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Béroalde de Verville

Biographie, œuvres de Béroalde de Verville


Poésie / Poémes d'Béroalde de Verville





Naissance: 15 avril 1556 Paris
Décès: octobre 1626 à Tours

François Béroalde de Verville de son vrai nom François Vatable Brouard, est un écrivain français, auteur du Moyen de parvenir.

Pseudonyme de François Brouard qui, en ces temps de guerre civile, eut une vie mouvementée. Ce poème sur le motif du miroir — le vrai miroir de la belle est le cœur de son amant — laisse entendre que François Brouard vécut quand même des moments paisibles.



François Béroalde de Verville était le fils de Mathieu Brouard, dit Béroalde, théologien et écrivain français, et de Marie Bletz, la nièce du théologien François Vatable. Son père, après avoir été évêque, avait embrassé le calvinisme. Son enfance se déroule sans faits notables jusqu'en 1562 où, alors que la famille fuit les massacres religieux de Paris, sa mère meurt de la peste. La famille reste en France jusqu'à la Saint Barthélemy, en 1573, avant de fuir pour Genève. Là, Mathieu Béroalde, devenu ministre de l'Évangile, tient une pension où il dispense une éducation à la fois religieuse et humaniste, avec notamment pour élèves Pierre de L'Estoile et Agrippa d’Aubigné. Ce milieu sera très favorable à l'éveil culturel de François Béroalde, qui part ensuite à Bâle où il apprend l’horlogerie et l’orfèvrerie. Il étudie ensuite la médecine, et on suppose que c'est également à cette période de sa vie qu'il s'initie à l'alchimie.

« Un poète inconnu » : c'est ainsi que V.-L. Saulnier désignait, dans l' Anthologie poétique qu'il lui consacrait en 1945, Béroalde de Verville. Et il est un fait que si la postérité a réservé au prosateur, et notamment à l'auteur du Moyen de parvenir, une place estimable, elle a totalement oublié le poète. À tort, sans aucun doute. Car l'œuvre poétique de Béroalde est importante d'abord par sa diversité : poésie sentimentale (Les Soupirs amoureux), politique (L'Idée de la République), scientifique (Les Connaissances nécessaires), philosophique (De l'âme), spirituelle (Les Lamentations de Jérémie) et même économique (La Sérodokimasie, pour encourager le renouveau du ver à soie!). Mais plus encore que sa variété d'application, qui correspond bien à l'intérêt toujours en éveil d'un esprit éclectique et touche-à-tout, ce qui fait le prix de cette œuvre, c'est qu'elle traduit une véritable personnalité poétique. Né dans une famille protestante (son père Matthieu Brouard était un humaniste distingué, qui fut précepteur de Pierre de l'Estoile et d'Agrippa d'Aubigné), ayant subi les aléas des guerres de religion (la famille doit fuir Paris pour Orléans, où sa mère meurt de la peste, puis de là pour Montargis et pour Sancerre, avant que le jeune François Brouard — c'est son véritable nom, qu'il changera plus tard pour le surnom humaniste de Béroalde, assorti du titre à prétention nobiliaire de Verville — ne trouve refuge à Genève, où il soutient une thèse de médecine), passant dès lors d'une ville à une autre à la recherche d'une stabilité sociale, puis se convertissant au catholicisme et finissant chanoine de l'église Saint-Gatien à Tours, Béroalde a mené une vie à la fois errante et mouvementée, qui lui a fait épouser les soubresauts et le foisonnement d'un siècle agité de toutes les fureurs guerrières, mais aussi de toutes les curiosités humanistes. Il en a tiré une philosophie de l'existence, une sagesse souriante et radicalement sceptique, qui dénote un esprit libre et indépendant. Sa poésie en fait foi, composée pour l'essentiel dans sa jeunesse, dont l'inspiration, tout en sacrifiant aux thèmes pétrarquistes à la mode, traduit une virulence, une violence même, lourde d'une expérience tourmentée, que tempèrent un goût pour la rhétorique et la recherche formelle, qui annonce plusieurs décennies à l'avance les préoccupations précieuses, et une élégance constante due à une grande fluidité de style.

