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Victor Segalen



Biographie / chronologie de Victor Segalen


Poésie / Poémes d'Victor Segalen





1878

14 janvier. Naissance à Brest de Victor Segalen. Son père était breton, sa mère, mi-bretonne, mi-champenoise. Elle était autoritaire, étroitement catholique et dominait les siens. Bonne musicienne, elle fit faire de.la musique à son fils dés son plus jeune âge.

Eludes classiques dans un établissement dirigé par des Jésuites à Brest.



1895

Pour préparer le concours d'entrée à l'École de Santé navale de Bordeaux, il lui fallait tout d'abord être reçu au « certificat préparatoire • qu'il passa à la Faculté de Rennes. Avec son maître, Louis Joubin, il fil des expériences sur la pénétration des corps opaques à la lumière par les rayons X el fut un moment tenté de poursuivre ses études dans cette direction.





1896

École annexe de Médecine navale à Brest. Ce fut une période



1897

calme et détendue au cours de laquelle il fit beaucoup de musique : piano, violon, chant, harmonie, composition. Il faisait de grandes promenades à bicyclette mais naviguait peu. Ce futur médecin de marine n'aimait pas la mer...



1898

Reçu au concours d'entrée de l'École de Santé navale, il part pour Bordeaux en octobre. Eloigné des siens pour la première fois, il va leur écrire très régulièrement pendant quatre ans. Ces lettres ont été conservées. Elles sont alertes, gaies, vivantes et semblent ne rien cacher de la vie et des pensées du jeune étudiant, — mais il ne faut pas oublier qu'elles sont adressées à sa mère qui, de loin, exerçait une surveillance dont il va peu à peu se libérer.



1899

L'aumônier de l'École lui fit connaîlre le père Thomasson de Goumay, ami de Huysmans. Sur sa recommandation, Segalen fut reçu en août à Ligugé par Huysmans et eut avec lui plusieurs entretiens qui le marquèrent profondément.



1900

Une crise de dépression nerveuse le força à interrompre ses études pendant trois mois. La médecine lui faisait horreur: il lui fallait tout remettre en question et trouver un nouvel équilibre. Après Noël, guéri, il reprit le chemin de Bordeaux.



1901

Pour sa thèse de doctorat, il avait choisi d'étudier c les névroses dans la littérature contemporaine ». Le titre en serait : Les Cliniciens es lettres. Il parla longuement de ce sujet à Saint-Pol Roux dont il venait de faire la connaissance. Encouragé par lui, il souhaita être lu par d'autres et en particulier par Rcrny de Gourmont. FI alla le voir à Paris et lui confia son projet de dièse. Gourmont, intéressé, lui demanda d'en développer une partie pour la publier dans le Mercure de France sous le titre : Les Synesthésies et l'École symboliste.



1902

Après sa soutenance de dièse, il fut envoyé à Toulon pour y attendre un poste dans quelque région lointaine. En septembre, il apprit qu'il devait rejoindre au plus tôt l'aviso La Du-rance stationné à Tahiti. Au hasard d'une conversation avec Remy de Gourmont, A entendit pour la première fois parler de Paul Gauguin.

Parti du Havre en octobre, il lui fallut trois mois pour atteindre Papcete à cause d'une fièvre typhoïde qui l'immobilisa à l'hôpital de San Francisco.



