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DU DEVENIR DES PERSONNAGES DE PERRAULT EN ROUMAIN






Dans les pages qui suivent, nous comparerons neuf traductions des contes de Perrault du point de vue des solutions trouvées pour les différentes dénominations des personnages : sobriquets, noms propres non signifiants, noms de professions, relations de famille, espèces. Ce qui nous intéresse en tout premier lieu ce sont les attitudes des traducteurs par rapport au texte source, au texte cible et, implicitement, par rapport à leur public, attitudes qui, à notre avis, transparaissent dans la manière de traiter ce problème particulier.



La première raison en est que les dénominations sont la plus grande et la plus « visible » difficulté de traduction de ce genre littéraire. Aucun traducteur, qu'il soit chevronné ou non, plus ou moins soucieux du résultat final, ne pourra la contourner et ne pourra éviter de prendre des décisions nettes (ce qui ne veut pas toujours dire «justifiées »). Les choix finaux des traducteurs éclairciront donc, dans une première étape, leur position envers des problèmes ponctuels et, ensuite, ils pourront constituer des indices pertinents de l'attitude globale envers la traduction.



Deuxièmement, notre décision d'aborder cet aspect repose sur lîmportance des dénominations dans ce type de texte. Les contes étant des textes courts et denses, un minimum de mots doit transmettre un maximum dmformation. Il ny a pas de longues descriptions des personnages : leurs noms - au sens le plus large du terme - doivent exprimer l'essentiel. Cela explique pourquoi les personnages sont si souvent désignés par des sobriquets, par leur profession ou par leur position dans la famille et si rarement par des noms propres non signifiants, plus neutres et moins connûtes. En traduction, les protagonistes du conte doivent être caractérisés par leur désignation autant que dans l'original ; une équivalence réussie sur ce plan apportera au texte plus de cohérence et d'information que ne le feront les notes explicatives.



Corpus



Pour des raisons d'unité du corpus et afin d'éviter l'interférence avec des problématiques d'un autre ordre (par exemple, la prosification dans le cas de Peau d'ÂnE), nous analyserons ici les huit contes publiés en prose du vivant de l'auteur, c'est-à-dire : La Belle au bois dormant, Le Petit chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître Chat ou Le Chat botté, Les Fées, Cendrillon ou le pantoufle de verre, Piquet à la Houppe et Le Petit Poucet.

Les traductions en roumain que nous avons retenues sont les suivantes :

Perrault, Charles, Motanul încâHat, trad. Dan Faur, éd. Cartex 2000, 2003. i (DF)

Perrault, Charles, Contes de fées - Basme eu zone, édifie bilingvà, trad. Gabriela Sârbu. Ed. Cantemir, 1991. (GS)

Perrault, Charles, Prumoasa dxn pddurea adormitâ. Povesti Memorii, trad. Teodora Popa, col. « Biblioteca pentru to{i », Bucuresti, Editura pentru Literaturà, 1968. (TP)

Perrault, Charles, Povesti eu vrûjitori si zane, trad. Sarina Cassvan, Bucuresti, Editura Tineretului, 1966. (SaC)

Perrault, Charles, Povesti eu zone, trad. Petronela Negosanu, Bucuresti, Editura Corint, 1998. (PN)

Perrault, Charles, Povesti eu zane, trad. Silvia Colfescu, Bucuresti, éd. Vremea, bibliografie scolarâ, 2000. (SiC)

Perrault, Charles, Povesti, trad. Smaranda Cosmin, Bucuresti, Gramar, 2001. (SmC)

Perrault, Charles, Povesti, trad. Ion Râscanu, col. « Biblioteca pentru top; », nr. 855, Bucuresti, Editura Librâriei Léon Alcaly, s.d. (après 1910, peut-être 1914). (IR)



Perrault, Charles, Poueçtile mamei mêle gâsca, trad. Muguraç Constantinescu, Bucuresti, Omegapres, 1992. (MC)

Perrault, Charles, Scufifa Roçie, trad. I.L. Caragiale si Sarina Cassvan, pref. Stancu Ilin §i D. Zarafu, Bucuresti, éd. Floarea Darurilor, 1996 (SaC).2

La diversité de ces traductions assure les prémisses d'une variété de stratégies. Ces textes s'étendent sur une période assez longue (de 1914 environ jusqu'à 2003) et ils ont été publiés par des maisons d'édition célèbres (tels Editura Tineretului ou Editura pentru Literaturâ) ou peu connues (par exemple, Floarea DaruriloR).

En plus, sous l'étiquette générale de « littérature pour l'enfance et la jeunesse », les noms des traducteurs annoncent des approches différentes : Sarina Cassvan - traducteur de contes du roumain vers le français dans les années 30 et écrivain de littérature pour l'enfance, Dan Faur - écrivain avant-gardiste, Muguras Constantinescu -spécialiste de Perrault, Silvia Colfescu - éditeur.

