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H. VAUGHAN






« Ce que j'écris, dit Vaughan, vient du pays de l'obscurité. » Pour la plupart des êtres le pays de l'obscurité est un lieu (ou un tempS) qui se situe avant leur réveil ou après leur vie diurne, avant leur naissance ou après leur mort. C'est un temps qui ne coïncide jamais avec leur moment de vie. Mais il n'en va pas de même avec Henry Vaughan. Pour lui, le lieu, le temps de l'obscurité, c'est le lieu, le temps de vie. C'est de cette ténèbre actuelle que le chant du poète s'élève; et il semble qu'en s'élevant il se trouve accompagné, supporté, enveloppé par cette nuit.

Mais peut-on vraiment dire que ce chant s'élève ? S'élever, n'est-ce pas se détacher, se hisser au-dessus du milieu ambiant où l'on baigne ? Chez Vaughan, pour ainsi dire toujours, l'âme ne s'élève pas, ou, en tout cas, préférerait ne pas s'élever. La ténèbre où l'on baigne, la ténèbre quotidienne, est plus belle, plus riche, plus profonde que n'importe quel autre endroit, on serait presque tenté de dire : fût-ce le ciel. Le ciel, en effet, est entièrement baigné de lumière, alors que ce qu'il y a de plus beau au monde, du moins pour nous qui y vivons, c'est le lieu qui nous permet de voir cette lumière à travers les ténèbres, de percevoir celle-ci du fond même de la région ténébreuse d'où il est permis de la percevoir ?



Est-ce dire qu'il est toujours préférable de ne voir ce qu'on voit que dans une lumière lointaine ? Que dans une espèce de transcendance établie par la distance ? Oui et non. Vaughan est de tous les poètes celui qui nous fait le mieux sentir le mystère des liens qui rapprochent ténèbre et lumière, terre et ciel, notre âme et Dieu. C'est à partir de la terre, à partir de la nuit, à partir de nous-mêmes que se perçoit ce qui est au-dessus d'elles, au-dessus de nous ; ou plutôt, c'est par une sorte d'association entre la terre et le ciel, entre nous et Dieu, que tout devient, non clair, certes, mais tamisé, pénétrable, communicable, qu'à la transcendance se marie l'immanence. Une affinité profonde relie la nuit et le jour.



C'est cette affinité profonde entre l'obscurité et la lumière que met en valeur la poésie d'Henry Vaughan. On la trouve également formulée dans la pensée de son frère jumeau, le théosophe Thomas Vaughan, avec qui il vivait en étroite union. Thomas Vaughan met en rapport les extrêmes qui pour lui deviennent conciliés. La lumière et l'obscurité se retrouvent unies comme le feu et l'eau, comme le commencement et la fin, comme la monade et la myriade. Chez Robert Fludd, qui a influencé T. Vaughan, toutes choses, à l'origine, ne sont qu'une seule et même chose, le rien et le tout, l'être et le non-être, l'obscurité et la lumière. C'est là une tradition cabalistique. Elle implique l'hypothèse d'un temps originel, où, même en Dieu, il n'y aurait pas de distinctions ni de déterminations.



H. VAUGHAN : TEXTES



... laisse-moi seul, pour que je puisse prendre quelque peu confort, avant que je ne parte pour le lieu d'où je ne reviendrai pas, même au lieu des ténèbres et de l'ombre de la mort. (Citation de Job, 10.21, par Vaughan.)



Ilyaen Dieu, dit-on, une profonde mais éblouissante ténèbre - comme il en va pour ceux qui disent qu'il se fait tard et obscur, parce qu'ils ne distinguent plus rien clairement. - Oh ! que ne suis-je dans cette nuit où moi-même je pourrais vivre quasi invisible et à peine distinct en lui ! (La nuit, poème.)



L'âme pieuse, dans la nuit, est comme une étoile voilée dont les rayons, à ce qu'on dit - répandent leur lumière sur quelque nuage - et qui pourtant plane au-dessus de lui - et scintille et se meut bien au-delà de ce brumeux linceul. (La veillée matinale.)



Une obscurité illuminée par des rayons soudains...

Le pays des ténèbres s'étend sous nos pieds, et pourtant combien peu d'êtres étudient cette région...



Ce que j'écris vient du pays de l'obscurité...

La lumière n'est jamais si belle qu'en présence des ténèbres...

O mort, ô mort si belle, Joyau du

Juste - qui ne brille que dans la nuit. (Poèmes.)



T. VAUGHAN : TEXTES



Le point fut avant toutes choses, mais non à la façon de l'atome ou du point mathématique. Ce fut un point qui se diffusait. Ce qui était présent, c'était explicitement une monade, mais implicitement ce qui était présent était myriade. Il y avait la lumière, mais aussi l'obscurité, le commencement et la fin y étaient contenus, toutes choses et aucune, ce qui est et ce qui n'est pas. (Lumen de J-Mmine.)



Par la médiation de l'air les deux extrêmes, le feu et l'eau, deviennent amis et réconciliés. Ainsi vous voyez que les éléments opposés peuvent être unis par cet ordre et contexture en lesquels Dieu sagement les a placés. (Coelum Terrae.)






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