1903

23 janvier. Arrivée à Tahiti. Segalen eut à peine le temps de prendre son poste que déjà La Durance appareillait et mettait le cap sur l'archipel des Tuamotou ravagé par un cyclone. Cette tournée allait lui faire découvrir le peuple maori qu'il se proposait d'étudier, mais très vile il dut se rendre à l'évidence : < Ici comme ailleurs, la race se meurt... écrivait-il dans son journal de voyage. L'arrivée des Européens, un siècle auparavant, lui avait été fatale en lui apportant des maladies inconnucsdans les îles jusqu'alors. Quant aux croyances, aux coutumes ancestrales, les missionnaires n'avaient pas eu grand mal à le» effacer de la mémoire d'un peuple aussi insouciant de son passé. Ce drame dont Segalen prenait peu à peu conscience allait être le sujet de son premier livre : Les Immémoriaux. Et Caiiguin? Il vivait aux îles Marquises,'à près de quatre cents milles marins de Tahiti. La Durance y fit escale au mois d août ; Gauguin était mort le 8 mai précédent. Sa case était vide mais ses papiers et les souvenirs qu'il laissait avaient été réunis chez le Gouverneur où Segalen put les consulter. Les carnets de croquis, les ébauches (il y avait peu de todesj, les textes qu il découvrit là lui révélèrent la grandeur de l'artiste disparu et la beauté de la civilisation maorie qu'il avait su faire revivre dans ses œuvres. « Je puis dire n'avoir rien vu du pays et de ses Maoris avant d'avoir parcouru et presque vécu les croquis de Cauguin ». écrivit-il alors à Georges-Daniel de Monfreid.

Dès son retour à Tahiti, il envoya au Mercure de France un article : « Gauguin dans son dernier décor « qui parut en juin 1904.



1904

Retour en France à bord de La Durance, vieux bateau dont c'était le dernier voyage- A Colombo les machines refusèrent tout service et il fallut deux mois pour les remettre en état. Escale forcée au cours de laquelle Segalen forma le projet d'écrire, sous forme de drame, la vie du Bouddha, Siddliurlha. A celte date, il écrivit la première note d'un Essai sur l'Exotisme auquel il pensa longtemps sans jamais pouvoir lui donner une forme définitive.



1903

A Toulon où il passa quelques semaines avant d'obtenir un congé, il fit la connaissance de Claude Farrère. Sur la route de Brest, d s'arrêta à Paris pour y rencontrer Georges-Daniel de Monfreid.

En juin, il épousa la fille d'un médecin de Brest, Yvonne Hébert. Son nouveau poste, médecin de l'Ecole des Mousses, stable et peu accaparant, lui permit de reprendre son manuscrit des Immémoriaux. Chaque fois qu'il le pouvait, il partait pour Paris où il retrouvait Georges-Daniel de Monfreid et découvrait, grâce à lui, les plus belles toiles de Gauguin. Il allait au concert et ne manquait pas une représentation de Petléas.



1906

Il souhaita rencontrer Debussy et même collaborer avec lui. Sans attendre le mol de recommandation promis par Pierre Louys, il sonna un jour chez Debussy, fui reçu ci lui proposa d'écrire pour lui le drame hindou à peùie ébauché : Sid-dkartha.

Autre rencontre importante, celle de Jules de Gaultier dont Pieuvre eut sur lui une grande influence.



1907

Publication des Immémoriaux à compte d'auteur au Mercure de France sous le pseudonyme de Max Anély.

Le « cycle tahitien ne pouvait se terminer sans qu'il y eût associé Gauguin et il songea à donner une suite aux Immémoriaux. Dans Le Maître du Jouir, Gauguin serait le personnage principal. Ce projet, à peine esquissé, fut remis à plus tard. Debussy, ayant renoncé à mettre en musique Siddhartha, lui suggéra d'écrire un drame sur Orphée. Il y travailla avec ardeur et vint souvent à Paris pour lire et corriger son texte avec Debussy.



1908

Son temps à l'École des Mousses étant près de s'achever, il dut s'inquiéter de son avenir maritime. Le poste d'élève-interprèle en Chine le tenta. Il lui fallait, pour l'obtenir, passer un examen de chinois à l'Ecole des langues orientales. C'est alors qu'il fit, grâce à Claude Farrère, la connaissance de Cilbert de Voisins, romancier et grand voyageur qui, libre de son temps, lui demanda de faire avec lui un voyage de plusieurs mois en Chine centrale.



