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Du Roi-Soleil aux régicides - littérature française






La France a traversé, au XVIIIe siècle, les quinze dernières années du règne de Louis XIV (1700-1715), la Régence (1715-1723), le règne de Louis XV (1723-1774), le règne de Louis XVI (1774-1789), la Révolution (1789-1799). On peut y distinguer deux césures marquées, d'ampleur bien entendu inégale, et même incomparable : la Régence et la Révolution.



La Régence (1715-1723)



Louis XIV meurt le 1er septembre 1715, après un règne personnel de 54 ans. Mort guettée et souhaitée, tant la fin du règne avait paru sombre et lugubre (guerres difficiles, crise économique, terrible hiver de 1709, censure intellectuelle...). Son arrière-petit-fils n'a que 5 ans. Pour casser le testament secret de Louis XIV qui limitait les pouvoirs du Régent au profit d'un des bâtards du roi (le duc du Maine, haï de Saint-SimoN), le duc d'Orléans dut restituer au parlement de Paris le droit de remontrances, perdu depuis la Fronde. Malgré tous les efforts (parfois brutauX) de la monarchie, le parlement n'allait plus quitter la scène politique jusqu'en 1789.



Personnage remarquablement intelligent, méconnu et calomnié, le Régent ménagea les diverses oppositions à Louis XIV : haute noblesse ambitieuse (dont le duc de Saint-SimoN) qui voulait participer organiquement aux affaires ; milieux jansénistes pourchassés par le pape (bulle Unigenitus, 1713), les Jésuites et le roi ; parlementaires avides de revenir en scène. D'où l'organisation du régime dit de la polysynodie (1715-1718) : huit Conseils remplacèrent les ministres louis-quatorziens honnis, et permirent de multiplier les places. Mais quatre Conseils furent supprimés dès 1718, les autres en 1723, démonstration faite (et sans doute souhaitéE) de leur lourdeur inefficace. Le système louis-quatorzien se remit en place jusqu'en 1789. Preuve que la noblesse n'avait ni les moyens ni vraiment le désir de partager ouvertement et institutionnellement le pouvoir avec le roi. Elle préférait ses largesses.

Louis XIV léguait une situation financière catastrophique. Plutôt que la banqueroute totale prônée par Saint-Simon, on pratiqua, comme par le passé, des banqueroutes partielles et déguisées, et de grands procès tapageurs contre des financiers. Il manquait une banque comme la Banque d'Angleterre ou d'Amsterdam. John Law (1671-1729) proposa (1716) de faire usage du papier-monnaie. Il devint contrôleur général des Finances en 1720, mais son système s'effondrait la même année.

Innovation politique, innovation économique : deux pôles majeurs de la réflexion philosophique au XVIIIe siècle (on peut lire, par exemple, de Voltaire, l'Homme aux quarante écuS). Mais la Régence fut aussi une libération des mours, à la fois spontanée et encouragée (le Régent s'installe à Paris, rappelle les Comédiens-italiens, inaugure les bals masqués de l'Opéra, et ne cache pas son libertinagE). Le retour de la cour à Versailles, en 1722, laisse sa prééminence à la capitale, et fait un clin d'oil au retour du roi à Paris, en octobre 1789.



La Régence est devenue symbole de libertinage, de fête dissolue, d'impiété frivole. Vue évidemment superficielle, qui n'embrasse que quelques milieux urbains. Mais qui marque profondément l'image du XVIIIe siècle. Faut-il s'en plaindre ? Que le siècle des Lumières soit aussi (même mythiquemenT) le siècle du plaisir ne le disqualifie nullement. Le temps de la vertu revient toujours assez vite. Régence, Directoire : deux réactions, deux « libérations », suivies toutes deux par une sévère reprise en main. Michelet avait son idée en insistant si fort sur la Régence, et Chateaubriand n'hésite pas, dans René, à en faire le signe de la coupure révolutionnaire.



Le règne de Louis XV (1723-1774)



On sait que ce roi a assez mauvaise réputation. Peu importe. Il délègue d'abord le pouvoir à son précepteur, le cardinal de Fleury (1726-1743), homme d'ordre et de paix. Le cardinal tente, comme tout le monde, d'assainir les finances royales, sans trouver de solution miraculeuse. Mais la réforme de 1726 fixe pour longtemps la valeur du franc (jusqu'en 1914 !). Il s'en prend aux Jansénistes, qui possèdent depuis 1728 un journal clandestin (300 prêtres jansénistes sont interditS) ; au parlement de Paris, janséni-sant et gallican, qui s'oppose à l'archevêque de Paris : 139 conseillers sont exilés à Pontoise. L'agitation gagne les milieux populaires, autour de la tombe d'un diacre janséniste, Paris : ce sont les fameuses convulsions du cimetière Saint-Médard, qui ont tant marqué les esprits, et notamment Voltaire. Le cardinal fait fermer le cimetière aux miracles (1732) et, en 1731, le « Club de l'entresol », académie privée de type anglais où l'on discutait trop librement de théorie politique.

Et il tient à l'oil les protestants, qui auraient pu croire un peu trop à la tolérance. On a même cru repérer une proscription des romans et journaux (vers 1737-1739) accusés de corrompre les esprits... Homme d'ordre et de paix, qui inspire sans doute la figure du Ministre, dans la Vie de Marianne, de Marivaux.