Quelques observations s'imposent encore. Les volumes ne contiennent pas tous l'ensemble des textes soumis à l'analyse, mais nous ne nous intéresserons pas pour lïnstant aux raisons qui expliquent ces sélections, n faut remarquer également que, à part la traduction de Ion Râçcanu et celle de Teodora Popa (qui font partie de deux collections intitulées « Biblioteca pentru toti » [La bibliothèque pour tous]), tous les textes s'adressent principalement ou exclusivement aux enfants, ce qui est suggéré soit par le titre du volume, soit par la présentation (couvertures attractives, éventuellement présence des illustrationS), soit, tout simplement, par l'appartenance à des collections spécialisées.

Nous n'avons pas inclus dans notre corpus le texte Fât-Frumos eu mof *n frunte de I. L. Caragiale parce qu'il ne s'agit pas d'une traduction proprement dite, l'auteur lui-même déclarant qu'il a écrit le conte « d'après » Riquet à la Houppe de Perrault. D'ailleurs, ce texte a bénéficié de l'excellente analyse comparatiste de Albumi^a Muguras-Constantinescu .



Objectifs



Nous nous proposons de répondre ici à une série de questions visant à mettre en évidence le rapport du traducteur avec le texte source et sa vision sur ce que le texte en roumain devrait offrir au lecteur.

Le traducteur essaie-t-il de faire connaître à son public le contexte social et historique de la France classique à laquelle renvoient les personnages? Peut-on distinguer une approche globale cohérente dans tous les textes d'un même traducteur ? Quels sont les points communs des différentes traductions? A-t-on affaire à autant de (rE)lectures des contes de Perrault ? Quelles dénominations paraissent-elles avoir acquis une forme définitive en roumain et quelles autres continuent-elles à stimuler la créativité des traducteurs ?

Enfin, il sera intéressant de savoir si le lecteur roumain a, comme le public français, accès à plusieurs niveaux de lecture. Autrement dit, la traduction offre-t-elle des clés de lecture ou seulement la transposition d'une trame narrative ? Bien sûr, seule l'analyse du traitement des dénominations des personnages ne donnera pas la réponse complète à cette question, mais elle offrira un indice pertinent en ce qui concerne la stratégie de traduction dans son ensemble. L'unité interne des textes est tellement forte que la manière d'aborder les personnages devrait refléter l'approche d'autres désignateurs culturels.



Méthode



Nous approchons le corpus par type de dénomination des personnages ce qui facilite une comparaison systématique des diverses solutions.



Pour l'interprétation proprement dite des dénominations originales, nous utilisons surtout le Lexique établi par Marc Soriano.5 Cette étude présente l'avantage de rendre compte des différentes hypothèses pertinentes avancées au cours du temps sur les significations possibles des mots choisis par Perrault et de présenter les définitions que certains termes ont reçues dans des dictionnaires et des ouvrages normatifs du XVII siècle. À cela s'ajoutent aussi des commentaires minutieusement argumentes qui font de cet ouvrage un instrument très utile pour la compréhension de l'ouvre de Perrault.6

Enfin, les dénominations sont traitées dans l'ordre de leur apparition dans l'édition citée ci-dessus et les différentes traductions sont identifiées par les initiales de leurs auteurs (voir corpuS).



Sobriquets



Les sobriquets sont un élément clé dans les contes : d'un côté parce qu'ils désignent les personnages principaux et, de l'autre, parce qu'ils ont le rôle de décrire des caractères.7 Le traducteur aura donc la tâche facilitée par le fait qu'il n'hésitera plus entre la restitution de la forme originale et la recherche d'une forme acclimatée, mais en même temps il devra trouver effectivement des solutions appartenant au même registre, qui aient à peu près les mêmes connotations et qui soient tout aussi acceptables dans la langue cible.

Les noms des deux enfants de La Belle au bois dormant présentent des degrés de difficulté différents. Aurore se prête très bien à la transposition Aurora, et par le genre et par le sens ; d'ailleurs, un seul traducteur (DF) s'écarte de cette solution immédiate et propose la variante Zori-de-Zi Le sobriquet Jour, par contre, s'oppose à la traduction littérale par la différence de genre entre les deux langues mettant à l'épreuve la créativité des traducteurs. D'autant plus que Perrault explique le choix du nom : « un fils, qu'on nomma le Jour, parce qull paraissait encore plus beau que sa sour ». Donc, des variantes autrement acceptables, tels Ziorel (MC) ou Zori-de-Zi (TP, PN), désemparent le lecteur roumain, tandis que Zi (DF, SiC, GS) et Soare (IR, SaC) ont le mérite de satisfaire aux exigences de cette explication.

