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Arthur RIMBAUD - LE DORMEUR DU VAL, COMMENTAIRE






La citation suivante est extraite de l'ouvre de Pierrre de Boisdeffre, critique littéraire français, qui note, à propos de l'ouvre et de la personnalité "météorique" de Rimbaud: «Peut-on parler de Rimbaud comme d'un mort? Non, si l'on considère que son influence et son action n'ont cessé de grandir depuis qu'il nous a quittés. Qui donc, parmi ses pairs -Verlaine excepté - se serait douté que l'aventurier qui venait de mourir sur ce lit d'hôpital de Marseille, le 10 novembre 1891, serait un jour considéré comme un des plus grands écrivains français de son siècle? Le silence gardé par Rimbaud pendant les quinze dernières années de sa vie terrestre avait préparé cette vie posthume. Car l'histoire littéraire ne coïncide pas nécessairement avec l'Histoire tout court: si l'irruption de Rimbaud dans nos Lettres fait partie, désormais, et d'une manière irréversible, du destin de notre poésie, elle a davantage coïncidé avec l'édification d'une légende qu'avec l'action d'un homme pratiquement ignoré de ses contemporains. »



Pierre de BOISDEFFRE



ARTHUR RIMBAUD (1854 - 1891)



Né à Charleville (ville des ArdenneS) le 20 octobre 1854, élevé sévèrement par sa mère (la "mother". comme il l'appelle dans ses lettres, une femme inflexible, dure, obligée par les difficultés de la vie d'élever toute seule quatre enfantS), Arthur Rimbaud reste dans la littérature comme le symbole du génie poétique précoce et de la révolte adolescente. Au collège de la ville, il commence par être un élève brillant (il excelle d'abord dans la composition de vers latinS), lit beaucoup et, surtout, assimile beaucoup (il se gave d'occultisme et de kabbale, lit Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, les poètes: Hugo, Baudelaire, Les Parnassiens, Edgar PoE), mais bientôt il se révolte ouvertement contre le milieu familial, contre les convenances, contre la morale et la religion, contre la «vieillerie poétique». À partir de 1870, sa poésie se fait l'écho de cette révolte inférieure contre toutes les formes de tabous et d'asservissements. Son professeur de rhétorique, Georges Izambard, lui-même poète, encourage ses essais poétiques. «Le dormeur du val» et surtout «le Bateau ivre», son poème le plus célèbre (qui ne sera d'ailleurs publié pour la première fois qu'en 1883), tout comme Roman, sont composes quand il n'avait pas encore 17 ans. Sa rencontre avec Paul Verlaine, qui l'avait invité à Paris («Venez, chère grande cime, on vous attend, on vous admire»), en 1871, suivie d'une rupture dramatique en 1873 (quand, à Bruxelles, celui-ci le blesse d'un coup de revolveR), marque la fin d'un rêve, (celui des "Fils du Soleil") qu'il relate dans le récit à'«Une Saison en Enfer».



Aventurier de la poésie, aventurier de la vie, «voyou», «mage», «Fils du Soleil», «voyant» («Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir» - le Bateau ivrE), ce révolté et cet insoumis par excellence, qui se refusait à toute contrainte de la morale («La morale est la faiblesse de la cervelle» - Délires H), est tout d'abord un mythe. Son ouvre, comme celle de tous les grands écrivains de tous les temps, échappe à toute interprétation systématique, et surtout dogmatique.



Ouvres principales:

Poésies (Bateau ivrE) (1871); Une Saison en Enfer (Bruxelles, 1873); Illuminations (1886).



TEXTES

LE DORMEUR DU VAL



C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des *haillons D'argent, où le soleil, de la montagne fière, Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu. Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son Ht vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme: Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine; Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD. Poésies, 1871



