de sa hampe dans le candide éclat de l'innocence. »



Aussi est-ce à travers la fascination exercée par la mort sur l'imagination de Donne que la conscience de soi se révèle le plus subtilement. S'il se complaît sans cesse à se figurer mort, à s'imaginer enseveli, c'est que la mort le transforme en objet, le détermine, le change en lui-même, lui confère la réalité dont il semble éprouver le manque. (Cf. Robert Eldrodt, Genèse de la conscience moderne, p. 73-75.)






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