Le sobriquet la Barbe bleue se laisse facilement transposer en roumain, encore une fois la coïncidence de genre permettant de garder la surprise d'un nom féminin pour un personnage masculin, ce qui fait que les seules variations rencontrées sont d'ordre orthographique : Barbâ Albastrâ, Barbâ-albastrâ, Barbâ-Albastrà. Mais l'explication que reprend M. Soriano pour le choix de l'adjectif bleue peut nous faire douter de la pertinence de albastrâ comme équivalent de bleue : « La barbe de la Barbe Bleue est, selon toute vraisemblance, noire, et même si noire qu'elle en paraît bleue ».8 Le Petit Robert renforce nos doutes en expliquant le terme maladie bleue : « état morbide provoqué par une malformation congénitale du cour et des gros vaisseaux avec coloration bleue des téguments » ou encore en rappelant les syntagmes « être bleu de froid, de colère. Colère, peur bleue ». Le roumain albastru ne développe pas les mêmes connotations, seul l'adjectif variât nous parraît s'approcher du sens logiquement pertinent du français bleu.

Mais il y a au moins deux raisons pour lesquelles une autre traduction, même plus « correcte » et objective, n'aurait pas beaucoup de chances de s'imposer : le public s'est parfaitement approprié le personnage sous ce nom et, qui plus est, le conte est le genre de lïnvraisemblable par excellence - donc la logique du texte n'en est nullement troublée.



Pour le syntagme le petit chaperon rouge il existe une seule traduction en roumain, avec quelques différences d'orthographe. Curieusement, Perrault choisit les minuscules pour ce surnom, même si d habitude il écrit à la majuscule des noms moins importants (Palais, Voisine, etc.). En traduction roumaine, c'est tout le contraire : minuscules dans le second cas et au moins un S majuscule dans le premier (Scufifa Rosie, Scufipx-Rosie, Scufifa-ro§iE).

Cendrillon est, certainement, un des surnoms ayant une forme consacrée en roumain, seul la traduction de IR alternant Cenusâreasa et Cenusereasa. La rime masculine n'est plus là, mais, pour les raisons déjà mentionnées, on ne pourrait envisager de la « récupérer » que dans le contexte d'une traduction/interprétation toute nouvelle du recueil entier.

L'autre sobriquet du personnage, Culcendron/Cucendron, est soit évité en traduction (SaC), soit - dû à sa position secondaire dans le texte - il fait l'objet de traductions diverses et intéressantes car elles démontrent la créativité des traducteurs : Curuçàreasa (MC), Co§àrifa (DF, TP), Mochia/mochie (YR), încenu§atâ (SiC), Fund de Cenuçà (GS), Cenuçara (PN).

Avant de passer à l'élément suivant, il faut remarquer qu'il existe des sobriquets devenus traditionnels au sujet desquels il ny aura peut-être plus jamais d'intervention de la part des traducteurs {Barbâ Albastrâ, Cenuçàreasa, Scufifa Roçie sont, peut-être, les meilleurs exempleS) sans le risque d'un total dépaysement du lecteur qui s'est déjà habitué à ces formes, tandis que d'autres sobriquets, avec un rôle secondaire dans le texte ou moins fréquents, offrent plus de liberté au traducteur.



Parmi les raisons qui expliquent la consécration de la première catégorie, la pertinence des solutions trouvées est la plus importante. Ces sobriquets sont parfaitement intégrables dans le contexte cible car ils remplissent leur fonction informative et, en même temps, ils ont la sonorité et le naturel d'un sobriquet original. À cela s'ajoute toute une série de facteurs qui consolident leur position tout en contraignant les traducteurs à les adopter lors de chaque nouvelle version : la présence des sobriquets dans les titres des contes, l'apparition d'un même personnage chez les frères Grimm (une bonne équivalence sera donc renforcée par les traductions de l'allemand aussI), le besoin de repères relativement fixes du jeune public et les nombreuses adaptations artistiques des contes, qui font appel aux formules consacrées en littérature (pensons, par exemple, au ballet CendriUon, dont le titre en roumain est toujours CenuçâreasA).

Riquet à la Houppe n'est sujet qu'à des variations mineures autour du même schéma : conservation du nom propre non signifiant et explicitation du deuxième terme {Riquet cel Mopzt / Riquet-cel-mopxt / Riquet Motatul / Riquet Pdmâtuf/ Riquet mofatul / Riquet cel eu mofj.

Sous l'aspect des libertés et des contraintes du traducteur, Le Petit Poucet est un cas à part. Bien qu'il existe une variante entérinée, Degefel, dont la position est renforcée par l'existence de deux autres contes traduits très populaires - Tom Degefel (par John ReeveS) et respectivement Degetica (par Hans Christian AnderseN) - deux traductions de notre corpus proposent d'autres solutions {Prichindel chez DF, Prichindelu'- Degefelu'chez GS).