En 1743, Louis XV, tel Louis XIV, décide de gouverner sans premier ministre, et peut-être sans véritable vocation. Mais avec l'aide (1745-1764) de la brillante Mme de Pompadour, née Poisson, protectrice des Philosophes et émissaire des milieux financiers. Le milieu gouvernemental se partageait au demeurant entre partisans des Philosophes (Machault d'ArnouvillE) et amis du parti dévot (le comte d'Argenson, à ne pas confondre avec son frère le marquiS). Machault d'Arnouville, contrôleur général des Finances de 1745 à 1754, tenta une des grandes réformes du siècle : faire payer davantage les privilégiés (clergé, noblessE), grâce au vingtième (le 20e du revenU) applicable à tous. La protestation fut vive, immédiate : assemblée du clergé, parlements, aumôniers de la famille royale inquiets pour le salut des âmes. En mars 1751, le roi cède. Le privilège avait bloqué le réformisme monarchique. Louis XV choisit aussi le compromis dans le conflit spectaculaire (1752-1757) qui opposait au parlement le clergé, acharné à interdire les sacrements à tout individu suspect de jansénisme : affaire des billets de confession (passeport spirituel signé par un prêtre non jansénistE). C'est dans ce climat tendu qu'eut lieu, le 5 janvier 1757, l'attentat de Damiens (un coup de caniF) qui permit au parti dévot d'interdire l'Encyclopédie, source de tout ce mal.

La période suivante est dominée par le duc de Choiseul (1719-1785), qui gouverne de 1758 à 1770, et se consacre surtout à rétablir la situation militaire et diplomatique. La guerre de Succession d'Autriche (1741-1748) avait peu rapporté à la France, mais beaucoup à son allié prussien (SilésiE) : c'était « faire la guerre pour le roi de Prusse ». La guerre de Sept Ans (1756-1763) met la France dans le camp russo-autrichien, contre la Prusse et l'Angleterre. Elle se solde par un désastre humiliant : armées françaises écrasées (Rossbach, 1757), empire colonial quasiment liquidé (traité de Paris, 1763 : un événement considérablE).

Choisi par Mme de Pompadour, estimé des Philosophes, désireux de plaire à l'opinion publique, soucieux de se concilier les parlements, Choiseul sacrifie... les Jésuites, dont l'ordre est aboli en novembre 1763. Alliance conjoncturelle de la philosophie et du gallicanisme parlementaire, car les parlements ne sont nullement favorables aux Philosophes, pas plus qu'aux protestants (affaires Calas, La Barre, condamnations de Rousseau, d'Helvétius, etc.).



De 1770 à 1774, Louis XV tente de régler enfin la question du parlement et celle des finances. Maupeou (1714-1792) n'y va pas de main morte : l'édit du 23 janvier 1771 abolit la vénalité des charges, rend la justice gratuite, morcelé le ressort du parlement de Paris. Voltaire... et le parti dévot soutinrent cette réforme radicale, qui entendait mettre fin aux grèves de la justice et aux tentatives de contrôle parlementaire sur la monarchie. Tout aussi brutalement, l'abbé Terray (banqueroutes partielles, emprunts forcés, etc.) réduisit le déficit budgétaire. La mort inattendue de Louis XV remit tout sur le tapis.



Le règne de Louis XVI (1774-1789)



« Dans les circonstances où se trouve la monarchie française, il faudrait au jeune roi de la force et du génie » (Frédéric II). L'impossible n'eut évidemment pas lieu. On rappela les parlements, trop populaires. Mais Turgot (1727-1781), contrôleur des Finances, proposa une nouvelle réforme des impôts et une nouvelle politique économique : subvention territoriale payée par tous les propriétaires ; abolition de la dîme et de presque tous les droits féodaux ; abolition des corporations, des corvées, des entraves à la circulation des denrées. Programme conforme aux grandes idées physiocratiques et qui engageait la monarchie dans le sens d'un despotisme éclairé. Car il préconisait également des assemblées municipales et provinciales élues par les propriétaires, chargées d'étudier les problèmes et de formuler des « voux ».

Le programme fut abandonné dès 1776, car il heurtait trop d'intérêts coalisés. Le parlement de Paris protestait solennellement contre une « égalité de devoirs » propre à produire « le renversement de la société » (mars 1776). La disgrâce de Turgot (1776) fut suivie (1781) de celle de Necker (1732-1804).

Le renversement, à partir de 1770-1780, de la tendance économique favorable, accentua le blocage politique et financier de la monarchie. La guerre d'Indépendance américaine (1776-1783) aggrava le gouffre de la dette.



Il fallut en venir à la convocation des états généraux, réclamés par... le parlement de Paris, qui s'y était opposé depuis près de deux siècles (1614), pour tenter de résoudre la crise. La Révolution était lancée. Elle devait aboutir, le 18-Brumaire an VIII (1799), dans les bras d'un général républicain, ami des arts, des armes et des lois, soutenu (malentendu très provisoirE) par les Idéologues, héritiers directs de la pensée des Lumières.






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