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JEAN-JOSEPH SURIN






Le thème dominant chez le P. Surin est bien celui de l'indifférence mystique. On le voit développé chez lui avec une ampleur et une profondeur dont il serait difficile de trouver l'équivalent chez quelque autre mystique. Ce thème a pour principe négatif de ne jamais tenir compte dans l'expérience mystique des « qualités limitatives et différentiatrices » que présentent les choses dans la vie normale, toutes étant autant de manifestations égales de la divinité. Il en résulte la disparition provisoire chez celui qui en est le sujet, de la faculté et même de la volonté de distinguer et de différencier entre les objets, quels qu'ils soient, dont il a la perception. « L'âme, apprise à se séparer de toutes choses distinctes et particulières en l'oraison, ne s'attache plus à aucune chose, ne distingue plus les conditions des objets créés, pour en avoir sentiment. Elle n'est touchée ni de la douceur, ni de l'amertume. Le haut et le bas lui sont un. Elle ne tend qu'à la vérité qu'elle connaît et en sa façon qu'elle la connaît, c'est-à-dire universelle, dépouillée de ses qualités individuelles... Sa pratique est de se dépouiller et de se dessaisir sans cesse de tout ce qu'il y a d'individuel et de limité et de particulier, et de se porter à ce qui est innommable et impénétrable » {Catéchisme, p. 112, cité par Leszek Kolakowski : Chrétiens sans église, Gallimard, 1969, p. 488).





A ce texte il faut en rattacher un autre, plus important encore {Catéchisme, part. 8, chap. VI) sur ce que Surin appelle la connaissance indistincte, celle où « l'être est comme englouti dans une lumière qu'on pourrait appeler aussi ténèbres ». Il n'y a pas de doute que cette connaissance proprement mystique, pour Surin, ramène l'être qui la pratique à une perception de la réalité divine, en deçà de toute distinction, à un état où il n'y a ni lumière, ni ténèbre, ni détermination aucune, donc un état tout semblable à celui où se trouve la divinité boehmienne, un état de pure indétermination. Une différence évidente entre Surin et Boehrne, c'est que, pour le premier, il s'agit là, non d'une réalité doctrinale et ontologique, mais d'une pure appréhension psychologique expérimentée par le mystique.



Une autre différence c'est que l'indétermination chez Surin, à la différence de ce qu'on trouve chez Boehrne (ou chez PoireT) est un état passif et non un processus dynamique et dialectique engendré par un manque ou un vide se transformant en positivité, en détermination.



J.-J. SURIN : TEXTES



Il arrive souvent que l'âme dans son oraison est remplie d'une lumière céleste qui ne lui donne aucune idée particulière de quoi que ce soit; elle ne sait ce qu'elle connaît. Tout ce qu'elle peut assurer, c'est qu'elle adore Dieu, pour ainsi dire, au plus haut de son esprit... Ensuite dans la pratique elle est merveilleusement aidée par la vertu de cette lumière tranquille qu'elle a reçue dans son oraison : les connaissances distinctes viennent à propos à son secours; par exemple lorsqu'il s'agit de parler de Dieu, elle tire ses pensées comme d'un Trésor. Ce Trésor n'est autre que cette lumière confuse, qui semblait n'être rien dans le temps qu'elle était communiquée, et qui se trouve ensuite être tout. {Catéchisme spirituel, éd. 1801, t. I, p. 203.)



On peut comparer cette connaissance indistincte à la lumière qui occupe l'air, laquelle rend les objets visibles sans se laisser apercevoir elle-même, ou bien au rayon de soleil qui entre dans une chambre bien fermée...



Si la lumière est toute pure, c'est-à-dire si elle ne se fixe sur aucun objet distinct, elle ne se fait point remarquer. Tout ce qu'on peut dire dans cette opération, c'est qu'on est abîmé en Dieu et comme englouti dans une lumière qu'on pourrait appeler aussi ténèbres, parce qu'elle ne découvre rien à l'entendement dont on puisse dire qu'elle ait acquis la connaissance... L'Etre incompréhensible et sans bornes, ne se communiquant à l'âme qu'à la faveur d'une lumière indistincte et illimitée, demeure plus caché que découvert... (Ibid., part. 8, chap. 6.)






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