Noms propres non signifiants



Avant de passer à l'analyse proprement dite, précisons le fait que les personnages désignés par des noms propres non signifiants sont, sans exception, secondaires. Par contre, même s'ils ne changent pas de rôle dans la narration, en traduction ils acquièrent plus d'importance10 parce que, repris avec leur nom original, ils deviennent la marque de l'appartenance du texte à une autre culture." Ils ne seront plus neutres pour le public étranger comme pour les lecteurs du texte d'origine ; d'où l'attention particulière quîls méritent même s'ils n'apparaissent qu'une seule fois dans le texte.



L'ordre établi au début nous oblige à commencer par un des cas les plus problématiques. En effet, le premier nom propre non signifiant du recueil est Mataquin (« royaume de Mataquin »). Est-ce le nom d'une personne ou d'un pays ? Est-ce un nom inventé par plaisir12 ou une désignation à connotations ésotériques ? (l'hypothèse existe...).



L'écart entre les solutions trouvées par les neuf traducteurs rend leurs hésitations évidentes : deux d'entre eux ont choisi d'éliminer complètement le nom propre (SmC, PN), sans doute parce qu'ils ont soupçonné l'existence d'une connotation cachée et ont préféré éviter tout risque d'erreur ; cinq autres ont opté pour le toponyme Mataquin, considérant que leurs lecteurs sont familiarisés avec l'orthographe française ou qu'une prononciation selon les règles du roumain serait suffisamment intéressante pour justifier ce report14 ; enfin, IR (apparemment le premier traducteur de Perrault en roumaiN) choisit le patronyme Mataquin. Seule SaC donne effectivement une interprétation au nom par son « regatul Matagun » qui, au-delà de la prononciation facile en roumain, présente l'avantage de susciter des connotations de malice, tout comme l'original Mataquin.

Le nom de la chienne Pouffe jouit de l'avantage d'une sonorité agréable en roumain et les traducteurs ont tous exploité cet aspect. En roumain, ce mot garde sa résonance onomatopéique et sa rime masculine, mais il intervient des différences au niveau de l'orthographe. Dans la plupart des cas, le nom français est reporté -probablement pour les raisons déjà mentionnées, SiC recourt à une acclimatation (PufA) et SmC préfère la transcription Puf.



Le mystère de « l'empereur Cantalabutte » n'a pas encore été résolu, à notre connaissance, par les spécialistes de Perrault. M. Soriano ne reprend pas ce terme dans son Lexique, d'ailleurs extrêmement détaillé. Les traductions de notre corpus non plus ne s'ingénient pas trop à donner des interprétations et préfèrent le traiter en nom propre non signifiant. Une fois de plus, la plupart des traducteurs recourent au report, seuls IR et SaC proposant des formes à sonorité apparentée, mais plus adaptées au roumain : Cantalabut et Cantalabuta (cette deuxième variante ayant l'avantage de l'ambiguïté de genre qui existe en français égalemenT).

Le terme pourrait avoir une origine toponymique, donc il ne serait pas inadéquat d'envisager une création lexicale qui fasse valoir en roumain quelque terre « voisine » de notre espace culturel. Mais cette solution ne saurait fonctionner que si la traduction adopte la même position par rapport à tous les noms propres et elle n'est pas utilisable, en principe, dans les éditions bilingues.

Anne (sour de l'épouse de la Barbe bleuE) devient sans exception Ana. Ce choix n'est pas toujours justifié par une démarche de traduction harmonisée des noms propres non signifiants, mais plutôt par la facilité de l'équivalence. On pourrait argumenter ce procédé par le rôle secondaire du personnage, mais, comme nous l'avons précisé plus haut, cette catégorie de signes revêt une tout autre importance en traduction. Souvent, ce sont les noms propres qui situent effectivement le texte dans l'une ou l'autre des deux cultures. Dans le cas de Anne, nous pensons que l'utilisation du nom roumain Ana aurait dû être accompagnée, sinon par des choix analogues au niveau du recueil dans son ensemble, au moins par une traduction acclimatation (absente dans tous les cas analysés icI) de dragon et mousquetaire qui apparaissent dans le même conte et qui sont des notions étrangères à l'espace roumain.



Selon le Lexique de M. Soriano et des preuves historiques qui coïncident d'une manière étonnante à certains détails du Chat botté, le marquis de Carabas est directement inspiré d'un personnage contemporain de Perrault, le comte de Caravas, « fortement enrichi par la faveur royale »15. D'ailleurs, comme par mégarde - et il paraît que Perrault n'était pas homme à laisser des détails lui échapper - le marquis de Carabas est nommé comte une fois au cours du texte, inadvertance « corrigée » dans toutes les traductions de notre corpus. Mais, puisque certaines éditions françaises corrigent elles-mêmes la « faute », il est clair que cette omission ne peut pas être imputée exclusivement aux traducteurs.16 Pour ce qui est du nom propre Carabas, il fait l'objet d'un report dans tous les cas. Sa consécration en roumain est certainement due à la facilité de l'assimilation phonétique. L'opacité de l'allusion ironique ne constitue nullement une entrave, car le petit détail historique fourni par Soriano est très peu connu aux lecteurs français aussi.