1909

Avril. Scgalen partit seul pour la Chine. Voisins devait le retrouver à Pékin '. Avant de le rejoindre, sa femme attendait en France la fin du voyage d'exploration. Dans les lettres qu'il lui écrivit de Colombo, on trouve pour la première fois le nom de Paul Claudel. « Claudel me prend... je me laisse faire. Il a vu Ceylan d'une vision impérissable. Quelle n'est pas la force des mots puisqu'en face même de la réalité splendide ils persistent et triomphent ! » Claudel résidait alors à Tien-tsin où Segalen alla le voir.

Installé à Pékin pour préparer le voyage, il allait avant tout découvrir l'étonnante beauté de la ville impériale. Attiré par la Chine ancienne, il fut subjugué par le personnage de l'Empereur et décida de lui consacrer son premier livre sur la Chine, Le Fils du CieL Ce serait, sous forme d'annales, l'histoire de l'Empereur Kouang-siu, mort l'année précédente. En août commença le voyage. Pendant quatre mois, les deux amis allaient parcourir à cheval de vastes étendues de terre jaune et traverser des massifs montagneux. Leur point extrême a l'ouest fut Lantcheou. De là, ils descendirent droit au sud en longeant l'orée du plateau tibétain pour atteindre Tcheng-Tou, capitale du Sseutch'ouan. Laissant leurs chevaux, ils prirent alors une jonque pour descendre le Yangtseu jusqu'à la mer et ils prolongèrent leur voyage par un court séjour au Japon. Avant de quitter Pékin, Segalen avait commencé à réunir sous le titre de Briques et Tuiles une 6érie de pages « strictement littéraires > qu'il se proposait de reprendre plus tard.



1910

Avec sa femme et son fils Yvon qui avait alors quatre ans, Scgalen s'installa à Pékin où il était libre d'organiser son travail comme il l'entendait. Or, ce travail qui consistait à se perfectionner en chinois allait dans le sens de ses recherches sur Kouang-siu. Les textes qu'il étudiait lui apportaient des éléments précieux d'histoire, de littérature et de philosophie elûnoises, mais pour la connaissance des lieux mêmes où avait vécu son héros, il se heurtait à l'interdiction de pénétrer dans la Ville Interdite.

Alors parut. René Leys. Ce jeune Français de dix-neuf ans laissa entendre qu'il avait ses entrées au Palais, qu'il avait connu Kouang-siu, qu'il était l'amant de l'Impératrice... Vrai ou faux ? on ne le sut jamais.

Scgalen avait alors trente-deux ans. Poète, il n'avait pas encore écrit un seul poème. La première version de la Stèle Empreinte porte la date du 24 septembre. Pendant dix-huit mois, chaque jour ou presque, il va composer une de ces « proses courtes et dures » dans lesquelles il mettait, écrivait-il à Jules de Gaultier, tout ce qu'il avait à exprimer.



1911

Les deux années d'interprétariat devaient se lerminer en juin mais un événement grave allait les écourter. Le Dr Mesny venait de mourir tic la peste en Mandchourie. L'n remplaçant était demandé d'urgence. Segalen se proposa et partit pour Chan-hai-kouan. Chargé de surveiller la passe qui sépare la Mandchourie de la Chine, il put grâce au rempart de la Grande Muraille interrompre toute communication entre les deux pays. Deux mois plus tard l'épidémie était enrayée.

En mai, il s'installa à Tien-tsin pour occuper un poste de professeur à l'Impérial Médical Collège. Il reprit alors Le Fils du Ciel et travailla à Stèles, Peintures et Odes. Dès qu'il en avait la possibilité, il retournait à Pékin où il avait entrepris de publier Stèles.



1912

L'édition originale de Stèles fut vraiment son ceuvre. Il en avait choisi lui-même le format, le papier (de Corée), le pliage dit « en portefeuille • et la disposition des caractères chinois en tête de chaque poème... Il en fit tirer seulement quatre-vingt-un exemplaires dont aucun, est-il écrit sur la page de garde, n 'est commis à la vente.