Les appréhensions spirituelles

Auteur présumé d'un livre à l'étonnant succès, qui eut au moins 38 impressions entre 1600 et 1950, Le moyen de parvenir, Œuvre contenant la raison de tout ce qui a été, et sera, Beroalde de Verville est né François Brouart le 27 avril 1556, de Simon Brouart, chirurgien-barbier à Bruxelles et dejehanne Fluste, Picarde. Une des ses plus belles trouvailles fut de s'inventer pareil nom.
Il fut successivement un étudiant humaniste, un poète famélique en quête de mécénat, un soldat-poète dans le goût de Le Digne, de Trellon ou de d'Aubignë, un chanoine curieux et facétieux dans la tradition des gens d'Eglise satiriques.
Il s'inventa un blason, « d'azur, à un chérubin d'argent, ayant six ailes ». Il le confia à Jérôme de Bara pour insertion dans son Blason des Armoiries.
Le 3 novembre 1593, il fut nommé chanoine de l'église collégiale Saint-Gratien de Tours. En 1600, pour encourager Henri IV dans son effort de redressement économique du pays après la fin des guerres civiles, il compose sa Serodokimasie, sur la culture du ver à soie.
Colletet dit qu'« il aimait les bons mots que l'on appelle mots de gueule, jusqu'au point que pour en apprendre de nouveaux tous les jours, il ne feignait de fréquenter les brelans et les tavernes avec toutes sortes de personnes, pour rustiques et abjectes qu'elles fussent ».
Il mourut après le 14 septembre 1623, date à laquelle il signe un acte notarié.

Aux yeux des contemporains, il fut un philosophe un peu maniaque, un abstracteur abscons d'énigmes. Les lettres initiales de sa traduction du Poliphile, le « Tableau des riches inventions », forment la phrase « François Colonne serviteur fidèle de Polia » qui traduisent l'original « Poliam Frater Francisais Columna peramavit ».
Dans le Palais des Curieux il écrit : « Tout Physicien qui n'est point alchimiste (c'est-à-dire manipulaire) va philosophant à cloche pied ; comme tout médecin qui n'est pas empirique, est ainsi qu'un Prêtre qui n 'est pas clerc ; je voudrais que la science et la pratique fussent bien unies ensembles. » « Je suis Mathématicien, je ne concède rien en science que ce qui est démontré, et surtout aux sujets où les sens sont requis. »
Il prit soin de s'initier à l'horlogerie et à l'orfèvrerie, du temps qu'il et au à Bâle. C'était un médecin dans la ligne de Rabelais : « aux choses sensuelles les sens sont notre règle : et quelque beauté de philosophie que ce soit relevant l'esprit pour vouloir flétrir la perfection des sens, est un néant, car sans les sens nous n'entrons nulle part aux biens célestes. La Foy est de l'ouie ; si nous n'entendions rien nous ne croirions rien ».

« La lumière qui avait été vive et subtile semblait se changer, parce que suivant son astre qui s'abaissait de plus en plus, tombant si vitement au pendant du Ciel, faisait s'allonger les ombres à vue d'œil. La moiteur se préparait pour s'amasser sur les feuilles, les oiseaux s'accommodaient avec le silence, ayant pris le couvert aux bois prochains. Les fenêtres ouvertes ne nous donnaient plus qu'un petit reste de jour, et encore à regret, si bien que nos yeux avaient douleur de se bander pour remarquer ce qui leur était opposé. Cette violence nous témoignait que la lumière avait besoin d'aide. »


Œuvres

Le Moyen de parvenir (1617)

La plupart ont été réunies sous le titre d'Appréhensions spirituelles, Paris, Timoth. Jouan, 1585, in-123.

Béroalde de Verville a laissé des ouvrages variés : des romans, des traités de morale et de philosophie, des mélanges, un traité sur les vers à soie et de la poésie. Ses Souspirs amoureux témoignent de son talent de poète.

On trouvera une liste assez exacte des autres écrits de Béroalde dans le t. 54 des Mémoires de Jean-Pierre Niceron.

L'histoire des vers qui filent la soye (Serodokimasie), éd. Honoré Champion
Le moyen de parvenir, 2 volumes, éd. Honoré Champion

Étude : Verdun-Louis Saulnier, introduction à son Anthologie poétique de Béroalde de Verville, Paris, Jacques Haumont, 1945.







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Béroalde de Verville
(1556 - 1626)
Portrait de Béroalde de Verville