Fanchon (prénom présent dans Les FéeS) jouit du même traitement uniforme. Malgré la prononciation difficile ou même impossible selon les règles du roumain et le rôle mineur (une seule occurrencE) de ce nom plutôt courant en français, tous les traducteurs recourent au report. Cette observation, ainsi que celle qui concerne le nom Anne, font penser que, souvent, les décisions ont été prises en fonction du degré de difficulté d'équivalence des termes et non pas selon une stratégie de traduction globale.

Javotte (prénom d'une des sours de CendrilloN) est en quelque sorte un sobriquet car il renvoie, par sa sonorité, à de mots à connotation négative. Ainsi, M. Soriano rappelle-t-il javeau (défini, en 1690, dans le Dictionnaire Universel, contenant tous les mots français de Puretière, comme « île faite nouvellement au milieu d'une rivière par alluvion ou amas de limon ou sable »17) et javart (maladie du chevaL). Une autre hypothèse tentante et qui pourrait être exploitée en traduction est l'utilisation du «javanais », qui consiste à intercaler av ou va après chaque syllabe.

Les traducteurs roumains ont presque tous choisi de garder ce prénom avec son orthographe d'origine, probablement parce que, par un heureux hasard, la racine jav- renvoie en rourrïain aussi à un mot couramment utilisé avec une connotation fort négative. La seule exception est la traduction de SaC qui propose la variante Judita, moins transparente pour les jeunes lecteurs (comme l'original français, d'ailleurS), mais éloquente pour le public adulte qui y trouve une fine allusion à un personnage biblique. La consonne initiale est gardée malgré la tradition qui a imposé Ridita en roumain. On voit donc l'essai d'adopter une attitude équidistante par rapport aux deux textes (original et traductioN). Le nom est interprété, acclimaté, mais il lui reste une petite résonance étrangère.



Le prénom masculin Guillaume - ayant lui aussi un rôle mineur dans l'économie du texte - disparaît dans la plupart des cas cédant la place à des appellatifs neutres (« bàrbate ! », «tu»), sauf dans la traduction de LR où il est remplacé par un prénom roumain quelconque (« Neagule ») et dans celles de TP et GS (édition bilingue oblige !) où, bien sûr, il reste inchangé.

Quant à Pierrot (nom du fils de Guillaume et frère du Petit PouceT), soit il devient Petrisor ou Petricà (diminutifs roumains fréquentS), soit il reste Pierrot. Bien sûr, on peut se demander alors pourquoi les traducteurs qui ont adopté les diminutifs roumains pour Pierrot n'ont pas choisi un équivalent roumain pour Guillaume et pourquoi les traducteurs qui ont adopté Pierrot tel quel ont évité le report Guillaume. Encore une fois, ce peut être le signe de l'absence d'une stratégie de traduction d'ensemble et d'un traitement ponctuel et non pas global des problèmes qui apparaissent dans ces textes.



Titres de noblesse



En ce qui concerne les titres des membres de la famille royale, les écarts par rapport aux équivalences traditionnelles en roumain sont rares (domnitâ en alternance avec prinfesâ chez DF et împârat et împârâteasâ chez SiC) et sans autre rôle que celui d'éviter les répétitions18. La raison en est simple : les termes respectifs font partie du lexique habituel des contes en roumain, une adaptation plus poussée ne s'avérant pas tout à fait nécessaire.

Par contre, Grand Seigneur (au singulier dans Le Chat Botté et au pluriel dans CendrilloN) est une réalité occidentale moins ou pas du tout familière au jeune public roumain. Sa traduction fait donc problème. Lots de sa première occurrence, il est soit acclimaté {domn de vazâ chez MC, boier mare chez SiC et GS, mare dregâtor la curte chez SaC), soit traduit par un emprunt (mare senior chez TP, IR et PN). Pour sa forme plurielle, les solutions trouvées sont moins variées : nobili / mari nobili / seniori mari de la Curte / nobili de seamâ de la curte / seniori de la curte. On voit donc, encore une fois, un manque d'harmonisation dans la plupart des traductions.



Le même problème apparaît pour Seigneur du Village, les solutions visant pour la plupart, cette fois-ci, l'adaptation à la culture cible par équivalence ou explicitation: bogâtasul satului (MC) / stàpânul satului (TP) / boierul (DF, SiC) / proprietarul satuhii (IR) / proprietarul mosiei (SaC). Trois autres traducteurs choisissent seniorul satului (GS, SmC, PN), en concordance avec la première occurrence du mot seigneur.