LE DORMEUR DU VAL

COMMENTAIRE



Ce sonnet, datant du mois d'octobre 1870 est inspiré par la guerre franco-prussienne de 1870(/71). André Guyaux considère que l'inspiration de Rimbaud est, ici, plutôt littéraire que vécue. Le poème se présente aux yeux du lecteur sous la forme d'un sonnet . C'est une description précise, pittoresque, détaillée, les vers en sont d'une virtuosité, d'une technique surprenantes. Le lecteur a l'impression que le poète, tel un invisible spectateur, débouche tout à coup dans un paysage paradisiaque, un véritable jardin édénique, «un trou de verdure », dans un «petit val qui mousse de rayons». Il nous décrit le paysage; puis, s'avançant, il découvre tout à coup un jeune soldat: il s'en approche et le décrit. On pourrait rapprocher cette technique employée par le poète du procédé moderne utilisé dans la cinématographie: le travelling (le travelling avanT). L'oil, le regard découvre(nT), l'un après l'autre, de nombreux détails. C'est, presque, un inventaire d'éléments qui soulignent, qui mettent davantage en relief, tout ce qui a trait à la vie, à la gaîté, au bonheur, à la joie de vivre. Le vert, couleur de la végétation par excellence, couleur de la chlorophylc, jumelé au jaune du soleil, autre symbole éternel de vie et de lumière, nous plongent dans ce coin de vie, de nature, de paradis, comme dans un océan primordial de bonheur, de félicité, où tout "luit", rayonne ("mousse de rayons"), reflète par mille nuances l'éternelle joie du jardin d'Éden.

Le poème comprend deux parties: le cadre et le tableau.

Le cadre

Toute la première strophe du poème insiste sur ce cadre, avec une grande richesse d'images visuelles et d'effets sonores: "un trou de verdure", le "petit val qui mousse de rayons", "le soleil de la montagne fière", les "*haillons d'argent" accrochés aux herbes, la rivière qui "chante" (détails sonores, renforcés par la présence des "r"), tout cela concourt à créer une ambiance de "genèse" du monde, à'«âge d'or» dans le style des poètes de la Grèce Ancienne . La luxuriance des détails n'a d'égale que la richesse des splendeurs de la Nature étalées dans ce poème. À cela s'ajoutent les effets olfactifs, "les parfums", mentionnés dans la dernière strophe (le second tercet du sonneT). On pourrait rapprocher cette belle évocation de la nature paradisiaque faite par Rimbaud de celle évoquée dans le célèbre roman "Robinson Crusoc" par Daniel De Foe. Chez l'adolescent Rimbaud, qui, en tant qu'élève, avait fait preuve d'une grande capacité d'assimilation, "Robinsonner" à travers les différents romans était quelque chose d'habituel.



Le tableau

Dans ce cadre de végétation luxuriante, à cette véritable fête de la nature, de la lumière (cette lumière divine, "la clarté divine") , dans ce mariage des couleurs et des sons, authentique symphonie des merveilles de la Création, "orgie" de la vie, "orgie" des couleurs, "hymne mystique " à la beauté de la Nature qui se pare de tous ces / ses bijoux pour devenir encore plus belle, à cette Nature qu'on pourrait identifier à la déesse Gê (GayA) des Grecs, et dont le nom évocateur nous fait penser à tout ce qui est "gai", à tout ce qui est "joie" de vivre, dans ce coin des merveilles, nous découvrons un "soldat", "jeune" qui "dort", "bouche ouverte", "tête nue" dans "le frais cresson bleu". "Etendu dans l'herbe", sous la voûte céleste, "sous la nue", comme dit le poète, "les pieds dans les glaïeuls", "pâle", comblé par tant d'affection de la part de cette mère Nature, il s'efforce de sourire, mais il sourit pourtant comme sourirait un enfant malade, couché par sa mère dans les splendeurs d'un lit vert où même la "lumière pleut".

La rivière qui chante (accrochant follement aux herbes des *haillons / d'argent...) lui offre ainsi la plus merveilleuse des berceuses, ce trou de verdure lui offre l'hospitalité de sa fraîcheur, le ciel lui offre, lui aussi, avec cette générosité qui est l'apanage de la seule nature, sa lumière qui "pleut" et le lave ainsi de toutes les souillures (^impuretéS), de toutes les souffrances. Le poète s'adresse à la nature comme à une mère aimante et la supplie de le bercer, car le soldat a froid. Dans le deuxième tercet il constate que les parfums ne "font pas frissonner sa narine", le soldat reste insensible aux beautés et aux charmes que cette nature en fête étale pour lui: "Un soldat... dort", "les pieds dans les glaïeuls, il dort", "il fait un somme", "il dort dans le soleil" - répète plusieurs fois le poète. Le mystère du contraste entre cette Nature en fête et le sommeil du soldat n'est dévoilé que dans le dernier vers. Le poète ménage une véritable surprise au lecteur: ce contraste est voulu, préparé de main de maître. la surprise demeure totale jusqu'au moment où le lecteur se rend compte que les "deux trous rouges" du côté droit du dormeur du val ne sont que l'antithèse du "trou de verdure" du premier vers. Au "trou de verdure" du premier quatrain, symbole de vie, il lui oppose les "deux trous rouges" du second tercet, images de la mort, du sommeil de la mort, plus exactement, car la mort n'est pas nommée directement, brutalement, mais suggérée, comme si une sorte de pudeur l'empêchait de profaner la joie de la fête de la nature par une notation brutale et assassine. La mort n'est pas nommée, elle est suggérée. Nous restons toujours dans le domaine du sommeil, du songe, du rêve, car: "qu'est-ce que la vie de l'homme par rapport à la Nature?" L'homme n'est qu'un instant de l'éternelle vie de la Nature. Tout n'est que le songe d'une nuit d'été (ShakespearE).