Ses études de chinois l'avaient amené à s'intéresser particulièrement à l'art chinois. Aucun musée n'existait alors à Pékin ; il souhaita en créer un et voulut y intéresser ie gouvernement chinois. Comme on lui proposait de soigner le fils du président Yuan che kai, victime d'un accident de cheval, il partit pour Tchang te fou où résidait son malade. Celui-ci avait trente-quatre ans. Il n'avait pas l'envergure de son père mais il était intelligent et cultivé. Il écouta, promit et ne fit rien... Segalen passa six mois auprès de lui. Il avait de longues heures de liberté qui lui permirent de reprendre Le Fils du CieL II écrivit de nouvelles Stèles, poursuivit la rédaction de Peintures et composa, après une lecture du Repos du septième Jour de Claudel, une version personnelle de ce drame : Le Combat pour le Sol.

Enfin, il jeta les bases d'une mission archéologique à laquelle il demanda à Gilbert île Voisins de participer. Un de ses amis, officier de marine, Jean Lartiguc, accepta de se joindre à eux.



1913

Un voyage en France était nécessaire pour préparer la mission. Segalen put partir en juillet.

Il fit la connaissance à Paris de l'éditeur Georges Crès qui lui proposa de créer pour lui à Pékin une collection dite « Coréenne » dont le premier volume serait une réédition de Stèles, identique à celle de 1912 mais augmentée de seize poèmes et tirée à six cent quarante exemplaires. Les volumes suivants seraient Connaissance de l'Est de Claudel et le coule des Mille et Une Nuits, Aladdin.

En octobre, Segalen prit le transsibérien et arriva à Tien-tsin une heure après la naissance de son troisième enfant. Rouan (une fille, Annie, était née l'année précédente). Pendant trois mois, il prépara activement la mission, s'occupa de la mise en page des trois volumes de la collection Coréenne et se souvenant de l'histoire mystérieuse de René Leys, s'amusa à l'écrire telle qu'il l'avait vécue trois ans plus tôt. Enfin la mission allait avoir des prolongements littéraires. Ce serait, écrivait-il à Jules de Gaultier, « ... une expérience sincère : la confrontation sur le terrain de l'imaginaire et du réel : la montagne vue par le u poète , et la même escaladée par celui à qui elle barre la route... El le fleuve, couru sur ses eaux, et non pas sur une carte, de la source à l'embouchure... ». Déjà se dessinait Équipée.



1914

La mission quitta Pékin le 11 février. Son plan était double : des recherches archéologiques, puis un lever hydrographique du haut Yangtseu. Ce programme leur faisait suivre, sur la carte chinoise, du nord-est au sud-ouest, une Crande Diagonale. Pendant six mois, la vie des trois explorateurs allail être rude mais exaltante. Ensemble ou séparés, pour couvrir plus de terrain, ils se rendaient là où les chroniques locales indiquaient la présence de vestiges anciens. Certains avaient disparu, d'autres se révélaient à eux perdus dans la campagne. Il fallait alors les localiser précisément, les étudier, les photographier, et, pour certains détails, émousscs ou peu éclairés, les dessiner. Ce travail incombait à Segalen qui le soir, à l'étape, rédigeait les Feuilles de route de la mission. 11 lui fallait aussi, aidé par ses amis, mener le convoi par des routes accidentées, lui foire passer des cols élevés, traverser des rivières el éviter des régions que des troubles rendaient dangereuses. Ils surmontèrent avec entrain toutes ces difficultés; toutes... sauf une, imprévue, surprenante, — l'annonce de la guerre dans leur pays. Ils reçurent l'avis de mobilisation le 11 août, et, prenant la route la plus directe, traversèrent l'Indochine pour s'embarquer à Hanoï.

En arrivant a Toulon, Segalcn apprit sa nomination à l'hôpital maritime de Brest. Il eût aimé prendre une part plus active au combat mais aucun poste n'était libre à la brigade des fusiliers marins. Il s'installa donc à Brest et, à ses heures de liberté, reprit un à un ses manuscrits : Peintures, René Leys, Equipée et Orphée-Roi



1915

En mai, il partit pour la Belgique où les fusiliers marins tenaient les premières lignes. Il y retrouva Jean Lartiguc. Malade en juillet, il dut regagner Brest.



