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Antoine Favre



Troisieme centurie - Sonnet


Sonnet / Poémes d'Antoine Favre





Qu'il soit fait, disoit
Dieu, quand il créa le monde,
Il fut dit, il fut fait, le monde fut formé,
L'homme ne fust si tost fait de terre animé
D faut que par conseil la main de
Dieu le fonde :



Mais quel
Dieu trouva bon qu'une forme seconde :
Fist que l'homme second fust en mieux reformé,
Il advint autrement.
Un seul mot exprimé
Le forma dans les flancs d'une
Vierge féconde.



Et quel mot ?
Qu'il soit fait, mais par qui prononcé ?

Par la
Vierge.
Et comment ? d'une cour humble, et

[forcé

Pour ne désobéir, d'en faire l'ordonnance :



O
Dieu, qu'elle t'ayt fait homme plus promptement,

Que tu ne fis
Adam, disons donc hardiment,

L'humilité fait plus que la toute-puissance.






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Antoine Favre
(1557 - 1624)
 
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Portrait de Antoine Favre


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