Noms de professions



Les noms de professions pourraient constituer à eux seuls le sujet d'une étude, tant ils sont nombreux et tant ils exigent une grande finesse terminologique de la part du traducteur. Tous ne posent pourtant pas le même degré de difficulté ou n'ont pas été traités de manières très diverses dans les traductions analysées, aussi avons-nous jugé plus utile de nous attarder sur les cas les plus intéressants et de passer tout simplement en revue les solutions proposées pour les termes moins problématiques.

Enfin, précisons que ce qui est systématique en traduction c'est l'utilisation des minuscules malgré la présence des lettres majuscules initiales dans l'original.

Voilà ci-après la liste des termes désignant des professions pour la traduction desquels il ny a pas eu de variations notables :



L'énumération des gens de la Cour que Perrault fait dans La Belle... n'est pas toujours traduite avec beaucoup de précision et, à faire une comparaison entre les neuf traductions, le lecteur pourrait être étonné par l'ampleur des différences. Maîtres d'Hôtel est rendu par bucàtari sefi, majordomi ou rândasi, Galopins par feciori, copii de casa, câlârefi ou strengari, Marmitons par rândasi, ajutori de bucàtari, olari, curieri, ucenici la bucàtârie, ajutoare, Palefreniers par grâjdari, vizitii ou rândasi

Le terme Officiers est lui aussi victime de confusions, d'autant plus quîl est utilisé quatre fois dans le recueil, à chaque fois avec un sens différent. Tout d'abord dans l'énumération des personnes de la Cour, cas dans lequel nos traducteurs optent surtout pour ofiperi, mais aussi pour shijUori (TP) ou curteni (PN), variantes très différentes, mais acceptables toutes tant que le contexte ne donne pas dîndications supplémentaires qui nous fassent pencher en faveur de lune ou de l'autre.

Par contre, les Officiers qui servent le repas à la Princesse et au Prince sont moins probablement des militaires (comme le font penser quatre des traductions par l'utilisation de q/îfeN) et plutôt des gens employés pour les travaux courants de la Cour (stujitori chez TP et PN, supusi chez IR, oamenii prinfesei chez GS et curteni chez SmC).

Les mêmes observations valent pour Officiers de sa Garde-robe (cas où les traductions alternent entre stujitori/îngrijitorii hainelor/pâzitorii garderobei et of%eri/'ofiferi din garda/ofiÇeri care se ocupau de garderobà/ ofiferi care aveau vesmintele în grijâ). Dans le cas de officiers nécessaires pour faire un festin, il n'existe pas de confusion entre le sens militaire et celui non militaire, très probablement dû à la grande clarté du contexte (les solutions sont l'omission du terme, slugi trebuincioase la pregàtirea unui mare ospâf, shigi trebuitoare pentru a pregâti un ospàt màref, slujitori de care e nevoie la un ospâft.

Le mot gentilhomme apparaît cinq fois dans le recueil, les variantes préférées étant gentilom et nobil ; les termes cavaler, nobil cavaler et (tânâR) de vifâ apparaissent chacun une fois dans le corpus. Excepté les deux derniers termes, qui ne renvoient pas à un espace culturel particulier, les solutions trouvées (des empruntS) gardent la couleur locale.



Les Suisses sont mentionnés deux fois dans La Belle... : dans l'énumération des personnes endormies et lorsque le prince se rend compte que les gens du château ne sont pas morts en voyant les nez rouges des Suisses et les gouttes de vin dans leurs tasses. La traduction par soldapi, gârzi, însofttori n'est certainement pas fautive20, même si la particularité culturelle est effacée (par contre, les variantes portari, shigi, paznici sont beaucoup plus vagueS), mais, s'il existe une intention ironique chez Perrault, elles se perd en traduction (seules SiC et SaC emploient soldap. dingarda elvepanâ ou garda elvepianà). En plus, l'omission de ce terme précis, relativement courant en roumain, nuit à la richesse informative du texte. Souvent, on le traduit différemment lors de ses deux occurrences dans le texte sans qu'il y ait une autre justification que le souci de ne pas trop charger le texte de désignateurs de réalités extralinguistiques différentes (portari / slugi chez TP, însoptori / servitori chez IR, paznici / soldafi din garda chez GS).

Même si le mot sorciers ne désigne pas des personnages proprement dits (on parle de leur existence potentiellE), nous nous arrêtons sur ce terme pour faire une observation intéressante : vràjitori (équivalent masculin usuel et parfaitement acceptablE) n'est repris que par deux traducteurs (SiC, GS), six autres traducteurs préférant le féminin vrâjitoare et une seule traduction ignorant le fragment (MC). Ce choix est, très probablement, une acclimatation due au fait que le personnage féminin soit, de loin, plus familier que celui masculin dans l'espace roumain.