1916

Scgalen passa l'année entière à Brest. Il occupait à l'hôpital un poste administratif. Ses heures libres étaient consacrées à la publication de Peintures, à un Hommage à Gauguin (préface aux Lettres de Gauguin à G. D. de Afonfreid), à Orphée-Roi dont le texte seul serait un jour publié puisque Debussy avait renoncé à en écrire la musique. En décembre, on lui proposa de faire partie d'une mission militaire de recrutement de travailleurs chinois et il se prépara à repartir pour la Chine.



1917

Ayant quitté la France, le 25 janvier, il mit un mois à gagner Pékin en passant par l'Angleterre, la Suède et la Russie. En mars, il eut la possibilité d'étudier, aux environs de Nankin, les tombeaux de la dynastie des Leang (Vp et VI1* siècles). Comme il l'avait fait en 1914 pour les dynasties Han el T'ang, il rédigea sur place des Feuilles de route qui comportaient la description de chacun de ces tombeaux. Dans l'histoire de la Statuaire chinoise qu'il souhaitait écrire, celle période lui manquait. Le vide était enfin comble. Sur le plan médical, des difficultés administratives, des ordres et des contrordres lui rendaient le travail pénible. Il consacrait ses heures de liberté à écrire son histoire de la Statuaire chinoise el un long poème sur le Tliibet. En août il quitta définitivement la Chine et fut envoyé à Hanoï où il attendit longtemps l'autorisation de rentrer en France.



1918

De Marseille où il arriva seulement en mars, il regagna Brest. Les siens le trouvèrent changé, amaigri, mais la guerre n'était pas finie et il fallait reprendre du service. Il se sentait fatigué mais n'en continuait pas moins à travailler. « Je me venge de ma chair moins robuste en en faisant un poème lyrique d'escalade et d'effort. » Ce poème, c'était Thibet.

En septembre commencèrent à arriver à l'hôpital par « centaines ou presque » les jeunes marins atteints de grippe espagnole. Il prit part à la lutte pour tenter d'en sauver et il tint bon tant que dura le combat, mais au jour de l'armistice, le ressort, tendu à l'extrême, se brisa et il dut s'arrêter. Le 12 novembre, il travailla pour la dernière fois à Thibet. En un dernier sursaut d'énergie, il essaya pourtant d'obtenir un « transfert à Paris pour poser les bases d'une centralisation française de l'histoire des Arts en Extrême-Orient ». Quelques jours plus tard, c'était l'arrêt brutal.



1919

Hospitalisé au Val-de-Crâce en janvier, on lui donna un congé de convalescence de deux mois qu'il passa à Alger. Le mieux ne se fit pas sentir. Au retour, il écrivit à Jean Lartigue : • Je suis lâchement trahi par mon corps. Voici longtemps qu'il m'indguiète mais il m'obéissait pourtant et je l'ai traîné dans pas mal e randonnées qui en apparence n'étaient pas faites pour lui. Depuis cinq ou six ans, c'était au prix d'une énergie spontanée mais consciente; d'une usure sans réparation. Mon entrain pouvait donner le change. 11 n'allait pas sans une angoisse secrète. Je sais maintenant que j'avais raison. M'arrêter plus tôt eût été tomber plus tôt... je n'ai aucune maladie connue, reçue, décelable. Et cependant tout se passe comme si j'étais gravement atteint. Je ne me pèse plus. Je ne m'occupe plus de remèdes. Je constate simplement que la vie s'éloigne de moi. »



Un mois plus tard, le 21 mai, il mourait au Huelgoat.









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Victor Segalen
(1878 - 1919)
 
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1878
14 janvier. Naissance à Brest de Victor Segalen. Son père était breton, sa mère, mi-bretonne, mi-champenoise. Elle était autoritaire, étroitement catholique et dominait les siens. Bonne musicienne, elle fit faire de.la musique à son fils dés son plus jeune âge.
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