Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Christophle du Pré

Biographie, œuvres de Christophle du Pré


Poésie / Poémes d'Christophle du Pré





Naissance: 1520 ?
Décès: 1599 ?

Un poète méconnu que ce Christofle Du Pré, sieur de Passy en Brie, dont le nom n'évoque en général que le titre qu'il a choisi pour son recueil poétique. On sait que les autres membres de sa famille appartiennent au Parlement de Paris, et lui-même, sans que l'on puisse préciser la nature de ses liens avec le Parlement, contribue par une odelette à La main d'Etienne Pasquier, recueil collectif de pièces composées à l'occasion des " Grands Jours de Troyes " de 1583. Un des sonnets liminaires des Larmes funebres nous apprend qu'il s'est rendu à Constantinople après la Saint-Barthélémy, peut-être missionné dans le cadre de fonctions au Parlement. De retour de Constantinople, il épouse une veuve, Antoinette de Faucon ; quatre ans plus tard, en juillet 1577, elle meurt. Cette tragédie personnelle inspire à Du Pré Les larmes funebres, soixante-quinze sonnets et trois odes en mémoire de la disparue qui font de leur auteur, Passy, le Passionné par excellence, au sens christique du mot. Ce canzoniere très particulier est aussi une prise de position en faveur de l'amour conjugal – singularité revendiquée haut et fort, au moment même où Amadis Jamyn publie Le misogame et où Philippe Desportes, le poète à la mode, donne à lire des stances contre le mariage.



Comme parmi la troupe des Astres on en voit de bons et de mauvais : et comme dans un grand pré il y a de diverses sortes d’herbes, les unes salutaires, les autres mortelles : aussi y a-t-il entre les humains des hommes de bonne nature, et qui l’âme sainte et nette, louent les choses honnêtes et vertueuses : les autres de perverse et maligne, se moquant de toutes œuvres bonnes et louables, pour le moins qui d’un branlement de tête veulent donner à connaître ce que leur cœur n’ose du tout mettre en évidence. Voilà pourquoi je m’assure qu’une infinité de Rogers-bon-temps, plutôt alléchés du vice que de la vertu, lisant ces Sonnets riront de quoi je loue celle que le Ciel m’avait destinée, et que je pleure la perte que j’en ai faite. Mais me souciant peu de telle risée, j’aime mieux être vu du Soleil en l’éclipse, que de la Lune en sa plus claire lumière. Et si bien souvent l’homme loue le petit chien turquet de Madame, ou sa chambrière, et quelque autre bonne pièce, l’honorant du titre de femme d’honneur et de réputation : pourquoi ne le donnerais-je à celle qui le mérite, et qui a toujours vécu en ce degré ? Se moque donc qui voudra, et soient encore en la France les vices plus débordés qu’ils ne sont. Tout ainsi que c’est ici le premier vol de mes œuvres, je veux aussi être le premier qui fasse voler l’amitié qu’on doit porter à sa fidèle moitié, essayant d’éterniser la mienne pour le contre-poids de son amour envers le mien.








Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Christophle du Pré
(1520 - 1599)
Portrait de Christophle du Pré