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DERNIERS COMBATS DE BOSSUET






Le mariage du Dauphin (7 mars 1680), met fin au préceptorat. Bossuet n'est pas d'assez bonne famille pour l'archevêché ou le cardinalat. Nommé évêque de Meaux (2 mai 1681), il consacre la majeure partie de son temps à son diocèse jusqu'en 1693 (d'où des sermons d'un style plus simplE). Mais on le rappelle pour les oraisons funèbres de la Reine (1683), la Palatine (1685), Le Tellier (1686), Mme d'Uxelles (1686), Condé (1687). Il fait figure de chef spirituel de l'Église de France et combat sur plusieurs fronts, à un moment où les problèmes religieux ne manquent pas (p.,322-323). Pour un gallicanisme* modéré : sermon Sur l'unité de l'Eglise (1681), rédaction des Quatre articles à l'Assemblée de 1682. Contre l'Usure (1682, publié en 1753). Contre la Réforme (il approuve la RévocatioN) son Histoire des variations des Églises protestantes (1688, suivie d'un Avertissement aux protestants, 1689-1691), émaillée de portraits intéressants (Calvin, MelanchtoN), affirme la vérité d'un dogme immuable, condamne un schisme né de l'esprit de libre examen, voué aux polémiques et ruineux pour le dogme, prend pour erreur non seulement les fluctuations, mais tout ce qui procède de l'évolution historique et de la réflexion critique. Pour la réunification religieuse, en vue de laquelle il correspond avec Leibniz (1691-1694 et 1699-1702): l'un propose une fédération, mais l'autre exige une conversion. Contre le théâtre (1694, p. 333). Contre tous les plaisirs de ce monde [Traité de la concupiscence, 1693, publié en 1731).



Et surtout ce champion dogmatique de la soumission à la vérité et à l'ordre établis combat les deux grandes nouveautés de cette fin de siècle : l'esprit critique et le spiritualisme mystique.



1. Contre la raison critique



Pour Bossuet, il ne s'agit pas d'établir mais d'adorer « la vérité [...], reine qui a dans le Ciel son trône éternel et qui doit régner sur la raison même » (3 avril 1661). «Je vois un grand combat se préparer contre l'Église sous le nom de la philosophie cartésienne » : sous prétexte de tout « entendre clairement », on développe « une liberté de jugement qui fait que, sans égard à la tradition, on avance témérairement tout ce qu'on pense » (1687). Sûr de sa vérité, le nouveau « Père de l'Église » (La BruyèrE) l'impose par la force. Il fait détruire ['Histoire critique du Vieux Testament (6) de R. Simon, qu il fait exclure de l'Oratoire. Il fait interdire les conférences de l'abbé de Launoy, le « dénicheur de saints » et poursuivre par la Sorbonne* l'érudit Elliès du Pin, qui étudie sans respect aveugle les Pères de l'Église et les dogmes des premiers chrétiens. Les orientations de Male-branche l'inquiètent ; il cherche à l'effrayer, à faire saisir ses Méditations chrétiennes et son Traité de la nature et de la grâce. Contre toutes ces tendances, il entreprend en 1692 une Défense de la tradition et des saints Pères (inachevée, publiée en 1743). Il reprend son Discours sur l'histoire universelle pour répondre à Spinoza et aux libertins. Cette lutte multiforme est apparemment victorieuse. L'avenir montrera qu'il s'agissait d'un combat d'arrière-garde.



2. Contre le quietisme (1695-1699)



Bossuet joue un rôle actif dans l'examen de la doctrine de Mme Guyon, qui aboutit aux Articles d'Issy (p. 367). Pour expliquer le compromis à son avantage, il écrit une Instruction sur les états d'oraison (1696) et la soumet à Fénelon. Pour éviter de refuser son approbation, celui-ci renvoie le manuscrit sans le lire et publie une Explication des maximes des saints sur la vie inte'rieure (28 janvier 1697). Bossuet, offensé, publie son Instruction (mars 1697). C'est la querelle publique, qui va dégénérer en « grouillement d'ambitions, d'égoïsmes, de bassesses et de lâchetés » (L. CogneT), d'autant que la vérité n'est pas seule en cause. D'un côté Bossuet, chef politico-religieux, appuyé par Mme de Maintenon - sincère peut-être mais irritée contre Fénelon et jalouse de Mme Guyon - par l'essentiel de la Cour, des ministres, de l'épiscopat, et la plupart des jansénistes. De l'autre, appuyé par les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers, ministres, et par la plupart des Jésuites, Fénelon, haute figure intellectuelle et morale mais aussi précepteur de l'héritier du trône, qui fait figure de futur Premier ministre réformateur. Bossuet soupçonne son « ambition démesurée » d'avoir voulu « gouverner totalement le roi » et placer ses « créatures dans les postes les plus élevés » (Madame*, 20 juillet 1698).



