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Charles Baudelaire



Biographie, ouvres de Charles Baudelaire


Poésie / Poémes d'Charles Baudelaire





Naissance: 9 avril 1821, Paris, Royaume de France
Décès: 31 août 1867 (à 46 ans) Paris, Empire français

Charles Baudelaire occupe une place centrale dans l'histoire de la poésie moderne. Baudelaire est dans un certain sens l'héritier du romantisme, mais d'un romantisme qui n'est « ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte », ainsi que l'auteur l'écrit dans son Salon de 1846. Baudelaire refuse le lyrisme facile et l'exaltation du moi. Ce qu'il privilégie, c'est la malédiction, le «guignon» qui accable l'homme et le condamne à un «spleen» que la quête de l'« idéal » ne parvient jamais totalement à faire oublier. Le « spleen » (mot anglais), c'est pour Baudelaire une forme de l'angoisse existentielle, c'est la hantise du temps et de la mort, c'est le triomphe du « mal ».

Charles Baudelaire est né à Paris en 1821 et il y est mort en 1867. Du Romantisme, Baudelaire hérite la vision du poète en marge de la société humaine, plus près de Dieu (Bénédiction) ou de Satan (Les Litanies de Satan) que du monde terrestre (L'Albatros). Ce refus du monde matériel, notamment de l'univers bourgeois triomphant qui s'impose à la France pendant le 19e siècle, s'incarne dans une imagerie où les mouvements ascendants - élévation symbolisant le spirituel (cf. le thème de l'ange), le mystique et le génie artistique (Les Phares) - s'opposent aux «miasmes morbides» de la Terre (Élévation), à la chute dans le néant (Le Goût du néant) et au poids du Spleen et du Temps (Spleen et La Chambre double). Cette lutte entre le haut et le bas, entre l'Idéal et le Spleen, se poursuivra tout le long des Fleurs du Mal à travers de nouveaux thèmes comme la ville, le vin, le mal et la révolte, pour aboutir à l'ultime espoir, au dernier voyage : la mort.
Au-delà de cette représentation du monde assez typiquement romantique que nous venons de décrire, Baudelaire annonce le Symbolisme. Cela, le poème Correspondances l'illustre en faisant la description d'analogies entre les perceptions relevant de sens différents, mais aussi en suggérant une unité secrète entre les univers sensoriel et spirituel, unité que le poète aurait charge de comprendre et de traduire. Si la foi en une telle unité n'est pas le fait de tous les lecteurs de Baudelaire, il n'en demeure pas moins qu'elle est cohérente avec une oeuvre où les sensations dominent, notamment par l'évocations de parfums, du crépuscule parisien (Recueillement ou la nuit épaisse du Balcon) ou des états sensoriels liés à l'angoisse la plus morbide (La Cloche fêlée, les divers Spleen, la première partie de Chant d'automne).

Majeur, il réclame sa part de l'héritage paternel et, pendant deux ans, mène une fastueuse existence de dandy avec l'actrice mulâtre Jeanne Duval en compagnie de Théophile Gautier et d'autres artistes. Arguant de ses excentricités, sa mère et le général Aupick le soumettent à un conseil judiciaire. Humilié, ulcéré, il ne cesse dès lors de fuir les créanciers, tentant de gagner sa vie en plaçant des articles. En 1846, il découvre l'ouvre d'Edgar Poe, autre incompris, et la traduit. En1848, lors de la Révolution, il est sur les barricades face aux soldats commandés par son... beau-père.

Il est condamné, en 1857, à une forte amende après la parution des Fleurs du mal, recueil jugé obscène. Seuls Victor Hugo, Sainte-Beuve, Théophile Gautier et quelques jeunes poètes admiratifs le soutiennent. Amer, Baudelaire s'isole davantage.

Le corps détruit par la syphilis, il ne trouve du réconfort que dans l'opium et l'éther. Frappé d'hémiplégie lors d'un séjour en Belgique, où il donne des conférences, en 1866, il agonise pendant un an dans une clinique avant de s'éteindre, le 31 août 1867, sa mère avec laquelle il s'est réconcilié, à son chevet, laissant à la postérité, outre les admirables Fleurs du mal, d'autres grandes ouvres, comme les Poèmes en prose, ou les Paradis artificiels. Son ouvre passe de l'enfer au ciel, nourrie d'obsessions, d'idéal et de perversité. Poète de la ville, il en a exprimé les fièvres et les séductions. Ni romantique ni parnassien, il a écrit en marge de ses contemporains. C'est après sa mort que paraît Le Spleen de Paris (1869) tout comme les recueils d'articles auxquels on donne pour titre L'Art romantique et Curiosités esthétiques, et dans lesquels il défend Delacroix, pressent Wagner et révèle Thomas de Quincey.