VERT (VIE, NATURE, PARADIS, ÉDEN. JOIE, PURETÉ, COULEUR DU RÈGNIZ

VÉGÉTAL) 9* ROUGE (MORT, SANG, SOUFFRANCE, COULEUR INFERNALE)

VERT (s VIE) ROUGE (= MORT)



Certains critiques insistent sur le fait que la nationalité du soldat n'est pas mentionnée. C'est tout à fait normal, car Rimbaud, ennemi déclaré de toute forme de contrainte, de soumission (obéissance, sujétioN), abhorre (hait, exècre, déteste, a en horreuR) la guerre (lui qui se fera trafiquant d'armes en Abyssinie!!! - c'est un autre trait déconcertant de ce véritable mystère et météore de la littérature françaisE) et condamne, de cette façon, les atrocités dont des soldats et même les civils, allemands ou français, comme celui, inconnu, mais jeune, du sonnet, sont devenus des victimes pendant cette guerre franco-prussienne de 1870 / 1871.



Guide de lecture:

LE SOMMEIL DE LA MORT

1. Lisez le poème une première fois en entier et précisez l'effet de surprise que nous réserve (ménagE) le dernier vers.

2. Relisez ensuite le poème. Quelles expressions annoncent la «surprise» finale?

3. Quel est le mouvement suivi par le regard? De quel procédé cinématographique peut-on le rapprocher?

4. Relevez les notations de couleurs dans l'ensemble du poème. Quel changement notez-vous entre la lre et la 2e strophe? Où se situe le principal contraste?

5. Quelles images tendent à personnifier la nature? Commentez-les.

6. Ce sonnet contient plusieurs rejets expressifs. Relevez-les et commentez-les brièvement.

7. Comparez le 1er et le dernier vers du poème. Que constatez-vous?

8. Peut-on deviner quels sont les sentiments du poète?



ROMAN



Celte pièce, qui ne parut pour la I-re fois que dans le reliquaire de 1891, fait partie du recueil remis par Rimbaud à Paul Demeny en octobre 1870 et est datée, sur le manuscrit, du 23 septembre 1870. Rimbaud était alors à Douai, chez les tantes d'/zambard, mais l'aventure qu'il évoque concerne une jeune fille de Charleville, dont il parlera plus tard à un ami, et à laquelle U aurait donné rendez-vous dans le square de la gare, en dépit d'un père «à l'âme magistrale».

CHASSANG, Senninger



Roman n'est pas un texte que l'on puisse expliquer facilement au sens traditionnel du mot, et comme beaucoup d'autres poèmes de Rimbaud (le Bateau ivre, par exemplE), il faut lire et relire ce poème, ce "roman" d'une passion que le poète même ne prend pas trop au sérieux.



Ce poème d'Arthur Rimbaud, débutant sur un ton badin , présente une passion adolescente. Le ton humoristique est présent dès le commencement, dès le titre même: «On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.». Malgré ce ton humoristique, c'est une véritable sentence chargée d'un contenu voulu qui renforce le "sérieux" du titre: ROMAN. C'est un poème d'amour, un "roman d'amour", mais c'est d'abord / et surtout un poème et un véritable roman d'""humour". Dès la première strophe nous constatons que le poêle préfère la compagnie de la nature au bruit (= au tapagE) des "cafés [tapageurs] aux lustres éclatants". La compagnie agréable de la Nature est évoquée (= surprise, saisie, décritE) par ses tilleuls qui "senieni bon dans les bons soirs de juin", par l'air doux, par le vent "chargé de bruits ("- la ville n'est pas loin -") qui a des parfums de "vigne" et de "bière", par un coin de ciel nocturne vu à travers les branches des tilleuls "verts". Toute cette imbrication d'images visuelles, olfactives et sonores n'a qu'un seul but: mettre en parallèle ces deux mondes, souligner le contraste entre l'univers confiné (des caféS) et la liberté qu'il éprouve à l'extérieur, sous les "tilleuls verts de la promenade". L'évocation des beaux soirs de juin est magistralement réalisée: on a l'impression de (reS)sentir les parfums des tilleuls qui embaument l'air, ces parfums qui "font frissonner nos narines"'00, nous éprouvons même la chaleur de cet été en parfaite harmonie (consonancE) avec ces "dix-sept ans" si souvent mentionnés tout au long du poème!



