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Tristan Corbière

Paris nocturne - Poéme


Poéme / Poémes d'Tristan Corbière






C' est la mer : — calme plat — et la grande marée,
Avec un grondement lointain, s'est retirée.



Le flot va revenir, se roulant dans son bruit —


Entendez-vous gratter les crabes de la nuit...


C'est le
Styx asséché;
Le chiffonnier
Diogène,
Sa lanterne à la main, s'en vient errer sans gêne.
Le long du ruisseau noir, les poètes pervers
Pèchent; leur crâne creux leur sert de boîte à vers.


C'est le champ :
Pour glaner les impures charpies
S'abat le vol tournant des hideuses harpies.

Le lapin de gouttière, à l'affût des rongeurs,
Fuit les fils de
Bondy, nocturnes vendangeurs.


C'est la mort :
La police gît —
En haut, l'amour
Fait la sieste en tétant la viande d'un bras lourd,
Où le baiser éteint laisse sa plaque rouge...

L'heure est seule —
Ecoutez : ... pas un rêve ne bouge


C'est la vie :
Ecoutez : la source vive chante
L'éternelle chanson, sur la tête gluante

D'un dieu marin tirant ses membres nus et verts
Sur le lit de la morgue...
Et les yeux grand'ouverts !











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Tristan Corbière
(1845 - 1875)
 
  Tristan Corbière - Portrait  
 
Portrait de Tristan Corbière


Biographie / Œuvres

1845.