« Dante d'une époque déchue »1 selon le mot de Barbey d'Aurevilly, nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe une place qui lui est propre dans l'histoire littéraire du 19e siècle.

« Fleur du mal » par excellence, l'amour s'incarne, chez Baudelaire, dans les trois « passantes » de sa vie et de sa poésie. La première, Jeanne Duval, la maîtresse sensuelle, inspira les poèmes de l'amour fou et de l'amour satanique. De son cycle, retenons « Les bijoux » et « Le balcon ». Marie Daubrun, elle, « la fille aux yeux verts », c'est 1' « enfant » et la « sour » : nous retenons, bien sûr, pour elle, « L'invitation au voyage ». Quant à Apollonie Sabatier, la « présidente », elle est adorée non pour ses appâts charnels, mais pour sa grâce surtout spirituelle : c'est « l'ange gardien, la muse et la madone » ; retenons, de son cycle, l' « Hymne » « à la très-chère, à la très-belle ».

LES PRINCIPALES PUBLICATIONS

1. Les Fleurs du Mal, Revue des Deux Mondes, 1er juin 1855. Dix-huit poèmes précédés de l'épigraphe suivante empruntée aux Tragiques, livre II :

On dit qu'il faut couler les exécrables choses
Dans le puits de l'oubli et au sépulchre encloses,
Et que par les escrils le mal ressuscité Infectera les mours de la postérité;
Mais le vice n'a point pour mère la science,
Et la vertu n'est pas tille de l'ignorance.
(Théodore AGrippa d'Aubigné.)

La rédaction de la Revue avait fait précéder les poèmes de Baudelaire d'une note prudente due, croit-on, à Emile Montégut :

En publiant les vers qu'on va lire, nous croyons montrer une fois de plus combien l'esprit qui nous anime est favorable aux essais, aux tentatives dans les sens les plus divers. Ce qui nous paraît ici mériter l'intérêt, c'est l'expression vive et curieuse, même dans sa violence, de quelques défaillances, de quelques douleurs morales que, sans les partager, ni les discuter, on doit tenir à connaître, comme un des signes de notre temps. Il nous semble d'ailleurs qu'il est des cas où la publicité n'est pas seulement un encouragement, où elle peut avoir l'influence d'un conseil utile, et appeler le vrai talent à se dégager, à se fortifier, en élargissant ses voies, en étendant son horizon.

2. Édition originale de 1857 : Les Fleurs du Mal. Paris, Poulet-Malassis et De Broise. La couverture et la page de titre montrent l'épigraphe déjà citée. Le livre fut mis en vente le 25 juin 1837. Il comprenait 100 poèmes, dont 5a étaient encore inédits, répartis en cinq divisions : Spleen et Idéal, Fleurs du Mal, Révolte. Le Vin, La Mort. Baudelaire fut condamné par la 6e Chambre correctionnelle à retrancher 6 pièces de son recueil *. La nécessité d'en écrire de nouvelles pour combler les vides ainsi creusés dans l'architecture des Fleurs, comme la vente rapide de l'édition (tirée à 1 300 exemplaires), - malgré ou plutôt à cause de la condamnation, - amenèrent Baudelaire à penser à une réédition.

3. Deuxième édition originale des Fleurs du Mal, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1861. Le volume de 1857 n'avait point tari la veine du poète : les 6 pièces qu'il convenait de remplacer se multiplièrent, et dans la première semaine de février 1861, la deuxième édition des Fleurs du Mal, dont il y eut ï 500 exemplaires, apportait 35 poèmes nouveaux, à en croire le titre et si l'on compte Un Fantôme pour sonnets-, parue, elle aussi, chez Poulet-Malassis et De Broise à Paris, elle était « ornée d'un portrait de l'auteur dessiné et gravé par Bracquemond ». En vérité, elle n'apportait qu'une seule pièce qui fût réellement inédite (La Fin de la Journée). Baudelaire ayant fait argent du reste qu'il avait publié dans la Revue contemporaine, la Revue fantaisiste, l'Artiste, etc., de 1817 aux premiers jours de 1861. Cette édition montrait une nouvelle division (Tableaux parisiens), ce qui portait leur nombre à 6. Elle aurait dû paraître avec une préface, dans laquelle Baudelaire aurait expliqué ses « trucs » et ses « plagiats ». Il aurait aussi voulu s'y venger d'un affront de Louis Veuillot qui, le 14 mai i858, dans le Réveil, avait, après de courtoises relations, et plus maladroitement que malignement, rappelé que le poète avait eu maille à partir avec la justice.

Abandonnée, reprise plus lard eu vue de la troisième édition, et de nouveau délaissée, cette préface ne nous est parvenue qu'à l'état de quatre projets que l'on trouvera dans le Reliquat des Fleurs du Mal. Nous avons également recueilli dans cette section, inachevé comme la préface, un Épilogue en vers, sous la forme d'une invocation à la ville de Paris.

