Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Anne Perrier

Notre sœur la mort - Poéme


Poéme / Poémes d'Anne Perrier





Le jour se fend

Comme un noyau de pêche

Amande amère amande

Un oiseau passe

L'air tremble un peu plus fort

Ce n'est rien

Que le rire en pente

Des morts



L'oiseau qui va mourir

Est seul

Personne

Pour étendre ses ailes

Au sommet du vent

Personne pour lui dire

Que la mort est royale

Comment partir

Suivre l'étroite veine

Et le fleuve de sève

Gagner les cordages

Monter

Plus haut que les feuilles

J'agonise

Dans un nœud de l'arbre



Aucune chose ici Ne dira oui Ou non

Le fil de l'araignée Frissonne sur l'abîme... Qui peut passer? Seule une abeille Met le feu au silence



Je vis en rond Dans une motte de terre A l'abri de quoi ? Entre les pailles je vois Le ciel qui fond Comme un oiseau de proie Son aile suffit à troubler Les blés



Le temps à peine

De dire adieu

Le monde m'est tiré du cœur

Comme un poignard

La déchirure doucement

Se referme

Minuit

La paix des chrysalides

Est si profonde

Attente

Regard

Moins qu'une ombre

Plus transparent

Que la prunelle d'un ange

Un mort

A si peu de chose à faire

Que le temps l'oublie



O désirable Eternité

Dans la rose d'une heure Dans les yeux qui passent Dans la voix qui luit Dans la beauté des jours Qui coulent vers la mer Je te bois comme un vin



Le vide par moi

Se consume

Vos larmes je les change

En rubis

Vos cris

En étincelles

Mes bienheureux

Dit-elle

Je suis la gardienne

Du feu



On m'a dit

Que les violettes de l'oubli

Sont la seule compagnie

Des morts

Y a-t-il un printemps?

Moi je sais que la nuit

Vient d'abord

De quoi aurais-je peur

Depuis longtemps

L'ombre est ma demeure



Lentement

Comme on forme une fleur

Apprends-moi

Les trois humbles voyelles

Du oui



Je suis mille Je serai une Tranquille absolue Equation résolue Charade trouvée Toujours verte pensée De Dieu



J'ai soif

Les sources qui m'appellent

Sont menteuses

Ici

Le dernier mot des choses

Est mirage

Seule me reste

Cette lourde fleur jaune

La solitude



Je suis l'été

Dit-elle encore

Plantez vos tentes

Sur mes bords

Je coule à vos pieds

Soleil liquide ou vin

Celui qui m'a goûtée

Fleurira



Qu'on me laisse vieillir Sous l'amandier mûr L'automne est proche Le temps de voir partir Les hirondelles Et tout sera dit Le silence tombe En moi comme un fruit



On a creusé ma tombe

Au prochain cimetière

La terre sera prête

Moi non

La lumière sera pure

Moi non

Je suis l'enfant du sable

Et du limon

Les siècles passeront

Il faut tant d'eau

Pour laver une ombre



Aucun n'est pur

Dit-elle doucement

Venez à moi

Dans vos cœurs de semaine

J'ai les mains pleines

De paix

Mes bien-aimés

Moi qui suis digne

Je vous fais dignes










Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Anne Perrier
(1922 - ?)
 
  Anne Perrier - Portrait  
 
Portrait de Anne Perrier