Le terme Grand Aumônier désigne le premier aumônier de la Cour des rois de France, donc, il confirme une fois de plus la volonté de Perrault de situer ses contes dans un décor inspiré par son époque. Dans ce cas, la réalité désignée est analogue à celle de la culture cible, mais elle possède pourtant un certain degré de spécificité.21 Les traducteurs choisissent une traduction-acclimatation et, selon le cas, gardent plus ou moins une nuance d'étrangéité. Ainsi, TS utilise preotul curp.i regale qui renvoie à un espace culturel occidental (ne serait-ce que parce que dans les contes roumains on a affaire le plus souvent à des empereurs, non pas à des roiS), tandis que MC, DF, IR préfèrent preotul (solution qui donne au moins une information partiellE) et les autres choisissent marele preot, marele preot al casteluhii ou preotul cel mare qui effacent les marques de l'espace chrétien défini dans le texte d'origine.

La diversité des solutions trouvées pour désigner le Maître d'Hôtel de la Reine Mère de La Belle... montre que ce personnage jouit de plus d'attention que ses homologues cités dans rénumération et encore une fois les traducteurs proposent des solutions diverses. Le personnage est soit placé sur l'échelle hiérarchique supérieure (primul ei servitor - TP, shljitorul ei - PN), soit situé à un rang inférieur (bucàtar - IR, SiC, SaC), soit rendu par un terme approximativement équivalent (seful bucàtarilor - DF, çeful bucàtar - GS, mai marele bucàtarilor -MC). Il n'existe pas d'harmonisation avec la première occurrence du terme et le mot roumain majordom, consacré comme désignant précisément cette réalité occidentale, n'est pas repris par ceux qui l'avaient accepté une première fois.

Le dragon de La Barbe bleue est traduit soit par dragon, soit par cavalerist, une seule traduction (PN) répétant l'homonymie française par l'utilisation de dragon pour les animaux fantastiques de La Belle... aussi bien que pour le titre militaire.

Le terme procureur, qui apparaît une seule fois dans Le Chat Botté, passe presque inaperçu dans le texte d'origine. Or, tel n'est pas le cas pour procuror (TP, IR, SmC) ou encore procurator (PN) en roumain, car ces termes sont trop attachés à d'autres périodes historiques pour désigner une profession du XVII siècle ou pour permettre l'effacement de la réalité désignée dans le texte français. C'est pourquoi les solutions suivantes paraissent plus pertinentes : omission du terme (SaC ; le terme notaire est utilisé seuL), avocat (MC ; moins intégré dans le contexte historique, mais correcT), judecàtor (SiC) ou împuternicit (GS).

La hardiesse22 (et l'ironie, si l'on pense à l'attitude habituelle que Perrault adopte dans ses textes envers les femmes23) du terme bûcheronne ne reparaît que chez MC qui n'hésite pas à produire le même effet par l'usage d'une construction similaire en roumain, tâietoarea de lemne ou, tout simplement, tâietoarea Les autres traducteurs évitent de nommer le personnage par sa profession et le définissent par son statut familial, dans un registre de langue peu soutenu : nevasta.



Êtres fantastiques



Catégorie moins nombreuse que celle des humains, les êtres fantastiques ne posent pas de grands difficultés en traduction soit parce que les équivalents roumains existent, soit parce que le personnage étranger est déjà connu et a une désignation consacrée dans la langue cible.

Commençons par les Fées qui se penchent sur le berceau de la princesse de La Belle.... Trois possibilités de transposition s'offrent aux traducteurs : l'équivalent lexical habituel du mot en roumain (zânâ), acclimatation par l'équivalent roumain adapté au contexte (ursitoarE) ou une formule mixte (zânâ ursitoarE). Les préférences vont, en général, dans la direction de la première variante ; SaC garde son attitude constante d'adaptation à la culture cible par le choix de ursitoare et SmC cherche le compromis en utilisant zânâ ursitoare.

Le titre Les Fées n'enregistre d'écart par rapport à la forme Zânele que dans un seul cas (SmC), où il devient, sans justification, Zânele ursitoare.

Dans La Barbe bleue, ce mot disparaît de toutes les traductions analysées caché derrière un participe (vrâjitâ): « car la clef était Fée » Une autre solution possible, à laquelle on a recouru pour la traduction des contes de Ispirescu en français, c'est l'adjectif nâzdrâuanâ.

La seule hésitation majeure apparaît, une fois de plus, là où le domaine roumain n'offre pas d'équivalent parfait. Ainsi, pour la traduction de dragons les traducteurs s'attachent soit à une position clairement cibliste (balauri chez MC, SiC, zmei chez IR et GS et balauri înaripap. chez TP, DF et PN), soit à une position sourciste (dragoni chez SaC, SmC).