4. Les Épaves, publié à Bruxelles en février 1866 par Poulet-Malassis. Les pièces condamnées, ayant déjà paru en 1864, à Bruxelles, dans le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle, constituent l'une des sections des Épaves.
Le recueil, tiré à 260 exemplaires, était précédé d'un frontispice symbolique de Bops, expliqué par le texte que voici, rédigé par Poulet-Malassis d'après des notes de l'artiste :
Sous le Pommier fatal, dont le tronc-squelette rappelle la déchéance de la race humaine, s'épanouissent les Sept Péchés capitaux, figurés par des plantes aux formes et aux attitudes symboliques. Le Serpent, enroulé au bassin du squelette, rampe vers ces Fleurs du Mal, parmi lesquelles se vautre le Pégase macabre, qui ne doit se réveiller, avec ses chevau-cheurs, que dans la vallée de Josaphat.
Cependant une Chimère noire enlève au delà des airs le médaillon du poète, autour duquel des Anges et des Chérubins font retentir le Gloria in excelsis!
L'Autruche en camée, qui avale un fer à cheval, au premier plan de la composition, est l'emblème de la Vertu, se faisant un devoir de se nourrir des aliments les plus révoltants :
Les notes de l'édition avaient été rédigées de concert par Baudelaire et Poulet-Malassis, ainsi qu'il appert de l'exemplaire d'épreuves, où se lisent, de la main de Baudelaire, des recommandations comme : Surtout que cela ait l'air d'être fait sans mon aveu... Considérons si cela peut me nuire en Belgique, il ne s'agit pas de l'opinion mais de la loi... J'ajouterai quelques notes que l'éditeur aura l'obligeance d'endosser ».

5. Nouvelles Fleurs du Mal, paru dans le Parnasse contemporain, le 31 mars 1866. Cette publication comprend les pièces : Epigraphe pour un Livre condamné. - L'Examen de Minuit. - Madrigal triste. - A une Malabaraise. - L'Avertisseur. - Hymne. - La Voix. - Le Rebelle. - Le Jet d'Eau. - Les Yeux de Berthe. - La Rançon. - Bien loin d'ici. - Recueillement. - Le Gouffre. - Les Plaintes d'un Icare.

6. Troisième édition originale des Fleurs du Mal, Paris, Michel Lévy, 1868.
Dès 1863, Baudelaire avait passé un contrat avec Hetzel pour la publication d'une troisième édition augmentée des Fleurs du Mal. L'espoir de la voir paraître bercera les derniers moments lucides du poète. Mais elle ne se fera pas de son vivant, et c'est seulement en 1868, par les soins de Banville, que fut publiée l'édition dite définitive ; premier tome des Ouvres complètes de Charles Baudelaire, précédée d'un portrait gravé par A. Nargeot et d'une Notice de Gautier, elle comprenait i5i poèmes, répartis en six sections, comme dans la deuxième édition qu'elle recueillait tout entière. Douze pièces étaient reprises des Épaves ; quelques-unes n'étaient connues à cette date qu'à l'état de pré-originales dans les revues; une seule était inédite : le sonnet A Théodore de Banville. Un Appendice groupait les Articles justificatifs que Baudelaire avait fait paraître en 1857 pour informer ses juges, et des lettres de Sainte-Beuve, Custine et Emile Deschamps.

Enfin, Baudelaire est un novateur sur le plan de la forme. Si Les Fleurs du mal sont un recueil en vers rimes, les Petits Poèmes en prose, qui seront publiés en 1869, revendiquent l'abandon des mètres traditionnels au profit d'« une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience » - ainsi que Baudelaire l'écrit dans la dédicace «à Arsène Houssaye» qui ouvre le livre. Autrement dit, Baudelaire affirme que le rythme poétique ne doit plus dépendre de contraintes tout extérieures, mais qu'il doit s'adapter souplement à la rêverie ondulante du lecteur. Abandonner le vers pour la prose n'est donc point une facilité, mais une aventure pleine de risques. La poésie moderne a pris, depuis Baudelaire, ce goût du risque.





 



Charles Baudelaire
(1821 - 1867)
 
  Charles Baudelaire - Portrait  
 
Portrait de Charles Baudelaire


Biographie

Charles Baudelaire, né à Paris en 1821, a six ans lorsqu'il perd son père, un peintre fantasque et cultivé, ancien prêtre assermenté. Sa mère se remarie avec le futur général Aupick, union que l'enfant qui rêve, de Lyon à Paris, au gré des garnisons, en de tristes internats, d'être « tantôt pape, tantôt comédien », accepte mal. Reçu au baccalauréat, tandis que son beau-père est nommé général de br

RepÈres biographiques