Ce "roman" est aussi un poème des premiers élans amoureux, des premières émotions, poème d'une première aventure où se mêlent, toujours sur ce ton badin, la timidité, l'enthousiasme, la fierté. L'évocation de la jeune fille "aux petits airsxharmants" passant "sous l'ombre du faux-col effrayant de son père" est surprise sur le même ton humoristique. L'adolescent "amoureux" se sent "naïf, presque ridicule, surtout quand ses amis, le considérant de "mauvais goût", le quittent. Et pourtant, il espère, il attend {"loué jusqu'au mois d'août"), il écrit ("Vos sonnets La font rire"), et son attente sera récompensée. La surprise que T'adorée" lui niénage(rA) sera complète: un soir elle daignera lui écrire. Ce soir-là, il rentrera, victorieux, aux cafés éclatants, et tout en demandant "des bocks ou de la limonade" goûtera la splendeur de ce bel été, lui qui avait été "loué" (= amoureuX) jusqu'au mois d'août.



Ce poème de Rimbaud, cette fantaisie sentimentale, vaut surtout par les hardiesses langagières, par certaines innovations introduites par le poète de sieze ans dans la structure de ce "Roman" d'amour, qui est important pour nous tant à cause de la passion décrite, cette passion adolescente, qu'à cause de l'évolution et, surtout, de la révolution réalisées. Il ne faut surtout pas oublier que la révolution accomplie par Rimbaud dans le domaine de la poésie se trouve exprimée (au moins dans certains de ses aspectS) sous la forme de certaines modifications orthographiques (typographiqueS), comme le verbe "Robinsonner", forgé par le poète de seize ans à la suite de ses lectures (il avait beaucoup lu et surtout beaucoup assimilé), pour souligner certaines nuances, la présence de ces curieuses majuscules (c'est bien ausssi le cas du fragment de vers: "Vos sonnets La font rire.") là où l'on s'attendrait à des minuscules, étant destinée à surprendre, à saisir cette vérité: le cour fou de l'adolescent amoureux ne lui permet pas de se concentrer sur ses lectures, il va à l'aventure comme l'avait fait le cour du célèbre héros de Daniel Defoe. La majuscule "L" de "Vos sonnets La font rire." joue aussi un rôle important: souligner la dimension occupée, prise par la présence féminine de "l'adorée" dans le cour du poète! (Rimbaud met volontiers une telle majuscule aux mots qui servent à designer un être respecté et aimé). C'est comme une note musicale présente sur une partition (= notation d'une composition musicalE), rendue plus visible, plus manifeste par des innovations audacieuses de ce type.



D'autres aspects relevant de la ponctuation (abondance des signes d'exclamation: tirets, points de suspension: 10 (et de la versification (enjambements et coupeS) sont utilisés par le jeune poète pour la peinture de cette passion, de l'éveil de cet amour. L'ironie fuse dans des vers comme "foin des bocks et de la limonade", "Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon" (= cârpâ. zdreantâ), "l'ombre du faux-col effrayant de son père", "Loué jusqu'au mois d'août" autant d'audaces lexicales ajoutant un effet comique voulu par le poète justement pour présenter le "sérieux" de cette passion! Il faut également mentionner la présence du pronom indéfini "on", utilisé 11 fois au cours du poème ainsi que les effets stylistiques obtenus par ce poète de 16 ans par l'effet cumulatif de la consonne "t" dans le vers 22: «Tout en faisant trotter ses petites bottines,», image qui a pour résultat immédiat la possibilité de suggérer le bruit des pas de P«adorée». Du point de vue matériel, le poème se présente sous une forme parfaitement structurée et harmonisée, relevant de l'équilibre suggéré par la présence du nombre "4" - le carré (et de son multiple: 8): quatre parties, composées (comprenanT) chacune de deux strophes. On pourrait représenter cette structure de la manière simplifiéee (= schématiquE) suivante.