Dans cette affaire, Bossuet n'a pas le beau rôle. Tout n'a pas été écrit ; on a fait disparaître certains documents ; néanmoins ce qui reste est accablant. Mais il faut aussi comprendre. Sûr d'avoir raison, habitué à parler en maître, Bossuet assène les affirmations (7). Irrité par les répliques précises et subtiles de Fénelon, il se dédit ou maintient ce qui est devenu mensonge, ou recourt à la force. Car il a de son côté cette dangereuse facilité : le pouvoir. Fénelon décide de soumettre ses Maximes au Pape (27 avril 1697). Bossuet intrigue à Versailles et à Rome. « Nous avons pour nous Dieu, la vérité, la bonne intention, le courage, le Roi, Mme de Maintenon [...]. On se servira de la main du Roi pour écrire au Pape » (29 juillet 1697). Et il fait écrire en effet, contre toute vérité, que Sa Majesté « a fait examiner » le livre de Fénelon « par des évêques » et « par des docteurs et religieux savants de divers ordres, qui tous unanimement » l'ont déclaré « très mauvais et très dangereux ». A Rome, il est représenté par son cher neveu, violent, galant, sans scrupules, pour qui Fénelon « est une - bête féroce » (25 novembre 1698).

Le 30 avril 1698, le Saint-Office se prononce : cinq voix pour, cinq contre. Des arguments théologiques, Bossuet en vient aux attaques personnelles, aux insinuations sur les relations entre Fénelon et Mme Guyon. Dans sa Relation sur le quie'tisme (26 juin 1698), « ni charité, ni vérité » (Y. ChampailleR). Mais il a du talent : phrases courtes pour une fois, alternance de rigueur logique et d'indignation lyrique. « Il est de la dernière conséquence pour la religion et pour l'État d'étouffer dans sa naissance une cabale de fanatiques » (29 juin 1698). Fénelon est en disgrâce et Louis XIV exige sa condamnation. Le Pape cède, mais ne prononce qu'un simple bref contre quelques aspects secondaires des Maximes (12 mars 1699, P- 367). Bossuet triomphe, sans voir que sa victoire est un peu celle du pouvoir sur la spiritualité - sur laquelle à force de controverse, on était presque venu à un accord. Mais il a « le déplaisir de voir élever » son adversaire « infiniment au-dessus de lui dans le jugement du public » (Hébert, curé de VersailleS).



3. Le lyrisme religieux



A partir de 1687, Bossuet abandonne l'éloquence officielle : les circonstances où il les prononce permettent à ses sermons d'être plus simples (8). Ses factums polémiques se distinguent par leur vigueur. Mais il écrit aussi de belles lettres de direction et surtout des méditations lyriques : Considérations sur ces paroles de saint Jean : « N'aimez pas le monde » (1693, publiées en 1731 sous le titre trompeur de Traité de la concupiscencE) ; Méditations sur l'Évangile fl695, publiées en 1731) ; Elévations sur les mystères (1695, publiées en 1727).



Bossuet poursuit son combat. Il fait condamner le laxisme par l'Assemblée du clergé (1700) et milite pour la réunification religieuse. Il fait censurer la traduction du Nouveau Testament de R. Simon (1702). Il complète sa Politique tirée de l'Écriture sainte (1701-1703) pour lutter contre Grotius, Spinoza, Jurieu et l'idée d'un contrat social : c'est notre déchéance qui rend nécessaire la société et le pouvoir absolu venu de Dieu. Depuis 1695, il séjourne plus souvent à la Cour que dans son diocèse. Mais la maladie le frappe. Il se prépare. « J'adore donc, ô mon Dieu, ce coup tout-puissant de votre main souveraine ; j'entre dans la voie de toute chair [...]. Quand vous verraije, ô principe qui n'avez point de principe ? [...] Tais-toi, mon âme, ne parle plus. Pourquoi bégayer encore quand la vérité te va parler ? » Il meurt le 12 avril 1 704. Quelques mois plus tard, son secrétaire, reçu chez Fénelon, voit en celui-ci « un rare exemple de modestie [...] et un exemple encore plus rare de désintéressement ». Ni chez lui, ni dans son entourage « je n'aperçus [...] envers personne de ces airs hautains et méprisants que j'ai tant de fois éprouvés ailleurs ».






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