Pour les autres personnages fantastiques, on n'enregistre pas beaucoup de variantes : Nain - pitic, Ogre/Ogresse - câpcâun/zmeu/câpcâuneasâ/câpcâunâ/zmeoaicâ. Quelques précisions s'imposent. Tout d'abord, remarquons que seul IR utilise zmeu et cela encore comme équivalent et de dragon et de ogre. Par contre, le féminin zmeoaicâ est préféré aux autres formes, sans doute à cause de sa consécration dans les textes roumains du genre.



Relations de famille



Cette catégorie de personnages ne pose pas de grandes difficultés, certainement parce que les réalités désignées sont communes. Les seuls choix à opérer restent ceux qui concernent le registre de langue et, à cet égard, le modèle des contes roumains a été adopté par la plupart des traducteurs. Les formulations « neutres » (genre marna lui sont plutôt rares, la préférence nette étant pour des termes et des formulations du registre familier, voire populaire : maicâ-sa, nevastâ-sa, etc. Cette même observation s'applique aussi aux appellatifs.



Animaux



La première version connue des contes de Perrault, celle de IR, utilise pisicâ pour traduire chat, avec toutes les maladresses et les inadvertances que le changement de genre entraîne {pisica încâlpatâ, coana pisicâ, mais aussi... mare senioR). Toutes les traductions ultérieures ont fait appel à motan en créant ainsi un personnage traditionnel en roumain: Motanul încâlfat.

Enfin, on ne peut que déplorer la quasi-disparition de ma mère l'Oie, le personnage qui se cache derrière tous les autres. Les titres des recueils roumains sont des plus divers, souvent différents des titres des éditions françaises. Un seul s'appelle Povestile Mamei mêle Gâsca et ce n'est pas un hasard s'il appartient à une spécialiste de Perrault, M. Constantinescu, qui, en plus, explique dans une sorte de conte-postface l'origine des textes.

Que ce titre fût une ironie malicieuse à l'adresse de Boileau ou non, qu'il cache une difficulté de traduction ou non (oie était un terme usuel pour désigner les nourriceS), nous considérons que l'éviter ce serait appauvrir et fausser le sens surtout si on recoure à des titres qui ne reflètent pas vraiment le contenu du livre (nous pensons surtout à Povesti eu urâjitori si zânE).



Conclusions



Ces observations permettent d'esquisser une réponse à nos questions. On constate, donc, quïl n'existe pas de traduction qui favorise, dans son ensemble, un seul côté - la culture source ou la culture cible, et, sans trahison de l'auteur, on ne pourrait même pas rêver dun tel résultat.

Le lecteur des Contes en roumain26 aura constamment conscience quïl se trouve devant un texte étranger (noms propres, références culinaires et autres référents culturelS), mais il ne sera pas « dépaysé » par rapport aux attentes quïl a envers ce genre littéraire : les termes nobiliaires typiquement occidentaux se mêlent à une terminologie spécifique à l'espace culturel roumain, le registre de langue est essentiellement celui des contes roumains (voir le traitement des appellatifS), les êtres fantastiques sont le plus souvent ceux du répertoire traditionnel et les surnoms sont dans la lignée des sobriquets roumains, dû peut-être à la parenté des cultures et des langues.

Les traductions analysées permettent-elles une lecture complexe de l'auteur Perrault ? À cet égard, les choses sont moins faciles à cerner.

En général, les traductions ne conservent soigneusement que la trame narrative et la morale (dans le sens d'« enseignement » ; il ne s'agit pas de la Morale en vers qui clôt chacun des contes originaux, le plus souvent ignorée en roumaiN). Du point de vue des dénominations des personnages, on peut observer que les traducteurs fournissent des solutions à des problèmes ponctuels plutôt que de les intégrer dans une stratégie de traduction visant un conte entier et, encore moins, le recueil dans son ensemble. Un public qui s'attend à retrouver dans ces textes un style particulier, des informations sur une autre époque et un autre espace culturel ne saurait repérer tous les référents culturels du texte d'origine, car le recours à la traduction-acclimatation est fréquent. Mais, il ne faut pourtant pas oublier que les livres s'adressent principalement aux enfants et que les traducteurs ont peut-être voulu éviter de surcharger le texte de référents culturels. En plus, les traductions sont souvent accompagnées d'une petite préface qui situe l'auteur et le recueil dans le contexte de l'époque.

On peut donc conclure que Perrault, cet écrivain que l'Erwyclopedia Universalis appelle « le plus énigmatique des grands classiques français »27, n'a pas encore livré tous ses secrets en roumain. Les solutions trouvées jusqu'ici, si ingénieuses qu'elles fussent parfois, laissent pourtant la voie libre à d'autres téméraires. Même si le public roumain s'est déjà approprié certains personnages au point qu'il n'en connaît pas toujours la provenance, les Contes de ma mère l'Oie sont tellement riches qu'ils continueront à inciter les traducteurs.






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