I

Strophe a Strophe b

II Strophe c Strophe d

III Strophe e Strophe f

IV Strophe g Strophe h



C'est un ensemble régulier de 4 parties, 4 mouvements (de 4 tableaux ou scènes pourrait-on dirE), de deux strophes chacune (8 strophes en touT), dont l'alexandrin en constitue le support musical, et représentant une note de parfait équilibre (le carré), de force et de stabilité. Et tout cela placé sous le signe de (/au service dE) l'amour et surtout de l'humour.



ARTHUR RIMBAUD, "L'ENFANT MAUDIT" de la poésie



«Je suis jeune, tendez-moi la main», clame Arthur Rimbaud à Paul Verlaine. Il est jeune, il est vrai. «J'ai dix-sept ans», écrit-il. Il n'en a pas seize. Un an auparavant, il avait publié son premier poème. Quatre ans après, le 2 janvier 1873 exactement, il termine le dernier: «Une Saison en Enfer». Il a juste dix-neuf ans et il n'écrira plus jamais.

Il a fallu quatre ans seulement à Arthur Rimbaud pour composer la poésie la plus violente du XlX-ème siècle. Si violente qu'elle marque encore la littérature contemporaine de l'empreinte de son génie, car Rimbaud est tout ce qu'on veut, sauf rien.

Son ouvre parle toute seule, clairement, comme si l'encre en était encore toute fraîche. Dans mille ans on lira Rimbaud comme Villon ou Ronsard maintenant... Une même jeunesse indestructible. Après son dernier poème, il a encore dix-sept ans à vivre. C'est peu.

C'est à partir de ce moment qu'il court les routes du monde: il s'engage dans l'armée coloniale hollandaise, déserte et revient en France. La Belgique, Vienne, Hambourg. En attendant d'entrer dans la marine américaine, il travaille dans un cirque et puis, de nouveau, prend la route. La Suède, le Danemark, Marseille, Alexandrie. l'Italie, et encore Hambourg et la Belgique. Il traverse les Vosges et le Saint-Gothard à pied. Gênes, l'Egypte, Chypre, l'Arabie. Il travaille dans un comptoir colonial. C'est la stabilité, ou presque, mais le démon du voyage resurgit.

C'est maintenant l'Afrique inconnue. Il est le premier à mettre les pieds à Bubassa et à traverser l'Ogaden. Il vend des armes au roi du Choa, Ménélik. IL explore des régions ignorées. Dans une factorerie, à Harrar, il est atteint d'une tumeur au genou. On l'embarque pour Marseille où on l'ampute de la jambre droite. Il est trop tard. La maladie progresse toujours. Il meurt à l'âge de trente-sept ans».

D'après Jean de Bonnot



Guide de lecture



1. Quelle allure d'ensemble le rythme donne-t-il au poème?

2. Sur quel ton cette «amourette » est-elle narrée? À propos du v. 17, Mme S. Bernard, dans son édition des Oeuvres de Rimbaud, déclare: «Roman est à prendre, évidemment, ici au sens péjoratif, comme dans le titre.» Qu'en pensez-vous?

3. Est-on toujours ainsi «quand on a dix-sept ans»? Comparez avec l'expression d'autres émois de jeunesse.

4. Strophes I et 2.

- Quels sont les deux mondes qui s'opposent?

- Comment est marquée cette opposition?

- Préciser les sensations évoquées cl l'effet produit sur le lecteur.

5. Strophes 3 et 4.

A) Quels sentiments éprouve l'adolescent devant la nature?

- Citez les termes pouvant s'appliquer à une jeune fille et commentez leur emploi.

B) Que veut suggérer le poète dans les v. 14 à 16?

6. Strophes 5 et 6.

- Comment pourrait-on définir chacun des personnages de cette courte scène?

7. Strophes 7 et 8.

A) Expliquez le v. 25 (loué).

B) Quels sont les moments de cette première aventure?

C) À quels autres vers du poème font écho les v. 31-32?

- Quel est l'effet produit?

8. Donnez un titre à chaque mouvement du poème et précisez le ton adopté par le poète.

9. Ponctuation.

- Relevez les divers signes de ponctuation figurant dans ce poème et commentez leur utilisation.

10. Versification.

A) Comptez les syllabes de sérieux (v. I) et juin (v. 5): qu'observez-vous?

B) Relevez les effets obtenus par les enjambements et les coupes.

C) Relisez à haute voix le v. 22: qu'a voulu suggérer l'auteur?






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